14/12/2013

Helmut Thomas, résistant allemand antinazi

L'histoire ne peut se contenter de préjugés quand elle doit examiner avec justesse les responsabilités à l'intérieur d'un conflit comme celui de la Seconde guerre mondiale. La facilité serait de désigner les coupables par rapport à leur nationalité ou leurs fréquentations. Ce n'est pas si simple! Durant l'épuration qui suivit la libération de la France, la précipitation des hommes à traquer coûte que coûte les collaborateurs à fait envoyer des innocents devant un peloton. Au même moment, certains parmi les plus impliqués ont pu fuir et ont bénéficié de la mansuétude des tribunaux des années 50. Là, où les chefs de centaine de la milice française, par exemple, seraient passés par les armes dès la libération; ils ont profité dix ans après, de jugements rendus par une justice professionnelle les condamnant seulement à de la prison. D'ailleurs, si nous lisons les compte-rendus nous nous apercevons qu'ils ne firent jamais totalement leur peine. Que dire également des anciens fonctionnaires de l'Etat français qui se sont retrouvés à des places de ministres, comme Maurice Papon. Les lettres de délation qui avaient fait envoyer des français en déportation, juste par vengeance ou inimitié de voisinage, ont perduré après la libération mais dans le sens contraire. Ainsi, désignait-on ceux qui avaient soi-disant collaboré en encourageant les délateurs. Bien entendu, il ne faut pas nier les vraies responsabilités et ne comptez pas sur moi pour les occulter. Cependant, suite aux commentaires postés sur ce blog après mon article sur Jean Bringer, il est de mon devoir d'apporter une autre réflexion.

Les allemands étaient-ils tous nazis?

Hitler a été porté au pouvoir par les urnes et non par un coup d'état. Les causes sont multiples, mais la principale que l'on ferait bien de ne pas l'oublier dans la crise économique qui nous secoue actuellement: Une monnaie qui ne valait plus rien, un taux de chômage très élevé, une hausse des prix. A cela il faut ajouter, l'humiliation de la défaite de 1918 et la poussée du sentiment national. Le populisme hitlérien est arrivé au pouvoir en jouant sur les peurs et en désignant les coupables: les juifs. Dans la population allemande, certains avaient compris que la traque des juifs désignés comme étrangers et apatrides, n'était pas dirigée pour des raisons économiques mais idéologiques. A ce titre, Mein Kampf (Mon combat) écrit par Hitler depuis sa prison après son coup d'état manqué est des plus révélateurs. La race pure aryenne doit s'imposer comme supérieure à toutes les autres. Méfions-nous de ceux qui utilisent les circonstances économiques en désignant l'étranger comme coupable de ces maux, ils pourrait bien s'y cacher d'autres raisons bien moins avouables...

Les résistants en allemagne

La rose blanche, mouvement d'étudiants allemands, a résisté au pouvoir nazi en 1942. Ils ont été arrêtés et guillotinés.

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Sophie Scholl (1921-1943), guillotinée avec son frère Hans.

Les résistants allemands dans l'Aude

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Ce jeune soldat allemand avait été incorporé de force dans la Wehrmacht, après avoir fait partie des Brigades Internationales pendant la guerre civile espagnole. Il déserte en 1943 et rejoint les combattants du maquis Faïta (Francs tireurs et partisans) situé à Salvezines dans la Haute-vallée de l'Aude. Parmi eux il va mener des actions non contre son pays, l'Allemagne, mais contre une idéologie qu'il ne peut pas soutenir.

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Fanion du maquis Faïta

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Le maquis Faïta à Buc en 1943

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Stèle au Col de la Flotte

Le 27 juillet 1944, les troupes allemandes envoient 300 hommes pour débusquer le maquis Faïta près de Chalabre. Au Col de la flotte, entre Courtauly et Sonnac, ils interceptent un camion du maquis et tuent Louis Bages, André Laffon et Paul Vernières. A Courtauly, vers la ferme du Planquet, Fernand Trétal et Thomas Helmut sont capturés. Ils transportaient des courroies provenant du sabotage d'une batteuse. Ils seront exécutés d'une balle dans la tête.

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Commentaires

des évènements passés..; ton analyse sur ces faits est d'une actualité troublante !

Écrit par : gougaud | 14/12/2013

des évènements passés..; ton analyse sur ces faits est d'une actualité troublante !

Écrit par : gougaud | 14/12/2013

Je suis d'accord avec vous. Pour échapper à ses propres responsabilités, n'entend-on pas souvent: "c'est pas moi, c'est lui !", fautif ou pas. ça démarre déjà dans les cours de récréation. Alors, de là à accuser l'étranger de tous les maux de notre société pour éviter de regarder ses propres défaillances, il n'y a qu'un pas. C'est tellement plus confortable.
Finalement, ceux qui ont osé s'affirmer et s'investir contre ces idées nazies, l'on payé de leur vie alors que, nombreux, ceux qui ont suivi le "c'est pas moi, c'est lui" ont pu échapper à leur responsabilité.

Écrit par : Brigtte | 14/12/2013

Merci d'apporter ce genre d'éclairage qui échappe à tout manichéisme et qui peut nous aider à réfléchir sur le présent

Écrit par : robert | 14/12/2013

Et certains espèrent atteindre le pouvoir en jouant sur les peurs qu'ils distillent habillement. Ne vous inquiétez pas, on va vous débarrasser de cette "vermine", souvent sous-entendu dans leurs discours. Ils ont compris qu'ils devaient adapter ce discours-là qu'ils cisèlent finement pour ne pas faire les mêmes erreurs que leurs anciens qui se dévoilaient un peu trop.

Écrit par : Brigitte | 14/12/2013

"habilement", pardon pour la faute.

Écrit par : Brigitte | 14/12/2013

Désolé mais aprés avoir lu la documentation je n' ai rien appris sur Helmut Thomas.

Écrit par : Cholet | 14/12/2013

La rose blanche est un groupe d'étudiants catholiques qui s'opposent ouvertement au nazisme. Ils disent aux étudiants fascinés par Hitler : " Quand Hitler parle paix il pense guerre quand il parle de Dieu il pense au diable". Il faut savoir que si Hitler a été élu démocratiquement par l'élection il n'a jamais obtenu la majorité dans aucun land catholique d'Allemagne.
Le 22 février 1943, un procès expéditif de trois heures. présidé par Roland Freisler, venu exprès de Berlin. Cet ancien communiste est l'un des chefs nazis les plus brutaux qui soient. Sophie Scholl, qui a eu une jambe brisée au cours de son «interrogatoire » par la Gestapo et comparaît sur des béquilles, lui fait face avec un courage inébranlable.
La guillotine, bien française importée en Allemagne par Napoléon servira d'instrument pour accomplir les basses besognes nazies.

Écrit par : Authier | 15/12/2013

c'est vraiment réjouissant de savoir qu'ils n'étaient pas tous nos ennemis et qu'il y en a eu des courageux qui ont laissé leur vie pour défendre leurs idées ils faut aussi penser a eux car ils méritent notre devoir de mémoire merci de nous le rappeler ...

Écrit par : constance pressoirs | 17/12/2013

le 27 juillet 1944, même jour que l'embuscade du col de la Flotte où Paul Vernieres, Louis Bages et André Laffont sont tués, Helmut Thomas trouve la mort avec Fernand Prétal, à la ferme du Planquet près de Courtauly (D. 63).
Les allemands (renseignés...) étaient secondés par la milice carcassonnaise.

Le maquis Faïta (FTPF) était grillé depuis le mois de mai 1944.

un mémorial rappelle cet épisode tragique.

Écrit par : JPP | 18/12/2013

la "Rose Blanche", c'était loin de Carcassonne...!!!

et il y en a eu temps d'autres...

Écrit par : JPP | 18/12/2013

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