07/05/2013

Les trésors oubliés de Jean Augé (1924-2002)

augé.jpg

Jean Augé voit le jour dans le village de Lacombe (Aude) le 1er mai 1924. Son destin va basculer en novembre 1944 au Château des Cheminières, situé à la sortie de Castelnaudary en bordure de la route de Pexiora. Après le départ des troupes d'occupation, il est affecté au gardiennage du château; c'est en manipulant un obus ramassé au sol que Jean Augé perdra ses deux mains. Quatre ans plus tard, il suit les cours d'art plastique de M. Bousquet, sculpteur ayant participé à la décoration du Palais de Chaillot et retiré à Carcassonne comme professeur au lycée Saint-Stanislas. Admis à l'école des Beaux-arts de Genève, Jean Augé est directement intégré en 3e année et obtient en 1953, un 1er prix de sculpture.

A son retour à Carcassonne, il s'installe dans la maison de ses parents située à l'angle des rues de Solferino et Charles Lespinasse, sur la rive droite du Canal du midi. En bordure du toit, il y aurait un buste de Pierre-Paul Riquet. Jean Augé habite là jusqu'en 1956. Il fait ensuite construire sa maison sur les hauteurs de Grazaille dans la rue Achille Rouquet où il vivra jusqu'en 1973.

1416252778.JPG

Dans la façade se trouve encore un parement en pierre taillée de Jean Augé. Il s'agit d'une sculpture d'environ 40x30 cm représentant une femme avec une colombe.

1574172562.jpg

L'oeuvre de Jean Augé (ci-dessus à gauche avec son ami de toujours, le peintre Jean Camberoque) est immense. Peintures ou sculptures, elles sont réparties dans des collections privées ou dans la ville de Carcassonne. En effet, la SAHLM (Société Audoise d'Habitat à Loyers Modérés) lui a souvent passé commande de sculptures pour orner ses nouveaux immeubles. Tant et si bien que plusieurs habitats portent la trace visible de l'artiste. Malheureusement, tout cet art est méconnu et laissé le plus souvent en déshérance. Notre but ici est de rendre l'hommage que mérite Jean Augé et son oeuvre, afin que celle-ci faute de protection ne soit envoyée au pilon dans quelques décennies avec la destruction des bâtiments. Il faut également regretter l'absence de toute mise en valeur dans le cadre de visites du patrimoine carcassonnais.

3843273367.JPG

St-Vincent de Paul

Dans les années 60, des HLM sont construits en bordure de la route de Narbonne. Ils prennent le nom de cité Ozanam, en hommage à Frédéric Ozanam (1813-1853) le fondateur de la Société Saint-Vincent de Paul. Jean Augé réalisera six sculptures qui ornent les façades des immeubles.

551772054.JPG

St-Georges terrassant le dragon

2601976968.JPG

St-Georges terrassant le dragon

1831599773.JPG

Ste-Thérèse de Lisieux

2832929692.JPG

St-Christophe

2739654456.JPG

St-Antoine de Padoue a été déposé lors d'une réfection de façade par la SAHLM, mais n'a jamais été remis en place après les travaux. se trouve actuellement entreposé avec un peu d'indiférence et beaucoup d'oubli, dans une cour de la bastide Saint-Louis. Nous ne donnerons pas l'endroit exact pour lui permettre de conserver toutes ses chances d'être remis à sa place. Il est regrettable tour de même qu'il faille sortir la loupe de Sherlock Holmes dans cette ville, si l'on veut y conserver les oeuvres d'art.

Saint-Antoine est ici représenté devant sa mule qu'il avait fait s'agenouiller devant le Saint-sacrement (hostie dans un ostensoir) pour convaincre un juif de la présence de Dieu dans l'hostie.

1462988423.JPG

Toujours à la cité Ozanam, une série de sculptures en pierre de Ménesbès dans le Luberon représentant les étapes de l'évolution, devait être incluse dans un mur fontaine. Cet endroit est totalement ignoré au point que l'ensemble se détériore inexorablement avec le temps.

2056972867.jpg

Dans la cour d'un immeuble de la rue Barbès, une fille nage avec un dauphin. Sculpture en feuille de plomb martelé et soudé. L'intérieur est en béton léger soutenu par une armature en métal.

1877909334.JPG

Dans la cour de la Résidence de l'Officialité, place Effengfelden.

1580421605.JPG

Femme les pieds dans l'eau, place du centre commercial du Viguier

(Commande de la ville de Carcassonne en 1990)

348120797.jpg

Derrière l'ancienne Roseraie sur le plateau Paul Lacombe, à l'intérieur d'un oratoire se trouve un christ en bronze. Il a été sculpté et fondu par Jean Augé en 1993. Il a remplacé son prédécesseur en plâtre qui avait fait son temps.

1637233808.jpg

Une sculpture restée à l'état d'ébauche orne la place du village de Couffoulens.

Je lance un appel à la municipalité de Carcassonne, pour qu'elle préserve et mette en valeur ce patrimoine artistique unique dans Carcassonne. Il me semblerait indispensable que ces oeuvres contemporaines fissent l'objet d'une protection, après avoir été répertoriées et inventoriées. Cela évitera qu'elles soient dérobées ou détruites par pure ignorance. Le travail de ce blog en serait une nouvelle fois récompensé.

Commentaires

no comment!!!

Écrit par : claudine kreutzer | 30/07/2013

Ces oeuvres seront fatalement perdues' Habitat Audois ne vont rien preserver, j'en suis quasiment sur, Martial, il faudrait faire une petition aupres de la Mairie, prefecture ou les batiments de france, ou la direction departementale des territoires et de la mer.

Écrit par : ourliac | 26/12/2014

Ces oeuvres seront fatalement perdues' Habitat Audois ne vont rien preserver, j'en suis quasiment sur, Martial, il faudrait faire une petition aupres de la Mairie, prefecture ou les batiments de france, ou la direction departementale des territoires et de la mer.

Écrit par : ourliac | 26/12/2014

L idée de la pétition me semble la meilleure.

Écrit par : claudine | 28/12/2014

J'ai prévenu les ayant-droits de Jean Augé qui vont suivre de près cette affaire. Je vais écrire au préfet et tenir la mairie au courant.
L'idée d'une pétition sera suivie par qui ? Elle va se transformer comme d'habitude à Carcassonne en récupération à des fins politiques. Comme toujours, je serai seul au centre de cette bataille à prendre les coups.

Écrit par : Martial Andrieu | 28/12/2014

Monsieur Andrieu
L essentiel est que quelque chose se fasse pour empêcher la disparition des œuvres de Jean,et je suis contente que vous vous en occupiez.
J ai travaillé plusieurs années en sculpture,avec Jean,si je peux faire quelque chose pour vous aider n hésitez pas à me le demander;
Cordialement
Claudine

Écrit par : claudine Kreutzer | 01/01/2015

Bonjour
En tant que fils de l'artiste, je vous remercie tous de votre vigilance. Cependant, il ne semble pas que vous ayez lieu de vous alarmer autant. J'entretiens des contacts plutôt cordiaux avec les organismes responsables de la bonne conservation de ces oeuvres, et ils n'ont jamais cessé de manifester leur vif attachement au patrimoine culturel que cela représente. A ce titre, ils sont très heureux des échanges que nous entretenons, et se montrent attentifs à mes commentaires.
J'ose espérer qu'il en sera ainsi encore longtemps.
JP Augé

Écrit par : Jean-Paul AUGE | 24/03/2015

J'ai oublié une chose concernant la statue qui était à Couffoulens et qui n'y est désormais plus.
N'allez pas imaginer encore une nouvelle malversation, car la réalité est plus prosaïque:
Cette statue faisait partie de la succession Jean AUGE, dont la liquidation s'est enfin terminée en juin dernier. Alors que le poids important de cette statue (marbre massif) avait conduit les 3 héritiers à envisager de la céder à la municipalité, cette pièce est finalement entrée dans la composition d'un des trois lots. Elle a donc aussitôt quitté les lieux pour une destination éloignée.

Écrit par : Jean-Paul AUGE | 24/03/2015

Pardonnez-moi de vouloir faire vivre le souvenir de votre père. Vous en étiez heureux il y a un an et vous plaignez de cet oubli. Il est un peu cavalier de me le reprocher maintenant. Promis je ne recommencerai plus. Je vais supprimer mes articles sur votre père et ainsi préserver vos bonnes relations soudaines avec alogea. Je vous rappelle qu'une oeuvre de Jean auge se trouvait remisée dans la cour du bailleur d'Ozanam dans un coin délaisse et à l'humidité. A cette époque mon article ne vous gênait point.

Écrit par : martial andrieu | 24/03/2015

Rien n'est plus doux et délicat qu'une œuvre de Jean Augé. J'ai eu la chance de le rencontrer dans sa "Bastide-Atelier" en 1975, grâce à des amis de Carcassonne, c'était une personnalité épatante, il me disait : "Tu ne crée pas avec tes mains mais avec ton esprit". Jean Augé était d'une rare positivité, il fourmillait d'ingéniosité.
Ses œuvres doivent impérativement être protégées; je tenais absolument à rendre un grand hommage à cet exceptionnel et authentique artiste d'une incomparable et immense sensibilité créative.

Écrit par : Patrick Brousse de Laborde | 11/07/2015

Les commentaires sont fermés.