05/12/2014

Jeux et gamineries au quartier des Capucins dans les années 50

Je vous parle d'un temps où les consoles de jeux video n'existaient pas. De toute façon, personne dans ce quartier populaire de Carcassonne dans lequel cohabitaient plusieurs familles issues de nationalités différentes, n'aurait eu la somme pour s'en procurer. Car, si maintenant le jeu video se pratique presque uniquement en solitaire ou avec un adversaire du bout du monde, les jeux traditionnels ont fondé des amitiés de jeunesse qui perdurent encore. Outre les classiques tels que marelle, corde à sauter, billes ou ballon, les petits débrouillards des Capucins s'amusaient avec presque rien...

Claude Marty un ancien du quartier, aujourd'hui exilé dans le Nord — comprenez chez nous tout ce qui se situe au-dessus de Castres — nous a transmis quelques souvenirs de ces instants joyeux.

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Claude Marty

D'autres jeux étaient plus périodiques sans que l'on sache comment ils arrivaient à la mode. Quoique, après analyse, le temps y était pour quelque chose. Lorsqu'il faisait mauvais dehors — c'est-à-dire trop chaud — les jeux calmes prenaient le dessus. On y jouait sur les trottoirs, à l'ombre ou mieux, dans la fraîcheur des couloirs. Par exemple, les osselets...

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Au printemps et au début de l'été, pendant la période où les agneaux étaient petits — car ce jeu avant l'arrivée du plastique se faisait avec de vrais os du métatarse d'agneau donnés par un boucher compatissant. Ces os (deux par animal) sont les astragales. Il fallait cinq osselets pour jouer et cela facilitait l'agilité des enfants.

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Lorsque les billes de verre étaient trop chères, on jouait avec des noyaux d'abricot. Le jeu consitait à bloquer un noyau dans la paume de la main, de frapper les doigts sur la bordure du trottoir et de lâcher le noyau. Le joueur suivant faisait de même et s'il touchait un noyau, il emportait le tout sinon la partie continuait. Quand on avait perdu trop de noyau... il fallait manger des abricots.

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Avec les noyaux d'abricots, une occupation courante était d'user les deux côtés convexes sur un mur jusqu'à l'obtention de deux trous — on évide l'intérieur avec une épingle à nourrice. Lorsque cela est terminé, on met le noyau sous les lèvres et devant les incisives et on soufle... Avec de la chance, cela faisait un sifflet.

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Pour les garçons... Le rugby "à toucher" avec un bout de tissu roulé (un peillot, en occitan). Et on faisait même des transformations ! Comment ? Voir la dessin ci-dessus...

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Commentaires

Claude, les osselets les vrais ,les noyaux d'abricots frappés du plat de la main sur le rebord du trottoir, ETC. Une autre fois,toi qui a plus de facilité que moi pour l'écriture,parle nous des carrioles que l'on fabriquait avec une planche , 40cm de manche à balai,4roulements à billes,une corde pour diriger,et descente du " Cagadou".
Et bien sur les baignades au PaÏch ou ailleuirs ,avec séance de savonnage avec cette fleur rose abondante au bord des rivières.Et puis les match de rugby au " Patro", les courses de vélo du côté du col du poteau , ou autours d'un pâté de maisons,et les "tustets",et les feux de la St Jean, et ! et ! et tout le reste.Nous sommes devenus pour les jeunes des " vieux cons "

Écrit par : jacques blanco | 05/12/2014

la plante qui fait office de savon c'est la saponaire....

Écrit par : chantal | 05/12/2014

... sans oublier la corde à sauter et le jeu avec un élastique tenu par deux camarades et sur lequel on sautait et faisait des figures; quand on n'était qu'à deux on prenait une chaise; et puis aussi à Barbès filles pendant les récrés les rondes ...
Il ne nous fallait pas grand chose.
Des cadeaux, on en avait un à Noel et un pour son anniversaire. Nous n'étions pas écrasés par le superflu !
Mes meilleurs souvenirs, c'était l'été , quand dans la rue du 24 Février les voisins sortaient leurs chaises sur le trottoir et qu'avec mon amie Marie-Christine, nous allions faire quelques tusteds ("faire les sonnettes") Dans les années soixante, les voitures étaient rares et n'occupaient pas les rues.
Nostalgie quand tu nous tiens ....

Écrit par : sophie | 05/12/2014

C'est un temps qui nous parle et qui reste bien vivant dans notre mémoire.
Nous sommes devenus "des vieux qu'on de l'âge" c'est plus cool!

Écrit par : authier | 05/12/2014

heureusement que des personne comme vous nous rappelle ce bon vieux temps un grands merçi a vous tous et a monsieur andrieu

Écrit par : claret | 06/12/2014

Avec ton morceau de planche, quatre roulements à billes, et une simple corde fixée à l'avant comme direction, Jacques tu nous a copié, car dans les années 1943/1945, nous fabriquions ces carrioles, et cassions les oreilles aux habitants du haut de la rue de la Liberté.
Amicalement,
Pierre-Baptiste

Écrit par : Pierre-Baptiste | 06/12/2014

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