20/10/2016

Mort, comme un lundi à Carcassonne...

A Carcassonne, on connaît la chanson sur le bout des doigts... Les commerçants se plaignent toujours sans jamais regarder au final ce qui ne fonctionnerait pas dans leur comportement. C'est-à-dire, les bases du commerces ; à savoir, un sourire et un bonjour. Si autrefois ces qualités indispensables suffisaient, il n'en est pas de même aujourd'hui avec la concurrence d'internet et des grandes franchises dans les zones commerciales. Le premier reste ouvert 24h/24 et 7j/7 et le second, le dimanche et les jours fériés. Pendant ce temps, nos chers commerçants du centre-ville continuent à laisser leurs rideaux baissés le lundi, soit deux jours consécutifs. On peut toujours s'en prendre au mauvais temps, à la mairie ou au bon Dieu pour pester contre la baisse du chiffre d'affaire, mais il serait temps de se remettre en question. Non ? Or, il semblerait qu'à l'exception de quelques indépendants comme la Maison de la presse, les autres restent enfermés dans leurs certitudes d'un autre âge ; celui où le défaut de concurrence leur permettait de pratiquer des prix abusifs, de faire la tronche au client et de rester fermer le lundi. Oh ! certes, nous ne généralisons pas mais quand même, c'est du vécu. 

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Un lundi à Carcassonne

Pour tenter de convaincre que rien ne change à Carcassonne - dans l'état d'esprit des commerçants - nous avons décidé de retranscrire ci-dessous un article publié par La Dépêche du Midi en février 1993.

"Le lundi, Carcassonne n'offre pas son meilleur visage. Rues désertes, rideaux de fer, magasins baissés. Le passant... passe son chemin, trop heureux de retrouver plus vite son doux foyer. 

Ville morte ou simplement endormie ? Ville, c'est sûr, où il ne fait pas bon se transformer en consommateur. "Difficile de chiffrer le nombre de commerces ouverts toute l'année le lundi, reconnaît André Breffeil, coprésident de l'Union des commerçants. Sans trop se tromper, on peut avancer un pourcentage proche de zéro." Simple constant, sans amertume. Car la prise conscience est, tout de même, là. Bien sûr, le métier est prenant et l'on travaille beaucoup, poursuit André Breffeil. Cependant, cette période difficile devrait inciter un plus grand nombre à faire des efforts. Une animation cohérente de la ville doit passer par une ouverture maximum, tous les lundis après-midi (au moins) et entre midi et deux heures, durant les périodes fortes (fêtes, mois d'été...). Sinon, le serpent se mort la queue : moins de magasins ouverts égale moins de clients égale moins de magasins ouverts. Comment s'étonner alors que beaucoup s'évadent le lundi vers Toulouse et Montpellier pour faire leurs achats ?

Aujourd'hui, outre les épiceries et autres boulangeries, seul Monoprix et quelques enseignes nationales de prêt-à-porter s'offrent au client le premier jour de la semaine. Une situation qui agace prodigieusement Maryline Palacio, patronne de Mamona, l'immanquable bazar de la rue Clémenceau. "Je trouve inadmissible qu'un boutique soit fermée deux jours de suite. C'est franchement anticommercial. Carcassonne n'est quand même pas un village ! J'entends régulièrement des clients se plaindre et me dire : "Y a rien d'ouvert". De mon côté, ce jour est en général très bon. J'ai moins de monde mais j'effectue de meilleures ventes.

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© L'indépendant / Claude Boyer

Nathalie Bastouil de la Maison de la presse, ne ferme son magasin que le dimanche après-midi. Et ne déteste pas le tintement du tiroir-caisse, le lundi soir, au fond de la rue piétonne. "Les touristes - ou les nouveaux arrivants - s'étonnent souvent auprès de nous de voir tant de boutique fermées, explique t-elle. Or, je crois qu'après le week-end, il y a une réelle envie de renouer avec la ville, de s'informer et de dépenser quelques sous."

Source

La dépêche / Février 1993

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13/09/2016

Sauvez la Maison des Jeunes et de la Culture de Carcassonne !

L'association de la MJC voit le jour en 1955. A cette époque, elle compte 300 adhérents environ qui participent à douze activités. Les ateliers ne vont cesser de se multiplier et de se diversifier pour atteindre le nombre de trente-six. 

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Emplacement de l'ancienne MJC, rue du 4 septembre 

Elle s'installe d'abord dans les locaux de l'ancienne Chambre d'agriculture, puis dans la rue du 4 septembre avant de déménager le 7 octobre 1978 dans l'ancien Petit lycée - 91 rue Aimé Ramond. L'inauguration se fit en présence d'une délégation Bavaroise venue d'Eggenfelden (Ville jumelée avec Carcassonne). Le coût total des travaux : 2 951 585 francs. Subvention de l'état à hauteur de 35%.

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La MJC depuis 1978

En mai 1979, la ville procède à un aménagement décoratif. 300 arbres et arbustes seront plantés au milieu du gazon pour un coût total de 14 650 francs.

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 En 1983, 1200 personnes possèdent la carte de la MJC, mais le nombre des Carcassonnais à profiter des activités est beaucoup plus important, notamment par l'intermédiaire des spectacles. Toutes les catégories d'âges et toutes les couches sociales se retrouvent rue Aimé Ramond.

Pour animer une telle entreprise du temps libre, deux permanents, une secrétaire et plus de 100 animateurs bénévoles sont à pied d'oeuvre tous les jours (sauf le dimanche). Originalité de la MJC, l'existence en son sein, d'un conseil d'animation qui se réunissait régulièrement et qui permettait à tous les responsables de mieux se connaître et d'imaginer des animations en commun. Ceci évitait tout cloisonnement au sein de chaque atelier.

La présence d'un Centre International de Séjour dans le même bâtiment, donnait encore une autre dimension à la MJC. Réservé aux groupes, qu'ils soient d'études, de loisirs ou sportifs, le CIS disposait de 60 lits en 1983. Il était complémentaire de l'Auberge de Jeunesse située dans la Cité. En 1978, le CIS comptabilisait 2800 nuitées ; quatre ans plus tard, ce chiffre passait à 5600.

Le conseil d'administration de la MJC en 1983 comptait 31 membres : André Bastien (président), Georges Saury (Vice-président), Joseph Brisot (Secrétaire), Louis Fermandez (Trésorier). Deux permanents, pris en charge en grande partie par la mairie, étaient Yves Larregola et Michèle Guitard. Renée Saint-Loup s'occupait du secrétariat comme employée communale.

La MJC en soins palliatifs

La MJC de Carcassonne ne va pas bien financièrement, c'est le moins que l'on puisse dire. La situation serait telle - d'après les journaux locaux - que la structure associative jouerait sa survie. La ville de Carcassonne et la Communauté d'agglomération ont considérablement réduit la voilure budgétaire qui était dévolue à la MJC - une perte sèche de 90 000 €. Le Centre International de Séjour qui faisait entrer de l'argent dans les caisses a fermé. Comment vit une association ? Avec des subventions et des adhérents ! Faute de subventions, elle doit trouver d'autres sources de financement pour ne pas mourir. La MJC n'a pas eu d'autres choix que d'augmenter les cotisations de plus de 50 %. Voilà une situation quasi intenable... Pourtant, elle n'a plus le choix ; elle doit faire croître considérablement le nombre des adhésions.

Nous ne rentrerons pas dans des considérations d'ordre politique sur les orientations de la ville en matière culturelle. Toutefois, constatons simplement qu'elle a mis un coup de sécateur aux subventions en direction des associations culturelles et populaires. S'il est vrai que le budget de la commune n'est pas un puits sans fond et que la gestion associative doit être rigoureuse (La MJC est déficitaire), on se demande ce que l'on souhaite préserver. Dans une France fracturée par la misère et le chômage, les MJC sont encore un facteur de lien social, populaire et laïc. Un enfant occupé par cette association, aura moins de change d'aller vandaliser le mobilier urbain, par exemple. On ferait l'économie de la videosurveillance, si on ouvrait les théâtres, les bibliothèques et les musées. Aujourd'hui, la politique économique détruit tout ce que Malraux avait mis en place : les conservatoires, les centres culturels, les orchestres nationaux, etc... L'état veut des gens qui consomment, pas des gens qui pensent - c'est bien trop dangereux. 

 En ce début de mois de septembre, où les parents sont en recherche d'activités pour occuper intelligemment leurs enfants en dehors de l'école, la MJC propose de multiples ateliers. Dans quelques mois, la clé sera peut-être sous la porte et six salariés dans la charrette iront grossir les listes de Pôle emploi. Une première en France. Carcassonne rentrera t-elle dans l'histoire, avec un petit h ?

http://www.mjc-carca.org

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11:21 Publié dans Actualités | Tags : mjc | Lien permanent | Commentaires (5)

04/09/2016

Trois bâtiments de notre patrimoine vont être classés !

C'est avec une joie non dissimulée que j'ai le plaisir de vous annoncer que la ville de Carcassonne vient d'obtenir le classement de trois immeubles à l'inventaire des monuments historiques. Ceux qui suivent fidèlement ce blog savent que pour l'un d'entre eux, nous n'avons pas ménagé notre peine pour le faire connaître du grand public et attirer l'attention des élus sur son état. C'est le but de nos articles qui n'ont pas d'autres prétentions que d'alerter, de sauvegarder ou de valoriser. Nous fournissons également des renseignements et des documents aux administrations, même si nous ne nous en vantons pas. 

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Les services du patrimoine nous ont cordialement transmis le document officiel ci-dessus qui officialise le classement du Groupe scolaire Jean Jaurès, des Bains-douche et du Palais de la Micheline.

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L'école Jean Jaurès fut inaugurée par Gaston Doumergue - Président de la République - au mois de juillet 1928, lors des Fêtes du bimillénaire de la Cité. 

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Comme nous l'indiquions dans un article paru la semaine dernière, les Bains-douches de Carcassonne ont été construits en 1911 par l'architecte Léon Vassas. Ils se trouvent dans la rue de Lorraine.

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Le Palais de la Micheline, communément appelé par les vieux Carcassonnais "Or-Kina Sabatier", se trouve sur l'avenue du général Leclerc. Il était au début du XXe siècle la vitrine de la distillerie de Michel Sabatier. Ce bâtiment est le plus extraordinaire témoin de l'architecture Art nouveau, que nous ayons à Carcassonne. A l'intérieur, la salle des fêtes est un petit bijou. Il vient d'être acquis par la société des vins Foncalieu ; un retour aux sources en quelque sorte.

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En 2013, Vincent Cassagnaud - architecte en chef des Bâtiments de France - avait émis le souhait que ce bâtiment fût classé. Aujourd'hui, c'est donc chose faite et c'est un beau cadeau d'adieu qu'il laisse à la ville de Carcassonne. Le nom de M. Cassagnaud est à inscrire en tête de ceux qui ont fait avancer considérablement la connaissance et la préservation de notre patrimoine communal. Saluons aussi le travail des services de l'urbanisme et du patrimoine, des élus qui ont travaillé sur ces dossiers.

Ci-dessous l'un de nos articles 

http://musiqueetpatrimoine.blogs.lindependant.com/archive...

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19/08/2016

La dyslexie des transcripteurs du cadastre Carcassonnais

Nous pourrions continuer à nous amuser autour des plaques de rues de cette bonne ville de Carcassonne, tant les coquilles sont nombreuses et variées. Pour s'en dédouaner chaque nouvelle municipalité qui a eu à affronter la critique a cherché à botter en touche : "Ce n'est pas nous, c'était déjà là avant". Comme chaque enfant pris le doigt dans le pot de confiture... Sauf que là, il ne s'agit pas d'enfantillages mais de respect pour les personnages de l'histoire de France, auxquels on doit rendre l'hommage qu'ils méritent. Dans un article publié hier, un journal local relate la communication de la mairie selon laquelle l'ensemble des erreurs va être corrigé. Reprenant le sempiternel refrain "elles étaient là, avant nous", le responsable explique qu'une commission extra-municipale d'historiens et de passionnés, va être mise en place pour pallier désormais à toutes ces erreurs. Là, on voudrait bien sourire mais cette personne ignore que cette commission existe déjà - sûrement parce qu'elle ne se réunit jamais. Sous la municipalité précédente, Madame Martinez - 1ère adjointe - présidait ce cénacle chargé d'attribuer les nouveaux noms de rues et d'en modifier les erreurs. On comptait déjà dans ses rangs MM. Marquié et Bonnet - deux érudits incontestés. Il semblerait que l'efficacité des réunions n'ait pas permis de transformer sur le terrain, les bourdes inscrites sur les panneaux. Pourquoi ? La réponse se trouve dans l'article d'hier. Le responsable explique que c'est le service technique - pas le service culturel, ni du patrimoine - qui s'occupe des modifications et des remplacements des plaques. Autant demander à mon boucher de faire vêler les vaches ! Je rappelle que est "Carcassonne, ville d'art et d'histoire" et "Patrimoine mondial". Ajouterions- nous le label "Ville d'improvisations" ?

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Les services municipaux font plus de shopping dans les Galeries Lafayette, que d'histoire avec le Marquis de la Fayette. Quant à la particule, elle ne prend jamais de majuscule. 

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Jacques Offenbach devenu subitement suédois fait un come-back, mais c'est loin d'être comme Bach. Dans cette rue, j'avais fait changer les plaques en 2012. Une seule résiste encore, juste pour se démarquer ou pour rappeler le peu de sérieux de nos communaux.

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Je me suis amusé à faire le tour du quartier - je suis taquin. A des endroits, la rue Beethoven est seulement indiquée par des numéros. Je croyais que c'était les numéros de ses symphonies... Non, c'est pour faciliter la vie du facteur.

Le cadastre

Au service du cadastre Carcassonnais, on doit recevoir la charge en héritage depuis des décennies. Comment expliquer alors qu'ils soient tous atteints par une dyslexie aigüe ? Nous avons observé que de très nombreux noms de quartiers ont été modifiés en dépit de toute recherche historique. Cela ne tient qu'à une lettre, mais qui change radicalement l'histoire locale. Plaignons les chercheurs lorsqu'ils doivent analyser et confronter les plans anciens avec ceux d'aujourd'hui...

Quelques exemples

La FerraNdière est devenue La FerraUdière

(Zone du côté de Salvaza)

CucurLis est devenu CucurNis

(Route de Toulouse)

Le domaine de MoUreau devient MoReau

(Route de Berriac)

St-Jean de BrucaFel devient St-Jean de BrucaTel

(A Grazailles)

Le chemin de MaleLait devient MaTelait

(A Villalbe)

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Le GPS

Autre inconvénient - non sans conséquences - les GPS perdent la boussole. Par exemple, à Villalbe... La rue Joseph Comes (1893-1979) - un ancien conseiller municipal du hameau - prend le prénom de Jean. Pourquoi ? Sur la plaque, il est inscrit J. Comes. La ville ne savait plus si c'était Jean, Joseph ou peut-être encore Josabeth. Au petit bonheur, on a opté par Jean. Manqué ! 

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10/08/2016

Plus d'un an après ? Quelle célérité !

Suite à la diffusion de notre article sur le changement de plaques dans la rue Pierre Germain au profit d'un orfèvre de Louis XIV, la mairie s'étant rendue compte de son erreur a fait remplacer rapidement hier les six plaques posées. Quelle célérité ! Heureusement qu'il y a des personnes embauchées par la ville ayant fait de longues et nombreuses études, sinon ce serait la fin de notre civilisation. Ce n'est pourtant pas une première... Souvenez-vous qu'en 2012 nous avions fait changer la rue Jacques Offenbach devenu Suédois par la volonté d'un employé communal, pour lequel cela devait être trop souvent "Open bar" chez lui. 

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Carcassonne regorge encore de belles surprises. Je ne résiste pas à vous communiquer l'article paru ce matin dans le canard en question.

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© La dépêche / JL Bibal

L'orfèvre n'aura tenu qu'un an... 

"La rue Pierre-Germain est au centre de toutes les attentions. Que ce soit sur le net ou en ville, les réactions ne se sont pas fait attendre. En effet, la mairie de Carcassonne a procédé au renouvellement des plaques de cette rue il y a un peu plus d'un an, et a confondu le compositeur avec son homonyme parisien. Pierre Germain est un célèbre compositeur chaurien né le 24 décembre 1817 à Castelnaudary et mort le 3 janvier 1891 à Carcassonne. C'est d'ailleurs cette même année, que le nom de la rue lui a été attribué. Les plaques de rue de la ville ont pour objectifs d'alimenter le devoir de mémoire et de rendre hommage aux personnalités locales. Mais voilà qu'en un tour de colle, ce dernier est devenu orfèvre du roi Louis XIV, né en 1645 et mort en 1684. «Ne sachant pas qui était cet illustre Audois et surtout n'ayant que Wikipedia sous la main, ils sont allés chercher un homonyme qui n'a rien à voir avec Carcassonne», s'indigne un internaute. Pourtant, il suffisait de faire quelques pas supplémentaires pour observer les anciennes plaques indiquant correctement qu'il était «musicien, compositeur, organiste». Même s'ils sont plusieurs habitants à n'avoir rien remarqué, d'autres se demandaient si «c'était fait exprès». Un habitant de cette rue s'étonne : «J'ai emménagé il y a un an et je croyais qu'elle était en deux parties. Moi, je suis dans celle du compositeur ! Je trouvais ça inhabituel et rigolo d'avoir un nom de rue consacré à deux personnes ». Son voisin, lui, ne trouve pas ça amusant du tout et considère «que la mairie aurait pu faire gaffe et prêter un peu plus d'attention à ce qu'elle écrivait».

L'historien Claude Marquié est également surpris par cette confusion. «Pour moi, il n'y a qu'un seul Pierre Germain dans la région et il s'agit d'un compositeur. Je pense qu'il y a erreur. Ils se sont certainement trompés», analyse-t-il. Alors que lundi après-midi, nous contactions la mairie pour avoir plus de renseignements, la balle était sans cesse renvoyée entre l'urbanisme et le service technique. Anny Barthès, conseillère municipale déléguée au Patrimoine, nous a finalement rappelé en fin de journée et a reconnu, au cours de cette discussion, qu'une «erreur» avait été faite. «Nous allons changer les plaques et remettre la bonne dénomination avant septembre. Dans un premier temps, nous allons retirer toutes les fausses», assure-t-elle. Aussitôt dit, aussitôt fait ! Hier matin, des agents de la mairie étaient déjà sur place pour procéder au changement des plaques. «Nous avons retiré six plaques erronées et les avons remplacés par des plaques neutres. Ce sont des plaques provisoires en attendant de recevoir les bonnes», expliquent-ils. Cette étourderie a donc été rapidement rectifiée et la rue Pierre-Germain rendra à nouveau hommage au compositeur, comme il se doit."

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08/08/2016

Carcassonne en juillet : On aime ou on n'aime pas ?

On aime

La rénovation des façades

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Sans aucun doute, quelque chose qui se voit est en train de changer dans la rue de Verdun. Les travaux de rénovation des façades des vieux immeubles commencent à porter leurs fruits, même si la tâche est immense. Dans cet axe semi-piétonnier depuis si longtemps en déshérence, on commence à voir les choses évoluer dans le bon sens. Reste une objection tout de même... Il n'est pas aisé de circuler au milieu des échafaudages pendant l'été.

La propreté

Les gens sont sales, mais le centre-ville est propre. Il semble que des mesures coercitives prises à l'encontre des usagers en appui des agents de propreté portent leurs fruits.

Les panneaux historiques

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© chroniques de Carcassonne

Cela faisait six ans que ce blog réclamait à corps et à cris ce type de panneaux pour une ville classée Patrimoine mondial. Carcassonne accusait un retard de quinze ans - au moins - sur des villes n'ayant pas le quart de sa richesse patrimoniale. En 2013, la municipalité précédente avait lancé une étude et une campagne afin de choisir les nouveaux panneaux. La nouvelle a repris le dossier en main, mais visiblement n'a pas retenu le type de signalisation de la précédente. Sans trouver cela moche, le ton est quand même criard.

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Au dos du panneau, un texte venant en appui d'une jolie iconographie explique l'histoire de notre ville. Là, il s'agit  de la Bastide, du musée des beaux-arts et du square Gambetta. Concernant ce dernier, on glorifiera sa conceptualisation en se gardant bien de montrer ce qu'il y avait avant et surtout, en évitant d'évoquer la place stalinienne réalisée entre 2008 et 2015. Quand on fait de l'histoire, on se doit de ne pas faire d'impasse sinon on fait de la communication. Je regrette également, qu'il n'y ait pas un mot pour la maison de l'illustre compositeur Paul Lacombe - pourtant placée juste en face du panneau. Malgré ces quelques objections, cette signalisation se montre à la hauteur de l'enjeu touristique.

Le Tour de France

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Le départ de l'étape Carcassonne - Montpellier le 13 juillet depuis la place du général de Gaulle, a rassemblé des milliers d'amoureux de la petite reine. On a croisé de très nombreux étrangers - surtout britanniques - dans les cafés et restaurants à proximité. L'hôtel des trois couronnes accueillait déjà depuis la veille toute l'équipe italienne Lampre.

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Ce commerce situé sur le boulevard Camille Pelletan pour sa belle vitrine aux couleurs nationales, avec son vélo et divers accessoires faisant référence au Tour de France. Nous n'avons compté que deux à l'intérieur de la bastide. 

La réfection de la chaussée

Qui dit Tour de France, dit : Adieu aux nids de poules ! Enfin, seulement à l'endroit où doivent passer les coureurs. C'est pour cela que les Carcassonnais ont droit désormais à un véritable billard devant la gare S.N.C.F. A ce rythme, un TDF chaque année et en dix ans, la voirie sera impeccable.

 

On n'aime pas

La communication municipale

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Quelle tristesse ! Cette photographie a été prise le 12 juillet ; pas une affiche annonçant le Tour de France n'a été posée en vitrine de l'Office du tourisme. A l'intérieur, pas un maillot jaune ou même un fanion ; c'est l'absence totale de décoration. Sur les boulevards, si les oriflammes du festival de la Cité sont bien visibles, ceux du Tour de France sont presque inexistants. La seule décoration municipale se résume à la place Carnot, autour de laquelle il avait été accrochée une banderole minimaliste de maillots cyclistes en papier. 

Les réseaux sociaux

Sur Facebook, ce fut une déferlante négative des Carcassonnais à l'encontre du Tour de France. L'un peste contre le fait qu'il ne pourra pas se rendre à son travail ; l'autre, que c'est de l'argent de ses impôts dépensé pour rien. Tel commerçant, annonce qu'il fermera son magasin pendant trois jours car personne ne viendra chez lui. Bref, un catalogue de mauvaises intentions qui en dit malheureusement long sur la mentalité générale de cette ville...

Le plan de circulation

Nous sommes le 12 juillet, il est 20h30 et je désire rentrer chez moi dans le quartier du Dôme. Dans le journal du matin, un plan dressé par les services de la ville indiquait que la circulation serait fermée le 13 juillet vers le centre ville, à partir du rond point de l'ancien hôpital à partir de 7h du matin. Seul un accès pour les riverains vers le quai Bellevue serait autorisé en passant par la piscine du païcherou. Quant au centre ville, seul le stationnement serait interdit la veille (12 juillet), laissant penser que l'on pourrait circuler.

Ce 12 juillet à 20h30, revenant de Villalbe avec ma voiture immatriculée dans la Haute-Vienne, je me heurte à un barrage en haut du boulevard Barbès. J'ouvre alors ma vitre et demande aux deux agents municipaux en faction, comment faire pour rentrer chez moi dans la rue de la digue. Il suffit de descendre le boulevard et de tourner à l'angle du café du Dôme, soit 500 mètres environ. L'un des deux ayant vu ma plaque, m'indique que la circulation est fermée depuis 20 heures. Je lui rétorque que dans le journal ce n'était pas explicite, ce à quoi il répond que des annonces ont été faites sur les radios. Lesquelles ? Je n'écoute que France Info. 

Je commence à leur dire que je suis né ici - mon accent ne trompe personne. L'un des deux plus accommodant semble vouloir me faire passer - d'autant plus que le boulevard est vide -, mais son chef a le visage fermé. Comment dois-je faire pour rentrer chez moi ? Si vous connaissez Carcassonne, vous passez par la piscine du païcherou, me dit-il. La barrière sera ouverte ? Oui, répond-il avec assurance et comme si cela ne suffisait pas, il ajoute que toutes les dispositions ont été prises.

Me voilà donc reparti vers le païcherou... Quand j'arrive à hauteur de la barrière qui bloque l'accès à la piscine, je constate avec effroi qu'elle est bien fermée. Comment suis-je rentré chez moi ? J'ai pris une certain nombre de rues du quartier des capucins en sens interdit, dont la rue du 24 février devant le cimetière Saint-Michel. Voilà comment, la police vous oblige à vous mettre hors-la-loi et en danger, quand il suffit parfois d'un peu de souplesse, de compréhension et surtout... de communication.

Les oubliés du TDF

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Grâce au piston de la pompe à vélo, certains ont pu bénéficier d'un accès au village du Tour de France situé dans la contre allée du boulevard Barbès. On regrettera que personne parmi les élus n'ait pensé à donner un sésame à notre ami Jacques Blanco, considéré comme le Jean-Paul Olivier local. Qui mieux que lui connaît l'histoire du cyclisme à Carcassonne ? Il a dans sa musette plusieurs conférences sur le sujet à la Société scientifique de l'Aude et surtout, il a aidé dans un passé récent élus et journalistes sur le sujet. Dernièrement, un article du journal local n'a fait que reprendre ses notes mais n'a pas cité son nom. Alors, ceux qui ce sont fait photographier à côté de Poupou aurait pu avoir la délicatesse de penser à Jacquo, qui lui  sait ce que souffrir sur une selle signifie. Désolé Jacques, mais il fallait que je l'écrive. Tu vois, cela n'arrive pas qu'à moi... avec Paul Lacombe.

La braderie

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Bonne idée, la braderie ! Cela fait au moins 30 ans qu'elle existe chaque 14 juillet à Carcassonne. Posons-nous, simplement une question. Pourquoi donc continuer à la faire, quand la majorité des commerces de la Bastide n'y participent pas ? On voit bien que les enseignes nationales franchisées qui ont leur propre tempo en matière de soldes ou de remises, n'ont que faire de la braderie. Elle ne sortent même pas un étal. Aussi, voit-on dans la rue de grands trous qui ne sont plus comblés par des ambulants, n'ayant plus le droit d'y venir. Devant les commerces fermés et vides, ces marchands de fripes pourraient au moins cacher la misère. Pour terminer sur une note positive, on a aimé le marché des producteurs sur la place Carnot.

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