01/09/2014

Regrets...

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Les Carcassonnais épris d'art et d'histoire regretteront sûrement que la ville de Carcassonne qui possède une bastide médiévale fondée par Saint-Louis, n'ait pas organisé une manifestation culturelle pour le huit centième anniversaire de sa naissance en 1214. Par ailleurs, cette bastide possède en l'église St-Vincent la plus ancienne et unique représentation du roi Louis IX en France. À ceux qui pourraient vouloir se cacher derrière l'argument de la laïcité, arrêtons donc de fêter Saint-Vincent (patron des vignrons) et Saint-Michel (patron des parachutistes).

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On aime ou pas l'art contemporain, l'art naïf, l'art tout court... Cette semaine les quelques incultes Carcassonnais ont dû être ravis ; après avoir brocradé en son temps les oeuvres éphémères de Marc Walter, dont l'embrassade sous le Pont vieux, les services culturels de la ville leur ont donné, sans le vouloir, une raison pour cracher leur venin sur la collection Cérès Franco. Un article du journal "Le Monde" en date de jeudi dernier titrait à l'intérieur de ses pages culturelles

"Carcassonne tire un trait sur une donation"

La municipalité actuelle vient de refuser la donation de Mme Cérès Franco pour laquelle l'ancienne majorité avait fait réaliser une salle permanente dans le Musée des beaux-arts. Ces travaux de transformation de l'ancienne bibliothèque municipale ont coûté 230 000 euros. Aujourd'hui, la ville refuse la donation car elle estime n'avoir pas les moyens financiers pour accueuillir 1500 oeuvres, dont le coût de stockage reviendrait à 700 000 euros. Soit! Donc, on renvoie l'exposition entière et on prie Mme Franco de bien vouloir nous en débarrasser. En lieu et place, on étudie ce qu'on pourrait y faire sans réel projet pour la remplacer dans l'immédiat. On parle d'y mettre des collections non permanentes, prêtées par des grands musées nationaux. La grande exposition Monnet du Grand Palais, par exemple? Ce serait déjà bien, si Madame la conservatrice pouvait sortir de ses réserves tous les petits trésors dont elle ne connaît même pas l'origine et pour lesquels elle n'a que dédain: Médailler de monnaies romaines issu de fouilles (Société des Arts et Sciences), plaques de verres sur la cité en ruine du Chanoine Verguet, objets de Papouasie du chanoine Verguet...

C'est vrai qu'appeler le Musée des beaux-arts de Carcassonne du nom de Jacques Gamelin, ce serait moins chic que Picasso. Mais, Gamelin est né dans notre ville et pas l'artiste espagnol... Ah! Si seulement Carcassonne pouvait s'intéresser à son passé.

Il n'est pas question pour moi de critiquer les choix sur le dossier Cérès Franco, dont je n'ai pas eu la chance de voir l'exposition et pour laquelle je n'ai pas compétence pour juger de sa valeur. Néanmoins, il serait temps que Carcassonne fasse les titres de la presse culturelle nationale en d'autres termes qu'elle ne fait depuis trop longtemps. Rappelons par ailleurs, le désherbage de la bibliothèque municipale en 2010 et la médiathèque qui ne s'est jamais construite sous M. Tarlier, pour montrer ma bonne foi d'impartialité dans les erreurs des politiques. Alors, pour quelle raison tout ceci est catastrophique? Que les Carcassonnais, prennent un miroir et qu'ils se positionnent devant au-delà de 300 km. Ils verront alors, ce que cela produit en terme d'image sur notre ville. Quel artiste ou mécène voudra demain s'intéresser à Carcassonne, quand on aura sans ménagement refusé ce que l'on nous donne? Le cadeau était empoisonné car accompagné de contraintes? Bien, mais alors la communication qui a entouré cette affaire a été calamiteuse!

Sachez tout de même qu'il y a eu des précédents dans cette ville... Pour exemple, le directeur du festival de Carcassonne Georges-François Hirsch en 1989. C'est Jacques Albarel, adjoint à la culture de Raymond Chésa, qui était allé le chercher à Paris pour construire un beau festival à la renommée internationale. Monsieur Hirsch avait été le directeur du Théâtre des Champs-Élysées et de l'Opéra de Paris. Son tort? D'abord vouloir construire à Carcassonne un festival d'Art lyrique comme à Aix-en-Provence ; Ensuite, d'être de gauche et l'ami personnel de François Mitterrand. Au moins, aurions-nous pu espérer en retirer des subventions. Que nenni, au bout d'un an M. Hirsch a été remercié car son festival était trop élitiste et n'attirait pas assez de sepctateurs. Il faut du temps pour créer un vrai festival à l'identité forte et reconnue, on ne lui a pas donné. Nous avons un petit esprit et ceux qui en ont un plus grand, s'en vont ailleurs. On appelle cela la fuite des cerveaux! Ce n'est pas le vide qui est à craindre, mais le creux...

Élevons nos esprits vers la lumière!

Ce doit être le devoir des élus, car la paupérisation de la culture auprès des citoyens est à craindre. Au lieu de cela, on nous programme de la corrida et de la beuverie. Dormez braves gens, on s'occupe de vider vos consciences pour mieux vous manipuler.

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© L'Indépendant

Hier soir, je revenais de mon concert à 350 km de Carcassonne et j'écoutais France Info. Tiens, ils parlent de la corrida de Carcassonne. On entend les 250 manifestants anti-corridas qui s'insultent avec les aficionados ; plusieurs compagnies de CRS son là pour empêcher l'affrontement.

Quand on programme des manifestations qui exitent la cruauté et la bestialité humaine, qu'on ne vienne pas ensuite faire du politiquement correct en terme d'insécurité.

J'ai honte pour l'image de cette ville que j'aime trop...

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Commentaires

Je partage en tout point ce qui est développé dans cet article.
Moi néo-Carcassonnais, j'ai honte pour ma ville d'adoption

Écrit par : Patonze | 01/09/2014

les choses ne pouvaient etre mieux dites Carcassonne refuse la vraie culture au profit d'autres qui ne la revaliseront jamais......

Écrit par : constance pressoirs | 01/09/2014

Tout serait mieux sans corrida et sans Louis IX...la corrida, fausse tradition à été portée par le franquisme et par le catholicisme tout comme finalement le dit "saint Louis..."
La catalogne à bien compris cela...et c est tant mieux..

Écrit par : JLG | 02/09/2014

Martial, vous venez de réveiller en moi des souvenirs ou il a fallu donner donner au Festival de la Cité, une forte identité avec un écho régional, national et international par la suite.
En utilisant l'ancien lieu et le nouveau revu et corrigé sous la direction de Jean Deschamps et le scénographe Percé.
Souvenir ou tout était préparé, ou les troupes étaient accueillies, un mois avant les spectacles - afin que les comédiens puissent répéter tous les jours au Théâtre Municipal, ou sur scène à la Cité (atelier de couture installé dans l'école de la Cité, avec trois couturières ou plus sous la direction de Nicole Bize)
Les décors se fabriquaient aussi sur place. Des fournisseurs locaux étaient sollicités.
La famille du spectacle envahissait (sans gêner personne)
les rues de la Cité et participait à sa vie journalière....du matin au soir.....tard...dans la nuit....
Cette famille de 30 à 40 personnes qui se renouvelait selon les spectacles, dépensait les défraiements( indemnité journalière) sur place ou dans la ville, un plus pour l'économie...
Les spectacles dramatiques ou lyriques, étaient suivis par un nombreux public ( de la ville, de la région ou d'ailleurs..) et il était fréquent de refuser des entrées, ou
selon la programmation de rejouer.
Il y aurait tant de choses à dire sur TOUS CES SPECTACLES, qui ont fait le renom du Festival, bien imagines, biens mis en scène, bien réalisés, biens organisés. Pas d'incidents, mais beaucoup d'applaudissements...et d'excellents souvenirs...
Pierre-Baptiste

Écrit par : Pierre-Baptiste | 03/09/2014

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