25/01/2015

Il y a 30 ans disparaissait Jean Alary...

Il est de tristes anniversaires que l'on passe sous silence quand, dans le même temps deux ans plus tôt, on rend les honneurs mérités à Jean Deschamps au cours d'une très belle exposition sur le théâtre de la Cité. Pourquoi donc oublie t-on celui qui a tant fait pour la culture à Carcassonne lorsqu'il fut directeur du festival et du théâtre municipal ? Hélas, il semble que l'on ait la mémoire sélective dans cette ville. Cela ne fait que confirmer les nombreux oubliés dont nous relevons les noms depuis 5 ans sur ce blog : Paul Lacombe, André Cayatte, François-Paul Alibert, Ketty Dolbert, Ferdinand Alquié...

alary.jpg

Il était 21h ce lundi 17 décembre 1984
quand en plein dîner au milieu de ses amis,
 
Jean Alary
 
s'éffondra pris d'un malaise cardiaque. Parmi les convives, le comédien Jean Deschamps et trois médecins qui malgré leurs efforts ne purent le ramener à la vie. Jean Alary, directeur du festival et du théâtre municipal, âgé à peine de 57 ans venait de succomber. Cette nouvelle plongea dans l'effroi tout Carcassonne, car "Jeannot" c'était l'ami de tous. Ses parents tenaient le magasin de chaussures "Cendrillon" à l'angle des rues Clémenceau et de la liberté. Il avait d'ailleurs débuté comme VRP et foulé les pelouses des terrains de football comme joueur du COC. On le retrouve ensuite comme membre fondateur du festival de cinéma amateur programmé tous les ans en juin à Carcassonne. En 1955, il est nommé comme directeur de théâtre municipal en remplacement d'André Valette et en 1957, administrateur du festival de la cité jusqu'en 1973. Après les échecs de Jacques Echantillon puis de Gilles Durupt à la tête du festival, le maire Antoine Gayraud rappelle Jean Alary pour sauver ce qui peut l'être.

 

Avec son talent et ses relations, il fait renaître le rendez-vous artistique de l'été avec une afluence de près de 50000 spectateurs. Dans la foulée, c'est lui qui crée "les choeurs de Carcassonne" et demande à Michel Roquebert une adaptation de "la chanson de la croisade". Les amis dans ce métier sont rares mais ceux de Jean Alary s'appelaient Brigitte Bardot, Jean le Poulain, Yves Montand, Gilbert Bécaud, Jean Deschamps, sans compter tous les anonymes...

 

Aujourd'hui Jean Alary, c'est le nom du théâtre municipal de la ville mais surtout, le souvenir d'un homme de coeur pour tous ceux qui l'ont connu. Il aurait cette année 86 ans et sûrement des regrets de voir ce qu'est devenu son festival...
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Commentaires

Carcassonne n'a pas de mémoire ou plutôt sélective mais ceux qui ont marqué son histoire sont vite oubliés quel dommage pourtant il reste un nom une rue,une oeuvre,un monument que l'on prononce souvent mais dont on oublie les origines et qu'il est bon de rappeler car certains ont envie de savoir .....merci Martial

Écrit par : constance pressoirs | 25/01/2015

je dirai c'est presque normal avec des gens qui s'occupent de culture et qui n'en ont pas.... c'est que le poste doit être intéressant ..... !

Écrit par : Rivière Blanchard | 25/01/2015

C'est vrai que Jean Alary avait su programmer de façon éclectique les soirées du théâtre municipal et du festival; Mais je ne suis pas d'accord avec le terme "échec" que vous employez pour Jacques Echantillon et Gilles Durupt qui, pour moi et je pense pour beaucoup d'autres, nous ont donné les festivals d'été les plus ouverts sur le monde, dynamiques, "éclatés" dans la Cité et la ville basse : là, ce furent d'intenses soirées où les comédiens se mêlaient aux spectateurs, où l'on pouvait argumenter, où, en un mot, on se "régalait"...

Écrit par : Mirelha | 25/01/2015

Que de souvenirs de la convivialité de Jean Alary qui suivait nos concerts de Jazz et surtout qui a su si gentiment nous proposer la scène de son théatre pour répéter nos interventions du moment.C'est son bras droit "coulissant" JEANNOT qui nous installait , assistait à nos débats et gentiment refermait la porte,merci à cet emplyé modèle.
PS Martial j'ai des documents photos de cette épopée !! THYTHY

Écrit par : laffargue | 26/01/2015

Que de souvenirs de la convivialité de Jean Alary qui suivait nos concerts de Jazz et surtout qui a su si gentiment nous proposer la scène de son théatre pour répéter nos interventions du moment.C'est son bras droit "coulissant" JEANNOT qui nous installait , assistait à nos débats et gentiment refermait la porte,merci à cet emplyé modèle.
PS Martial j'ai des documents photos de cette épopée !! THYTHY

Écrit par : laffargue | 26/01/2015

Succéder à André Valette à la direction du théâtre municipal (directeur je pense depuis la construction du théâtre) ne fut pas pour Jean Alary une mince affaire.
Il fallait moderniser la programmation la demande du public n'étant pas la même.
Jean Alary a du tout réinventer, afin de répondre aux attentes, et fidéliser les spectateurs, qui ont toujours répondu présents, tant la programmation était diverse de l'opéra aux pièces de boulevard, en passant par les variétés, et autres....
Bien entendu les doutes quelques fois l'ont côtoyé, car la réception d'un spectacle par le public est imprévisible (même s'il a bonne presse)... surtout lorsque l'on gère la salle en"concession" et non en "régie" (ce qui est les cas depuis quelques années je crois )... grosse différence pour la garantie du résultat ...financier qu'il faut obtenir et la responsabilité des choix, cela n'avait d'importance pour lui, il fallait aller de l'avant, pour contenter les fidèles.
Mais enfin avec sa bonne humeur quotidienne, sa facilité dans le contact humain, sa large compréhension, son esprit taquin, chaque jour il était agréable de travailler avec lui et d'être fier d'être un membre de son équipe.
Merci Jean ALARY, au revoir Jeannot !!!!

Écrit par : Pierre-Baptiste | 26/01/2015

Souvenirs de jeunesse quand nous montions à la cité sans le sous pour voir les spectacles! deux solutions s'offraient à nous : grimper dans les tours, s'approcher au plus près de la tour d'orientation et se caler dans un coin pour voir le théâtre. parfois un garde ou un policier nous demandait de redescendre ... L'autre était d'aller trouver le directeur, Jean Alary ... Monsieur, nous sommes lycéens nous n'avons pas d'argent on voudrait voir le spectacle. Il nous faisait signe de le suivre jusqu'aux guichets, demandait le plan d'occupation et disait à la vendeuse de billets de nous donner des places exonérées. Merci monsieur. il nous faisait ensuite les recommandations d'usage : tenez-vous bien et restez jusqu'à la fin. Oui monsieur promis juré.

Écrit par : Authier | 29/01/2015

J'ai oublié de signaler une anecdote (mais si importante pour la suite !) : quand Brassens est passé au théâtre, un "petit jeune" a eu l'immense honneur de chanter avant lui (devant le rideau certes !) deux ou trois chansons : c'était Claude Martí qui faisait ainsi ses premiers pas. C'est Jean Alary qui avait négocié (sans trop de difficulté) avec Brassens... Les grands hommes se rencontrent parfois, là ils étaient trois. Merci.

Écrit par : Mirelha | 29/01/2015

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