30/11/2013

La chapelle Ozanam, profanation de la tolérance par l'obscurantisme!

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Discours d'inauguration de Maurice Masseron en 1963

 Au nom du conseil d'administration de la Société Carcassonnaise de Logements Populaires, j'ai l'honneur et la joie, Excellence, de vous remettre la chapelle Saint-Vincent de Paul.

C'est en effet sous le vocable de ce grand saint que nous aimerions placer cette chapelle. Pourquoi?

  • Parce que la Société carcassonnaise de Logements Populaires a son fondement dans l'élargissement de l'action des conférences de St-Vincent de Paul.
  • Parce que cette chapelle est construite sur la Cité Ozanam, et qui parle de Frédéric Ozanam pense aussitôt à St-Vincent de Paul

Ce n'est pas par hasard que les fondateurs de notre société ont appelé du nom d'Ozanam ce quartier de notre ville. Ils nous ont donné l'exemple d'une charité réaliste, efficace et nous essayons, sur leur lancée, de continuer l'action qu'ils ont entreprise, il y a quelques dizaines d'années, en construisant 30 logements à l'Olivette. La crise du logement ne se posant pas avec l'acuité qu'elle revêt de nos jours, notre société, après être longtemps restée en sommeil, s'est éveillée aux problèmes de l'heure.

Construire rapidement de nombreux logements  est une tâche compliquée surtout lorsqu'on ne veut pas perdre de vue le côté humain. Les âmes des hommes et des familles ne peuvent s'épanouir que dans un cadre fait à l'échelle humaine qui tient compte de leurs exigences morales, spirituelles, culturelles et matérielles.

Mais les rigieurs financières permettent difficilement de les satisfaire toutes. Nous avons essayé, malgré tout, en limitant la densité, en réduisant au minimum le nombre d'immeubles collectifs, en faisant une expérience d'isolation phonique des planchers, en construisant cette chapelle.

Aux difficultés communes à tous les organismes constructifs, s'est ajoutée celle de la dénomination de chaque groupe de logements. A la froideur d'un numéro ou d'une lettre nous avons préféré substituer le nom d'un saint et là, nous avons dû faire un choix.

Ne pensez pas, Excellence, que ce choix nous a placé devant un cas de conscience, en raison même de l'élimination qu'il suppose, de tel ou tel saint aux mérites bien établis; non plus, d'ailleurs, la crainte de rendre jaloux le serviteur de Dieu éliminé. Mais il nous a fallu trouver douze saints ayant chacun une attitude familière permettant une identification facile. Et Saint-Roch nous a pardonné d'avoir pensé immédiatement à son chien.

Toutefois, après la pose des bas-reliefs, tout n'est pas fini. Au contraire, tout reste à faire, tout commence. Les effigies des saints, elles-mêmes, ne sont garantes de rien. Les statues des dignes serviteurs de Dieu, que nous avons choisis, ne doivent pas être des masques, mais les signes ardents de charité chrétienne toujours plus poussée.

La charité chrétienne n'a jamais fini de se renouveller. Elle ne se traduit pas une fois, ou quelque fois, dans la vie par une action, ou plusieurs actions, mêmes héroïques. Elle s'exprime constamment, à travers les actes les plus simples, les plus humbles de la vie de tous les jours. Et comment mieux que par le soucis constant des autres, peut-on, dans une Cité comme la nôtre, pratiquer cette charité?

Ainsi, Excellence, je remets la chapelle St-Vincent de Paul, c'est à dire un local abritant le seigneur, où les chrétiens se rassemblent pour prier.

Là non plus, Excellence, tout n'est pas fini. Vous venez donner le départ de la construction de la chapelle. Le coeur du seigneur qui contient tous les hommes ne peut pas être comprimé par eux aux dimensions d'un tabernacle, même si ce tabernacle est situé dans un édifice aux lignes modernes, originales, harmonieuses. Permettez-moi de profiter de cette occasion pour féliciter tous ceux qui ont pris part à la construction de cette chapelle, de l'architecte au manoeuvre, en passant par l'entrepreneur et l'ouvrier.

Le coeur du seigneur ne se loge pas ailleurs que dans le coeur des hommes, de tous les hommes. Comme l'église de Dieu, qui ne se construit que par le ralliement à l'amour de tous les coeurs des hommes, la chapelle de la Cité Ozanam n'aura sa vraie dimension que lorsqu'elle aura atteint celle de la Cité tout entière.

L'âme de chacun constitue une pierre que chacun voudra apporter. Ce n'est qu'à cette condition que le seigneur sera logé.

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La sacristie et les objets du culte, victimes d'un incendie criminel, dimanche dernier.

Cet acte infâme porte atteinte à la liberté de toutes les croyances. Peu importe qui l'a perpétré; c'est une attaque de l'obscurantisme contre l'esprit de tolérance de ceux qui vivent leurs religions dans le respect de notre état laïc. Celui-ci garanti à tous les mêmes droits en supprimant la religion dans l'état et, de fait, une religion d'état.

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29/11/2013

L'histoire industrielle de la confiserie Durand

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Seuls les quadragénaires dont je fais partie, n'ont jamais pu déguster les excellents marrons glacés de la confiserie Durand. Les récits des gourmands sur la valeur gustative de ce produit sortie de l'usine Carcassonnaise, donnent l'eau à la bouche à tous ceux qui les écoutent...

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Antoine Durand (1827-1904) fonde en 1869 à Carcassonne, une usine de fruits confits et de marrons glacés. Les bâtiments sont construits dans la rue Antoine Marty et une cheminée de 14 à 18 mètres est élevée en son sein. Après 1884, le quartier va peu à peu se développer et les nuisances olfactives vont contraindre en 1925 Antoine Durand, à porter sa cheminée à 30 mètres de hauteur (Photo ci-dessus: Claude Marquié)

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Abricots confits, marrons glacés et marmelade en pommes confites récoltées dans la vallée de l'Orbiel sortaient des ateliers de fabrication de Carcassonne, mais également de l'usine de Carpentras. On retrouvait les produits de la confiserie chez Félix Potin ou aux Nouvelles Galeries, grâce à une succursale 7 rue du Louvre à Paris.

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Les anciens locaux parisiens de la confiserie Carcassonnaise, 7 rue du Louvre à Paris.

Fort de sa réussite industrielle, Antoine Durand devient Président de la Chambre de commerce de Carcassonne de 1897 à 1905 et maire de la ville de 1890 à 1896. Pendant ce temps, l'usine embauchait de nombreux ouvriers à temps plein et à l'automne, des intérimaires féminins pour compléter les effectifs.

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Le bel hôtel particulier d'Antoine Durand sur le boulevard Barbès.

La concurrence étrangère vint peu à peu à bout de la belle aventure industrielle de la confiserie Durand. Après la seconde guerre mondiale, l'activité devint saisonnière et ne produit plus que des marrons glacés en hiver.

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L'entrée de l'usine dans la rue Antoine Marty en 1971

La confiserie cessa définitivement toute activité en 1975

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Les locaux désafectés de 3000 m2 avant leur destruction en 1982 (photo: Claude Marquié)

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Sur l'emplacement de l'usine Durand, on a construit ce bâtiment dans la rue Antoine Marty

La confiserie comptait une centaine d'employés, parmi eux se trouvait une secrétaire de direction dont Jean Ourliac avait recueilli le témoignage, voilà bientôt vingt ans. Ce fidèle lecteur, professeur d'histoire de son état, a accepté de me conter les souvenirs révélés par son ancienne voisine. Il s'agit là d'un récit absolument inédit, transmis oralement et que ce blog est fier de retranscrire. Nous nommerons cette personne "Germaine" pour une meilleure compréhension rédactionnelle.

Le Témoin

Germaine après avoir travaillée à l'imprimerie Roudière, a suivi des cours de sténo-dactylo. Une fois le diplôme en poche, elle entre comme secrétaire à la confiserie Durand dans la rue Antoine Marty. Peu à peu, elle gagne la confiance du patron et devient sa secrétaire particulière. Elle s'occupera des embauches. Juste avant la seconde guerre mondiale, l'entreprise est dirigée par les deux frères Durand, André et Christian. Ils ont repris l'affaire de leur aïeul Antoine, fondateur de la confiserie. Germaine y fera toute sa carrière jusqu'à la fermeture et la liquidation de l'usine en 1975.

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Antoine Durand (1827-1904) avec son écharpe de maire de Carcassonne. 

Organisation du travail

Les ouvriers de chez Durand étaient répartis en deux sections: les permanents et les saisonniers. Ces derniers étaient recrutés pour faire la saison des marrons glacés à partir de l'automne. L'embauche se faisait sur la foi du bouche à oreille et de la moralité des candidats. Des ouvrières choisies pour leur travail soigné et méticuleux s'occupaient des expéditions et de la mise en boite des marrons. Il ne fallait surtout pas qu'ils puissent être brisés dans les nombreuses commandes destinées au marché national.

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Une des salles de travail à la fermeture de l'usine 

Conditions de travail

Le travail était de deux types: à l'usine et à domicile. Pour ce dernier, les ouvrières emportaient chez elles les marrons pour les écorcher. Afin d'éviter les nombreux vols constatés, les sacs étaient d'abord pesés. Une fois le travail terminé, les ouvrières devaient ramener à l'usine non seulement les marrons mais aussi les écorchures. Les restrictions de nourriture qui durèrent même après la guerre, amenèrent certaines employées à se servir dans les stocks. C'était l'assurance d'un renvoi immédiat en cas de flagrant délit. En ce qui concerne le travail à l'intérieur de l'usine, il s'effectuait de jour et de nuit dans des conditions pénibles.

Les marrons glacés

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Boite de marrons glacés pyrogravées 

Ce qui faisait la grande qualité gustative des marrons glacés de chez Durand, c'etait leur extrême fraîcheur. Le conditionnement s'effectuait uniquement qu'avec des marrons dont le glaçage, ultime étape de fabrication, venait de s'achever. L'usine se fournissait en marrons entiers à Turin (Italie), car le fruit de cette région n'était pas friable. Les autres venaient de la vallée de Fitou, dans les Corbières. Chez Durand, rien ne se perdait, les brisures étaient vendues à part ou allaient dans la confection de la crème de marrons. Ce résultat qualitatif demandait aux ouvrières un tour de main fort pénible, car il fallait décortiquer la seconde peau des marrons sans se brûler les doigts.

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Conserves de chez Durand (photo: Jean Ourliac)

Les fruits confits

Le confisage était le domaine réservé du frère du patron. Contrairement au marrons fabriqués sur le moment, les fruits confits devaient macérer dans le sirop pendant plusieurs jours. C'était le cas pour les orange confites, véritables délices produits par la confiserie Carcassonnaise.

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Bocaux de confiture (photo: Jean Ourliac)

Pendant la seconde guerre mondiale, l'usine manqua de sucre pour élaborer ses produits. Elle testa pendant un temps une préparation à base de raisiné (compote cuite dans le jus de raisin réduit) pour le remplacer. Le résultat ne fut pas à la hauteur et par chance, elle réussit non sans difficultés à se fournir en sucre.

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Dénoyauteur à cerise de chez Durand (photo: Jean Ourliac)

La confiserie avait passé un marché avec l'Angleterre, pays pour lequel elle fournissait des cerises confites pour la fabrication des cakes.

Les causes de la fermeture de l'usine

La confiserie, si prospère autrefois, ne fabriquait plus que des marrons glacés au moment des fêtes de fin d'année. La concurrence avait eu raison des autres secteurs d'activité et bientôt du dernier produit phare de la marque. Le coup de grâce intervint au moment où l'entreprise perdit le marché parisien.

La mort prématurée de l'un des deux frères plomba le devenir d'une affaire familiale sans repreneurs. Les enfants des patrons avaient suivi une autre voie. L'un est professeur de médecine à Toulouse, l'autre était architecte et avait fait édifier l'actuel bâtiment en béton sur l'emplacement de l'ancienne usine dans la rue A. Marty.

L'entreprise ne s'est jamais modernisée. Les conditions de sécurité du personnel dans des bâtiments et du matériel obsolètes, étaient devenues incompatibles avec les temps modernes. La chaudière tournait toujours au charbon et l'usine puisait toujours l'eau de son grand puits. A ce titre, Durand n'a jamais payé un centime d'eau à la ville.

Epilogue

L'aventure industrielle de la confiserie Durand s'acheva en 1975. L'ensemble des matériels et des cuivres partirent chez les ferrailleurs et l'entreprise fut liquidée. Hélas, les documents partirent à la benne comme d'ailleurs les photographies des ouvrières que Germaine gardait chez elle. Qui sait... Un lecteur a t-il dans un vieil album encore quelques photos à nous transmettre? Ce qui est triste c'est que désormais à Carcassonne, ont n'évoque plus l'industrie qu'avec des souvenirs!

Source:

Claude Marquié/ Hommes et métiers au fil du temps

Souvenirs de "Germaine" transmis par J. Ourliac. Un grand merci à lui

Crédit photos

Claude Marquié, Jean Ourliac, Marthe Plessis

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28/11/2013

Le cirque Cagniac

Les foires carcassonnaises de novembre et de mars étaient souvent l'occasion d'acceuillir le cirque sur l'actuelle place du général de Gaulle. Pour la plus grande joie des grands et des petits, les artistes itinérants plantaient leur châpiteau pour deux ou trois jours. Chacun s'émervellait à l'idée de pouvoir assister au spectacle, car les animations n'étaient pas aussi nombreuses que de nos jours. Le cirque Cagniac s'était installé cette fois le 27 octobre 1906 pour 10 jours, avec ses 45 artistes, ses 15 chevaux et son châpiteau moderne en charpente.

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L'entrée et la billeterie du Cirque Cagniac avec au fond, les bâtiments du café des Négociants (aujourd'hui, le Saint-Germain). Nous voyons à ce propos au premier plan des machands de vin en blouse bleue, venus spécialement pour la foire.

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Les détails du spectacle sont peints sur la toile à l'entrée du cirque: Écuyers, gymnastes, acrobates, pantomime, fil de fer, homme reptile, les clowns Patate et Chocolat...etc.

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Eugène Cagniac (Directeur et Acrobate), né le 25 octobre 1852 à Morlaix et décédé le 8 septembre 1929. Il était marié avec Catherine Chambert.

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Gaston Cagniac, son fils.

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Guillaume Cagniac, né en 1904

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Jeanne Aglae Cagniac (1867-1917), acrobate et soeur du directeur. Elle fut la fille de Louis Cagniac (1827-1883), artiste écuyer.

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Les frères Cagniac: Ying et Yang

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Les soeurs Cagniac: Danse hongroise

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Le châpiteau du cirque Cagniac sur l'actuelle piste d'athétisme de la caserne du 3e RPIMA

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En 1899, le compositeur Louis Ganne écrit le seul opéra-comique consacré à la vie du cirque: "Les saltimbanques". Chaque famille a au moins entendu une fois ses grands parents chanter l'air le plus célèbre: "C'est l'amour qui flotte dans l'air à la ronde".

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En bref...

Vendredi 29 novembre à 18h, conférence publique à la Maison Pasteur

Les origines de la Franc-maçonnerie

par

J-Y Tournié, journaliste et écrivain. Ancien Grand maître adjoint du Grand Orient de France

Entrée libre

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27/11/2013

Les marchands de bonbons

Il est loin le temps où les jeunes carcassonnais se ravitaillaient à la bonbonnerie Marseillais de M. Raynaud sur le boulevard des tilleuls (Commandant Roumens). C'était au début du siècle dernier, à côté du Bazar du Bon marché et du café du Helder (café des platanes). Jusqu'à la libération et à la destruction du square gambetta par l'occupant, deux kiosques en pierres se tenaient parallèlement au jardin. Le premier, en face du musée était tenu par M. Andrieu. Le second, celui de Mlle Delphine, lui faisait concurrence en face de la maison Lacombe. Faut dire qu'il fallait du stock en réglisses, guimauves et autres sucettes pour les écoliers du groupe scolaire Jean Jaurès, inauguré en 1928. Ces kiosques ont été détruits comme celui qui à l'identique est resté quelques temps après place Davilla.

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A partir du boulevard Barbès, en face le café du Midi (détruit), il y avait l'étal de madame Gillot surnommée "la japonaise" par les enfants, en raison de sa coupe de cheveux.

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Comme elles étaient délicieuses les sucreries de madame Bourrel... Juste après la guerre, la marchande de bonbons avait posé son étal dans la rue de la gare en face du Continental, pour la grande joie des enfants. Elle vendait des cocos, des bonbons acidulés en forme d'ostie, de la croquande, des sucres d'orge et des cacahouettes qu'elle faisait griller chez le boulanger M. Deveze, 33 rue de Lorraine.

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Plus bas, en face du portail des jacobins, qui n'a pas connu les bonbons de M. Coma puis de son beau-fils, M. Perez? Monsieur Pérez, ici avec son épouse faisaient aussi des crêpes et de la croquande (nougat caramélisé rougeâtre) pour les foires de la Sainte-Catherine (novembre) ou des comportes (mars). Avec son camion, on retrouvait aussi M. Perez pour les fêtes de la cité sur le jardin du Prado près de la porte narbonnaise. A sa suite, c'est leur employé depuis 23 ans, madame Quirant qui a repris l'affaire.

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Madame Quirant et sa fille Nicole, ont installé leur camion plus haut en tournant le dos à la caserne Laperrine. Elles ont étoffé leur stock en vendant des frites, Hot-dog, sandwiches Américains... La plus grande partie de leurs clients étaient les militaires du 3e RPIMA. Ils laissaient leurs listes et venaient ensuite se ravitailler chez madame Quirant. Une affaire florissante à cette époque. Puis après la guerre du Golfe, les militaires ont obtenu le droit d'avoir un appartement en ville. L'arrivée des fast-food et des pizzerias à Carcassonne au début des années 1990, a sérieusement fait chuter le chiffre d'affaire de ce commerce ambulant. La construction du parking souterrain a achevé tout espoir de reprise. On a d'abord voulu exclure ce commerce de son emplacement, puis on l'a mis dans une guérite dont l'exiguité ne permettait pas la poursuite de l'activité. Madame Quirant a jeté l'éponge et ainsi disparut le dernier et emblèmatique marchand de bonbons de Carcassonne.

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26/11/2013

La statue de Notre Dame de la consolation, rue Trivalle

A l'entrée de la rue Trivalle, en face de l'ancienne manufacture Farge se trouve la statue de Notre-Dame de la consolation depuis le 3 mai 1861. Enfin presque... En juin 2000, la statue est enlevée afin de procéder à la réhabilitation du Pont-vieux et de ses canalisations de gaz. Le dernier platane qui la soulageait des rayons du soleil est lui aussi emporté par cet élan rénovateur. La statue va être restaurée pendant toute la durée des travaux, c'est à dire près de trois années. Ces travaux ont mis à jour de nouveaux arches du pont qui s'étendait au delà de ce que nous l'observions jusque là. Vous verrez à cet endroit que les pierres de tailles sont récentes.

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Aspect de Notre-Dame avant la restauration. Malgré l'âge de ce cliché, jusqu'en 1999 la statue avait encore ces quatre piliers avec la grille formant enclos. C'était un espace fleuri et ainsi un peu protégé.

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Carte manuscrite du Chanoine Verguet

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Poème du chanoine Verguet à N-D de la Consolation

Les habitants du quartier lui vouaient une grande dévotion. C'était la protectrice des charretiers. Pendant 20 ans, Mme Valette entretint les lieux. Son gendre, Pierre Combes procéda à de menus travaux d'entretien jusqu' en 1999. Une espèce de tirelire était fixé sur le portillon, elle permettait de faire don en monnaie pour son l'entretien. 

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Le 11 mai 2003, la statue restaurée était inaugurée par l'abbé Vaqué et Raymond Chésa. On peut regretter l'absence de la grille et de l'espace fleuri qui l'entourait. Ceci explique peut-être pourquoi aujourd'hui après 14 ans, des vandales lui ont déjà cassé plusieurs doigts. Il est encore temps de protéger cet espace et de le fleurir, afin qu'il ne soit pas la cible des destructeurs du patrimoine. Il est vrai que la lapidation des statues, au delà du symbole, fait moins mal que celles des femmes au Moyen-Orient.. Craignons cependant que les symboles, ne soient que le reflet d'une réalité à peine voilée; celle de l'avilissement de la femme.

Mise à jour

13 septembre 2017

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