28/08/2014

Sortie de livres

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Le nouveau livre de Jean-Louis Gasc

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La fille du célèbre joueur de l'ASC XIII publie les mémoires de son père

Éditions Édilivre

Format 170x240

206pp

http://www.edilivre.com/edouard-ponsinet-raconte-1951-la-...

 

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22/08/2014

À la mémoire des policiers Carcassonnais "Morts pour la France"

À l'occasion du centenaire de la Grande guerre et du 70e anniversaire de la libération de Carcassonne, nous devons saluer la mémoire de ces hommes, morts dans l'exercice de leurs fonctions. Si un grand nombre d'entre-eux avaient choisi d'obéir aux ordres donnés par le gouvernement de Vichy, d'autres plus courageux s'étaient rangés du côté de l'action clandestine dans la noyautage de leur administration. Plusieurs l'ont hélas payé de leurs vies d'une manière tragique.

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Cette plaque située à l'entrée du commissariat de Carcassonne, nous rappelle à leur souvenir

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Aimé Ramond

(1918-1944)

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Gabriel Creupelandt

(1910-1945)

Matricule 19359 décédé à Vaihingen le 21 février 1945

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© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2014

20/08/2014

Quand le fils de Jean Bringer (Myriel) m'adressa ce courrier...

Hier 19 août, lors des cérémonies officielles de la libération de Carcassonne dont nous fêtons aujourd'hui le 70e anniversaire, un buste de Jean Bringer sculpté par Hélène Cannac a été déposé dans l'escalier d'honneur de la mairie de Carcassonne. Cette oeuvre provient d'un don de la veuve de l'ancien chef départemental des FFI à la ville de Carcassonne, par l'intémédiaire de M. Jean-Louis Bonnet. Ce dernier a également remis aux archives départementales des documents personnels du résistant assassiné à Baudrigues, dont des photographies de son fils Jean-Marie Bringer. Dans ces archives figure également un manuscrit écrit par Thérèse Paillet, l'infirmière du Dr Delteil, à l'attention de son fils, pour plus tard... Personne n'aura connaissance de ce document à part M. Bonnet, puisque ce dernier a fait mettre une protection qui ne le rend consultable qu'en 2044. C'est dire si ce texte doit être embarrassant, quant aux révélations qu'il contient...

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Le buste de Jean Bringer a été dévoilé par le maire Gérard Larrat, en présence de la veuve de Jean-Marie Bringer, fils du résistant audois.

© Christophe Barreau (L'Indépendant)

J'avais été en contact avec Jean-Marie Bringer qui habitait près de Limoges. Le 17 septembre 2008, il m'adressa le courrier ci-dessous, qui manifeste son état d'esprit par rapport au destin de son père. Jean-Marie Bringer est décédé le 5 janvier 2011 à Limoges.

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Monsieur,

je vous remercie tout d'abord pour votre très gentille lettre. cela va sans doute vous décevoir, mais Carcassonne n'est rien pour moi, sinon une ville où j'ai passé une jeunesse colorée de tristesse.

Mon père, avec ses amis ont été assassinés par les nazis, dénoncés par des français cupides. Acte qui s'est toujours produit depuis l'origine de l'humanité, qui continue à se produire aujourd'hui et qui hélas continuera à se produire demain.

Ils ont morts en combattant une idéologie, l'idéologie nazie et non POUR une idéologie ou un quelconque "honneur" de la France.

Je ne vous apprendrais rien en vous disant que l'intolérance nazie a été en grande partie dégonflée, mais que d'autres, aujourd'hui, reprennent du souffle, en particulier les idéologies religieuses qui ne demandent, une fois de plus, qu'à emprisonner et détruire l'Homme, supprimer les valeurs de la République... La gueuse!

L'histoire bégaye.

Demain reste à faire et je ne tiens pas à régurgiter un passé que j'ai mis tant de temps à assimiler.

Je souhaite plutôt qu'aujourd'hui, trop près de nous, les religions et non la laïcité deviennent positives (voir Catherine Kintzler, Marianne2)... et à votre livre ainsi qu'à vous-même un heureux avenir

Très cordialement

Jean-Marie Bringer

(1943-2011)

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19/08/2014

Dans la presse locale...

Les journaux Midi-Libre et l'Indépendant ont ce matin, consacrés une page entière à la sortie en libraririe des mémoires de Ladislas Levavasseur, chirurgien-major de Napoléon 1er. Je remercie vivement le journaliste Laurent Costes pour son excellent article, issu d'une lecture approfondie de l'ouvrage.

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Cet ouvrage ayant été publié à compte d'auteur, on ne peut le trouver que dans les librairies suivantes:

Breithaupt-Cariven

37, rue Courtejaire

11000 Carcassonne

04 68 47 12 24

http://www.librairie-carcassonne.fr/

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Maison de la presse

76, rue Clémenceau

11000 Carcassonne

04 68 25 28 54

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Chez l'auteur

andrieu-martial@wanandoo.fr

17€ (frais d'envoi 3,50€)

12/08/2014

Où est donc passé le cadavre de la tombe 17?

Ce n'est pas une histoire à dormir debout, mais une histoire pour laquelle il vaut mieux rester couché... C'est d'ailleurs, ce que certains des protagonistes de cette affaire ont été forcé à faire. Ceci sans concessions mais à perpétuité, dans le silence des mauvais secrets de la résistance audoise.

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Noël Blanc, alias Charpentier

Tout commence par la découverte d'un cadavre à moitié carbonisé dans le fossé de la route allant de Palaja au Mas-des-cours, près d'un pont.

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 Nous sommes le 6 septembre 1944, soit quinze jours après la libération de Carcassonne. Qui est donc cet individu? Il s'agirait d'un chef de la résistance, envoyé par Londres à Carcassonne le 28 mai 1944 comme responsable des parachutages. Son nom? Noël Blanc dit Capitaine Charpentier. Le corps est alors amené à la morgue de Carcassonne, le soir même. Certains de ses proches compagnons le reconnaissent à ses oreilles en feuille de choux, résultant de ses activités d'ancien rugbyman. D'autres, comme le chirurgien de la clinique du Bastion refuseront de le reconnaître. Pourtant, c'est bien dans cet établissement que la veille, fut occis par balle le pauvre Charpentier.

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La clinique du Bastion (rue Voltaire) cache à cette époque l'activité clandestine de la résistance et soigne les blessés du maquis. Hélas, depuis l'exécution à Baudrigues le 29 juillet 1944 du chef de la résistance audoise Jean Bringer (Myriel) et d'Aimé Ramond, il semblerait que les miraculés ayant échappés au convoi vers la mort ne soient pas prêts à parler. Ont-ils des choses peu avouables à cacher? L'histoire les rattrapera en 1952, avec la mort inexpliquée par suicide de l'un de leurs complices dans la chambre 47 de cette même clinique. Encore, un mort qui ne pourra plus parler... Pour ce qui est du meurtre de Charpentier, ils sont à-priori tranquilles car protégés par la loi d'aministie. Enfin, pas tout à fait... En effet, sont amnistiés les résistants ayant tué par nécéssité dans le cadre des activités clandestines. Est-ce une exécution pour traitrise ou un assassinat pour convenances personnelles?

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Noël Blanc (Charpentier) sera inhumé le 7 septembre 1944 au cimetière Saint-Michel de Carcassonne

Tombe 17 Carré 21

Le régistre du cimetière porte la mention suivante à cette date

Cadavre calciné inconnu/ 7 sept 44/ Autorisation du juge d'instruction

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Peu de temps après, le corps de Charpentier a été mis dans la crypte des martyrs de Baudrigues. Une espèce de réhabilitation en quelque sorte pour celui que le groupe de résistants de la clinique désignait comme traître, ayant donné Jean Bringer à la Gestapo. La preuve sera faite au procès des résistants de la clinique du Bastion en 1952 que ces allégations sont totalement fausses. Charpentier est hors de cause dans l'arrestation de Bringer. En octobre 1948, la veuve, habitant désormais Neufchâteau dans les Vosges et remariée avec un dénommé Ancely, demande le transfert des restes de son mari dans le cimetière de cette ville.

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Le procès en 1953 afin de faire la lumière sur "le suicide" d'un des acteurs en la clinique du Bastion, réouvrira le dossier Charpentier et son enquête. Le juge demandera l'exhumation du corps de la victime dans le but de vérifier les impacts de balles. Ceux-ci devant réveler si la thèse des accusés, est compatible avec leurs versions des faits. La police scientifique de Mirecourt (Vosges) chargée des conclusions ballistiques n'aura pas à effectuer son travail. Et pour cause... À l'intérieur du cercueil, ne se trouvait pas la dépouille de Charpentier, mais celle d'un homme plus petit et d'une femme ou d'un enfant. L'ensemble des ossements étaient entremêlés entre-eux. Il y a eu donc substitution et disparition de cadavre. Reste à savoir où, à quel moment, dans quel but et ce qu'il est advenu de celui de Charpentier.

Je me suis rendu au service des cimetières de Carcassonne afin de vérifier. La tombe 17 Carré 21 de Saint-Michel renferme les dépouilles de madame Gayraud et d'Yves Marty, inhumés en 1953. Bien sûr, Charpentier ne s'y trouvait officiellement plus, depuis son transfert à la crypte des martyrs de Baudrigues. Toutefois, les deux nouveaux inhumés sur cet emplacement l'ont été, l'année du procès des accusés de la clinique du Bastion. Étrange coïncidence...

 Qui a tué Charpentier ?

À postériori, l'infirmière de la clinique s'est accusée du meurtre lors du procès en 1953. Elle reviendra par trois fois sur ses déclarations, pour finalement avouer que c'est le "suicidé" qui a fait ce travail. Ce médecin Carcassonnais proche du directeur de la clinique, alors habitant d'Antibes depuis la libération, viendra mourrir de son plein gré dans cet établissement, dans la nuit suivant son arrivée par le train en provenance de la Côte d'Azur. Avait-il fait le voyage jusqu'à Carcassonne pour avouer sa faute et livrer ses complices ; en conséquence de quoi, on l'a purement et simplement suicidé pour qu'il garde le silence? Il aurait très bien pu se suicider à Antibes...

Quel mobile ?

Les accusés diront que Charpentier était un traître et qu'il fallait l'éliminer. Une partie des résistants en témoigne, l'autre partie au contraire s'en défend. Comme le directeur de la clinique (accusé au procès) est condamné pour subordination de témoins, difficile de croire la version de la défense. Si la victime avait été un traître, pourquoi donc avoir attendu le 6 septembre pour l'exécuter? Il suffisait de la faire traduire devant les tribunaux mis en place à la libération de Carcassonne. Pourquoi avoir calciné son corps sur une route si retirée, après Palaja? Pourquoi avoir coupé ses oreilles en feuille de choux au moment de la mise en bière? Pourquoi avoir substitué son cadavre dans le cercueil?

Charpentier aurait été envoyé par Londres, pour enquêter sur la disparition d'une grosse somme d'argent parachutée pour les maquis de la région. Aurait-il découvert les auteurs du vol ? Qui ne pouvait être mieux renseigné sur le lieux du parachutage, que certains intéressés eux-mêmes? Ceci donnerait un mobile à son assassinat, à toutes les manoeuvres pour faire disparaître son identification et finalement, son corps. Les spéculations sur l'enrichissement soudain de certains Carcassonnais après la guerre, acquéreurs de belles demeures dans le coin, sont allées bon train. Vérités ou Jalousies?

Où est passé le corps ?

À cette question d'importance, qui pourrait répondre aujourd'hui? Charpentier tué dans la clinique, son corps a t-il été incendié au bord de la route ou ailleurs? L'essence était à cette période une ressource rare, réservée aux militaires. Est-il crédible d'en posséder dans une clinique, quand les particuliers roulent au gazogène? Brûler un corps en bord de route en plein été aurait provoqué un incendie, avec le risque que les fumées ne donnent l'alerte. Mais alors, a t-on brûlé le corps sur le lieu du crime ? C'est possible ; une chaudière peut très bien le faire, mais il serait idiot d'aller ensuite déposer le corps au bord d'un chemin. À moins... que l'on ait fait croire qu'il s'agissait de celui de Charpentier à Palaja, pendant que le vrai était incinéré dans la chaudière de la clinique.

Dans cette histoire, il a fallu des complicités et sûrement en haut lieu. On ne substitue pas un cadavre au moment de poser les scellés sur le cercueil, à moins... On ne substitue pas un cadavre à la morgue, à moins... On ne fait pas disparaître des rapports de police, à moins... À moins... À moins...

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Autre hypothèse: celle de la femme du directeur de la clinique. Charpentier n'a jamais été tué ; c'est ce qu'il a voulu laisser croire en s'enfuyant vers l'Argentine avec le magot des parachutages. Elle le raconte dans ce roman publié en 1959 sous un pseudonyme, dont le but est de défendre la mémoire de son mari, injustement incriminé selon elle.

L'oeil était dans la tombe et regardait Caïn

(Victor Hugo)

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11/08/2014

Le Grand Hôtel Terminus a cent ans depuis le 24 juin 2014

Il n'y aura pas de pétards, de feux de Bengale ou de banquet pour fêter le centenaire de l'illustre hôtel qui fit jadis, la belle réputation de l'accueil touristique de notre ville. Qu'importe! Nous ne sommes pas en 1914 et les temps ne sont plus hélas à la nostalgie, mais à une économie qui se contrefiche de l'histoire locale... En 1857, le chemin de fer arrive à Carcassonne. Hôtels et restaurants se développent alors autour de la gare pour donner le meilleur accueil aux voyageurs séjournant dans Carcassonne.

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Le Grand hôtel Saint-Jean Baptiste situé en face du Jardin des plantes, actuel square Chénier, est le plus important de toute de la ville. Au début du XXe siècle, son état le qualifie de "refuge minable". Il est décidé en 1912 de le raser avec les maisons environnantes. Parmi elles, deux commerces:

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Le salon de coiffure Cassagneau

© Claude Marquié

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Les chaussures Fidel Perxachs, en face de la Rotonde

© Jacques Blanco

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Le banquier Paul Motte associé à MM. Béteille et Beauquier décident de construire en lieu et place, un hôtel de grand standing bénéficiant de tout le confort moderne.

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Les dessins et les plans du nouvel hôtel sont confiés à l'architecte Florentin Belin.

© Martial Andrieu

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Plan des caves et fondations

© Martial Andrieu

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Florentin Belin, né en 1874 à Nîmes

© Pierre Canavy (C. Marquié)

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350 ouvriers de tous les corps de métiers, participent pendant une année à l'édification du bâtiment. Le jeudi 23 mars 1914, un grand banquet est organisé pour fêter l'achèvement des travaux de gros oeuvre, au milieu des entrepreneurs et des ouvriers. Sur les nappes, des oranges et des barils de vin.

"Lorsque la blanquette eut moussé dans les verres, M. Motte, président de la Société du Terminus-Cité, porta la santé de ses convives qu'il félicita pour leur énergie, de leur dévouement et de leur esprit de discipline. L'un des contre-maîtres, au nom du personnel ouvrier, remercia les dirigeants de la socité du bel exemple de fraternité et de solidarité qu'ils venaient de donner. Après que le président du conseil d'administration de la socité eût éloquemment distribué l'éloge que nul ne méritait mieux que l'architecte distingué du Terminus, M. Belin, M. Laguille, rédacteur au Petit Méridional, délégué par le syndicat de la presse, en termes choisis, loua la société de la belle initiative, aujourd'hui couronnée du succès, qu'elle audacieusement prise à Carcassonne, pour le plus grand profit des intérêts collectifs."

© L'intérêt général (Organe du Syndicat d'initiative/ Mai 1914)

Après les applaudissements, on tira du haut du bâtiment des feux de Bengale dans l'allégresse générale.

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Le Grand Hôtel Terminus est livré en juin 1914 et les Carcassonnais sont impressionnés par les dimension du bâtiment: 2500 m2 sur quatre niveaux. L'ensemble des chambres bénéficient de l'électricité, du chauffage central au charbon et de l'eau chaude. Sur le toit, un réservoir d'eau de 10 000 m3 qui sera détruit dans les années 1930. Les clients profitent également d'un garage automobile, d'un salon de coiffure, d'un grand café, d'une salle de spectacle de 800 places (actuel cinéma Le Colisée) et d'un jardin d'hiver. La gestion est confiée à MM. Jagmet et Pons.

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L'étiquette des bagages de l'hôtel Terminus

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Le grand hall

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La salle du grand café

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Le salon de lecture

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Le petit salon

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La salle de bain d'une chambre

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Le Grand Hôtel Terminus dans les années 1920-1930 tenu par MM. Ginet et Sauvage

© Martial Andrieu

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