26/04/2017

Florent Quintilla, le passeur du Païchérou

Pendant un demi-siècle, Florent Quitilla a fait traverser l'Aude en barque à des milliers de personnes. Né en 1890 à Carcassonne, c'est à l'âge de quinze ans qu'il commence ce travail au Païchérou. En 1922, il fait l'acquisition de ce qui allait devenir grâce à lui, l'une des guinguettes les fréquentées de la ville. En même temps qu'il achetait le café, M. Quintilla prenait en charge la traversée de l'Aude en face de son établissement. Faute d'un pont reliant à ce quartier à la plaine Mayrevieille, la barque était le seul moyen de communication.

Passeur du Paichérou en 1970.jpg

© Droits réservés

Ce système par barque existait depuis deux siècles. Lorsque M. Quintilla le prit en main, l'on comptait une centaine de passagers par jour. En 1922, le prix du passage s'élevait à 1 sou, c'est-à-dire 5 centimes. Le passeur aurait bien voulu se faire remplacer quelques-fois mais impossible de trouver un jeune pour les dimanche. Ce travail n'était pas de tout repos, car pour hâler la barque au long du câble à la seule force de ses bras, il faut avoir des muscles solides. C'est à l'âge de 83 ans que M. Quintilla raccrocha ; son prédécesseur M. Brémond en avait soixante-dix. 

Maurice Quintilla Passeur au Paichérou en 1974.jpg

© Droits réservés

Ce n'est pas tant l'âge qui le décida à arrêter. En 1972, l'ouverture du pont de l'hôpital lui avait enlevé une bonne partie de la clientèle. À l'endroit où le câble reliait les deux rives, l'Aude fait une centaine de mètres. Chaque traversée à la force des bras sur le câble tendu, représentait une épreuve physique. L'été il y avait de nombreux touristes qui joignaient l'utile à l'agréable. La traversée pouvant représenter quelques danger, M. Quintilla avait souscrit une assurance. Toutefois, aucune de ses barques n'a chaviré. Notons qu'il sauva treize nageurs en perdition d'un noyade certaine.

barque.jpg

© L'Indépendant

C'est une barque comme celle-ci retirée récemment des eaux de l'Aude, que M. Quintilla utilisait pour ses traversées. Notons qu'il y avait aussi la barque de M. Paul, un peu plus loin du côté de Monplésir d'été.

_____________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2017

25/04/2017

Un vestige du XVIIe siècle provenant de l'ancien domaine de Salvaza

Monsieur Antoine Labarre fut un membre éminent de la Société d'Etudes Scientifiques de l'Aude. Nous lui devons énormément car grâce à son opiniâtreté et sa passion, un nombre conséquent d'objets de notre patrimoine a été sauvé de la destruction. Nous avons retrouvé une partie d'une dalle funéraire provenant de l'ancien domaine de Salvaza - aujourd'hui, entièrement rasé - qu'il avait conservé chez lui. Malgré ses propositions, aucune administration n'a finalement voulu de cette pierre.

pierre.jpg

Memoriae illustri viri

(À la mémoire de l'illustre homme)

Nous avons retrouvé le courrier qu'il adressa à l'époque, au conservateur des monuments historiques. 

J'ai dans mes collections de vieilles pierres ; une de celles-ci est très intéressante car elle fait partie de notre histoire locale Carcassonnaise. Il s'agit d'une partie d'une dalle funéraire de dimension suivante : longueur 0,65 cm, largeur 0,63 et épaisseur 0,20 cm.

Pour vous expliquer l'intérêt de cette dalle, il est bon de remonter à l'Antiquité romaine du lieu de Salvaza, aujourd'hui propriété départementale et aérodrome de Carcassonne. Mahul dans son Cartulaire de l'ancien diocèse de Carcassonne, nous apprend qu'aux premiers siècles, Salvaza s'écrivait Sulminis ; nom romano latin du terroir, tout comme son voisin s'appelait Herminis. Vers le XIe siècle est signalé en ce lieu, un prieuré (Dictionnaire topographique de l'abbé Sabarthès). Les religieux qui occupèrent le lieu, le firent grâce au point d'eau. Une noria d'origine romaine, unique en son temps, creusée dans le sol rocheux de cette plaine, où le roc affleure de peu la surface en cet endroit.

Ces mêmes religieux élevèrent une chapelle dédiée à Saint Jean-Baptiste. Sur ce même site, ils élevèrent une petite maison forte, un manoir qui fut le début d'un prieuré. Mais le temps passant et le manque d'entretien, la Révolution fit de ces masures un bien national.

Au XVIIe siècle, selon la dalle dont je vais parler, un certain M. François du Cup, dont la famille de riches tisserands comme les Pelletier, les De Saix, avaient acquis une certaine notoriété. François du Cup était à cette époque, seigneur de Salvaza et jouissait de la considération des Carcassonnais. Il était Juge Mage ; c'est là l'essentiel et l'intérêt de la dalle qui nous occupe.

A sa mort, dont j'ignore la date, un magnifique mausolée en pierre locale fut élevé par la famille dans la chapelle du domaine ou à ses abords pour abriter et préserver ses restes. La Révolution confisqua les biens de cette noble famille et vendit les ruines à des roturiers, lequel utilisèrent les pierres pour construire des celliers et une maison d'habitation dans les restes du manoir antique qu'on appela la ferme Jacquot.

Les pierres du mausolée démoli traînèrent près de deux siècles dans le parc du domaine. Il y avait un entablement de plus de deux mètres de long, sculpté et représentant les attributs du temps avec la faux, le sablier et divers autres symboles et personnages dans cette pierre de Pezens réputée dans le Carcassès. Toutes ces pierres sculptées abandonnées jusqu'à nos jours et en partie mutilées traînaient dans les dépendances du parc de la propriété domaniale de Salvaza. La Chambre de commerce de Carcassonne, maître de la propriété dans son ensemble, décida d'agrandir où de nettoyer le domaine pour plus tard, y construire un hôtel pour les passagers des avions.

La ferme Jacquot (ancien prieuré) avec ses caves à vin fut détruite entièrement. Cette ferme avait dû être aménagée dans le temps en utilisant les restes du manoir. Car, à l'angle sud-ouest de la bâtisse, on remarquait une sorte de construction ronde qui avait dû être une tour avec l'escalier du manoir comportant quatre tourelles.

Dans les pierres de récupération jetées à la décharge de la sablière de La Conte à Carcassonne, il a été relevé plusieurs de celles-ci refendues pour faire des montants de fenêtres. Elles portaient des inscriptions latines qui avaient été tournées vers l'intérieur de la maçonnerie. Avant que la sablière ne soit recouverte de terre arable, les gens intéressés par ces pierres de démolition allaient récupérer les matériaux. C'est un de mes amis entrepreneur qui a construit notre maison qui sachant mes goûts pour l'archéologie me dit :

" Tu devrais aller faire un tour à la sablière de La Conte, où sont portées les pierres de Salvaza par l'entreprise Depaule".

Sur les conseils de mon ami, j'allais faire un tour à la décharge et je vis là une pierre de calcaire blanc, très dur, en bascule sur les gravats et retournée. J'eus l'idée, voyant sa forme, de passer ma main au-dessous. C'est ainsi que je constatais la présence d'une inscription occupant toute la surface du bloc. Nous chargeâmes cette pierre fort lourde de 150 kg environ et nous l'apportâmes chez nous.

Je relevais alors le texte écrit en latin. Je pris une photo et fis traduire l'inscription par Mgr Georges Boyer, pensionnaire à Béthanie. Il me montra combien était précieuse cette pierre pour l'histoire de notre ville.

Six à sept ans après cette trouvaille, comme je désirais qu'elle fut mise au musée lapidaire de la Cité, j'écrivais à l'abbé Paul - conservateur des Antiquités - pour qu'il vienne chez moi. Ceci, afin de vérifier si cette pierre méritait de figurer au Château comtal. Par lettre, l'abbé Paul me répondit qu'il serait défiicile de la mettre au musée. Sur cette réponse, elle resta dans ma famille.

Qui était François du Cup ?

Selon mes recherches, la famille du Cup (alias Ducup) était originaire de Caudiès-de-Fenouillèdes dans les Pyrénées-Orientales. Elle y possédait depuis 1400 une co-seigneurie. Son nom serait espagnol car avant le traité des Pyrénées, la catalogne appartenait à l'Espagne. Cette famille a formé plusieurs branches dans la province du Languedoc. Celle des seigneurs et marquis d'Issel s'est éteinte à la fin du XVIIIe siècle, vainque celle de Saint-Ferréol ; les branches des barons de Ricaud et Puybusque, des seigneurs de Salvaza et Homps, des barons de Moussoulens, se sont éteintes dans la courant du XIXe siècle.

Capture d’écran 2017-04-25 à 14.01.35.png

D'Azur à une bande d'or accompagné de deux étoiles d'argent

François du Cup, seigneur de Pédréga, Salvaza et Issel fut successivement avocat du roi au siège présidial de Carcassonne, premier président et lieutenant général en la sénéchaussée de Carcassonne, au siège particulier de Béziers. Dépouillé de cette charge en 1590 à cause de son attachement à la ligue, il fut commis la même année par le Parlement de Toulouse, qui soutenait la ligue, aux fonctions de Président Juge-Mage en la sénéchaussée de Carcassonne par arrêt du 5 mars 1590. François du Cup joua un rôle considérable dans les événements politiques du Languedoc durant les guerres de la Ligue. Il fut un des plus ardents soutiens et le conseiller habituel du Maréchal duc de Joyeuse, chef des ligueurs du Languedoc et du cardinal de Joyeuse, son frère.

La reine Marguerite de Valois, comtesse de Lauragais, le pourvut de la charge de Président Juge-Mage et lieutenant-général de la sénéchaussée de Lauragais au siège présidial de Castelnaudary par lettres du 8 octobre 1599. En récompense de ses bons et loyaux services, le roi Henri III lui fit don, en 1385, de la somme de 1000 écus. Il avait acquis, après 1565, de Gabriel Lhuillier, seigneur de Salvaza et de Rouvenac, trésorier du domaine royal, la seigneurie de Salvaza dans la banlieue de Carcassonne, avec moyenne et basse justice. Il fit, en 1595, l'achat au domaine royal du droit de lods et ventes dans ladite seigneurie. En février 1588, il acheta à Guillaume de Ménétral, la terre noble de Serres dans la banlieue de Carcassonne. Il acquit également la seigneurie d'Issel, près de Castelnaudary, dont le château devint sa résidence habituelle. Dans son testament, François du Cup demanda que son corps fut transporté dans l'église de Caudiès-de-Fenouillèdes, au tombeau de ses pères et mères.

Cette dalle funéraire sauvée par Antoine Labarre peut très bien être également celle de Jean-François du Cup, décédé le 10 avril 1639. Son corps fut porté le lendemain dans l'église Saint-Michel de Carcassonne, où le service funèbre eut lieu en présence du Chapitre et de Mgr de Lestang, évêque de Carcassonne. Après quoi, son corps fut inhumé dans l'église de Salvaza. Si tel est le cas, il est probable que la destruction du domaine de Salvaza par les services départementaux dans les années 60-70, ait également profané la tombe de François du Cup, seigneur de Salvaza. Aucun respect historique du lieu, comme ce fut très souvent le cas à Carcassonne...

Sources

La France moderne / J. Villain / Tome III / 1906-1913

Armorial d'Hozier du Languedoc / 1701-1800

_______________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2017

24/04/2017

Louis Anson, ancien garçon de café du Continental

Après 32 années passées à servir des bières au café Continental, Louis Anson avait décidé de prendre sa retraite en 1975. Domicilié dans le quartier de Domairon avec Odette, son épouse, il allait pouvoir couler des jours heureux, non sans révéler quelques anecdotes sur son métier.

anson.jpg

Louis Anson

A la sortie de l'école à l'âge de 17 ans, il entre comme serveur à l'hôtel de la Cité, dirigé à l'époque par M. Jordy. Nous sommes en 1927... Après un apprentissage de deux ans, il quitte la ville et s'embarque comme barman à bord du Massilia - ce paquebot sera détruit en 1933 par un incendie en rade de Cherbourg. Il se retrouve sans emploi et s'engage alors dans le régiment du 13e Zouave ; il combat en France et en Belgique en 1940. En 1943, il revient à Carcassonne et cherche à redevenir serveur. Concours de circonstances, M. Lavrut - patron du Conti - recrute un employé pour remplacer un garçon qui avait besoin de se cacher de la Gestapo quelques jours. Il est embauché pour quinze jours ; il restera 32 ans.

2428309986.jpg

Le café Continental, bd Omer Sarraut

Pilier du Conti, Louis Anson a vu défiler une dizaine de patrons ou de gérants. Parmi ceux-ci : Jep Maso, le père de Jo, l'International de rugby ; les frères Hugonnet (cuisiniers en Amérique) et Pierre Pavanetto.

1368320870.jpg

Très rapidement, Louis Anson s'imposa par sa personnalité, son dévouement et son expérience. Le jour de la Libération de Carcassonne (19 août 1944), un résistant lui demanda de le planquer. Il l'enferma dans le frigo. Louis ne revit pas cet homme qui devait habiter du côté de la Redorte.

1833632988.jpg

© Coll. Patrice Cartier

Gérard Oury et Bourvil à Carcassonne 

Bourvil était venu au Conti en compagnie de Gérard Oury pendant le tournage du Corniaud en novembre 1964. Ils avaient fait connaissance d'un clochard qui se trouvait en face dans le Jardin des plantes. Ils l'avaient amené avec eux. En voulant le faire boire, ils avaient eux aussi abusé de l'alcool, si bien que le regretté Bourvil fut pris d'un fou-rire, qu'il communiqua à toute la salle.

___________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2017

23/04/2017

Sa majesté Léka 1er, roi des Albanais, en visite à la Cité

Nous le savons, l'hôtel de la Cité de Carcassonne a reçu un grand nombre de têtes couronnées. Parmi elles, nous pouvons citer la reine d'Angleterre (Queen Mum), Georges VI, la princesse Grâce Kelly, etc. Au temps de sa splendeur, l'établissement eut l'honneur d'accueillir le roi des Albanais, Léka 1er.

Leka 1er. Roi des Albanais. 14 octobre 1975.jpg

Philippe Decaud et SAR Léka 1er

Le successeur sur le trône d'Albanie de Zog 1er vivait en exil depuis l'avènement de la république en 1945. Il vint à Carcassonne à plusieurs reprises en avril 1970, 1973 et la dernière fois en 1975. "Je ne passe point dans la région sans descendre à l'hôtel de la Cité".

Capture d’écran 2017-04-23 à 11.30.43.png

© Le blog de Yolio

Mariage du roi Léka 1er et de la reine Suzanne

Après son mariage avec l'Australienne Susan Cullen-Ward en 1975, le couple s'installe en Espagne où il est reçu par le roi Juan Carlos. Là, il continue à recevoir les Albanais en exil en attendant une chute prochaine du communisme. Léka 1er est décédé le 30 novembre 2011 sans jamais avoir régné.

_______________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2017

11:35 Publié dans La Cité, Politique | Tags : léka | Lien permanent | Commentaires (0)

22/04/2017

Quand Antoine de Saint-Exupéry atterrit à l'aérodrome de Salvaza

Cela faisait un bon moment que nous cherchions une preuve du passage d'Antoine de Saint-Exupéry à Carcassonne. Si une partie de sa famille est encore propriétaire du château de Pech Redon à Pezens, elle n'a jamais été en mesure de nous confirmer la présence du célèbre aviateur en ses murs. Où sommes-nous donc allés chercher cette preuve ? Tout simplement grâce à un article paru dans la presse locale en 1975, sur lequel nous sommes tombés par hasard.

saint ex.jpg

© Droits réservés

Antoine de Saint-Exupéry

Au mois de février 1975, Madame Marie-Louise Pujol âgée de 87 ans accorde une interview à l'Indépendant dans sa maison de retraite de la rue "Saint-Exupéry" à Carcassonne. Elle raconte sa jeunesse passée à Salvaza, où elle s'installe le 1er juillet 1920 avec son mari pour garder l'aérodrome. 

P1070374.jpg

Marie-Louise Pujol

 On ne pouvait réellement parler d'aérodrome : "C'était rien du tout. On avait arraché les souches d'une vigne. Nous sommes restés un an à la campagne." C'était le temps de la célèbre société Latécoère et de l'aéropostale. "Je me souviens très bien du premier avion qui a atterri à Salvaza. Il venait d'Alicante. Le pilote, un certain Revel, était malade. Je lui ai cédé mon lit. Le pauvre, il s'est tué un an après. Je n'ai pas compté les fois où je suis montée sur le phare pour l'allumer. Ça faisait quand même dans les huit mètres de haut."

Marie-Louise s'occupait aussi du ravitaillement en essence : "Il m'est arrivé de donner jusqu'à 3000 litres d'essence à des escadrilles militaires. Si j'ai des douleurs dans les bras, je sais pourquoi ! A l'époque, c'était un sou le litre, ça a bien changé." Concernant la météo : "Je me souviens que la météorologie de Toulouse avait envoyé un technicien pour me mettre au courant. C'était un Grec. Il m'avait laissé des instruments, m'avait appris à évaluer les distances. Je me basais sur la Montagne Noire. Tous les jours, je me levais à 5 heures. A Toulouse, ils se sont toujours fiés à ce que je leur ai dit."

Quelques anecdotes

Un jour un avion voulut atterrir avec le vent dans le dos : "Pardi, il s'est retourné comme une crêpe. Qu'est-ce que j'ai fait ? Je n'ai pas couru à l'avion qui s'était immobilisé dans un champ. Non. J'ai aussitôt téléphoné aux docteurs Tomey et Delteil et au commissaire de police. Quand ils sont arrivés, tous les trois nous nous sommes dirigés vers l'avion. Et là, qu'est-ce qu'on a vu venir vers nous ? Le pilote qui s'en était sorti sans une égratignure. J'avais apporté avec moi une bouteille au cas où il aurait fallu un petit remontant. Et vous savez ce qu'il m'a dit quand je lui ai tendu le verre ? Prenez-le, madame, vous êtes encore plus pâle que moi..."

Une autre fois, un amiral (le commandant Laborde) et un jeune lieutenant font escale à Carcassonne. Le temps d'une balade dans laquelle ils prennent Mme Pujol pour survoler la Cité, ils laissent leurs képis à Salvaza. "Au retour, j'ai fait exprès de donner le képi de l'amoral au lieutenant. Vous savez ce qu'il m'a dit ? Non, madame, il y en a trop sur celui-là."

Une énorme panne avait bloqué un avion à Salvaza : "C'était en plein hiver. A ce moment-là, il y avait toujours un mécanicien de Toulouse qui venait passer les mois de mauvais temps à Carcassonne. Et voilà qu'une panne immobilise un appareil. Impossible de trouver d'où elle pouvait venir. Tant et si bien qu'il fallait que M. Daurat qui était le patron de Toulouse se déplace. Il a démonté le gicleur, posé un bout de papier blanc sur la table, et soufflé ; le moustique qui obstruait le gicleur est veni se coller sur la feuille. Pensez, un moustique qui arrêtait un avion !"

didier.jpg

Didier Daurat

Didier Daurat alias "Rivière", dans le livre de Saint-Exupéry "Vol de nuit".

Le dernier repas de Saint-Exupéry

Saint-Exupéry rejoignant en 1926 les pilotes de Latécoère, allait faire plusieurs escales à Salvaza. "Il était très, très gentil. D'ailleurs, c'étaient tous des amis. Lui, Mermoz et tous les autres. Vous savez, j'en ai gardé un très bon souvenir. C'étaient des enfants. Les pauvres. Ils étaient jeunes. Ils n'avaient peur de rien. Et puis, pour moi, c'était ma vie. Nous étions en famille. Chez nous, c'était la maison du bon Dieu. Quand ils s'arrêtaient ils étaient toujours en train d'ouvrir les buffets. Pour nous, il était Antoine. Je lui ai fait le dernier repas avant qu'il se perde en mer. C'était en 1944..."

Jean Mermoz

Capture d’écran 2017-04-22 à 10.35.50.png

© Droits réservés

Mermoz aussi s'arrêta à Salvaza. Il assurait le courrier Toulouse-Barcelone-Alicante sur Bréguet 14.

Adrienne_Bolland.jpg

Adrienne Bolland, à l'occasion de meetings aériens est passée chez Mme Pujol. "Nous avons couché sur les brancards des blessés pour lui céder la chambre." Monsieur Raynaud, un limouxin, pilote du général Astruc, en passant par tous les anonymes. Combien de fois, en revenant du Cap-Juby (Maroc) n'ont-ils pas largué des paquets remplis d'oranges pour Mme Pujol et sa famille.

Merci à tous de votre fidélité à ce blog. Si vous devez vous servir de mes articles, n'oubliez pas d'en citer la source. Un petit mot sympathique dans les commentaires, ne fait jamais de mal.

______________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2017

19/04/2017

La Samaritaine

On ne sait rien de l'origine, ni du nom de la statue qui ornait jusqu'à l'an passé, la fontaine de la rue du Pont vieux. Plusieurs hypothèses ont été avancées par les historiens locaux ; elle aurait été sculptée au XIXe siècle avec les restes de la vieille fontaine de la place Carnot. A défaut de pouvoir amener des éléments nouveaux sur l'histoire de cette statue, nous avons pu retrouver son nom.

La Samaritaine

samaritaine.jpg

La fontaine vers 1900

L'origine de ce nom est purement et simplement tirée des Évangiles.

"Comme, se reposant près d'un puits, Jésus lui demande à boire, la Samaritaine s'étonne qu'il ose, lui, un Juif, lui demander de l'eau : les Juifs méprisaient les Samaritains et ne leur adressaient pas la parole. Jésus lui répond que l'eau qu'elle puise n'étanche pas la soif, mais que l'eau vive qu'il donne devient jaillissante et que quiconque en boit n'aura plus jamais soif."

fontaine Rue du pont vieux.jpg

Dans ce quartier populaire de la ville, cette fontaine donnait l'eau courante aux riverains et l'hygiène quotidienne. Pas étonnant, si on s'est servi du mur de derrière pour promouvoir l'apéritif de Michel Sabatier : L'Or-Kina. 

Fontaine. Rue du pont vieux 4.jpg

Notre Samaritaine, sculptée en grès de chez nous, s'est érodée au fil du temps. Elle a perdu le bras droit et surtout sa cruche d'eau, à gauche. En 2013, Monique Joseph - conseillère municipale - redonnait vie à la fontaine dont l'eau n'avait pas jailli depuis des années. En 2015, la municipalité décidait de déposer la statue pour la faire restaurer et faire repeindre le mur de derrière. 

Capture d’écran 2017-04-19 à 10.34.52.png

C'est aujourd'hui un beau fronton de pelote basque, car la statue ne reviendra pas. Il serait impossible techniquement de la restaurer compte tenu de l'usure de la pierre, dit-on. Pourquoi donc ne pas faire un moulage, où lui trouver un successeur ? Quant à l'endroit dans lequel elle a été entreposé, cela reste un mystère. Aucun service n'a voulu nous répondre sur ce point...

statue-la-samaritaine.jpg

Nous avons trouvé à Cevico de la Torre dans la province Castilla i Léon en Espagne, presque la même Samaritaine en bronze. Elle a été fondue en 1903...

_______________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2017