08/10/2014

La cave coopérative de la rue Michelet rasée pour des logements sociaux

Quatre années de procédures et de protestations des riverains du quartier, n'auront rien fait pour faire avorter la destruction de la plus ancienne cave coopérative de Carcassonne. En 2012, les bulldozers avaient accompli leur basse besogne et effacé près de 70 ans d'histoire de la viticulture locale. Le terrain se retrouvait enfin vierge et Habitat audois pouvait enfin y construire ses logements à caractère social. Le projet immobilier juteux de 2,5 millions d'euros a été financé par nos impôts à hauteur de: 230 355€ (Carcassonne Agglo), 227 769€ (ANRU), 52 500€ (Conseil régional), 30 000€ (Conseil général). Il ne vous aura pas échappé que dans cette ville, le prétexte du social est érigé en étendard vertueux lorsqu'il s'agit de raser le patrimoine et l'histoire. C'est dire si les amis du BTP ont de l'avenir... Les exemples sont désormais multiples: Maison de la Gestapo, Couvent des capucins, Mausolée romain de Montredon, Coopérative viticole...

Là où le logement social passe, le patrimoine trépasse !

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La cave est construite en 1933, probablement par J.-P. Reverdy : la forme des linteaux débordants des baies de l'avant-corps ressemble aux réalisations de cet architecte. La cave primitive comporte un avant-corps et un vaisseau transversal court.

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Le bâtiment bien que désaffecté depuis une vingtaine d'année aurait pu être transformé en centre culturel, foyer de quartier...etc. Non, l'imagination débordante a été de l'écraser pour des logements sociaux. Certes nécéssaires, mais il y a tellement de terrains nus ailleurs...

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Cave à un seul vaisseau transversal avec un avant-corps centré sur le mur gouttereau. L'avant-corps, couvert d'un toit à croupes, comporte un étage carré abritant le logement. La façade est surmontée d'un fronton simple, aux extrémités arrondies, portant l'inscription de la cave. Le vaisseau transversal est divisé en deux par un hall de travail traversant, perpendiculaire à la façade ; les allées sont parallèles. Les cuves sont disposées de part et d'autre, sur un niveau unique. Les agrandissements se sont faits par allongement du vaisseau, à gauche et à l'identique, tandis que l'amorce du second vaisseau est abritée par un toit en appentis, à gauche, et à longs pans à droite.

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Divers agrandissements non documentés (et donc non datés) se perçoivent dans l'architecture : coups de sabre dans l'enduit, de part et d'autre de l'avant-corps, le seul plan connu montre également la présence de batteries de cuves installées dans le prolongement du vaisseau à gauche tandis qu'une série de cuves, implantée contre le mur-gouttereau de façade, dans le prolongement de l'avant-corps, amorce un second vaisseau.

A droite, une batterie de cuves est construite dans le prolongement de celle appuyée contre le gouttereau de la façade tandis qu'une série de trois cuves rondes occupe l'espace en face.

En 1977, Jean Villeneuve prolonge le second vaisseau, à droite de l'avant-corps.

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Plan de masse dressé par l'ingénieur Villeneuve en novembre 1977 pour l'agrandissement des bâtiments.

Archives de l'Aude: 1104W29

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Le panneau du futur chantier

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En juillet 2012, la cave n'est plus qu'un souvenir et en septembre, les fondations des futurs logements sont coulées.

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Les logements aujourd'hui. Plus moderne, mais tellement ordinaires

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Au même endroit en 2010.

Source historique:

J-M Sauget (2008)

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© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2014

 

Commentaires

j'aime bien : là ou habitat audois passe le patrimoine trépasse ils ne font pas de quartiers ils s'en moquent royalement là ou d'autres villes préservent,restaurent,embellissent le patrimoine eux démolissent comme s'ils voulaient anéantir le passé,rien ne restera comme souvenirs aux jeunes générations et bientôt plus de "vieux" pour s'en souvenir .....

Écrit par : constance pressoirs | 26/09/2014

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Mon terrain de jeux, enfant. Bien évidemment, en dehors de la période des vendanges où, à ce moment-là, il devenait un lieu de spectacle. On regardait les tracteurs déverser leur vendange mais on ne pouvait pas s'approcher trop près si on voulait éviter la foudre des adultes qui, eux, avaient conscience du danger que l'on encourait trop près du réceptacle des raisins.

De supers souvenirs et aujourd'hui, lorsque j'y reviens, je suis un peu désorientée par la configuration des lieux.
Pas loin, sur la route de Toulouse, il manque la brûlerie, à la place, une pharmacie.
Le cinéma a disparu derrière l'église.
La clinique Cathala disparaît derrière cette énorme verrue.
La station essence Pauly, disparue.
Et maintenant, quel panorama va remplacer la maison de la gestapo.

Écrit par : Brigitte | 26/09/2014

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Ecole Fabre Deglantine , catéchisme et patronage au Sacre Cœur avec l'abbé Belloc, je passais 4 fois par jours devant dans les années 60 !

Écrit par : Daniel | 26/09/2014

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Merci a toi Martial de nous tenir au courant de toutes ces operations financieres, c'est sûr ces promoteurs se fichent completement du passé, a cet emplacement on aurait pu faire un jardin, ou une salle d'exposition, pres de l'Eglise du Sacre coeur, tout est detruit a Carcassonne, table rase du passé!

Écrit par : ourliac | 30/09/2014

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