31/05/2013

L'histoire du Chapeau rouge, rue Trivalle

A l'origine le Chapeau rouge était une auberge située dans la rue Trivalle, dont le nom venait de la couleur du couvre-chef des postillons au temps des calèches. Le bâtiment passa par la suite entre les mains de plusieurs propriétaires dont le plus notable fut le Chanoine Verguet, (auto-proclamé Evêque de la Trivalle) avant de devenir un garage en 1938. Jacques Cau s'en porte ensuite acquéreur en 1954 et transforme l'ancienne auberge en salle de cinéma. L'architecte Henri Castella est chargé de la transformation.

musique

Le 15 décembre 1954, le rideau se lève sur la première séance du Chapeau-rouge avec "Pain, amour et jalousie" avec Gina Lollobrigida et Vittorio de Sica

849362458.jpg

Sur cette vieille carte postale de 1900 que j'ai volontairement agrandie, on remarquera l'enseigne sur le mur. A la loupe, on y voit clairement inscrit "Chapeau rouge".

2013-05-31_09h06_33.png

La salle de cinéma avait une capacité de 517 places assises. Le personnel faisant tourner cette entreprise artisanale était composé d'un opérateur, d'une caissière, d'un contrôleur, d'une femme de ménage, d'un gardien et de trois ouvreuses. Les films les plus plébiscités furent "Il était une fois dans l'ouest", "La strada" et "Johnny guitare". Il n'y avait pas pour ce cinéma de spécialisation et l'on pouvait très bien y voir des films art et essais et des films interdits aux mineurs. La dernière séance, ce fut hélas un triste jour de l'année 1987...

690314064.jpg

Jacques Cau (à gauche), fondateur et directeur du Chapeau-rouge de 1954 à 1975. Cette salle de cinéma a projeté dans les années 80 des films à caractère pornographiques. Elle a connu une période d'abandon avant que la municipalité Chésa ne la transforme en salle de spectacle. Mise à la disposition de l'association 11 bouge par la municipalité Pérez, cette location et les subventions allouées furent remises en cause en 2014 par le nouveau maire Gérard Larrat. Capture053_555.jpg

Mise à jour en 2017

 _____________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2013

09:17 Publié dans Cinéma | Tags : chapeau rouge | Lien permanent | Commentaires (4)

Novembre 1964, on tourne "Le corniaud" dans la Cité

Si je vous dis: Qui est Annie Claparède ? C'est sûr je vous pose une colle ! Pourtant chacun de vous l'a vue au moins une dizaine de fois... Oui, au cinéma et dans l'un des plus célèbres films du cinéma français. Je veux parler du Corniaud avec Louis de Funès et Bourvil. Vous vous souvenez de la serveuse du café de France qui dit sur la place de la basilique St-Nazaire: "On demande M. Saroyan au téléphone". Voilà, vous y êtes ! Eh bien, c'était une carcassonnaise qui avait à l'époque seulement 16 ans et que je viens de retrouver après plusieurs années au fond du Morbihan. Elle a bien voulu répondre à mes questions

1234879614.jpg

Comment avez-vous été choisie, vous aviez déjà fait du théâtre ? "J'ai simplement répondu à une annonce sur le journal dans laquelle on cherchait des figurants pour le film. Ensuite, je me suis présentée sur la place St-Nazaire où il y avait déjà au moins 200 postulants. Au bout d'un instant quelqu'un m'a tapé sur l'épaule et m'a demandé si je voulais faire un essai pour un rôle. C'était Gérard Oury... Vous avez donc fait cet essai ? "Oui et je me souviens même qu'on m'a demandé d'accentuer mon accent ! Après tout s'est enchaîné avec le tournage où nous avons recommencé la scène de nombreuses fois". Cela a duré longtemps ? "Je suis resté bien quinze jours avec eux. Nous déjeunions avec tous les acteurs et techniciens du films sur place où la production avait monté une cantine". Quels étaient vos rapports avec Louis de Funès ? "Il ne parlait pas; c'était un monsieur très discret et je pense que c'était son tempérament". Et Bourvil ? "Très gentil. Il me faisait beaucoup rire". Le café de France sur la place existait ou bien avait-il été monté pour les besoins de la scène ? "Non, c'était un magasin de souvenirs qu'ils ont transformé. Bien des années après en me promenant à Sorède (P-O) je suis tombé sur l'ancien patron du magasin, il était devenu ermite. Quelle coïncidence" ! Vous souvenez-vous du montant de votre cachet ? J'ai gagné 80 francs et à l'époque c'était beaucoup. Vous n'avez pas continué après ce début d'actrice ?" Figurez-vous que Gérard Oury voulait que j'aille avec eux à Paris. Il disait que j'étais une petite Jeanne Moreau. J'avais 16 ans et mes parents n'ont pas voulu me laisser partir. C'est dommage... Pour terminer y a t-il quelque chose qui vous a marqué ? "On me ramenait chez moi au centre ville tous les soirs avec la Cadillac du film, ça je m'en souviens !

178576512.jpg

Annie m'a gentiment envoyé le conducteur de la journée de tournage du mercredi 4 novembre 1964. Sur ce document figurent les scènes à tourner, la convocation des acteurs pour le maquillage. On voit également que l'équipe s'était installée à l'Hôtel Terminus.

1387514708.jpg

Bourvil au milieu des gardiens de la paix carcassonnais pendant le tournage

947511086.jpg

Annie Claparède a toujours eu une âme d'artiste. Avant de figurer dans le Corniaud, elle faisait de la danse chez Annie Brumas et avait été même élue Miss "Laines Woodmark" lors d'une soirée au Club, rue de l'Aigle d'or. "J'avais gagné un agneau et quand ma mère m'a vue arriver avec cet animal..." Tel Antoine Maréchal (Le corniaud, dans le film), elle a traversé les mêmes lieux mais à l'envers: Carcassonne (lieu de sa naissance), Naples (où elle a connu son mari) et Paris (où elle a habité pendant longtemps). En Italie, elle a été mannequin pendant un an puis elle a animé une émission de télévision. Le destin n'aura pas voulu qu'elle suive Gérard Oury mais elle n'a pas refusé à ses enfants de poursuivre une carrière artistique. Sa fille travaille au Crazy Horse et son fils s'est lancé dans la réalisation. Merci Suzanne... Oh! pardon, Annie Cangiano. Ça c'est vraiment un nom d'actrice, vous ne trouvez pas ?

__________________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2013

08:49 Publié dans Cinéma | Tags : annie claparède | Lien permanent | Commentaires (4)

30/05/2013

La manufacture de chaussures Fidel Perxachs

802_001.jpg

Fidel Pexachs né en 1855 à Ripoll en Catalogne, s'installe à Carcassonne à la fin du XIXe siècle avec son épouse Dolorès Fuste et fonde une manufacture d'espadrilles au n°30 de la rue du marché (actuelle rue Tomey). On retrouve cette entreprise dans le Guide de l'Aude de 1897 avec celles de Albouze (49, Grand rue), Audouy (67, Grand rue), Coux (16, place Carnot), Fontvieille (26, rue de la gare), Lalanne (9, rue du port), Larregola (24, rue de la préfecture), Madaule (46, rue du 4 septembre), Pastre (32, Grand rue) et Salles (17, rue V. Hugo).

fidel.jpg

En 1904, on retrouve la manufacture sur le boulevard Omer Sarraut au rez-de-chaussée de l'hôtel St-Jean Baptiste (Photo: J. Blanco). Les magasins faisaient face à l'actuelle Rotonde; précisément sur l'emplacement du cinéma le Colisée. Pour bien comprendre, sachez que cet hôtel a été détruit vers 1912 pour construire le Grand hôtel Terminus et par conséquent, le Colisée n'existait pas encore. C'est juste pour donner sa position.

753_001.jpg

A gauche, l'entrée de l'ancien hôtel St-Jean Baptiste. Dans son prolongement, on aperçoit le store tiré du magasin Perxachs. L'entreprise d'espadrilles compte une quinzaine d'ouvriers, mais il faut également compter avec des familles entières qui travaillent à leurs domiciles pour Perxachs. Ainsi par exemple, au hameau de Villalbe, j'en ai dénombré moins de cinq.

216_001.jpg

Au moment de la construction de l'hôtel Terminus, c'est à dire en 1914, Fidel Perxachs ira s'établir à l'angle de la rue Pinel et de la rue de Verdun. L'ancien hôtel particulier de St-Martin dont il prendra possession, devient lieu d'habitation, atelier et magasin. A la morte du père fondateur en 1922, l'hôtel est vendu. Il y aura désormais deux lieux de vente.

172_001.jpg

Le premier, dans l'actuelle Maison des mémoires 53 rue de Verdun est géré par la veuve et l'un de ses fils. Une espadrille de plus d'un mètre était accrochée à la façade pour attirer le client. Le second, au n°34 de la rue de Verdun est géré par l'autre fils, Louis Perxachs. Là, un atelier produit des espadrilles et des bottes de cuir pour les vignerons. L'ensemble de la production est arrêtée vers 1950 en raison d'une trop forte concurrence, mais la vente se poursuivit en faisant une affaire plus que centenaire.

4-jo (11).JPG

Aujourd'hui, c'est Paul Appaix qui vend des chaussures sur l'emplacement du magasin Perxachs.

Source

 Claude Marquié / La dépêche /17 septembre 2000.

_______________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2013

29/05/2013

Une bien mystérieuse sépulture au château de Baudrigues

Le 6 septembre 2012 nous écrivions l'article ci-dessous. Mais depuis...

C'est en se promenant dans les bois du château de Baudrigue, situés sur la commune de Roullens qu'un de mes amis (Damien) allait faire une bien étrange découverte. Connaissant mon goût prononcé pour les énigmes et mon exaltation à tenter de les déchiffrer, il se mit hier en rapport avec moi et m'envoya quelques clichés. Ne pouvant pas me rendre sur place, j'ai passé toute la soirée à les visionner.

1464488962.png

Perdu au milieu d'un bois gagné par la végétation, un banc rouillé n'entend plus le recueillement et la prière d'une âme éplorée.

2843839804.JPG

Seule la tombe, rendue presque muette par les outrages du temps garde ces stigmates comme autant de cicatrices sur ce sol endeuillé.

On peine à lire:

Ci-git

Charlotte de Beon

Comtesse d'Hautpoul

décédée à Carcassonne

le 15 juillet 1818

L'honnorable Miss Vernon

Dame d'honneur de S.M

La Reine d'Angleterre

a fait ériger ce monument

religieux en témoignage

de son amitié pour la défunte

Priez pour le repos de son âme

4162848064.jpg

Les armoiries de la famille de Béon (ci-dessus)

Quelle fille issue de cette famille s'est mariée avec un Comte d'Hautpoul ?

1446639920.jpg

Il s'agit de Marie Madeleine Charlotte Christine de béon du Massés-Cazaux née en 1767, fille du marquis Gabriel-Guillaume de Béon du Massés-Cazaux. Elle se maria en première noce avec un lointain cousin François-Frédéric de Béon-Béarn au château de la Serpent, le 22 janvier 1776.

1474977912.jpg

Le château de la Serpent dans l'Aude (près de Couiza)

2620045730.jpg

Elle fut reçue aux honneurs de la cour en 1782 et jusqu'à la Révolution, elle occupa une place de Dame pour accompagner Madame Adélaïde (ci-dessus), fille de Louis XV.

3054118273.jpg

Les armoiries de la famille d'Hautpoul

Marie Madeleine Charlotte Christine de Béon épousera en seconde noces en 1808, Joseph Marie Grégoire Prosper d'Hautpoul, comte d'Hautpoul. Ce dernier est Chevalier de l'Ordre de Malte depuis le 27 juillet 1775 et sert dans les ambassades du marquis de Bombelles.

Questions

Pourquoi la comtesse d'hautpoul est-elle décédée à Carcassonne?

Il est probable que se soit lors d'une visite à sa belle famille. Guillaume Dominique Laperrine-D'Hautpoul était à ce moment là, le propriétaire du château de Baudrigue. Il deviendra Député de l'Aude en 1827.

Pourquoi est-elle inhumée dans le parc du château?

Les nobles avaient le droit de sépulture sur leur sol et il faut supposer qu'on n'a pas eu le temps de faire transporter le corps dans le caveau de famille.

Quels rapports avec la Reine d'Angleterre?

Le premier époux de la comtesse avait servi après la Révolution française pour un régiment de son nom, au service de sa Majesté le Roi de Grande-Bretagne.

Quelle Reine a fait alors ériger ce monument?

Il s'agit soit de l'épouse de Guillaume III, la reine Charlotte. Soit, peu probable, quelques années après de la Reine Victoria.

Que va devenir cette sépulture?

Jusqu'à aujourd'hui aucune date ne donnait le décès de la comtesse. Gageons que ce travail permettra de la sauver...

______________________________________

Quelques six mois après la parution de cet article, deux descendants de Charlotte de Béon du Massés-Cazaux se signalaient à moi, forts contents que nous ayons retrouvé la tombe de leur aïeule. Ils en ignoraient l'existence. Le premier fut George de Ginestet de Puivert; le second, Gilles Mauléon de Narbonne. Tous deux m'ont apporté ceux qu'ils savaient sur Charlotte de Béon, comtesse d'Hautpoul.

Généalogie

Marie Charlotte de Beon Cazaux Contesse de Beon Beon.jpg

Marie Magdeleine Charlotte Christine de Béon du Massés de Cazaux est née le 9 août 1757 au château de la Serpent (Aude). Elle est baptisée le jour même en l'église paroissiale St-Etienne.

Gabriel Guillaume Marquis de Beon, pere de Marie Charlotte de Beon Cazaux.jpg

Elle est la seconde fille et enfant, devenue aînée après sa soeur Marie-Louise Gabrielle (1754-1762), de Gabriel Guillaume de Béon de Massés de Cazaux, chevalier, marquis de Cazaux puis marquis de Béon de Massés de Cazaux. Il est sous-lieutenant des Gardes du corps du Roy, compagnie du Luxembourg, au rang de Mestre de camp, puis Brigadier des Armes du Roy.

Marie Madeleine Charlotte de Lombard de Montauroux, mere de Marie Charlotte de Beon.jpg

Sa mère est Christine Marie Magdeleine de Lombard de Montauroux.

Frederic de Beon Bearn, epoux de Marie Charlotte de Beon Cazaux.jpg

Charlotte se marie le mercredi 23 janvier 1776 en l'église de La serpent avec messire François Frédéric de Béarn de Béon (1754-1802), fils de du Comte de Béon de la Palu et de Anne de Puybérail, dame de Troncens. Elle a 18 ans et lui 22, ils sont donc mineurs (la majorité est à cette époque à 25 ans) et procèdent en présence du consentement de leurs parents.

Mademoiselle de Beon, contesse de Mauleon, fille de Marie Charlotte.jpg

De cette union naîtra mademoiselle de Béon, comtesse de Mauléon. Puis, François Antoine Henri de Béarn de Béon (1779-1820), décédé à La serpent.

A la cour du Roy de France

Charlotte est présentée à la cour du Roy Louis XVI en mai 1780. Son père fit rédiger un mémoire par Chérin le 25 avril 1780 à l'occasion de cette présentation.

Jean Antoine de Beon, dit l'abbe de Beon, oncle de Marie Charlotte, aumonier de madame Adelaide fille de France.jpg

Charlotte descend des principales branches de la maison de Bourbon et le dernier Roy de France dont elle est issue est Louis XI. Cependant, c'est grâce à Jean Antoine Nicolas de Béon (portrait ci-dessus), oncle paternel de son père et aumônier de Madame Adélaîde de France (fille de Louis XV) que Charlotte obtient sa nommination de Dame à accompagner en 1782.

La Révolution française

A la Révolution, nombreux sont les aristocrates à fuir la France pour échapper aux sans-culottes. Charlotte suivra madame Adélaîde à la cour d'Angleterre. C'est là qu'elle fait la connaissance de Miss Caroline Vernon (1751-1829), fille d'Henry Vernon né le 17 septembre 1718, dame de compagnie la Reine consort Charlotte d'Angleterre. Ce qui explique la mention de son nom sur l'épitaphe de la dalle funéraire trouvée à Baudrigue.

Retour d'exil

Charlotte rentre en France au moment où un décret de Napoléon, autorise le retour d'exil des aristocrates. Entre temps, son époux Frédéric de Béon était décédé sur l'île de la Trinité (Trinidad et Tobago). Revenue sur ses terres, elle se remarie en 1808 avec Jospeh Marie Grégoire Prosper d'Hautpoul, comte d'Hautpoul. La mort de Charlotte est pour le moins étrange, car d'après des correspondances conservées par Gilles de Mauléon de Narbonne, elle craignait pour sa vie. Quelques heures avant son trépas, elle ne se sentit pas bien malgré une très bonne santé. Pour son aïeul, il ne fait pas de doute que la comtesse fut empoisonnée par son second époux, le comte d'Hautpoul. Celui-ci aurait convoité sa fortune.

Sépulture

La comtesse d'Hautpoul est décédée le 15 juillet 1818 à Carcassonne et inhumée au cimetière St-Vincent. La tombe fut exhumée et déplacée ensuite par le comte, mais personne jusqu'à aujourd'hui, ne savait dans quel endroit. C'était donc à Baudrigue, propriété de la famille d'Hautpoul à cette époque. Voilà une énigme résolue. Reste à savoir si le corps de Charlotte se trouve bien sous la dalle funéraire...

Le tableau de Charlotte de Béon de Massés-Cazaux

867005681.jpg

Ce tableau peint par Mme Vigée-Lebrun en 1787 a été vendu aux enchères en 1949 à New-York chez Parke-Bernet (devenu Sotheby's). Il se trouve aujourd'hui au musée de Tucson dans l'Arizona (USA). Cependant, il existe trois autres portraits de Charlotte: une copie au même format au château de La serpent, une miniature (non signée) de Charlotte au clavecin, une replique exacte de celui de Mme Vigée-Lebrun signée de Mlle Boquet en 1788 (portrait en couleur présenté plus haut).

Je remercie vivement George de Ginestet de Puivert et Gilles de Mauléon de Narbonne.

_____________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2013

28/05/2013

Festival Léon Escalaïs

PROGRAMME festival2.jpg

Léon Escalaïs fut un grand ténor d'opéra, né à Cuxac d'Aude en 1859. Un site internet fait revivre sa légende et son parcours à travers les plus grandes scènes lyriques internationales.

http://opera.escalais.pagesperso-orange.fr/leon/biographi...

10:44 Publié dans Musique classique | Tags : musique | Lien permanent | Commentaires (1)

27/05/2013

Une hirondelle fait-elle le printemps ?

Puisqu'aujourd'hui aucun média ne souhaite reconnaître que la pétition initiée en janvier dernier pour protester contre plusieurs années d'incurie dans la Cité de Carcassonne, a fait avancer les dossiers mis sous la pile. Qu'elle a obligé les collectivités territoriales et l'état a déployer des moyens pour son entretien. Qu'elle a mis sur la place publique les "petits arrangements entre amis" opérés au détriment de l'ensemble des amoureux du site. Enfin, qu'elle a informé sur les responsabilités de chacune des administrations au sein d'un comité de pilotage opaque dont d'ailleurs, nous ne savons toujours pas qui le dirige, qui le nomme, qui en fait partie. Voilà un bien étrange fonctionnement dans une démocratie élective, où ceux qui décident sont ceux qui n'ont été choisi par le peuple lors d'un scrutin. A mon sens, la faiblesse de la France depuis quelques décennies c'est l'incompétence ou la légèreté de l'élu, obligé de remettre ses décisions dans les mains de fonctionnaires tout puissants.

Ce qui avance

fiente.jpg

La tour de la chapelle noyée sous 1m3 de fientes de pigeon

mai.jpg

En mai, l'épais matelas de fientes a été nettoyé. Malheureusement, l'obturation des ouvertures par des grillages afin d'éviter l'entrée des pigeons se fait attendre. Dans quelques temps, il faudra tout recommencer...

faucon2.jpg

On a aperçu un faucon. Suffira t-il a faire fuir les pigeons ?

P1170513(1).JPG

En janvier, c'était le rodéo des véhicules dans les lices pour ne pas abimer leurs amortisseurs sur les pavés.

lices.jpg

En mai, la calade a été entièrement refaite. Le gazon a été semé de chaque côtés et des billes de bois ne permettront plus aux véhicules de labourer le terrain.

Ported'Aude3.JPG

En janvier, une eau pestilentielle coulait à travers la muraille de la porte d'Aude

mur.jpg

En mai, il semble que l'on ait réussi à colmater la fuite

barba5.jpg

En janvier, le chemin couvert menant à l'église St-Gimer était une jungle

Barbacane.jpg

En mai, on a débroussaillé cette friche immonde. Plusieurs éléments d'époque médiévale sont à nouveau visibles (escalier, voûte...). Malheureusement, on n'a pas débarassé les remparts des lierres incrustés dans la pierre. Si cela devait rester ainsi, il y aurait fort à parier que les tomberaient de la muraille sous la pression des racines.

basilique.jpg

Les travaux promis depuis des mois ont enfin débutés à la basilique. Mgr de la Soujeole pourra dire la messe sans prendre l'eau des gouttières sur la tête. Reste encore le problèmes des pigeons... Dimanche, il n'y avait toujours pas d'eau bénite dans les bénitiers, pour éviter de se signer avec la merde des pigeons.

bancs.jpg

Du mobilier urbain a été posé dans un jardin sans gazon en face de la basilique

984193_454430187984394_937597255_n.jpg

Ceux du jardin du Prado viennent d'être remplacés (voir article du 24 mai). Pourquoi donc n'ont-ils pas de dossier ?

043.jpg

En janvier, on voyait les tubes en pvc sortir à la porte de Rodez.

content1 (6).JPG

En mai, du remblai a été apporté à cet endroit

Ce qui stagne ou recule

panneau.jpg

A l'entrée du château comtal, le panneau installé par les Monuments nationaux n'indique toujours pas le musée archéologique. Par contre, il n'oublie pas de mentionner la boutique de souvenirs que le visiteur ne pourra pas manquer. Pourquoi? Il entrera et sortira obligatoirement par là dans le circuit des visites.

herbes.jpg

Au pied de la porte Narbonnaise et dans l'ensemble des lices, les herbes atteignent un mètre de haut. On nous dira qu'il a beaucoup plu, mais à Carcassonne on attendra juillet pour que tout soit cramé. Ainsi, nul besoin de passer la tondeuse... Allez visiter les châteaux de la Loire, une région où la pluviométrie est plus importante que dans l'Aude. Tout y est nettoyé régulièrement !

herbes remparts.jpg

Sur les remparts (ici, porte d'Aude), les fleurs sauvages et autres herbes sont fixées sur la muraille. Selon Gauthier Langlois (historien médiéviste), la valériane contribue à la dégradation des maçonneries.

jardin.jpg

Pendant ce temps, au château comtal dans le domaine du seigneur administrateur de la Cité... Là, tout n'est que calme, luxe et volupté...

ornières.jpg

Dans les lices, à la hauteur du théâtre Jean Deschamps, des ornières de 30 cm de profondeur

____________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2013