06/07/2013

La ligne chemin de fer Carcassonne-Quillan

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Les études de la première section de cette ligne entre Carcassonne et Limoux débutèrent en juillet 1866, soit dix ans après l'arrivée du chemin de fer dans la préfecture de l'Aude. Les ingénieurs Don de Cépian et Simonneau rendirent leur mémoire à l'appui de l'avant projet entre Carcassonne et Quillan. En décembre de la même année, le choix entre deux tracés fut présenté mais la décision devait revenir à M. Laroche-Tolay, directeur de la compagnie du midi, au début 1867. L'état qui s'était engagé à fournir une subvention hauteur de 7, 5000,000 francs devait également être consulté. Les travaux commenceraient, pensait-on à l'automne 1867.

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Le premier tracé prévoyait un embranchant à 800 mètres au couchant de la gare de Carcassonne, franchissait le canal du midi au moyen d'un viaduc et se maintenait sur la rive gauche de l'Aude jusqu'aux abords de Limoux. Un peu au dessous du moulin dit des religieuses, un pont serait édifié pour le passage de la rivière. La gare de Limoux serait établie sur la rive droite de l'Aude, dans le quartier appelé le petit Limoux. Le tracé couperait par trois fois le route impériale 118 et comporterait deux haltes à Maquens et Villalbe, ainsi que trois gares: Preixan, Rouffiac et Cépie. L'autre tracé qui sera finalement retenu (voir photo ci-dessus), le chemin de fer franchissait l'Aude au dessous de l'embouchure du Lauquet sous le villages de Leuc, Verzeille et Pomas. Il nécessitait la construction d'une gare desservant Couffoulens-Leuc et d'une seconde à Verzeille. La gare de Pomas passerait de la rive gauche à la rive droite de l'Aude. Le village de Preixan et ses 428 habitants en 1866 serait sacrifié par le tracé. L'avantage de cette ligne était de mettre le chemin de fer à portée des villages de Couffoulens, Leuc, Verzeille et Saint-Hilaire par l'omnibus; pour une population totale de 2162 habitants.

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Par décision du 2 août 1869, le Ministre des travaux publics a approuvé le nombre, l'emplacement des stations secondaires. Une station supplémentaire devait être établie entre Villalbe et la métairie de Madame (Voir photo de la gare de Madame à Villalbe).

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09:38 Publié dans Patrimoine en danger | Tags : sncf | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

Un beau récit comme je les aime. Merci.

Actuellement, n'y-a-t-il pas l'été une ligne Carcassonne-Quillan "uniquement touristique", avec une Micheline ?

Écrit par : LE GOASTELLER Marie-Thérèse | 06/07/2013

Je me souviens encore de l'annonce qui retentissait dans la gare de Carcassonne, au moment où je descendais du train qui me ramenait de Montpellier où j'étais étudiant.
"Carcassonne,Carcassonne, trois minutes d'arrêt! les voyageurs en direction de Limoux et Quillan changent de train! Correspondance quai n°1, voie 1 !", le tout avec un bel accent du pays, et des "R" biens roulés! Rien à voir avec la voix de synthèse bien douçâtre, hélas désormais commune à toutes les gares de France.

Lorsque mon père a racheté la métairie de Madame, vers 1973, on avait eu l'idée de demander à la gare si la micheline s'arrêtait à la gare de Madame, et donc s'il était possible de prendre un billet pour cette destination. Mais la mémoire me fait défaut, et je ne me souviens plus très bien du résultat, sinon pour dire qu'on a souvent plaisanté à ce sujet.

Si le tracé de la voie ferrée semble n'avoir jamais changé, celui de la N118 (décrite à l'époque comme allant d'Albi en Espagne par Carcassonne, lisez à ce propos http://fr.wikipedia.org/wiki/Route_nationale_118) a subi une importante modification au niveau du passage à niveau dit "de Madame", situé quelques centaines de mètres au sud de la gare du même nom, et cela alors même que mon père s'installait dans sa nouvelle demeure.
En effet, jusqu'à cette époque, le passage à niveau était un peu plus au sud, à proximité immédiate de la maisonnette qui constituait précisément le logement du gardien de ce passage à niveau, chargé d'abaisser les grandes barrières qui interrompaient la circulation routière pour permettre le passage des trains en toute sécurité.
Or ce passage à niveau se trouvait à un endroit où la voie ferrée présentait une inclinaison transversale importante, rendue nécessaire par le fait que le tracé décrit une courbe marquée pour se diriger vers le pont qui lui permet de passer sur l'autre rive de l'Aude, donc vers l'Est. Le virage était donc "relevé", comme la piste du vélodrome. De ce fait, le franchissement du passage à niveau se faisait au prix d'un important "dos d'âne", nécessitant un fort ralentissement, bousculant quelque peu les occupants des véhicules et aussi les chargement des camions.
En outre, l'ancien tracé de la route, encore bien visible aujourd'hui, comportait des courbes bien marquées, elles aussi incompatibles avec une vitesse élevée.
Bref, le passage à niveau de Madame était un "point noir".

Le tracé actuel de la route, désormais renommée RD612, résout entièrement le problème : courbes moins sinueuses, profil pratiquement plat, c'est à peine si on ralentit pour franchir le tronçon qui va jusqu'à l'embranchement vers Roullens.

Le passage à niveau a été automatisé, adieu le gardien, dont le logement vu se succéder divers autres occupants, comme beaucoup de bâtiments désaffectés de la SNCF. Les 4 grandes barrières qui barraient entièrement la route sur toute sa largeur, manoeuvrées à la main par le gardien qui tournait une manivelle, ont cédé la place à de simples demi-barrières, constituant une sorte de "chicane" que j'ai vu franchir par un inconscient au moins une fois.

La métairie de Madame étant désormais la propriété de la communauté d'agglomération, je n'y retourne pas souvent. Mon amical bonjour à ceux qui travaillent aujourd'hui sur place, notamment Sylvie.
Les temps ont bien changé...

Écrit par : Jean-Paul | 08/07/2013

En 1981, alors que la ligne est parcourue par six aller retour, la fréquentation de la gare de Madame est faible, elle n'est desservie que par un train quotidien.

Voilà ce que j'ai trouvé sur Wikipedia en réponse à votre question, il devait être donc possible de prendre 1 billet pour cette destination, 1 fois par jour.

Sinon, je me souviens très bien du garde- barrière qui actionnait la manivelle accompagné par la sonnerie qui annonçait l'arrivée imminente d'un train.

Par contre, j'ignore pourquoi le nom de "Madame" de ce lieu.

Écrit par : Brigitte | 10/07/2013

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