31/10/2014

Raymond Chésa (1937-2005)

L'année prochaine 10 ans se seront écoulés depuis le 11 janvier 2005, où disparaissait celui qui fit le plus long mandat de maire de Carcassonne depuis le Dr Tomey. Pendant près de 22 ans Raymond Chésa ce stratège politique, tant redouté mais aussi respecté par ses adversaires, présida à la destinée des carcassonnaises et des carcassonnais. A travers une maxime, il avait tracé sa ligne politique: "Le plus dur, c'est de durer" disait-il. Il aura défié l'usure du pouvoir avec une idée toute simple, celle d'occuper le terrain en allant toujours à la rencontre des habitants.

2916956242.jpg

Raymond Chésa était né le 10 février 1937 à Carcassonne dans une famille d'immigrés espagnols. Afin de parodier la chanson d'André Dassary, nous pourrions chanter "Ramuntcho c'était le roi de la Trivalle". C'est de ce quartier populaire et cosmopolite de la ville où se côtoyaient gitans, espagnols et français qu'il s'est sûrement inspiré pour gérer plus tard sa ville. L'envie politique n'est pas venue de suite. Après ses études primaires puis secondaires, une licence et un CAPES de physique-chimie, il devint professeur au lycée agricole Charlemagne à partir de 1965. Isabelle, sa fille, naîtra le le 7 avril de cette année là.

3934077570.jpg

Après un passage au PSU (parti socialiste unifié), Raymond Chésa se range très vite derrière le général de Gaulle. Il milite à l'UNR-UDT, mais ce n'est qu'en 1971 qu'il est candidat sur la liste Grossetête contre Antoine Gayraud. En 1976, il est battu de très peu aux élections cantonales contre le député-maire socialiste de Carcassonne. L'année suivante, la liste "Carcassonne demain" qu'il conduit pour les municipales est battue (46% contre 54%) face au maire sortant. Son unique tentative à la députation est un échec en 1978, contre Joseph Vidal (PS). Finalement, c'est le 21 mars 1982 qu'il remporte son premier scrutin en devenant le Conseiller général du canton centre contre le sortant Pierre Moffre (PCF). Un succès que le président du RPR audois, amplifie avec le basculement de Carcassonne de la gauche vers la droite en mars 1983. Contre toute attente, la liste PS-PC-MRG perd la préfecture de l'Aude à cause de ses divisions. Raymond Chésa est désormais incontournable.

2428309986.jpg

Les années suivantes, Raymond Chésa devient Conseiller régional (1986) sous la présidence de Jacques Blanc. Sous sa direction, le RPR local enregistre plusieurs victoires aux cantonales. Si bien qu'en 1992, la droite compte un nombre de conseillers généraux (une dizaine) jamais atteint auparavant dans l'assemblée départementale. A Carcassonne, seul le canton ouest restera à gauche. En mars 1989, il est réélu comme maire au premier tour. Ceci, malgré un lac qui ne se remplit pas et l'affaire Orta qui plongea les finances de la ville dans le rouge. En 1993, c'est toute la droite locale qui est bénéfiaire de l'effet Chésa : La vague bleue déferle sur la France et Gérard Larrat est élu député de la 1ère circonscription de l'Aude. Quant au maire, on pense à lui à Paris pour occuper le secrétarait d'état à l'agriculture et à la pèche. Finalement, il sera élu comme Député européen jusqu'en 1999 avec sa fille, comme attachée parlementaire. La liste "Carcassonne avance" est réélue en 1995 pour un troisième mandat, malgré une liste DVD de Jacques Albarel portée par d'anciens colistiers devenus opposants.

Chirac 1988 Dôme.jpg

LE COUP DE POKER DE CHÉSA

En 1992, rien ne va plus dans la majorité municipale ! Les frondeurs amenés par Nicole Bertrou, Didier Jocteur-Monroziers, Charles Domas, Michel Sampietro, Jacques Albarel... dénoncent la dictature du maire et entendent bien le renverser au sein du Conseil municipal. Le mesures de retortions ne vont pas tarder. Chésa commence par enlever leurs délégations aux adjoints frondeurs avant de provoquer une nouvelle élection du maire au sein du conseil. Après avoir consulté et compté ses soutiens, il démissionne de son poste de maire et redevient pour quelques heures, simple conseiller municipal. Lors du conseil municipal du 12 mai 1992 particulièrement houleux, une nouvelle élection a lieu au cours de laquelle se présentent au poste de : Nicole Bertrou (UDF), Raymond Chésa (RPR) et Simon Peyras (PC). Chésa va t-il réunir sur son nom le nombre suffisant de suffrages ? Le suspense est à son comble. Le premier tour donne 24 voix à Chésa, 15 à Bertrou, 3 à Peyras et 1 blanc. Finalement, Chésa l'emporte ensuite au second tour ce qui lui permet de placer désormais les 7 frondeurs dans l'opposition municipale. Trois démissionneront : MM. Sampietro, Monrozier et Albael. Ces mêmes frondeurs présents sur une liste de droite menée Jacques Albarel, n'empèchera pas Chésa de se faire réélire pour un troisième mandat consécutif en mars 1995.

LA CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE DE 1995

Au moment de la cohabitation de 1993 qui porte Édouard Balladur, l'ami de 30 ans de Jacques Chirac, comme premier ministre, une large partie de la droite gaulliste amenée par Charles Pasqua et les centristes, choisit de soutenir le chef du gouvernement comme candidat à la présidentielle de 1995. Le fondateur du RPR après deux échecs (1981 et 1988) n'a plus la côte auprès d'une partie de ses "amis". Chacun s'accorde à penser que Balladur est le plus capable pour remporter l'élection. À cette époque, Chirac ne dépasse les 15% d'intentions de vote, mais entend se présenter quand même. Raymond Chésa, fidèle à sa sensibilité gaulliste et à son amitié, ne se laissera pas bercer par les appels de Pasqua à soutenir Balladur. D'emblée, il décide de faire campagne pour un Chirac au fond du trou. Soulignons tout de même que Chésa n'aimait guère les centristes qu'il jugeait incapables de se déterminer sur leurs positions ; toujours prêts à planter une épine dans le pied du RPR. Ce coup de Trafalgar de Balladur poussé par Sarkozy et Bayrou, le maire de Carcassonne l'avait senti en fin politique comme la revanche sur la défaite de Giscard, provoquée par Chirac lui-même en 1981. Le RPR audois fera campagne donc pour Chirac avec la suite que nous connaissons tous.

LA DISSOLUTION DE 1997

La gauche pense très fort en 2001 que son tour en venu, car le contexte politique national est propice. En effet, le gouvernement de Lionel Jospin se porte plutôt bien dans les sondages et Chirac, est isolé. Carcassonne restera à droite, contre toute attente et l'on sentira la frustration chez ses opposants. Cette élection ne sera que le reflet de la future défaite du PS le 21 avril 2002 aux élections présidentielles. Raymond Chésa est atteint par la maladie au cours de son quatrième mandat et tout en restant maire, il passe ses pouvoirs de signature à son premier adjoint Gérard Larrat. Emporté par le mal, il décède le 11 janvier 2005. La foule est immense à ses obsèques célébrées à la cathédrale St-Michel, puis Ramon de la Trivalla est inhumé au cimetière de la cité.

___________________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2014

30/10/2014

L'orchestre Régis Penn

Orchestre de bal, la formation de Régis Pennavayre se produisait au cours des fêtes de villages dans les années 60-70. Son lieu de répétition se trouvait à Brézilhac, situé près de Limoux dans le canton d'Alaigne.

Orchestre .jpg

Yves Daniel (Bassiste), Gilles Galbé (Chant), Robert Defendini (Orgue), Alain Chaussonet (Trompette), Serge Jordy (Saxophone), Régis Pennavayre (Batterie)

Kopin-s-BANDAS.jpg

Aujourd'hui, Régis Pennavayre dirige la banda "Les Kopin's"

http://leskopins.over-blog.com/

____________________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2014

 

28/10/2014

La station service Bosch

Il était une fois une petite station service tenue par Marthe et Raymond Bosch vers 1947. Elle était située sur l'avenue Arthur Mullot, juste avant le pont neuf et à gauche en allant vers Narbonne.

753470720.jpg

Marthe, Constance et Raymond Bosch devant leur station service

305494117.jpg

Les pompes distribuaient de l'essence de la CIP (Compagnie Internationale de pétrole)

1212951189.jpg

Voici un ancien bidon d'essence de la CIP datant de 1935. A cette époque on vendait l'essence dans des jéricanes. Le logo de la CIP était formé par des ancres de marine.

2902836740.jpg

Une vue de la station service prise depuis l'avenue avec l'enseigne

Motricine

2328391551.jpg

Affiche

794120661.jpg

Un triste jour où Marthe Bosch descendait à bicyclette l'avenue du général Leclerc, elle fut percutuée par l'arrière par un camion de transport Batut. La petite Constance perdait ainsi sa pauvre maman dans des circonstances bien injustes. La famille fut expulsée de la station service et retrouva même ses meubles sur le trottoir. Fort heureusement, il y eut de la solidarité et on leur trouva un logement. Ainsi s'acheva la petite station Bosch de l'avenue Arthur Mullot.

374755142.jpg

Le photographe Fichot est installé dans les anciens locaux de la station service aujourd'hui.

_______________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2014

27/10/2014

Sortie de Livre

livre jazz.jpg

Je vous recommande cet ouvrage sur l'histoire du jazz à Toulouse, à paraître aux éditions Atlantico.

Certains Carcassonnais comme Jean Osmont figurent dans ce livre

De briques et de jazz

Charles Shaetel

Éditions Atlantico

25€

_______________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2014

09:11 Publié dans Livres | Tags : jazz | Lien permanent | Commentaires (1)

25/10/2014

Marc Freund-Valade, autopsie d'un Préfet de l'Aude sous Vichy

Marc Paul Freund, dit Freund-Valade

est né à Strasbourg (Alsace) dans une famille protestante. Son père est le pasteur de cette communauté. Il occupe d'abord les fonctions d'Intendant de police en zone non-occupée à partir de mai 1941. Nommés par le Secrétaire d'état à l'Intérieur, le rôle de ces agents issus du corps préfectoral est de mettre en place sur le terrain l'étatisation de la police, ainsi décidée par Darlan puis par René Bousquet en avril 1942. L'ensemble des commissariats sont soumis à des inspections minutieuses des registres, fichiers de l'ensemble des personnels. Des recrutrements et des cours sont dispensés afin de mettre en place les nouvelles méthodes définies par Vichy. Les GMR obéissent à ces règles de répression. La mission doit également assurer la surveillance des Francs-maçons et des militants politiques. C'est dans ce cadre que le futur Préfet de l'Aude va agir avec zèle et détermination. À partir du 11 septembre 1943, il quitte l'Aude et devient Préfet de la région Limousin.

marc-freund-valade.jpg

14 juillet 1942

3000 personnes se rendent près de la statue de Barbès, sur le boulevard du même nom, afin d'affirmer leur attachement aux valeurs de la République. Parmi elles, on trouve le Dr Henri Gout, maire de Carcassonne ayant refusé de voter les pleins pouvoirs à Pétain. Il a été destitué par ce dernier depuis 1941 et remplacé par Jules Jourdanne, favorable au régime de Vichy. Malgré les applaudissements de quelques passants courageux, le S.O.L (Service d'Ordre légionnaire) veille et surveille en bons futurs miliciens ; une liste des participants sera délivrée sur le bureau de la préfecture. La devise du tribun Barbès "Vivre libre ou mourir" sera même inscrite sur le Palais de justice.

À l'issue de cette manifestation, un peu plus de cent personnes vont être assignées à résidence ou internées sur décision de la préfecture. Notons que le 20 septembre 1942 de jeunes communistes audois commémoreront la bataille de Valmy, qui vit les armées Républicaines vaincre celles de la Prusse venues au secours de Louis XVI. Ils seront internés puis pour certains, fusillés sur l'ordre de Darnan. Parmi eux, Gabriel Pelouse dont une rue de Carcassonne porte le nom.

La liste des internés ou déportés par Freund-Valade

(Communistes, Étrangers, Juifs, Résistants)

entre 1942 et 1943

Alra Santiago, Amiel Jules, Arnal Antonio, Arnal Raphael, Arthapignet Jean-Baptiste, Avrial Justin, Barthomeuf Paul, Bats René, Baylet Clémence, Beltran Joseph, Belmaaziz Abdallah, Berthomieu Lucienne, Beltran Alban, Baltra Ramon, Biart Jean, Bonnemaison Léon, Bouissou Clovis, Bruguier Michel, Bruguier Georges, De Bueger née Maurin, Buxaca Germain, Brun David, Brun Louise née Lévy, Caillens Robert, Calonne Marcel, Carbou Maurice, Castillo, Alphonse, Cavaillé Laurent, Daras Jean, Dantoine Roger, Delmas Marie-Jeanne, Delpech Albertine épouse Berthomieu, Demons Bernard, Denat Irénée, Domingo Vincent, Doyen Marie née Klein, Dropn Élie, Dreisine Henri, Drollinger Rodolphe, Daunil André, Duclos Gabriel, Duffaux Paul, Encuentro Salvatore, Fey Pierre, Fratzack Jean, Fuste Jean, Fonterailles Jean, Gambau Michel, Gayde Jean, Gayraud Urbain, Gallet Louis, Gastou Charles, Gibel Émile, Guiraud Albert, Gladieu Robert, Garcia Jean, Gimenez Dominique, Haguenauer Paul, Giresse Raymonde, Gout Henri (député), Guirao José, Heinrich Marie, Heinrich Marianne, Heymann Paul, Iliovici Émilie, Lafargue François, Lassave Fanny, Loupia Jean-Baptiste, Limongi Antoine, Liaonet Josée, Labiche Charles, Jean Edmond, Joué Jean, Mauhin Jean, Morelli André (Juge), Merches Joseph, Millan Denis, Nassonoff André, Ouarzedine Mohamed, Palisse Albert, Pau Louis, Perret Louis, Piccolo Albert, Pignol Charles, Plaza Lucienne née Gomy, Piquemal Pascal, Pons Francisco, Puguelo Manuel, Ruiz Garcia Manuel, Rodenaz Roger, Salinas Michel, Sanz Fortuneto, Seigne Guillaume, Seguy Joséphine, Sentenac Maxime, Saumière Gilbert, Sermet Élie, Signe Marie, Soete Achille, Serrano Juan, Sarroca Martin, Senty André, Tannière Frédéric, Valette Marcel, Vasquez Gonzalez Felix, Villar Vincent, Vache Paul, Vidal jean, Vidal Augustin, Villa Lucien, Villeneuve Joseph, Vergnyst Étienne, Verslype Lucien, Wolher Henri.    

Bruguier Georges :

Interné à Saint-Paul d'Eyjeaux (87)

Albert Piccolo :

Déporté

Lucien Villa :

18 mois de prison au camp d'Eysses (47)

Henri Gout (député) :

Interné à Saint-Paul d'Eyjeaux (87)

Ouarzedine Mohamed :

Mat 60622 - né le 17/09/1892 à Tizi-Ouzou (Algérie)

Déporté

Arthapignet Jean :

Mat 60697 - né le 27/03/1904 à Oloron Sainte-Marie

Déporté à Dora. Libéré le 11/04/45

Amiel Jules :

Mat 60910 - né le 17/01/09 à Toulouse

Déporté à Allach. Libéré le 30/04/45

Bats René :

Mat 30242 - né le 20/12/11 à La Réole

Déporté à Hambourg. Décédé le 12/02/45

Beltran José :

Mat 42634 - né le 22/03/1890 à Hyar (Espagne)

Déporté à Mauthausen. Décédé le 22/11/44

Gladieu Robert :

Mat 77740 - né à Carcassonne le 15/05/21

Déporté à Osterbunken. Libéré le 04/04/45

Gimenez Dominique :

Mat 73514 - né à Carcassonne le 31/04/1894

Déporté à Dachau. Libéré le 28/04/45

Limongi Antoine :

Mat 94057 - né le 26/10/07 à Carcassonne

Déporté puis libéré

Labiche Charles :

Mat 60604 - né le 6/04/1898 à Aubervilliers

Morelli André (Procureur) :

Mat 74385 - né à Bastia le 5/06/1875

Déporté à Dachau. Décédé le 17/02/45

Perret Louis :

Mat 73860 - né le 28/09/22 à Villefranche sur Saône

Déporté

Sermet Élie :

Mat 31016 - né à Espéraza le 05/01/01

Déporté à Dora. Décédé le 14/01/1944

Sarroca Llaquet Martin :

Mat 94081 - né le 22/12/1887 à Capellas (Espagne)

Déporté à Mauthausen. Décédé en décembre 1944

Vaché Paul :

Mat 69334 - né à Narbonne le 22/05/11

Déporté

Verslype Lucien :

Mat 69170 - né à Armentières le 9/05/17 (Belge)

Déporté

Oradour Sur Glane

oradour.jpg

Le 15 juin 1944 après que la division SS Das Reich a assassiné près de 700 villageois à Oradour-sur-Glane, Marc Freund-Valade alors préfet de la région Limousin, va rédiger le texte d'un discours pour protester contre ce massacre.

discours Freund.jpg

Extrait du discours dactylographié

Le 21 juin 1944, il rend un vibrant hommage aux victimes après que Mgr l'évêque de Limoges a donné l'absoute. Ce discours restera dans les mémoires des familles et des historiens locaux qui, d'une certaine manière, loueront la sensibilité du préfet de Vichy. Celui-là même qui semble t-il à la vue des archives  que j'ai trouvées à Carcassonne, n'a pas hésité à faire déporter durant son passage dans l'Aude. Les Limousins n'en ont jamais rien su car les recherches entreprises pour le compromettre à la libération sont restées vaines. Combien de hauts fonctionnaires de Vichy ont été protégés de toutes poursuites ?

La déportation et la mort du procureur A. Morelli

P1000264.JPG

Ce jardin à l'entrée du Tribunal de Carcassonne porte son nom

Un mois après la libération de Carcassonne, plusieurs courriers sont adressés au Comité d'épuration afin de retrouver l'ancien préfet de l'Aude et le faire arrêter.

Georges Bruguier, Sénateur

le 26 septembre 1944

Mon cher Ami,

Une de mes suprises — à la millième nous ferons une pause — est d'apprendre qu'on a laissé M. Freund-Valade en liberté: Freund-Valade qui pour avoir frappé Morelli, attirait sur celui-ci les foudres de la Gestapo. Avez-vous un moyen de le faire revenir à Carcassonne pour qu'il soit jugé ? Je viens d'écrire au Commissaire de la République à Limoges pour qu'il sache quel triste rôle M. Freund-Valade a joué ici. Il va de soi que je lui parle de Morelli et de vous, mais je pense que de notre côté, en l'absence de notre ami, vous pourriez lui fournir toutes explications, avec plus de précision, sur vos internements et résidences forcées. Cette impunité ne s'est prolongée que trop longtemps. Est-ce faute de plaignant ?

Bien cordialement à vous

Le Dr Philippe Soum au Président du Comité départemental de libération

25 novembre 1944

J'apprends que M. Freund-Valade ex-préfet de l'Aude, figure sur une liste d'anciens préfets de l'Aude susceptibles d'être récupérés par la IVe République. Je ne fais pas état de persécutions dont j'ai été l'objet. je vous rappelle que c'est sous son proconsulat que furent arrêtés Bruguier père et fils, Gout, Morelli, Demons et d'autres. On vous dira que depuis, il prononça un discours courageux dans un village dévasté par les allemands [NDLR Oradour-sur-Glane]. En ce temps-là, il était facile d'avoir du courage. Depuis, on a jugé et exécuté des miliciens coupables d'un moment d'erreur— On ameute l'opinion publique contre des comparses, des imbéciles, des égarés. Nous faudra t-il entendre un jour Herr Von Freund-Valade vanter les mérites de la République !

On se fout du monde !

J'aimerais savoir que cette lettre vous étant parvenue, une suite lui a été donnée, et je vous assure messieurs de mon soutien républicain.

Rapport de la Commission départementale de contrôle et d'épuration

Le 20 décembre 1944, le commission proposait l'arrestation de l'ancien préfet de l'Aude jugé responsable des arrestations du 14 juillet 1942 pour atteinte à la liberté des français et aux libertés publiques. Le 16 octobre, le Commissaire de la République de Montpellier signalait que M. Freund-Valade avait été mis aux arrêts à Limoges et que son transfert à Carcassonne ne pouvait être envisagé. Le 1er décembre, le président du comité d'épuration de Limoges répondait à celui de Carcassonne, que M. Freund-Valade n'a jamais été incarcéré à Limoges et résidait actuellement à la Roche-Chalais (Dordogne).

Madame Veuve Morelli écrit au Garde des sceaux

5 juin 1945

Mon mari M. André Morelli, Procureur de la République à Carcassonne a été admis à faire valoir ses droits à la retraite le 16 novembre 1940. Domicilié depuis dans cette ville, il fut placé le 26 octobre 1942 en résidence surveillée à Axat, dans des conditions de vie et d'un confort inimaginables.

M. Freund-Valade, alors Préfet de l'Aude, qui avait pris cette décision, changea brusquement d'avis et transforma cette résidence le 1er décembre, en un internement administratif. Envoyé, malgré son âge (67 ans) et son mauvais état de santé, au camp de concentration de Saint-Sulpice (Tarn), il obtint sa libération fin janvier 1943. M. Freund-Valade le plaça alors chez lui en résidence surveillée.

Mon mari depuis sa mise à la retraite, vivait une existence calme et retirée ; il n'appartenait à aucune formation politique. Très ferme républicain et ardent patriote, il avait défilé le 14 juillet 1942 devant la statue de Barbès avec de nombreux amis. Ce fut probablement les raisons pour lesquelles M. Freund-Valade a jugé bon de le frapper aussi durement et injustement.

Mais malheureusement toutes ces mesures injustifiées en avait fait une proie tout désignée ; elles ont abouti à son arrestation par la Gestapo le 5 septembre 1943. Transféré à la prison de Montpellier, envoyé en début d'otobre au camp de Compiègne, puis en juin 1944 déporté en Allemagne et sans nouvelles de lui pendant de longs mois, je viens d'apprendre son décès au bagne de Dachau par son compagnons de captivité M. Vincent Badie, député de l'hérault et avocat à la cour d'appel de Montpellier.

J'accuse donc M. Freund-Valade d'être le principal responsable des souffrances physiques et morales qu'a endurées mon... malheureux mari et qui, en dépit de toute justice a pris contre lui des mesures qui l'ont conduit à la déportation et à la mort.

Dans mon extrême douleur, j'ai espoir que justice sera rendue à la mémoire d'un homme qui fut un magistrat intègre et un bon patriote. Injustement frappé par le serviteur d'un odieux régime, il est resté jusqu'à la fin fidèle à son idéal de vrai français.

Épilogue

M. Freund-Valade ne fut pas inquiété. Une cérémonie en son hommage eut lieu dans les années 1990 au temple de La Roche-Chalais par le Président des amis du temple.

Sources

ADA 11

Fondation pour la mémoire de la déportation

_____________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2014

24/10/2014

15 avril 1957 : HALIFAX 33 - CARCASSONNE 10

Le 15 avril 1957

l'Association Sportive Carcassonnaise

rencontre à 18 heures, un des plus anciens clubs d'Angleterre :

 Halifax RLFC, fondé en 1873.

prog.jpg

Les équipes

ecusson.jpg

1. Briers,

2. Dean 3.Daniels 4. Mather 5. Freeman,

6.Riley 7.Jones,

8. Thorley,

9. Ackerley 10. Wilkinson,

11. Henderson 12. Mageen 13. Traill

asc.png

1. Castel

2. Husson 3. Bessière 4. Roldos, 5. Nedoresoff,

6. Delpoux 7. Guilhem

8. Mazon 9. Fabre

10. Savary

11. Jammes 12. Escourou 13. Marty.

stade.jpg

The Shay stadium

------

Halifax RLFC

33

AS Carcassonne

10

(Mi-temps 21 -6)

http://www.halifaxrlfc.co.uk/

http://www.asc13.fr/

_____________________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2014

 

08:27 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (2)