21/02/2014

L'usine Sainte-Marie, allée de Bezons

Au début du XIXe siècle était édifié au bord de l'Aude et à l'endroit où se trouve actuellement le boulevard Paul Sabatier, une importante filature de 84 ares nommée Usine Sainte-Marie. Ce bâtiment ne formait qu'un seul et même corps, composé de deux ailes jointes à l'extrémité par une galerie surmontée d'un étage en plusieurs endroits. La matrice cadastrale nous donne confrontant à l'est Birot, à l'ouest Castel et Jourdanne, au nord le chemin de la rivière, au sud le ruisseau de l'égoût de la ville. Suite à la faillite Bellotiny et Cié, banquiers à Béziers, l'ensemble de l'usine est saisie les 14 et 15 juillet 1970 à Marie Sabatier et Jules Cazanave, son époux. L'adjudication a lieu le jeudi 25 juillet 1972 à Carcassonne sous l'autorité de Maître Pistre, avoué, 27 rue de la Préfecture. L'usine sera tranformée par M. Bruguière en distillerie au début du XXe siècle. Elle sera dirigée par la famille Grossetête jusqu'à sa fermeture en 1958.

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L'usine Sainte-Marie avec ses cheminées dans les années 50

Cet imposant bâtiment comprenait l'habitation du maître et concierge, les salles ayant servi pour la filature, magasins, arrière-magasins, hangars, lieux d'aisance, cours, jardin, étendoir, salles pour l'établissement des machines à vapeur et pour la fabrication du gaz.

Description

Au milieu de la cour se trouvait le bâtiment des chaudières et du gaz, ainsi que la salle qui servait pour le lavage des laines. A l'extrèmité de l'étendoir se trouvait le jardin d'agrément, fermé par une grille et une porte en fer et entouré d'un mur de clôture. Il nous est dit que le bâtiment est construit en bonne maçonnerie et couvert de tuiles canal. Il présente, à l'extérieur, les ouvertures suivantes: au nord une porte-cochère en fer, deux fenêtres au rez-de-chaussée, trois fenêtres au premier étage concernant l'habitation et, à côté, deux fenêtres barrées en fer donnant jour aux magasins et aux salles de filature, plus deux autres petites ouvertures; au levant une porte et deux ouvertures au premier étage donnant jour aux magasins et salles, plus une autre petite porte et six petites ouvertures.

En entrant à gauche, se trouvait un petit appartement ayant servi de loge pour le portier. A l'écurie contigüe, autrefois savonnerie, en partie détruite, il y avait une porte. Bâtiment au milieu de la cour, salles des laveuses et des chaudières. Cet immeuble comprenait encore un hangar sur la ligne de l'aile gauche du bâtiment, lieux d'aisance pour les hommes, lieux d'aisance pour les femmes construits à la suite de l'aile droite. Un grand étendoir pour les laines au milieu duquel se trouve une allée conduisant au jardin. Ce dernier possédait une serre couverte et vitrée, construite en tuiles canal, mais à cette époque dans un état de vétusté faute d'entretien.

Détail du matériel à la vente

Salle servant d'atelier et de forge

Une enclume, une forge avec soufflet et accessoires, quatre étaux, une bascule pour taroder montée sur un établi, quarante deux cléfs à écrous de diverses qualités, deux clefs anglaises, 20 mèches à fer, un étau à main, une scie à scier le fer, 3 compas, 5 feuillères, une hâche de forge, 9 marques en fer

Salle de la filature

Les tuyaux et appareils pour la distribution du gaz servant à éclairer la salle

Arrière salle contigüe

Une machine pour monter les balles de laine,Un réservoir avec ses tuyaux, Une échelle à crampons pour le service du manège, un cercle en fer à crochets pour emballer la laine.

Aile gauche

Grande machine à vapeur pour le service des peigneuses et des machines à dégraisser, un baromètre, une pompe à deux corps avec accessoires, servant à alimenter les chaudières., tuyaux et appareils à gaz.

Salles des peigneuses

Un grand séchoir avec les appareils et accessoires, une caisse en fonte pour réservoir de vapeur, une pompe à deux corps pour alimenter les chaudières

Salle des emballages

Une presse à emballer

Salle des sécheuses

Fourneau et accessoires en très mauvais état, deux étendoirs pour la laine et sesz accessoires

Salles des laveuses au milieu de la cour

Une grande cuve en bois pour échauder la laine avec accessoires

Local des chaudières

Deux grandes chaudières à vapeur de la force de 30 chevaux chacune. Ces chaudières donnaient la force à toute l'usine. Un thermomètre. Les appareils pour la fabrication du gaz.

Source

Le bon sens / 3 juillet 1872

Quartiers et faubourgs au fil du temps/ H. Alaux/ 2002

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Commentaires

c'est tellement bien décrit que l'on s'y croirait dans cette usine elle devait avoir bon nombre d'ouvriers et ouvrières comme quoi Carcassonne pouvait nourrir ses habitants ..et leur donner du travail ...une filature de laine ....que de belles usines du passé ....merci Martial que de choses j'apprends sur ma ville ......grâce a vous a vos recherches ....

Écrit par : constance pressoirs | 21/02/2014

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Bizarrement j'ai habité non loin de là, à l'extrémité de la rue de Mazagran et je n'ai aucun souvenir de cette usine qui devait être encore debout en 1962 quand j'y étais. Est-ce qu'on sait ce qu'elle est devenue ensuite ?

Écrit par : pierre | 05/12/2017

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Pierre !

Elle a été démolie à la fin des années 1950 ; En 1961 , jeune employé du bâtiment , j'ai travaillé à la construction de la Sécurité Sociale , sur cet emplacement .
Auparavant la Sécu se trouvait rue du 4 Septembre , sur le côté face au jardin de la Préfecture

Écrit par : jacques blanco | 05/12/2017

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