16/06/2017

Le compositeur Jacques Charpentier est décédé hier matin à l'âge de 83 ans

C'est avec une grande émotion que j'ai appris hier, le décès du compositeur et organiste Jacques Charpentier. Il s'était fixé à Carcassonne depuis les années 1960, après plusieurs collaborations musicales avec son ami Jean Deschamps, dans le cadre du Festival d'Art dramatique de la Cité. Il avait notamment composé la musique pour la pièce de théâtre de Jean-Paul Sartre "Les mouches". Inutile que je revienne sur la carrière de Jacques Charpentier, pour laquelle nous avons consacré de nombreux articles sur ce blog. Disons que cet homme affable et abordable faisait honneur à ceux avec lesquels, il s'abandonnait à parler de musique. J'en fus et à ce titre, les moments hélas trop courts que j'ai passés avec lui, furent en tous points délicieux. Sa préface dans mon ouvrage biographique de Paul Lacombe, restera à jamais d'une inestimable valeur. Que dire de plus quand un homme, qui fut la tête pensante et créatrice de la musique nationale au sein du ministère Malraux, accepte de préfacer votre ouvrage ?

201504061285-full.jpg

© DDM

Jacques Charpentier voulait que l'on joue sa musique et qu'elle soit reconnue avant sa mort. A plusieurs reprises, il me confia ses craintes ; il faisait un parallèle avec le devenir de celle de Paul Lacombe. Que son unique opéra "Béatrice de Plannisolas" sur un livret en occitan de René Nelli, n'ait été jamais représenté à Carcassonne, le tourmentait. En 2013, il s'empressa de m'annoncer l'attribution d'un Diapason d'or pour l'exécution de ses Etudes karnatiques par un pianiste Allemand. Il était en droit d'attendre quelque chose de la part des municipalités de Carcassonne sur le plan culturel, mais n'avait plus guère d'illusions.

 Un jour, je dis à Chésa que je connaissais très bien.

- Pourquoi donc, fais-tu un Festival pareil ?

- Pourquoi, me répondit-il, tu n'aimes pas ?

- Ce n'est pas un Festival, ça ! 

- Tu comprends, ça fait venir du monde.

 - Dans ce cas, je te conseille de le remplacer par un festival de la pornographie. Tu en auras encore davantage.

Chésa est allé bouder dans son coin...

Les inflexions programmatiques du Festival le rendaient furieux : "Ah ! Si Deschamps voyait ça". Le pire c'est quand sur un coup marketing, la mairie annonçait en 2015 les 10 ans du Festival de Carcassonne. Lui, plus que tout autre, savait que Jean Deschamps était à l'origine du Festival qui débuta dans les années 60. D'abord, ce n'est pas un Festival, disait-il. Car, il n'y a pas de thématique et on ne peut pas se prévaloir de ce titre.

"J'habite rue Denisse à deux pas de la place Carnot, me disait-il. En été, je suis obligé de fermer mes fenêtres pour ne pas entendre le bruit assourdissant des sonorisations. J'aime la musique populaire, mais en France elle n'existe plus."

Il n'était pas tendre non plus avec la politique culturelle du gouvernement Hollande. "Ils sont en train de détruire tout ce que l'on avait mis en place avec Malraux : Les centres culturels, les conservatoires, les orchestres nationaux, les Jeunesses musicales de France, etc." 

2040904241.jpg

On n'était pas ami avec Jacques Charpentier, c'est lui qui voulait que vous le soyez. Cela fait une sacré différence dans ce pays où les gens se disent l'ami de quelqu'un, alors qu'ils ne le connaissent que depuis 5 minutes. Carcassonne a perdu un homme de grande valeur qu'elle n'a pas su utiliser, comme d'ailleurs beaucoup de talents et de belles choses qu'elle possède. Soyez assurés qu'ils seront tous présents mercredi 21 juin à 16 h à la cathédrale St-Michel pour ses obsèques. Après tout, ce serait bien là la moindre des choses, non ?

_______________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2017

19:02 Publié dans Actualités | Tags : charpentier | Lien permanent | Commentaires (3)

10/06/2017

Hommage à Jeannot Lapasset (1946-2017)

Avec la disparition de Jean Lapasset à son domicile vendredi dernier, après une longue maladie, s'éteint le dernier d'une génération de cafetiers brandissant l'amitié et la serviabilité comme étendard. Le café des Négociants c'était le café Lapasset, tellement le nom de cette famille marqua de son empreinte le cœur des Carcassonnais de toutes les générations. Pour preuve, malgré la vente de l'établissement en 2008 et son changement d'enseigne, on désigne toujours l'endroit comme étant chez Lapasset. L'ancien siège de l'USC, de la boule tapageuse, des jeunes lièvres, du FAC, etc. Autant de rires, de tapes dans le dos, de bons gueuletons entre amis avec la caserne Laperrine et ses bisasses du 3e Rpima. Combien de troisièmes mi-temps, les jours de défaites comme les jours de victoires ? Combien de lotos et de canards gras gagnés ? Au-delà de la perte physique de Jeannot Lapasset, c'est toute la bibliothèque immatérielle de ce lieu qui vient de brûler. Cette richesse lui avait été léguée par son père René, en même temps que le café. Notre devoir était d'en sauver un peu la mémoire. C'est ce que je fis en 2010 quand il me reçut à son domicile, en m'ouvrant ses souvenirs photographiques. Cet homme avait à la fois la force d'un chêne et le cœur d'un poète ; c'est d'ailleurs ce qu'il y a de remarquable chez les rugbymen. Nous n'allons pas être tristes, car l'homme aux belles bacchantes avait pour habitude de les sublimer d'un sourire. Nous allons simplement rappeler l'histoire de cette famille et de ce qu'elle apporta à la vie de notre ville.

img836.jpg

© Collection Martial Andrieu

Tout commence en 1905 avec Jean Lapasset qui après avoir quitté Paris achète les trois cafés de la place d'armes (Aujourd'hui Général de Gaulle) pour n'en faire qu'un seul. Il le baptise "Grand café des négociants" en raison des nombreux courtiers en vins de passage les jours de foire, sur le boulevard Barbès.

1903897524.jpg

© Collection Martial Andrieu

Dans les années 1920, les clients et amis du café posent autour de Jean Lapasset. Le charisme du patron emporte l'adhésion des clients. Ce sont des négociants en vins qui les jours de foires, finalisent leurs affaires autour du zinc. 

Lapasset.jpg

© Collection Martial Andrieu

Jean Lapasset passe ensuite la main à son fils unique René en 1930, surnommé amicalement "Luigi". Ce dernier fit les beaux jours d'une ASC qui jouait jusque dans les années 30 à XV, au poste de talonneur. 

USC 15.jpg

© Coll. Jean Lapasset

René Lapasset jouait à l'ASC

Cirque Amar. Musqtapha directeur.jpg

© Coll. Jean Lapasset

René Lapasset s'était lié d'amitié avec les cirques qui s'installaient régulièrement sur la place d'armes (aujourd'hui, général de Gaulle). Ci-dessus, une photo avec Mustapha, le patron du cirque Amar. Il était également un grand ami d'Achille Zavatta et de tous les forains. 

Tour de France 3.jpg

© Coll. Jean Lapasset

Le passage du Tour de France dans les années 1950

loto.jpg

Soirée de loto au Café des Négociants, au cours de laquelle René Lapasset annonçait les numéros tirés du sac. Les heureux gagnants repartaient avec canards gras, poulardes et jambons.

jean.jpg

Jeannot Lapasset entouré par sa mère et son père semble prêt à prendre la relève. Il a alors une dizaine d'années. C'est au début de 1970 que René passera la main à son fils unique. En fait, René ne quittera jamais vraiment les lieux dans lesquels il mourra en février 1992, à l'âge de 90 ans. 

img076.jpg

© Coll. Jean Lapasset

Jean Lapasset avec sa petite Vespa devant le café de son père

"Jeannot" prit la succession et modernisa le café. Il bénéficia de la clientèle fidèle, mais il sut surtout la conserver. Les lycéens ne manquaient pas les parties de flippers et de glisser une pièce dans le juke-box. Les samedis, combien de matches du Tournoi des 5 nations suivis depuis l'unique télévision du café ? 

lapasset.jpg

© Collection particulière

Jeannot Lapasset avec des amis bien connus

lapasset 2.jpg

© Collection particulière

Jean Lapasset avec le maire Raymond Chesa. 

lapasset 3.jpg

© Collection particulière

Jean Lapasset était passionné de belles voitures. On lui doit la création de la course du Col du Portel. En 2008, il vendit le café des Négociants à Norbert Serres. L'établissement allait devenir le Saint-Germain, car l'ancien propriétaire ne souhaitait pas que l'on conserve le nom d'origine. 

1280124656.jpg

J'avais photographié le café Lapasset en 2008 avant sa transformation. Aujourd'hui, ce lieu a changé d'aspect mais l'âme des Lapasset y est encore pour de nombreuses décennies. En ces moments difficiles, je voudrais témoigner de mon amitié à Marie-Aude, sa fille durement éprouvée par la perte de son père. Ainsi, bien sûr, qu'à l'ensemble de sa famille.

___________________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine /2017 

27/04/2017

Sortie d'un livre sur le hameau de Villalbe

J'ai l'honneur de vous présenter mon dernier livre : Villalbe, un hameau de Carcassonne. Cet ouvrage, fruit d'un travail de recherches de quatre années, évoque l'histoire Villalbe depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours. Plusieurs chapitres sont également consacrés à la vie sociale de ses habitants, à travers les associations et les festivités d'autrefois. Vous y retrouverez des personnes et des souvenirs, grâce aux nombreuses photographies qu'il contient.

Capture d’écran 2017-04-27 à 14.04.29.png

Ce livre sera disponible dès le 9 mai. Si vous souhaitez un ou plusieurs exemplaires, je vous invite à m'adresser un mail à cette adresse :

andrieu-martial@wanadoo.fr

Je vous dirai alors comment procéder

Villalbe, un hameau de Carcassonne

160 pages 

15 €

___________________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2017

05/04/2017

Anniversaire du blog "Musique et patrimoine de Carcassonne"

Le 5 avril 2013, après avoir clôturé l'ancien blog "Histoires de Carcassonne" en raison des attaques calomnieuses dont il était l'objet, naissait "Musique et patrimoine de Carcassonne". C'est donc le quatrième anniversaire des chroniques consacrées à l'histoire de notre belle ville. Nous ne retracerons pas le chemin parcouru, chacun le connaît au travers des actions qui ont été menées et des articles rédigés. Je voudrais vous remercier pour votre fidélité. Si je ne peux pas voir s'afficher sur vos visages la satisfaction que vous procure la lecture quotidienne du blog, ni recueillir physiquement vos témoignages de gratitude, j'ai conscience de l'intérêt qu'il suscite chez vous. N'oubliez pas quelques fois de poster un commentaire, c'est le seul carburant qui encourage cette machine à poursuivre son action.

cake-topper-joyeux-anniversaire.jpg

20/10/2016

Mort, comme un lundi à Carcassonne...

A Carcassonne, on connaît la chanson sur le bout des doigts... Les commerçants se plaignent toujours sans jamais regarder au final ce qui ne fonctionnerait pas dans leur comportement. C'est-à-dire, les bases du commerces ; à savoir, un sourire et un bonjour. Si autrefois ces qualités indispensables suffisaient, il n'en est pas de même aujourd'hui avec la concurrence d'internet et des grandes franchises dans les zones commerciales. Le premier reste ouvert 24h/24 et 7j/7 et le second, le dimanche et les jours fériés. Pendant ce temps, nos chers commerçants du centre-ville continuent à laisser leurs rideaux baissés le lundi, soit deux jours consécutifs. On peut toujours s'en prendre au mauvais temps, à la mairie ou au bon Dieu pour pester contre la baisse du chiffre d'affaire, mais il serait temps de se remettre en question. Non ? Or, il semblerait qu'à l'exception de quelques indépendants comme la Maison de la presse, les autres restent enfermés dans leurs certitudes d'un autre âge ; celui où le défaut de concurrence leur permettait de pratiquer des prix abusifs, de faire la tronche au client et de rester fermer le lundi. Oh ! certes, nous ne généralisons pas mais quand même, c'est du vécu. 

Capture d’écran 2016-10-20 à 14.13.59.png

Un lundi à Carcassonne

Pour tenter de convaincre que rien ne change à Carcassonne - dans l'état d'esprit des commerçants - nous avons décidé de retranscrire ci-dessous un article publié par La Dépêche du Midi en février 1993.

"Le lundi, Carcassonne n'offre pas son meilleur visage. Rues désertes, rideaux de fer, magasins baissés. Le passant... passe son chemin, trop heureux de retrouver plus vite son doux foyer. 

Ville morte ou simplement endormie ? Ville, c'est sûr, où il ne fait pas bon se transformer en consommateur. "Difficile de chiffrer le nombre de commerces ouverts toute l'année le lundi, reconnaît André Breffeil, coprésident de l'Union des commerçants. Sans trop se tromper, on peut avancer un pourcentage proche de zéro." Simple constant, sans amertume. Car la prise conscience est, tout de même, là. Bien sûr, le métier est prenant et l'on travaille beaucoup, poursuit André Breffeil. Cependant, cette période difficile devrait inciter un plus grand nombre à faire des efforts. Une animation cohérente de la ville doit passer par une ouverture maximum, tous les lundis après-midi (au moins) et entre midi et deux heures, durant les périodes fortes (fêtes, mois d'été...). Sinon, le serpent se mort la queue : moins de magasins ouverts égale moins de clients égale moins de magasins ouverts. Comment s'étonner alors que beaucoup s'évadent le lundi vers Toulouse et Montpellier pour faire leurs achats ?

Aujourd'hui, outre les épiceries et autres boulangeries, seul Monoprix et quelques enseignes nationales de prêt-à-porter s'offrent au client le premier jour de la semaine. Une situation qui agace prodigieusement Maryline Palacio, patronne de Mamona, l'immanquable bazar de la rue Clémenceau. "Je trouve inadmissible qu'un boutique soit fermée deux jours de suite. C'est franchement anticommercial. Carcassonne n'est quand même pas un village ! J'entends régulièrement des clients se plaindre et me dire : "Y a rien d'ouvert". De mon côté, ce jour est en général très bon. J'ai moins de monde mais j'effectue de meilleures ventes.

mme-bastouil-mise-sur-les-lotos_204262_516x343.jpg

© L'indépendant / Claude Boyer

Nathalie Bastouil de la Maison de la presse, ne ferme son magasin que le dimanche après-midi. Et ne déteste pas le tintement du tiroir-caisse, le lundi soir, au fond de la rue piétonne. "Les touristes - ou les nouveaux arrivants - s'étonnent souvent auprès de nous de voir tant de boutique fermées, explique t-elle. Or, je crois qu'après le week-end, il y a une réelle envie de renouer avec la ville, de s'informer et de dépenser quelques sous."

Source

La dépêche / Février 1993

_________________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2016

13/09/2016

Sauvez la Maison des Jeunes et de la Culture de Carcassonne !

L'association de la MJC voit le jour en 1955. A cette époque, elle compte 300 adhérents environ qui participent à douze activités. Les ateliers ne vont cesser de se multiplier et de se diversifier pour atteindre le nombre de trente-six. 

13396638_1107059552689305_124766950_o.jpg

Emplacement de l'ancienne MJC, rue du 4 septembre 

Elle s'installe d'abord dans les locaux de l'ancienne Chambre d'agriculture, puis dans la rue du 4 septembre avant de déménager le 7 octobre 1978 dans l'ancien Petit lycée - 91 rue Aimé Ramond. L'inauguration se fit en présence d'une délégation Bavaroise venue d'Eggenfelden (Ville jumelée avec Carcassonne). Le coût total des travaux : 2 951 585 francs. Subvention de l'état à hauteur de 35%.

Capture d’écran 2016-09-13 à 11.03.39.png

La MJC depuis 1978

En mai 1979, la ville procède à un aménagement décoratif. 300 arbres et arbustes seront plantés au milieu du gazon pour un coût total de 14 650 francs.

situation-financiere-tendue-a-la-mjc_691586_516x332.jpg

 En 1983, 1200 personnes possèdent la carte de la MJC, mais le nombre des Carcassonnais à profiter des activités est beaucoup plus important, notamment par l'intermédiaire des spectacles. Toutes les catégories d'âges et toutes les couches sociales se retrouvent rue Aimé Ramond.

Pour animer une telle entreprise du temps libre, deux permanents, une secrétaire et plus de 100 animateurs bénévoles sont à pied d'oeuvre tous les jours (sauf le dimanche). Originalité de la MJC, l'existence en son sein, d'un conseil d'animation qui se réunissait régulièrement et qui permettait à tous les responsables de mieux se connaître et d'imaginer des animations en commun. Ceci évitait tout cloisonnement au sein de chaque atelier.

La présence d'un Centre International de Séjour dans le même bâtiment, donnait encore une autre dimension à la MJC. Réservé aux groupes, qu'ils soient d'études, de loisirs ou sportifs, le CIS disposait de 60 lits en 1983. Il était complémentaire de l'Auberge de Jeunesse située dans la Cité. En 1978, le CIS comptabilisait 2800 nuitées ; quatre ans plus tard, ce chiffre passait à 5600.

Le conseil d'administration de la MJC en 1983 comptait 31 membres : André Bastien (président), Georges Saury (Vice-président), Joseph Brisot (Secrétaire), Louis Fermandez (Trésorier). Deux permanents, pris en charge en grande partie par la mairie, étaient Yves Larregola et Michèle Guitard. Renée Saint-Loup s'occupait du secrétariat comme employée communale.

La MJC en soins palliatifs

La MJC de Carcassonne ne va pas bien financièrement, c'est le moins que l'on puisse dire. La situation serait telle - d'après les journaux locaux - que la structure associative jouerait sa survie. La ville de Carcassonne et la Communauté d'agglomération ont considérablement réduit la voilure budgétaire qui était dévolue à la MJC - une perte sèche de 90 000 €. Le Centre International de Séjour qui faisait entrer de l'argent dans les caisses a fermé. Comment vit une association ? Avec des subventions et des adhérents ! Faute de subventions, elle doit trouver d'autres sources de financement pour ne pas mourir. La MJC n'a pas eu d'autres choix que d'augmenter les cotisations de plus de 50 %. Voilà une situation quasi intenable... Pourtant, elle n'a plus le choix ; elle doit faire croître considérablement le nombre des adhésions.

Nous ne rentrerons pas dans des considérations d'ordre politique sur les orientations de la ville en matière culturelle. Toutefois, constatons simplement qu'elle a mis un coup de sécateur aux subventions en direction des associations culturelles et populaires. S'il est vrai que le budget de la commune n'est pas un puits sans fond et que la gestion associative doit être rigoureuse (La MJC est déficitaire), on se demande ce que l'on souhaite préserver. Dans une France fracturée par la misère et le chômage, les MJC sont encore un facteur de lien social, populaire et laïc. Un enfant occupé par cette association, aura moins de change d'aller vandaliser le mobilier urbain, par exemple. On ferait l'économie de la videosurveillance, si on ouvrait les théâtres, les bibliothèques et les musées. Aujourd'hui, la politique économique détruit tout ce que Malraux avait mis en place : les conservatoires, les centres culturels, les orchestres nationaux, etc... L'état veut des gens qui consomment, pas des gens qui pensent - c'est bien trop dangereux. 

 En ce début de mois de septembre, où les parents sont en recherche d'activités pour occuper intelligemment leurs enfants en dehors de l'école, la MJC propose de multiples ateliers. Dans quelques mois, la clé sera peut-être sous la porte et six salariés dans la charrette iront grossir les listes de Pôle emploi. Une première en France. Carcassonne rentrera t-elle dans l'histoire, avec un petit h ?

http://www.mjc-carca.org

______________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2016

11:21 Publié dans Actualités | Tags : mjc | Lien permanent | Commentaires (5)