24/01/2017

Les funérailles de Jean Bringer - chef FFI - le 31 août 1944

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Jean Bringer

(1916-1944)

Chef départemental FFI, il est exécuté par les nazis sur le dépôt de munitions de Baudrigues (à Roullens) le 19 août 1944 avec plusieurs de ses camarades de combat.

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A travers des photographies totalement inédites, nous allons tenter le retracer le parcours de cette triste journée du 31 août 1944 pendant laquelle les Carcassonnais, rendirent un dernier hommage à ce héros de la résistance audoise. Nous avons matérialisé en rouge le cheminement du cortège à travers le centre-ville.

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Le cercueil contenant les restes de Jean Bringer (il ne sera identifié par sa veuve que grâce à son chevalière) est exposé dans une chapelle ardente sur la place Carnot. Elle est veillée par ses frères d'armes.

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Les différentes troupes résistantes (Corps franc de Montagne noire, FFI, FTP, Maquis de Picaussel...) défilent et rendent les honneurs à la dépouille de Jean Bringer sur la place Carnot. La levée du corps est faite par l'évêque de l'Aude, Mgr Jean-Joseph Pays.

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Le cortège funèbre au départ de la place Carnot devant le café "Chez Félix". Tenant les cordons du poêle, on reconnaît à droite Charles Fourès. Résistant aux côtés de Jean Bringer, il a fait sa carrière de journaliste au Midi-Libre. Sa veuve, madame Cécile Farges, vit encore à près de 95 ans ; elle a été faite dernièrement Chevalier de la légion d'honneur pour ses actes de résistance à côté de son époux.

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A l'arrière du corbillard se tient dignement madame Bringer dans un crêpe noir, qui devra désormais élever seule, son unique enfant Jean-Marie âgé seulement d'un an. A sa droite, on reconnaît Gilbert de Chambrun (1909-2009), chef des FFI pour le Languedoc-Roussillon et Commandant du 81e régiment d'infanterie de l'armée du général de Lattre de Tassigny. Il sera député de la Lozère jusqu'en 1956. Juste derrière lui, Georges Morguleff qui fera partie de l'état-major du 81e RI. A la gauche de madame Bringer, se tient Lucien Roubaud, délégué à l'Assemblée Consultative provisoire siégeant à Paris entre novembre 1944 et août 1945. A côté lui, le préfet Augé. Juste derrière ce dernier, on aperçoit Louis Amiel (1897-1971) nommé au Comité départemental de libération et maire provisoire de Carcassonne d'août à septembre 1944 (lire Carcassonne, d'hier à aujourd'hui/ Bonnet/ pp.390). A sa gauche, Francis Vals (1910-1974) est le président du Comité départemental de libération de l'Aude. Maire socialiste de Narbonne en 1959, il sera battu par Hubert Mouly en 1971. Il restera député jusqu'à sa mort et est inhumé à Leucate. Derrière lui se trouve Guy David, adjoint de Bringer; à côté avec le béret, c'est André Coumes dit "Capitaine Cabot".

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Ce jour-là dans le cortège, il y avait le Dr Marcel Cannac (au second plan) dont le cabinet se trouvait sur le boulevard Marcou. Ce médecin est mort dans d'étranges circonstances dans la clinique Delteil...

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Pour l'occasion, une foule immense suit le cortège ou prend place en bordure de celui-ci. Toutes les administrations et commerces resteront fermés toute la journée.

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Les anciens combattants de la Grande guerre

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Les enfants de choeur précèdent la Société musicale Sainte-Cécile qui, tout au long du parcours, joue la Marche Funèbre de Frédéric Chopin. Ici, le cortège passe à l'angle des rues de la préfecture et Barbès devant le Bar de la poste. Le magasin de vêtements à l'extrème droite, est aujourd'hui la boucherie Péténuzzo.

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Le corbillard emprunte le boulevard Camille Pelletan devant l'ancien Café du musée (aujourd'hui, la Trésorerie générale) et la maison du compositeur Paul Lacombe.

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Après un passage par la rue Voltaire rythmé par le bourdon de la cathédrale Saint-Michel, le cercueil est déposé à l'intérieur du lieu saint. L'homélie de Mgr Pays fut des plus poignantes suivie de l'absoute. Monsieur Tournier, titulaire du grand orgue, malgré sa cécité versait des larmes qui paraissaient inconsolables. De mémoire de Carcassonnais, on n'avait jamais vu pareille foule aussi émue. Une fois la cérémonie terminée, le cortège funèbre se mit en marche en direction du cimetière Saint-Michel.

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Devant le cercueil disposé à l'entrée du cimetière, les combattants de l'ombre entonnent La Marseillaise. On reconnaît à premier plan à droite, Lucien Maury alias Franck, chef du maquis de Picaussel.

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Le cercueil est porté en sa dernière demeure par Louis Raynaud, Louis Bahi et Lucien Maury.

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Mgr l'évêque de l'Aude et les frères du couvent des Capucins bénissent une dernière fois la dépouille de Jean Bringer avant la mise au tombeau.

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Le cercueil est placé provisoirement dans le caveau familial de Louis Amiel, résistant et maire provisoire de Carcassonne. Six mois plus tard, les restes de Jean Bringer seront transférés au cimetière de Pierrelatte dans la Drôme.

Remerciements:

A J. Blanco, sans lequel je n'aurais pas obtenu ses photographies uniques et inédites

A ma tante, Isabelle Alay, pour ses souvenirs

Sources:

La résistance audoise/ Lucien Maury/ Tome 2/ 1980

Carcassonne d'hier à aujourd'hui/ JL Bonnet

La seconde guerre mondiale dans l'Aude/ Julien Allaux

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Commentaires

Sur la photo au cimetière juste à côté de l'évêque Mgr Pays se trouve le supérieur ( gardien) du couvent des capucins, le père Augustin ( Gabriel Langlès.)

Écrit par : Authier | 24/01/2017

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je suis étonnée que les restes de Jean Bringer aient été transportés par la suite à Pierrelatte, alors que Madame Bringer et son fil Jean-Marie ont continué de vivre à Carcassonne jusqu'au moment des etudes de jean-Marie. Je sias que Jean-marie et sa maman sont tous deux décédés maintenant. Tout ceci est fort triste. Merci, Martial, pour un autre article si émouvant et historiquement irremplaçable.

Écrit par : Lise | 24/01/2017

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encore un extraordinaire reportage ,très émouvant -n 'oublions pas le sacrifice de ces jeunes qui ont donné leur vie - - -

Écrit par : marcelle | 24/01/2017

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J'ai très bien connu Jean-Marie, "gamin", qui prenait des cours de piano chez le même professeur que moi... Je l'ai évidemment par la suite complètement perdu de vue depuis.
Mais, locataire d'un logement dont le propriétaire et son épouse ont toujours été des amis très proches de sa mère, tout récemment décédée (elle vivait d'après ce que j'ai compris, dans les environs de Béziers), ils m'ont indiqué que Jean-Marie était devenu professeur de gymnastique, exerçant à Limoges, mais qu'il était décédé il y a déjà 4 ou 5 ans.

Écrit par : Christian Viguié | 24/01/2017

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Autant que je me souvienne, j'étais au petit lycée et au lycée rue de verdun avec Jean-Marie Bringer. Nous habitions à l'époque rue Arthur Mulot. J'ai le souvenir douloureux de madame Bringer, toute de noir vêtue, avec jean Marie à ses cotés,venant déposer une gerbe au monument aux morts square Gambetta. A l'époque ils habitaient dans un grand immeuble aux 4 chemins à coté de la station service.

Écrit par : Charles | 24/01/2017

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