05/01/2017

Ketty Dolbert, artiste dramatique et professeur de diction

Les premiers cours municipaux d'Art dramatique furent créés le 20 mars 1951 sur proposition d'Armand Tarrès, comédien natif de Carcassonne. La municipalité lui en confia la responsabilité. A la fin de l'année 1966, ces cours municipaux furent dispensés par Ketty Dolbert. D'origine Languedocienne, cette comédienne avait fait ses études théâtrales à Marseille auprès de Bauval et de Pélisson. Pendant plus vingt ans elle montera sur les planches des scènes de Nîmes, Toulouse, Arles, Bordeaux, Avignon et Marseille. Comédienne et fantaisiste, possédait également une jolie de voix de soprano qui lui valut d'interpréter à plusieurs reprises le rôle de Véronique dans l'opérette de Messager. Ketty Dolbert joua aux côtés de Gilbert Bécaud, Charles Trénet, Francis Lemarque et de Cora Vaucaire. Au théâtre, c'est la comédie de boulevard qui eut ses faveurs : "Mon bébé", "La belle aventurière" et surtout "Lorsque l'enfant paraît" d'André Roussin.

dolbert

Ketty Dolbert

Cette artiste dramatique donnait ses cours dans une des salles du théâtre municipal. C'était, diront certains, la vieille école... Loin de la déclamation qui était la règle jusqu'au milieu du dernier siècle, Ketty Dolbert prônait l'usage d'une parfaite diction. Il fallait projeter le texte pour être compris et utiliser correctement les règles du français. Point de "les Zharicots", "les zhandicapés" ou "les machines za laver"... De même espèce, qui est féminin: Une espèce d'idiot ! Pour la diction, il fallait apprendre les dentales, les guturales, les palatales, les labiales et s'exercer avec BA, PA, DA, TA, GA, KA que l'on devait dire autant de fois que l'on avait encore du souffle. Si vous ajoutez à cela les phrases: "le fisc fixe exprès chaque taxe fixe au luxe et à l'exquis", vous sortiez de là avec une belle correction du langage. Pour avoir été son élève, j'ai vu une personne bègue corriger son petit handicap avec ses méthodes.

dolbert

Knock de Jules Romain

Laurence Bouisset et Martial Andrieu

Ketty Dolbert, c'était aussi l'association "Théâtre et culture" qui permettait à ses élèves de se produire dans les villages de l'Aude. On apprenait à rentrer à "Cour" et à sortir à "Jardin" et vice versa. A marcher en scène et à ne pas tourner le dos au public. Le répertoire c'était les pièces classiques de Molière, Racine, Corneille mais également de boulevard avec Courteline, Roussin, Feydeau...
Dans les années 1990, l'arrivée de Thierry Almon avec une autre conception d'un théâtre moderne basé sur le jeu de l'acteur, a créé une petite rivalité bien compréhensible entre les deux enseignants. Rivalité, mais respect mutuel !

ketty2.jpg

Ketty Dolbert s'en est allée dans l'indifférence générale en 1997 et ce n'était pas cette fois, une fausse sortie. Elle a rejoint Thalie, sa muse; elle, qui appartenait à la "libre pensée", ne croyait pas en Dieu. Il serait juste qu'une salle ou une loge du théâtre municipal portât son nom en mémoire de tous ceux qu'elle a formés comme Ana Yerno, Blandine Peroteau, Jean-Manuel Florensa, Nicolas Sievic, Martial Andrieu, Laurence Bouisset, Marika Baudéan, Françoise Durand, Jean-Jacques Sarciat, Mireille Sauvaire, Lucette Montazel, Lucille Bruyère, Nathalie Grégoire, Cathy Alaux, Sabrina Zago, Martine Fenasse, Laurent Mahul, Nicole Ripiero...
 
Ketty Dolbert avait dans le métier de nombreux amis comme Robert Manuel ou Jean le Poulain. Elle habitait avec son mari M. Dubois, un pavillon dans la rue du Limousin à Villegailhenc.
_________________________________
 
© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2017

Commentaires

oui que de bons artistes qui font notre délire notre passion.....

Écrit par : constance pressoirs | 06/01/2017

Répondre à ce commentaire

impensable le nombre de personnalités qui ont oeuvré pour la culture et qui sont tombées dans l'oubli ! comment est ce possible ,? les carcassonnais sont-ils allergiques à ce qui est beau ?

Écrit par : marcelle | 06/01/2017

Répondre à ce commentaire

quelle présence et quelle personnalité!


ma famille la fréquentait beaucoup et ensuite elle est venue à ma demande animer des séances avec les élèves instituteurs .

tu as raison d insister sur la diction , l articulation et la projection car tu ne peux savoir le nombre de fictions que nous voudrions regarder et au bout d un quart d heure , on éteint car on ne comprend rien .... ou alors la prise de son est défectueuse ?



et ce ne sont pas nos oreilles car avec des films anciens ( Gabin, signoret .......) on comprend TOUT !

Écrit par : gougaud | 07/01/2017

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire