10/10/2013

Maison de la Gestapo: Il faut un classement comme monument historique!

Une fois la satisfaction passée d'avoir été entendu, non sans mal, sur la nécessité de sauvegarder l'ancienne maison de la Gestapo, on pouvait croire que j'allais me contenter de cette annonce. Or, il n'en est rien puisqu'il nous reste un travail essentiel à accomplir. Il nous faut obtenir l'inscription ou le classement de cette bâtisse, à l'inventaire supplémentaire des Monument historiques. Pourquoi?  Le citoyen éclairé qui s'est battu contre vents et marées pour le résultat que l'on connaît maintenant, ne lâchera pas l'affaire. Les décideurs se sont bien gardés d'annoncer sur les ondes télévisuelles et radiophoniques en juin dernier qu'ils avaient délivré un permis pour raser cette maison. Aujourd'hui, la vie politique a repris ses droits et chacun y va de son Credo, la larme à l’œil et à coup de communiqués, cherchant presque à faire oublier qui est à l'origine du résultat obtenu. Il me semble que cela n'est pas très honnête, surtout quand rien n'est vraiment acquis. Eh! oui... Toute la problématique est là!

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Qu'adviendra t-il de ce bâtiment s'il n'est pas classé, après les échéances électorales de 2014? Je ne remets surtout pas en cause la bonne foi, ni l'engagement du premier magistrat de la ville sur ce dossier. Sa décision est excellente. Toutefois, je connais fort bien les politiciens pour les avoir tous fréquentés de près... Plusieurs hypothèses négatives me viennent à l'esprit:

– La municipalité change de majorité et J-C Pérez est battu. Les nouveaux possédants de l'Hôtel de ville ne seront pas tenus par les promesses de l'ancien maire. Dans le cas où ils changeraient de vue sur la destination de cette maison, ils pourraient la laisser pourrir encore davantage puis décider de la raser. L'argument tout trouvé serait que sa réhabilitation coûterait trop cher à la commune.

– J-C Pérez est réélu mais est contraint par la loi sur le cumul des mandats de se démettre au profit de son mandat de député. Un nouveau maire socialiste est alors désigné. Que fera t-il?

– J-C Pérez est réélu. Le budget de la ville de Carcassonne est de plus en plus exsangue. On est obligé de le destiner en priorité au fonctionnement et non à l'investissement communal. On n'a pas pu faire débloquer des fonds européens, départementaux et régionaux pour alléger le coût revenant à la ville pour la restauration de la maison. Le projet est alors mis en attente et fait murer les ouvertures du bâtiment pour des raisons de sécurité.

Maison de l ancienne gestapo (8).JPG

Je connais qu'un seul moyen pour palier à ces pires scénarios:

Le classement de l'ancienne maison de la Gestapo comme Monument historique!

Il a au moins deux avantages. Celui qu'empêcher durablement sa destruction et celui de pouvoir récolter des subventions de l'état pour sa réhabilitation.

Selon le maire de Carcassonne que j'ai interrogé sur le sujet, la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) n'est pas très chaude. Ce serait incompréhensible aujourd'hui que la ville de Carcassonne avec l'annonce d'un projet si ambitieux sur le plan symbolique, n'exige pas un classement. Ce serait se couper de subsides en pièces sonnantes et trébuchantes...

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"A l'instar de cette demande, je souhaite que ce dossier puisse être instruit en vue de son inscription du titre des Monuments historiques. J'émets dès à présent un avis très favorable."

(J-M Huertas / Architecte du SDAP/ 19 août 209)

Pourquoi donc la DRAC n'a t-elle pas tenu compte de ce courrier en date du 19 août 2009, envoyé par M. Huertas (Architecte des Bâtiments de France) à ses services? Il demande le classement de cette maison en raison de son caractère historique, tout simplement. On a balayé d'un revers de main, la prescription d'un architecte d'état!

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Commentaires

je vois , Martial que votre réflexion a été aussi loin que je l'avais espéré . il faut se méfier des effets d'annonces pendant les périodes pré- électorales ! je craint que le délais nécessaire à ce classement demande trop de temps et ne puisse aboutir avant les prochaines municipales (ce qui serait l'idéal )

Écrit par : chantal | 10/10/2013

Croyez vous vraiment qu'il faut garder ce lieu qui n' a rien de particulier dans son état actuel? Aucun intérêt. J 'ose espérer que la mémoire, et la compréhension du combat de ceux qui furent les opposants au régime nazi, ne dépend pas de ça mais de l'explication historique et de la transmission des valeurs.

Écrit par : de colle | 10/10/2013

Il aurait suffit, avant que l'on parle autant de cette maison depuis ce printemps, de faire une enquête auprès de la jeune population de la ville pour se rendre compte que beaucoup ignoraient ce qu'il s'est passé dans cette maison.
Et on peut parier que dans quelques décénnies, si elle avait été détruite, son Histoire tellement marquante aurait disparu.
Au contraire, en la faisant vivre de la meilleure façon qui soit, il restera toujours une trace devant nos yeux pour nous rappeler que ça a pu exister.
Les transmissions ont quelques interférences de nos jours, nous sommes souvent plus préoccupés par notre nombril dans cette socièté de plus en plus individualiste.

Écrit par : Brigitte | 10/10/2013

La transformation de cette maison en un lieu dédiés aux associations des Droits de l'homme, est une excellente idée.
C'était selon moi, la seule valable après un musée de la résistance. Il existe déjà, donc pas possible.

Écrit par : Martial Andrieu | 10/10/2013

Entièrement d'accord avec vous Monsieur ANDRIEU : le lieu est présent et donc visible par tous puisque l'intégralité des archives "auraient été brûlées" par les NAZIS avant leur départ.

Une présence visuelle pour dire : plus jamais cela!!!!

Je ne comprends pas que ce "projet de reconnaissance" envers des hommes, des femmes qui sont sont morts sous la tortures et à qui nous devons notre liberté pose tellement problème. Ce qui m'indigne surtout, c'est que cela semble déranger de nombreuses personnes.

POUQUOI ?

Posez-vous la question : auriez-vous subi tant de cruauté sans "craquer"? Eux ont subi les pires souffrances pour sauver la PATRIE.

Écrit par : LE GOASTELLER Marie-Thérèse | 10/10/2013

Tout à fait de l'avis de "de colle". Il existe des centaines de lieux et de bâtiments qui au cours de l'histoire ont connu des événements liés de près ou de loin à l'histoire. Faut-il pour autant nécessairement les conserver, voire les sanctuariser ? Et à Carcassonne même, il y a eu d'autres endroits où ont été pratiqués des passages à tabac et autres sévices, non ? Convertir une bâtisse de sinistre mémoire en Maison des Droits de l'Homme est une belle façon de rendre hommage aux victimes tout en chassant les fantômes du passé.

Écrit par : Boulbes | 10/10/2013

le devoir de mémoire est valable pour tous les endroits ou sont mortes et torturées des personne ayant donné leur vie pour que d'autres puissent vivre libres...la maison de la gestapo devrait etre classée monument historique ne serait ce que pour tous s'en souviennent .....

Écrit par : constance pressoirs | 10/10/2013

@LE GOASTELLER Marie-Thérèse: Pour donner un peu de réflexion à vos interrogations, je vous donne un seul chiffre:

827 adhérents carcassonnais à la Légion française des combattants et de la Révolution nationale en 1943.

Parmi eux: Commerçants, Industriels, Artisans, fonctionnaires...etc

Je n'en dirai pas davantage.

Écrit par : Martial Andrieu | 10/10/2013

Bonjour à tous,
Pour ma part je rejoins le point de vue de Mr ANDRIEU, l'inscription à mon sens est une valeur sûre et nécessaire. Nous sommes actuellement sur un projet quasi similaire sur AGDE afin de fair inscrire des Bunkers allemenands à l'inventaire. Une première étape a déjà été franchi par délibération du conseil municipale qui a délibéré sur l'autorisation d'ouverture d'un des ouvrages fermé depuis les années 50, afin que nous puissions en finir l'inventaire. PAr la suite, a également été statué, toujours en conseil municipal, d'attribuer à l'association cet ouvrage en guise de siège social dans un premier mais aussi de pouvoir en faire un lieu d'exposition et d'échanges.
Je travaille actuellement en relation avec d'autres municipalités audoises afin d'inventorier et éventuellement valoriser le patrimoine "militaire" de la période de l'occupation. En effet, certaines municipalité commencent à se rendre compte que l'histoire ne s'arrête pas à la révolution, et pour certaines d'entres elles justement, il s'avère que çà pourrait leur apporter un attrait "culturel"

Écrit par : sln11220 | 11/10/2013

entièrement d'accord avec sln

Il faut regarder ce passé comme de l'histoire, une histoire vécu dans notre pays, par une génération qui n'est pas la notre (je priorise ma génération !) mais qui a connu, entendu les témoins.

l'histoire ne peut se juger sans avoir été vécu. On peut se faire une idée, car de l'encre a coulée (plus ou moins bonne ) et par recoupement, elle permet d'être approchée au plus près.

mais impossible de juger des évènements particuliers comme cette période compliquée avec une regard de 2013.

moi qui cherche, je retrouve parfois des contradictions dans les analyses des témoins, qui parfois habitaient le même lieu.

que nous reste t-il à nous.... ? les archives ? oui pour les érudits, mais pour le lambda ?

je pense que les cites, le bâtiments, les matériels ....etc., qui nous rapprochent de cette histoire, ne peuvent qu'être conservés et ainsi favoriser le devoir de mémoire.

regarder le temps que prennent certains chantiers d'archéologiques préventives pour nous rapprocher de notre histoire...

par chance nous avons la possibilité de laisser des traces à ceux qui viendront derrière nous, de ceux qui sont passés avant nous...

avan ...

adishiatz
a leu

jpp

Écrit par : JPP | 11/10/2013

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