03/12/2016

A la recherche des peintres oubliés de Carcassonne et de l'Aude

Ils sont nombreux, très nombreux les artistes peintres de notre département à être passés dans l'oubli. Nous nous sommes mis en quête d'en retrouver quelques uns et de leur attribuer les quelques oeuvres que nous avons retrouvées. Nous savons qu'il manque dans cette liste Cécile Rives, Ourtal, Laugé ; inutile donc de nous le signaler. Tout ceci fera l'objet d'un prochain article.

Alary Raymond

Né à Carcassonne, élève de Jalabert

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Bichon léchant une pièce montée

Huille sur toile / 60x73 cm / 1877

Autres oeuvres

Le petit savoyard, Nature morte, Un intérieur, La vieille église, Portrait au fusain de M. Caselli

 

Andrieu Henri

 Habitait à Carcassonne

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Maison dans le sud, rue d'Alet

Huile sur toile / 18x27 cm

Autre oeuvre

Jeune grecque couronnant une statue à Bacchus

 

Astruc Frédéric

(1845-1898)

Né à Puivert. Habitait 29, rue Claude Bernard à Paris

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Bovins à la mare

Huile sur toile / 60x72 / 1883

Autre oeuvre

La liseuse

Portrait de Gaston Jourdanne

Vue du canal du midi à La Redorte

Portrait de Mary père (Dr à La Redorte)

 

Hippolyte Bringuier

Né à Castelnaudary (1838-1928)

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Pivoines

Huile sur toile / 117x81 cm 

Visible dans la salle du Conseil municipal de Castelnaudary

Autres oeuvres

Fleurs de printemps, Gibier, Un coin de cuisine

 

Champagne Hippolyte

Habitait à Carcassonne

Oeuvres

La pierre Lys, Le chêne après l'orage, Paysage, Le moulin, Effet du matin, Bords de la rivière de l'Aude.

 

Chartier Pierre

Né à Carcassonne. Habitait 20, montée St-Sébastien à Lyon

Oeuvres

Ferme et moulins Flamands

La pointe de la Madrague à Marseille (Marine)

Fossé du parc de la Tête d'or à Lyon

Ferme à St-Simon (Savoie)

L'île d'amour (Savoie)

Etude de boeufs

 

Mademoiselle de Crozals

Carcassonne

Oeuvres

Vue de la Cité de Carcassonne

La lecture du premier roman

Portrait de Mademoiselle Labatut

Le labourage par Rosa Bonheur

Vue de Rennes-les-bains, bains forts

Portrait de sa grand-mère

Halte de chameaux venant du désert avec un chargement de dattes, aux portes d'Alger (Champ de Mars)

 

Gineste Auguste

Elève de Jalabert et Hanoteau. Habitait, 12 rue de la Gare à Carcassonne

Oeuvres

Paysage : Etude de Nièvre

Paysage : Effet de printemps à Cergy (Nièvre)

Portrait

Le chemin du vieux moulin à Arcier (Doubs)

 

Landrac Clément

Elève de Jalabert, né à Castelnaudary

Chef de bureau à la préfecture de l'Aude. 56, rue du 4 septembre à Carcassonne.

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© Musée des Beaux-arts de Carcassonne

Portrait de Marie-Claire Pétronille

Huile sur toile / 116x89 cm

 

Lignières Pascal

Elève de Gamelin fils et de Jalabert

Oeuvres

Paysage : Etang de Marseillette

Paysage : Bords de l'Aude à Puichéric

 

Montclar Jeanne

Elève de Montclar Antoine à Carcassonne

Oeuvres

Bords de la Dure : Moutons

Bords de la Dure : Vaches

La leçon d'équitation

La vache égarée

Pâturage sur un plateau

Le gardeur de dindons

Les poules

Les canards

La gardeuse d'oies

 

Montclar Antoine 

Elève de Gamelin et de Prache à Carcassonne

Oeuvres

Un marché

 

Philippe Emile Roumens

Né à Caudebronde (1825-1901). Elève de M. Yvon à Carcassonne.

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© Musée des Beaux-arts de Carcassonne

Paul Lacombe et sa soeur Jeanne Serre.

Huile sur toile / 101x81 cm / 1853

Autre oeuvre

Assomption de la vierge (Eglise de Villalbe)

Portrait de Mgr de la Bouillerie

Portrait de l'abbé Verguet

 

Salière Narcisse

(1818-1908)

Né à Carcassonne. Elève de Paul Delaroche et de Ingres à l'Ecole des Beaux-arts de Paris. Habitait 8, boulevard du Jardin des plantes à Carcassonne.

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© Musée des Beaux-arts de Carcassonne

Cimabue rencontrant Giotto

Huile sur toile / 1976

Autres oeuvres

Portrait en pied d'enfant (Georges Conques)

Portrait d'Achille Mir

Portrait de Prosper Lacombe

La visitation de la vierge (Mairie de St-Avé)

L'embrasement de la Cité de Carcassonne

 

Sourou Paul

1864-1921

Né à Carcassonne. Elève de M. Gérôme, 32 rue des école à Paris.

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© Musée Petiet à Limoux

Quai de la Rapée à Paris

Huile sur toile / 40x26 cm / 1890

Autres oeuvres

Un dessert

Clamart, effet de neige

 

Vidal Vincent

(1811-1887)

Né à Carcassonne. Elève de Gamelin et de Paul Delaroche à Paris. Il fréquenta assidument l'école de Gamelin à Carcassonne et sortit comme le meilleur élève. A cette époque, il fit déjà la miniature exposée dans la vitrine de son neveu Alfred Vidal, secrétaire général de l'Aude. Il quitta Carcassonne pour Mazamet, où il séjourna pendant quelques années comme professeur de dessin au collège. Il partit ensuite pour Paris où il entra dans l'atelier de Paul Delaroche. On doit citer de lui : Saint-Vincent de Paul, Le portrait de l'auteur, Le parc Pouancé (1847), L'ange déchu, Une larme de repentir (1849), Polymnie (1850), Le fil rompu, Saison des épis (1852), Fantaisie (1853), Les amours des anges, La chute, Le récit (exposition universelle de 1855), Le braconnier Breton, La pluie en Bretagne (1857), L'Angélus en Bretagne, La muse de la candeur (1859), etc...

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© Musée des Beaux-arts de Quimper 

Autoportrait de Vincent Vidal

Huile sur toile / 1851

Le musée de Carcassonne possède de Vincent Vidal une copie du Watteau du Poussin : Moïse sauvé des eaux. Il l'avait envoyé à son maître Gamelin à Carcassonne. 

 

Edouard Vié

(1829-1889)

Né à Carcassonne. Elève de Jalabert, Courbet et Hanoteau. Habitait 12, impasse de Maine à Paris.

Les élèves commencèrent à affluer chez Courbet;
ils étaient quarante-deux à la fin du mois de décembre, payant chacun vingt francs
pour couvrir les frais de l'atelier commun qu'il avait été loué rue Notre-
Dame des Champs. Dans le nombre il faut citer Fantin-Latour et plus proche de nous Edouard Vié.Capture d’écran 2016-12-03 à 11.14.32.png

Photographie d'Edouard Vié vendue chez Drouot (Cité de Carcassonne)

Comme beaucoup de peintres, Edouard Vié se passionnait pour la photographie.

Autres oeuvres

Remise de chevreuils, Gélée blanche, Char Lozérien, Chien bassets, Pâturage, Soleil couchant.

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02/12/2016

Avis aux amateurs !

Ce concert en hommage à Luis Mariano s'adresse à toutes les municipalités, clubs de 3e âge, EPHAD et associations culturelles en France métropolitaine. Il a été donné dans de nombreuses villes, notamment au Festival de Carcassonne en 2014. Si vous pensez que certaines personnes de votre entourage ou vous-même pouvez être intéressé par cette prestation, contactez-moi au numéro figurant sur la présentation ci-dessous.

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01/12/2016

Le bureau de l'Octroi près de la gare SNCF

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A l'instar de nombreuses villes françaises, Carcassonne possédait ses bureaux de l'Octroi. Cette contribution indirecte hérité de l'Ancien régime, permettait aux municipalités de prélever un impôt sur les marchandises transitant sur leur commune. L'Octroi a l'architecture plus ou moins réussie, était placé à l'entrée des villes, mais la suppression de cette taxe par décret le 2 juillet 1943 entraînera le plus souvent la destruction de ces bâtiments.

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A Carcassonne, l'un des bureaux de l'Octroi se trouvait à l'entrée devant la gare de chemin de fer. Il a été rasé après la Seconde guerre mondiale.

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Employés de l'Octroi de Carcassonne vers 1900

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30/11/2016

Le nivellement des savoirs conduit au nivellement des esprits

Après l'édition 1978 du Festival de la Cité de Carcassonne, la municipalité ne renouvela pas le contrat qui la liait avec avec Jacques Echantillon, alors directeur de cet évènement culturel estival et des Tréteaux du Midi.

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Affiche du Festival 1978

Il fut fondé le 30 octobre 1978, un Conseil communal de la culture chargé des mettre sur pied les programmations en relations avec l'ensemble des acteurs de la culture locale. La mission de cette association avait pour buts de :

Favoriser la pratique culturelle des citoyens dans une activité artistique ou scientifique; offrir aux associations des lieux de travail et d'expression; associer les associations à la programmation de certaines opérations culturelles d'envergure; aider les associations techniquement, et parfois financièrement, pour la réalisation de manifestations; agent de développement culturel et force pour obtenir de l'Etat et des collectivités leur contribution à ce développement.

L'idée de confier l'élaboration des projets culturels de Carcassonne à une structure de type associatif regroupant l'ensemble des promoteurs artistiques locaux, germait depuis 1976. Cette année là, la municipalité évoquait la création d'un service d'intervention culturel et de coordination. Le 30 novembre 1977, le conseil municipal entérine sa création. Le 30 mars 1978, une assemblée générale constitutive est chargée de rédiger les statuts du Conseil communal de la culture. Quinze jours après, le conseil d'administration est élu et le 9 juin 1978, M. Léon Collot désigné comme Président.

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Gilles Durupt

En septembre 1978, le Conseil communal de la culture recrute Gilles Durupt comme directeur ; le 12 octobre, il entre en fonction et un programme d'activités sera mis en place le mois suivant.

Conseil d'administration

MM. Léon Collot, Julien Arletaz, Gérard Clavet, Jean Planson, Daniel Iché, Jean Guilaine, Jacques Miquel, Jean-Pierre Sarret, Jean Valdeyron, Simon Peyras, Jean Auzias, Joseph Dovetto, René Martimort, André Deville, Eric Mandicourt.

Mesdames Aimée Delpy, Ketty Dolbert-Dubois, Suzanne Carbou, Régine Callat.

Direction culturelle

MM. Gilles Durupt, Charles Bourely, Jean-Robert Grozay, Jean Alary, René Descadeillas.

Associations membres du C.C.C

Auberge de jeunesse, FLEP de Grèzes-Herminis, FJEP du Viguier, Francs et Franches camarades, MJC, Association des amitiés franco-chinoises, Centre d'études médiévales du Midi, Foyer Léo Lagrange, Groupe Audois d'Etudes Préhistoriques, Société d'Etudes Folkloriques, Amicale laïque, Les amis de la FAOL, Les amis des rives des Corbières, Les amis de la Sardane, Cercle occitan, Culture et bibliothèque pour tous, FEP de Montlegun, Groupe philatélique, Laouseto del Carcassès, Mouvement contre le racisme, Bouffons du Midi, Chorale à Coeur joie, Comité des fêtes de Bienfaisance, Groupe Regard, Harmonie municipale, Music-Fool, Recherches et Essais Chorégraphiques, Rencontre des Arts Audois, Le Réveil Carcassonnais, Théâtre et Culture, Ciné-Club, Comité de jumelage, Los Auzelets, Syndicat d'initiative, Tourisme et travail, Foyer des élèves du CEG André Chénier, Foyer Socio-éducatif de Grazailles, Foyer socio-éducatif de La Conte, Foyer socio-édicatif du Viguier, CFDT, CFTC, CGC, CGT, CSCV, FO et Viuire a l'Escolà.

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Festival de la Cité 1979

L'année suivante - du 2 février au 3 mars - le Conseil communal de la culture mit en oeuvre le carnaval et son roi Carcassus. On put assister également à UBU Roi d'Alfred Jarry dans une mise en scène de Peter Brook, "Ils" mis en scène par Andrei Wajda, "La maison d'Anna".

Les tarifs

Les tarifs du Festival 1979 allaient de 15 francs à 50 francs. Si l'on prend comme base de calcul le smic qui était de 2066 francs bruts mensuels, un ouvrier voulant se payer une place au premier rang à 50 frs devait débourser 2,42% de son salaire.

Effectuons pour le Festival 2016, le même calcul... Une place au premier rang coûte 70 euros environ. Le smic mensuel brut en 2016 est de 1466 euros. Un ouvrier devra débourser 4,77 % de son salaire.

Bien entendu, les différences restent les mêmes quand il s'agit d'une place au dernier rang.

Les partenaires

En 1979, le Conseil communal de la Culture était dirigé par l'ensemble des acteurs locaux et artistiques. Aujourd'hui, le Festival de Carcassonne est soutenu par NRJ, W9, Rock and Folk, M6 Music, SACEM. Ce n'est pas une critique, c'est juste un constat - Carcassonne vit avec son temps. Nous sommes passés d'une programmation locale jugée ringarde ou trop orientée politiquement, à une programmation pilotée par les majors internationales de l'industrie du disque...

Le Conseil Communal de la Culture a été dissous le 9 juillet 1986

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29/11/2016

Pierre Sire (1890-1945) : l'écrivain, le poète et l'archéologue de nos racines

Pierre Sire naît en décembre 1890 à Coursan dans l'Aude dans une modeste famille de viticulteurs. Après sa scolarité à Limoux, il entre à l'Ecole Normale d'instituteurs en 1907 à Carcassonne. "Mens sana in corpore sano" : cet esprit sain dans un corps sain, jouait au poste de trois-quart aile dans l'équipe de l'AS Carcassonne qui évoluait autrefois à XV avec Albert Domec. Outre le ballon ovale, Pierre Sire pratiquait également la course à pied, la natation et le tennis. Durant l'année scolaire 1912-1913, Pierre Sire est nommé maître détaché au Collège français de Madrid. Hélas, la Grande guerre l'arrache pour un temps à sa destinée et à 24 ans, il combat l'ennemi avec bravoure comme lieutenant d'infanterie. Ceci lui vaudra l'attribution de la Croix de guerre.

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Pierre Sire

Après l'armistice, le jeune soldat reprend ses activités littéraires. Il est nommé comme instituteur à La Nouvelle, mais c'est à Cailhau qu'il se réalisera pleinement au contact de ses élèves. Il bénéficie de notations frisant l'excellence compte tenu de ses grandes valeurs humaines et morales. Il est ensuite chargé pendant un an de l'enseignement du français dans les classes d'examen au Cours complémentaire du Bastion à Carcassonne, puis des classes de 8e et de 7e du lycée de garçons. 

A nouveau, une guerre ! Il part le 26 août 1939, comme capitaine commandant la 2e compagnie du 2e Bataillon de Chasseurs Pyrénéens. En 1940, il reçoit la légion d'honneur à titre militaire.

Dans Carcassonne, Pierre Sire s'était fait une place de choix parmi les intellectuels - à cette époque, riche de gens lettrés et d'artistes (Joe Bousquet, Rene Nelli, Ferdinand Alquié...). Cet homme simple et modeste, sachant s'attirer toutes les sympathies, allait devenir l'une des pierres angulaire du temple littéraire Audois. Ses études sur le folklore local à travers le Groupe Audois d'Etudes Folkloriques en sont une référence.

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Buste de Pierre Sire réalisé par Hélène Cannac.

Son ami d'enfance, le poète Jean Camp - un autre oublié de chez nous, Académicien - avec lequel il allait à bicyclette par les collines de la Clape jusqu'au bord de mer, disait de lui :

"Il détestait le panache inutile, l'emphase ; l'ostentation et l'exagération si chère à beaucoup de nos compatriotes le faisait d'abord se rétracter, puis tout aussitôt sourire."

" Il avait tout de même en ce temps-là ces révoltes généreuses qui le poussaient à protester avec les gens de chez nous, victimes de la crise viticole, à sentir plus profondément qu'un autre la peine d'un pays ruiné où ceux qui l'entouraient n'avaient plus à vivre et redoutaient les pires lendemains."

La mort devait brutalement arracher cet esprit élégant en 1945, à l'âge où les hommes sont d'ordinaire en pleine maturité intellectuelle. 

Ses romans

 

L'Homme à la poupée 

Henri Estorge que sa blessure désespère, fuit son amie pour ne pas lui avouer son impuissance, mais répond à l'appel des champs et oublie sa peine sur la glèbe maternelle.

Le Clamadou 

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Dans ce roman écrit en 1935 avec son épouse Maria, un petit hameau de pêcheurs s'accroche à une île entourée de marais ; la présence de Paquita la gitane y avait passer un vent de folie mais il ne faudra rien moins que les pouvoirs publics pour provoquer l'exode.

Marthe et le village

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"La communauté se ligue contre l'étrangère et parvient à la chasser. Sur le drame personnel plane toujours l'auguste nécessité qui soumet l'homme à l'ordre naturel, qui le plie aux forces élémentaires. Il dépend alors de lui que sa vie soit leur conséquence harmonieuse et seuls trouveront le salut ceux qui ne dérogeront pas aux lois du milieu primitif." (Jean Ballard)

Citations

"Ne peut devenir votre ami que celui qui est digne d'entrer au coeur de votre enfance."

"L'homme garde toujours une possibilité si petite soit-elle de se relever ou de s'évader : si inégale que soit la lutte, si avancée que soit la défaite un espoir subsiste, et subsiste par cette résistance toujours possible aux forces de désagrégation, intacte parce qu'indivisible, la dignité, c'est-à-dire l'homme."

Hommages

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Une plaque sur la maison de Pierre et Maria Sire rappelle dans la Cité, le souvenir des deux poètes.

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Dans les années 1980, le maire Raymond Chésa a inauguré le jardin au pied du Pont vieux. Le nom de Pierre et Maria Sire lui a été donné et un monument en leur souvenir trône au milieu de celui-ci.

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27/11/2016

Voyage au centre du snobisme musical et intellectuel du Carcassonnais.

C'est dans une assemblée surchauffée d'une dizaine de personnes que la Fabrique des Arts invita ce vendredi la musicologue italienne Giuzy Caruso dans l'auditorium du conservatoire de Carcassonne, nommé Fabrique des Arts. La chercheuse présenta son travail analytique sur les Etudes Karnatiques pour piano de Jacques Charpentier - jeune compositeur Carcassonnais de près de 90 ans à qui l'on promit en 2013 de jouer son unique opéra en occitan au Festival : Béatrice de Planisolas - livret de René Nelli. Les promesses rendant les enfants joyeux, cela fit rajeunir M. Charpentier de quelques mois.

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Les Etudes Karnatiques, qu'es aco ? Afin de vulgariser le propos, disons qu'il s'agit d'une écriture musicale qui se nourrit des influences harmoniques de l'Inde du sud. Cette partition avait été déjà entendue il y a trois ans à l'auditorium de la Chapelle des Jésuites à Carcassonne. Elle fut encore exécutée hier soir dans celui de la Fabrique des Arts. Lors de la première écoute, les plus francs et sans doute mélomanes, ont avoué poliment à voix basse que leur oreille n'avait rien compris ; les plus snobs et sans doute les moins éduqués musicalement, eux, ont loué l'excellence d'un morceau qui les a fait vibrer. Il est vrai qu'après quelques bulles de champagne et des petits-fours, il n'y a que le franc (au sens de libre) pour se trouver au centre d'une discussion dans laquelle il préfère garder son avis pour lui. Il ne s'agit pas ici de subir une pensée unique, mais de fuir une pensée dirigée. Nuances...

Ce n'est pas à moi - pauvre artiste lyrique et conférencier de seconde zone - à dire que Jacques Charpentier est un grand compositeur - être un de ses confidents me suffit. Le monde musical national n'a pas attendu Carcassonne pour mette en avant les grades qualités de cet homme que notre ville garde dans du formol depuis trente ans. Bien avant que la cité audoise et ses penseurs culturels ne se réveillent, du Japon au Etats-Unis on jouait déjà les Etudes karnatiques, avec pour récompense Diapason d'or sur papier glacé. Quant à son héritage sur la politique culturelle, son passage auprès d'André Malraux au Ministère des Affaires culturelles plaide largement en sa faveur. On est en train purement et simplement de le détruire cet héritage, à force de restrictions budgétaires. Plus d'argent pour les conservatoires, les centres culturels qui ne seront ouverts qu'aux riches familles. Les autres se contenteront de "The voice" sur TF1.

Ce qui me chagrine voyez-vous c'est que l'on programme dans le temple de la musique de Carcassonne - là où nos enfants apprennent les fondamentaux - une conférence que ne renierait pas la fac de musicologie de la Sorbonne, mais que l'on se refuse d'en faire de même avec la musique de Paul Lacombe. Il est vrai qu'il faut avoir entendu certains de nos édiles prétendre que ce membre de l'Institut de France, n'était qu'un compositeur mineur pour saisir de suite la stupidité des ignorants. Dans les années 70, un maire de Carcassonne - dont je tairai le nom - n'hésita pas à parler du gros violon lors d'un concert au festival, pour désigner la contrebasse. Ça ose tout, c'est même à cela qu'on les reconnaît - disait un tonton flingueur.

Hélas, dirai-je, ce sont eux qui sont en charge de la culture. Laquelle ? Celle qui se fait mousser comme M. Jourdain dans le Bourgeois gentilhomme, là où le ridicule ne tue plus puisqu'érigé en doctrine de la pensée politique ? A force de casser les codes, ils ont réussi à briser la tradition et les héritages. Ce que nous sommes et surtout d'où nous venons. Pas étonnant, si nos enfants ne savent plus où aller...

http://musiqueetpatrimoine.blogs.lindependant.com/archive...

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