31/08/2013

L'Aéro-club de l'Aude

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L'Aéro-club de l'Aude est fondé en 1922 et son siège social est la Chambre de Commerce de Carcassonne.
Il possédait également un hangar particulier à l'Aérodrome Salvaza.
Le Comité directeur organisait régulièrement des meetings comme ceux des 27 et 28 juin 1936

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Le samedi 27 juin 1936, trente avions de sport et de tourisme sont engagés dans la Coupe Bastoul-Secrestat.
Pendant la course, on peut admirer les dernières productions des constructeurs français comme les Caudron: Phalène, Frégate, Aiglon, Luciole à moteur Renault de 100 et 140 cv; les Potez 43 et 58; le Salmson; le Farman...

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Le dimanche 28 juin 1936, L'escadrille Caudron-Renault est présentée au public en la présence de MM. Nouvel, Séguier et Rozes, représentant de la marque. A partir de 10 heures, les membres de l'Aéro-club essaient en vol les appareils et un service d'autobus est mis en place du centre ville vers Salvaza

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Le "Phalène",monoplan à aile haute quadru-place de grand tourisme à moteur Renault "Bengali" de 140 cv

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"L'Aiglon", monoplan à aile surbaissée, bi-place de grand sport très rapide, à moteur Renault "Bengali-junior" de 100 cv

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Le "Luciole", bi-plan bi-place d'entrainement au pilotage à moteur Renault "Bengali" de 100 cv
Tous ces avions bénéficient des derniers perfectionnements: volets de courbure, volets d'intrados, freins sur roues, roulette de queue orientable, démarreur à air comprimé (on ne touche plus aux héciles)
 
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Le terrain d'aviation de Salvaza en 1945

L'Aéroport de Carcassonne en Pays Cathare, puisque c'est ainsi qu'il faut le nommer aujourd'hui, s'appelait autrefois le terrain d'aviation de Salvaza. Il était utilisé par les avions de tourisme de l'aéroclub et de nombreux carcassonnaisvenaient y admirer les spectacles de voltiges aériennes. Ce temps est hélas révolu. J'ai déniché pour vous une photographie prise d'un avion le 31 mai 1945, afin que vous vous rendiez compte que ce qu'était notre aérodrome il y a plus de soixante ans.

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Le terrain d'aviation (Jaune) avec ses hangars en bordure de la route de Montréal (Violet). La piste d'envol au centre, avait un cercle dessiné sur lequel était inscrit: Carcassonne. Compris entre le Canal du Midi (Bleu) et la voie romaine menant à Bram (Rouge), la future Zone de l'Estagnol n'était que des champs. Il en va de même à l'est avec la Zone de la Bouriette. J'ai noté l'ancien Champ de tir appelé aujourd'hui Romieu (Vert)

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Une vue agrandie de l'aérodrome de Salvaza

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Vue aérienne prise au même endroit en 2012

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Zoom sur l'Aéroport de Carcassonne

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Entre la route de Montréal et le terrain d'aviation, un petit jardin témoigne en souvenir de l'Aéroclub.

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Une stèle évoque le souvenir de ceux qui sont morts

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© Claude Marquié

Je lance un appel! Jusqu'en 2007, date où je l'ai vue pour la dernière fois, il y avait une fusée en fer peinte en blanc en bordure des bâtiments de l'aérodrome. Elle faisait bien 5 mètres de hauteur. Cette fusée que j'ai dessinée ci-dessus était le symbole de Salvaza. Je ne sais pas quand elle avait été posée et pourquoi, mais elle était là depuis très longtemps. Aujourd'hui, elle n'y est plus. Si quelqu'un sait ce qu'elle est devenue, merci de le signaler dans les commentaires.

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09:03 Publié dans Patrimoine disparu | Tags : salvaza | Lien permanent | Commentaires (8)

30/08/2013

Le pavillon Tivoli

Sur le boulevard Omer Sarraut arrêtez-vous en face du Pavillon Tivoli et admirez sa belle architecture. De lui, nous ne savons que trop peu de choses, même si certains s'aventurent à le décrire comme l'ancien pavillon de chasse d'un roi de France. La pavillon tire son nom du faubourg du Tivoli sur lequel il est implanté depuis au moins le XVIIIe siècle, selon certains. L'historien Claude Marquié penche plutôt pour le XIXe siècle. Essayons de dresser un état des lieux de ce petit joyaux carcassonnais...

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La cour du pavillon vue du boulevard

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La frise sous les balustres du premier étage

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Adossé à l'hôtel Terminus, un balcon avec ses ferrures et toujours la même frise au dessus. Ce balcon a un jumeau qui se trouve à l'autre extrémité formant le corps du bâtiment.

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Je vous livre hélas un exemple de cette ville où l'on a, pendant des lustres, fait n'importe quoi. Comment a t-on pu laisser construire ce cube en béton qui abrite aujourd'hui un magasin de jeux videos? C'est vrai qu'il fait très XVIIIe siècle, non? Cette verrue immonde casse toute la perspective du bâtiment et nous attendons fermement sa destruction prochaine.

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Allez ouste, du balais!

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A la mémoire de ...

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A l'entrée de Pennautier, sur l'ancienne ligne droite bordée de platanes, il est une stèle oubliée. C'est celle d'un homme dont l'histoire n'a retenu que le nom, le jour de la libération de Carcassonne. Peut-être était-il là au mauvais moment, quand l'armée allemande en débâcle tirait sur les civils?

Selon les renseignements recueillis par J. Blanco


Ils étaient six adolescents (aux dires de certains, qui jetaient des pierres sur l'armée en repli).
Selon Mme BRIEU, sœur de Jean ALBAREL qui avait 13 ans en 44, ils regardaient une voiture au bout de l'allée de platanes et le passage des allemands, quand  quelqu'un a crié "MAQUIS AU VILLAGE". Les militaires  apeurés et en déroute ont alors tirés.
Seul,Jean ALBAREL est mort.


Les cinq autres furent blessés.
Il s'agit de:
Mariano ?
CARRIERE ?
IZARD ?
?   ?


D'après mon ancien collègue Maurice POUJADE décédé  depuis longtemps, son frère serait lui aussi mort. Mais il n'y a qu'un seul nom sur la stèle.

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29/08/2013

L'orchestre José Marson

Si l'on jouait au jeu des sept familles de musiciens, on pourrait demander: "Dans la famille Marson, je voudrais le frère". On répondrait aussitôt: "Oui, mais lequel: José, Angel, Denis ou Jean? " Chez les Marson, ils étaient huit frères et soeur dont quatre figurèrent dans les plus importants orchestres de bal de l'Aude. Dans celui de René Cadrès: Jean Marson. Dans celui de Jeanoely: Denis et Angel. Il fallut qu'il y ait un indépendant au caractère bien trempé pour créer sa propre formation, c'est José. Aujourd'hui âgé de 92 ans, il se plaît encore à raconter que son orchestre était le plus important de la région... bien avant René Coll. C'est vrai que dans les années 1950-1960, il était demandé et réputé l'orchestre José Marson! Le tube du patron c'était "Arivederci Roma", une chanson de 1955 écrite par Renato Rascel, qu'il chantait de sa voix à la Tino Rossi. José Marson c'était le crooner de ses dames, au physique avantageux, dont la famille avait fui l'Italie du Duce pour s'installer à Carcassonne en 1935. Tous les villages du département s'en souviennent sûrement encore... Et puis, vint René Coll pour faire de l'ombre à Marson. Autre mœurs, l'époque yéyé allait-elle faire passer le grand José pour un "has been"*? Si le rital à la voix de velours refusait toujours la comparaison avec son ennemi juré, l'Orchestre de René Coll; il allait toutefois chercher à s'adapter à la nouvelle donne. C'est ainsi que dans les années 70, Marson est toujours là avec certes, des musiciens et chanteuses bien plus jeunes que lui, mais il tient tête... à ce sacré René Coll qui accompagne la tournée de Michel Sardou. Je vous livre une anecdote: Un jour au début des années 1990 (il avait donc 69 ans), il vint me proposer de chanter dans son orchestre. Il fallait que j'apprenne "The final countdown" du groupe de heavy metal suédois "Europe". J'ai décliné la proposition car j'avoue, j'avais pas la voix pour ce style. Qui a dit que José Marson était dépassé? Non, encore il vous dira que son orchestre est meilleur que celui de... Devenez qui... Mais René Coll, bien sûr!

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De gauche à droite: Marius Laffargue, Henri Daniel, Louis Rivière, Lucien Anicet, J-C Merlane et José Marson
 
* "Has been": anglicisme signifiant "a été"
 

 

Crédit photo:
Marius Laffargue
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08:55 Publié dans Orchestres de bal | Tags : musique | Lien permanent | Commentaires (2)

28/08/2013

Le siège de la Milice française à Carcassonne

La Milice française est crée le 30 janvier 1943 par le gouvernement de Vichy afin de lutter contre la Résistance. Elle est une force d'appui à la Gestapo et une police collaborationniste dans la traque des juifs, des résistants, des francs maçons, des communistes... Placée sous la responsabilité de son chef Joseph Darnand, elle a torturé, exécuté ou fait massacrer des patriotes français qui se battaient pour la libération de la France de l'occupant nazi. Certains miliciens allèrent jusqu'à incorporer la Waffen SS et furent envoyés sur le front russe pour combattre les communistes.

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L'ancien siège de la Milice française

18, place Carnot et 45, rue de Verdun

Le 28 février 1943 se tint au théâtre municipal, la grande soirée inaugurale de la Milice départementale. Selon le journal la Dépêche en date du 3 mars de la même année, cet évènement présidé par le Préfet de l'Aude a eu lieu en présence d'un grand nombre de corps constitués nationaux et locaux dont je ne donnerai pas la liste ici.

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Tampon de la Milice départementale

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Document officiel

(Lucien Maury/ La résistance audoise/ 1980/ Annexe VII)


A la libération, 78 miliciens audois seront arrêtés. Beaucoup parmi eux furent passés par les armes contre un mur de la caserne Laperrine dont beaucoup de sous-fifres et peu de chefs. Les cercueils en bois furent alignés avec devant chacun d'eux, un condamné. Il y a là un prêtre pour la confession. Pendant que le précédent condamné est exécuté, le suivant se confesse. Pendant ce temps, on place le cadavre du dernier dans le cercueil. Ainsi de suite... Voilà ce que virent de nombreux carcassonnais massés ce jour là autour de la caserne. Cette description est tirée de mon père qui assista à l'âge de 7 ans à ce "spectacle" et en fit longtemps des cauchemars.

Ce blog ne fait pas de propagande. Il ose regarder l'histoire en face!

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