28/05/2014

Elle n'avait que 19 ans en 1943, mais elle a vu l'horreur...

En cette journée de 1943, Carcassonne est toujours occupée par l'Allemagne nazie. Paulette n'a que 19 ans et depuis le début de la guerre, elle a trouvé un petit travail à la Croix-rouge. Sa fonction est de récolter et d'expédier les colis destinés aux soldats français prisonniers en Allemagne. Cette fois, la délégation départementale située avenue Arthur Mullot, lui a demandé d'aller à la gare SNCF chercher un paquet. Lorsqu'elle arrive sur le quai, il y a beaucoup de personnes qui attendent le train et un jeune milicien, la mitraillette en bandoullière.

trains-shoah.jpg

Très peu de temps après, une locomotive avec à sa file des wagons à bestiaux s'arrête en gare. On ouvre un des wagons et là, Paulette doit faire face à l'horreur. Devant ces yeux, des femmes en larmes, crient et tentent de s'extraire de cet habitacle restreint afin de prendre un peu d'air. Il y a aussi des enfants, mais pas d'hommes. Les autres voyageurs sur le quai font comme si rien n'était, c'est l'indifférence générale avérée ou supposée. Le jeune milicien, lui, tient en joue ces pauvres gens destinés vraisemblablement à la déportation. Alors, voyant Paulette, une de ces femmes lui lance un bout de papier. Est-ce une adresse ou un mot? C'est sûrement un acte désespéré, une bouteille à la mer dans cet océan déchaîné et criminel. Paulette va alors pour s'en saisir, mais le milicien lui intime l'ordre avec son arme de rester à sa place. On referme les portes du wagon, le train part et la jeune Paulette gardera ce souvenir tragique de cette journée ou elle fut incapable de porter assistance et secours. Aujourd'hui, ce n'est qu'à 90 ans qu'elle m'a livré ce lourd secret et tout en respectant son anonymat, j'ai décidé de faire le relais de ce témoignage.

___________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2014

Commentaires

une bien triste histoire Paulette s'est sentie impuissante devant cette tragédie dont elle a tout de suite compris le sens elle n'a rien a se reprocher puis qu'elle ne pouvait rien faire d'autre mais cela la marquée surement a jamais..les larmes perlent a mes yeux rien qu'a la vision de ce fourgon ....merci a Paulette pour son témoignage ...

Écrit par : constance pressoirs | 28/05/2014

Récit très émouvant.
Il y a un petit problème de date?
La milice a été créée en 43 mais armée seulement en 44.
Il s'agit sans doute d'un soldat allemand ou d'un agent de la Gestapo.

Écrit par : Authier | 28/05/2014

Vous avez parfaitement raison, mais j'ai voulu garder ce témoignage intact. Après, nous pouvons considérer qu'elle a confondu le milicien, avec un soldat allemand.

Écrit par : Martial Andrieu | 28/05/2014

Ne jamais savoir ce que contenait ce papier.....toute une vie à se poser cette question ????
Terrible!!!!

Écrit par : LE GOASTELLER Marie-Thérèse | 28/05/2014

Merci pour ce témoignage et cette leçon d'Histoire qui nous rappellent que oui, ça s'est passé en France, et même dans l'Aude. Triste et cruel épisode. L'occupant était certes nazi mais c'est encadré et même organisé par des Forces de l'Ordre françaises que cela a eu lieu. Ainsi le "milicien" aperçu n'est sûrement rien d'autre qu'un gendarme ou un policier français. Les Français auraient-ils la mémoire si courte qu'ils redonnent voix à ces extrêmes, qui ont considéré que ces crimes n'étaient qu'un "détail" de l'Histoire.

Écrit par : Marieh Melendez | 29/05/2014

tres bonne histoire, il serait interessant de connaitre la date exacte pour essayer de savoir qui etaient dans ces wagons. j'ai pris le train des dizaines de fois depuis la gare de Carcassonne, mais savoir que des victims du nazisme se sont aussi trouver sur ces quais doit nous rappeller que la bête immonde du nazisme et de l'extreme droite est toujours prete a rebondir pour opprimer les gens. pour leurs memoires, restons vigilant, plus jamais encore une fois!

Écrit par : jhon saanade | 29/05/2014

Les commentaires sont fermés.