25/11/2014

Les aventures rocambolesques d'un pionnier Carcassonnais de l'automobile

Henri Alaux

Né le 21 janvier 1885, débute en 1897 à l'âge de 12 ans comme apprenti au garage Loubié cycles, machines à coudre, tricycles à pétrole.

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De Dion Boutton

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Lorsqu'il quitte l'atelier Loubié, il reçoit un certificat attestant de ses bons services et de ses aptitudes à conduire les voitures, bien qu'il ne soit pas en âge de passer son permis. Ce n'est que le 31 décembre 1902 qu'il obtiendra le précieux sésame portant le n°249 délivré par la préfecture de la Haute-Garonne. Il habitait à cette époque, 19 rue de l'Orient à Toulouse.

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La course automobile Paris-Madrid

Après son départ le 21 mai, elle fut arrêtée à Bordeaux par le gouvernement suite à de nombreux accidents mortels. Marcel Renault se tua à Couhé-Vérac. Touraud eut un grave accident à la sortie d'Angoulème. Madame Camille du Gast sur sa voiture 40 cv de Dietrich (moteur Turcat Méry) rallia Bordeaux avec Henri Alaux qui fut son mécanicien. Elle décida de continuer jusqu'à Madrid. La voiture fut mise sur un wagon jusqu'à la frontière espagnole. Après plusieurs étapes et diverses péripéties, ils arrivèrent à Madrid tirés par deux mulets. La traversée de l'Espagne par une femme fut un grand évènement. Pour le retour la voiture fut rapatriée en train, mais également pillée pendant son voyage.

(Témoignage d'Émile Alaux, fils d'Henri)

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Camille du Gast en 1903

De 1904 à 1906, il travaille chez Touraud à Suresnes sur les quais de la Seine sur des voitures encore à vapeur et fait les essais côte de Suresnes. Ces véhicules sont munis d'une béquille que l'on est obligé de laisser tomber à l'arrêt d'une forte côte pour empêcher les voitures de reculer. Ils n'ont pas à cette époque de frein avant. Pour l'anecdote, un examinateur collera un chauffeur qui ne mettra pas la béquille en côte — on appelait chauffeur, le conducteur d'un véhicule à vapeur. En 1909, Alaux procède à des essais d'autobus à vapeur de Paris à Anvers.

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© BNF

Les essais de la première balayeuse arroseuse eurent lieu aux Halles de Paris sous la protection de la police. Les Forts des Halles le traitaient de "briseur de bras".

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Lorraine Dietrich 1911

© Patrimoineautomobile.com

Après la vapeur, le moteur à essence fit son apparition. Alaux transforme alors les voitures Lorraine Dietrich à courroie en les dotant  de boite à vitesse dès 1911. Il travaille ensuite chez Renault Saurer et s'installe à Aurillac, avant d'être mobilisé dans le 3e d'artillerie pendant la Grande guerre.

À Carcassonne...

Il fonde dès son arrivée le garage International au 25, rue des Jardins (actuel 35, rue Antoine Marty). Il reprend d'abord des véhicules aux armées pour les remettre en état (Nach, Pierce Arrow, Wait, Latil...), puis devient agent Ford (Modèle T) et ensuite Chevrolet. La société Alaux frères est dissoute en 1925 et devient Alaux Henri. C'est un garage Ford, Fordson, Rosengart, Général Motors, Chevrolet, Opel, Erskine, Delage, Laffly, Salmson jusqu'en 1931.

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Henri Alaux et son épouse à la Cité sur une Ford T en 1925

En 1926, il dépose un brevet de pont porteur pour Ford. Comme à cette époque les voitures étaient rares, les stations services n'existaient pas. Il fallait avoir dans les voitures ce que l'on appelait "le lot de bord". Cela comprenait l'outillage, une pompe à air pour les pneus, un cable, un entonoir ainsi que bidons à essence et eau. Henri Desgranges, patron du journal "L'Auto" et créateur du Tour de France cycliste avait créé un petit fanion jaune triangulaire, vendu 5 centimes. Il était fixé avec une hampe sur l'aile avant de la voiture. Ainsi, tout véhicule se croisant pouvait se porter assistance en cas de panne.

Deux anecdotes d'Émile Alaux

" J'ai pris place à côté de mon père à bord d'une Torpédo à capote à courroie (Une DFP : Doriot, Flandrin, Parent...) Nous revenions de Mazamet pour retourner à Carcassonne. une expédition ! Cette voiture n'avait pas de bouteille à gaz comprimé permettant d'allumer les phares. Pour celà, elle possédait un petit générateur dans lequel on mettait du carbure et de l'eau qui faisaient l'acétylène. En descendant la côte de Villegailhenc, la nuit nous surprend ; il faut allumer les phares. Stupeur ! Mon père a oublié le bidon d'eau. Qu'à cela ne tienne, en mettant le carbure dans le générateur, nous avons remplacé l'eau par notre urine. Et la mulière fut !"

"En 1923, j'ai douze ans et mon père me lâche sur la route avec ma soeur de treize ans, au volant d'une voiture G.E.P (véhicule fabriqué en 1913-1914 à Gennevilliers). Si notre arrivée à Villeneuve-Minervois (8 kms) constitua un attroupement, le retour se passa sans rencontrer une seule voiture !"

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Fabriquant et carossant les châssis en autobus, Henri Alaux lance les lignes du Mas-Cabardès, de Rieux, de la Malepère, de Laure-Minervois et de Lagrasse.

La société Alaux et Gestin

Henri Alaux s'associe avec M. Gestin en 1932 et le garage devient une concession Renault, Alfa Roméo et Lambretta. Les deux dernières marques seront abandonnées au profit de Renault qui voulait l'exclusivité.

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Le garage Alaux et Gestin en 1940

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L'ancien garage Renault aujourd'hui, rue Antoine Marty

Émile Alaux (1912-2000) reprit l'affaire de son père à la tête de la société Alaux et Gestin avant de céder définitivement la concession.

Je remercie vivement Madame Marie Saleun, artiste peintre, pour m'avoir très cordialement ouvert sa boite aux souvenirs.

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Commentaires

très belle histoire sur Henri Alaux les voitures sont magnifiques les anecdotes aussi j'aime bien le petit fanion jaune signalant aux autres automobilistes le port d'outils pouvant les aider en cas de panne a présent très peu de gens s'arrêtent lors d'une panne ...l'indifférence....

Écrit par : constance pressoirs | 25/11/2014

très drôle cette histoire,

Écrit par : Rivière Blanchard | 25/11/2014

Dans les années 50, nous étions voisins d'Emile Alaux qui habitait rue de Lorraine à Carcassonne. Il souhaitait participer à des rallyes locaux sur une 4cv et pour cela il avait embauché mon père Jacques Fontecave en qualité de copilote. Je ne sais pas si c'est par manque de résultats ou pour d'autres raisons mais cette expérience n'a duré que quelques mois. Si quelqu'un a des souvenirs, photos, etc qu'il n'hésite pas à me contacter (pierre.fontecave@sfr.fr). Merci d'avance.

Écrit par : fontecave | 25/11/2014

En effet moi et mes parents habitions au 44 rue de Lorraine dont les propriétaires étaient la famille Couderc qui tenaient un bureau de tabac rue de la gare votre nom ne m'est pas inconnu . Mon père a participé à des rallyes sur 4cv(rallyes de Lyon Charbonnières,d'Albi )avec un Mr clarou et surtout avec Raymond Forges) Je possède des photos avant les départs devant la Prade pour la course dont certaines figurent sur un livre sur la 4cv dont l'auteur est Dominique Pascal

Écrit par : marie Saleun | 25/11/2014

Oui et moi j'habitais au 42; je me souviens effectivement que Mr Alaux avait une fille un peu plus grande que moi.
J'avais entre 5 et 8 ans, nous sommes partis en 54 rue de la République au moment de la naissance de ma sœur.
Est -ce qu'il serait possible que vous me montriez ces photos au cas où mon père serait sur l'une d'elles ?

Écrit par : pierre fontecave | 25/11/2014

je ne pense pas que votre père y soit mais si un jour vous voulez me
rencontrer ce sera avec plaisir que je vous montrerais les photos en ma possesion

Écrit par : marie Saleun | 28/11/2014

Merci de votre réponse, peut-être pourriez-vous m'envoyer un mail avec vos coordonnées pour que nous convenions d'un rendez-vous ?
pierre.fontecave@sfr.fr

Écrit par : pierre fontecave | 01/12/2014

Merci pour ce merveilleux article sur mon grand-père me remémorant ainsi les précieux moments vécus avec lui, lorsque j'allais le voir au garage rue Antoine Marty.
Je suis le fils de René ALAUX (3ème enfant de Henri ALAUX)
Merci encore.

Écrit par : René ALAUX | 29/01/2015

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