27/01/2015

La rafle des juifs polonais à Caudebronde

Aujourd'hui, jour de commémoration du 70e anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz, j'ai souhaité vous communiquer un témoignage oral qui m'est parvenu par téléphone voilà plus d'un an. Pourquoi donc avoir attendu tout ce temps ? Tout simplement parce que je n'ai pas été en mesure de vérifier ces informations. Pourquoi donc alors les diffuser ? Parce qu'il n'y aura bientôt plus de témoins et que la destruction de la villa de la Gestapo de Carcassonne a changé bien des choses dans mon esprit. Je suis convaincu sans accuser personne, qu'il y a désormais une volonté de tenter de faire taire tout ce qui pourrait faire resurgir du passé les agissements peu avouables, d'une partie des français sous l'occupation allemande. N'oublions qu'il a fallu attendre 1995 et le discours de Jacques Chirac pour que la France reconnaisse sa responsabilité dans la déportation de milliers de juifs vers les camps d'extermination. Oui, il y a à Carcassonne des familles qui ont prospéré grâce au marché noir, grâce à la spoliation de biens juifs ! Tout ceci est fort dérangeant et je peux comprendre que l'on veuille ne pas remuer les passions, les préjugés ou les amalgames. Ils pourraient être utilisés opportunément par des vengeurs masqués héritiers des tondeurs de femmes de la libération. C'est-à-dire des résistants de la dernière heure qui, par un coup d'éclat, laveraient tout soupçon sur leurs propres forfaits d'avant août 1944. Rien n'est blanc, rien n'est noir. Tout est gris et même opaque, c'est dire si la tâche des historiens est difficile. Aussi, ne l'étant que partiellement et à la hauteur de mon petit savoir d'amateur, je transcris ce témoignage sans pouvoir authentifier sa véracité. Il vous montrera les difficiles conclusions entre les rumeurs et les faits historiques vérifiés.

caudebronde.jpg

Le Village de Caudebronde

Ce qu'on l'on sait avec certitude

Le 24 août 1942, la police française débarque dans le petit village audois de Caudebronde et procède à l'arrestation des polonais de confession juive envoyés par l'État français pour servir de main d'oeuvre. Parmi eux se trouve de nombreux mineurs travaillant à la mine d'or de Salsigne. Un seul reviendra du camp d'extermination d'Auschwitz ; il s'agit du jeune Simon Salzman. L'ensemble de sa famille sera assasinée là-bas. Monsieur Salzman a transmis jusqu'à sa mort l'année dernière à l'âge de 91 ans, le témoignage horrible de son passage au camp de la mort.

Ce que le témoingnage prétend

Il y avait 12 juifs polonais à Caudebronde, seul M. Kuperman s'est sauvé. Ces polonais étaient employés à la mine de Salsigne, mais avaient été notés comme catholiques par les registres de la mairie de Caudebronde. La milice [créée à Carcassonne en 1943. NDLR] débarque dans le village sur dénonciation d'un habitant et les fait arrêter. Au moment où l'un des jeunes français se saisit d'un enfant dans la cour de l'école, une femme l'interpelle avec dégoût :

— C'est du beau travail que tu fais jeune homme !

— Tu n'as rien à dire grand-mère, lui répondra t-il

Le maire de Caudebronde, boulanger de son état, alimentait le maquis de la Montagne-noire tout en recevant le commandement allemand [En août 1942, l'Aude était en zone libre. NDLR]. Il possédait paraît-il le domaine des Ferauds ou Ferrans dans lequel les allemands entretenaient un bordel. La maison a été rasée ensuite. Le jour de l'arrestation des juifs polonais, le maire avait été averti par le commandant allemand. Malgré cela, les polonais ne se sont pas enfuis. Ils ont été tous déportés. Seul Simon Salzman en est revenu et a été ensuite adopté par l'adjoint au maire de Caudebronde.

Quand au délateur, le maquis a cherché à le tuer mais des personnes du village s'y sont opposées en raison de la forte influence de sa famille.

Conclusions

S'il devait y avoir une part de vérité dans ce témoignage, elle serait immédiatement mise à mal par les incohérences de dates et des évènements qui en résultent. C'est bien pour cela qu'en matière de tradition orale, il convient d'être très prudent.

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Commentaires

je pense qu'y a de gros secrets sur le sujet mais saura_t_on jamais la vérité et bientot il n'y aura plus personne pour en témoigner

Écrit par : constance pressoirs | 27/01/2015

Je pense qu'il y a une part de vérité dans cette histoire et je crois fermement que tôt ou tard cette vérité fera jour! Il ne faut pas oublier que les jeunes sont de plus en plus intéressés par l'histoire des parents et des grands parents.
De leur vivant les personnes qui ont tellement souffert n'aiment pas parler de cette période, mes leurs descendants oui.
Lorsque les principales personnes concernées qui se cachent ne seront plus là, les historiens pourront creuser pour savoir la vérité! C'est mon sentiment.

Écrit par : Antonia Reynes | 27/01/2015

le maire de Caudebronde serait parfaitement honoré, s'il avait la dignité d'apposer dans le village une plaque, en souvenir de ces Personnes là, afin que nul n'oubli....

Écrit par : Miquelet | 27/01/2015

toujours triste quand on pense a toutes ces vies assassinées comment peut on oublier ou continuer a vivre normalement quand on est coupable de ces dénonciations j'ose espérer qu'ils ont eus le reste de leur vie pourrie......

Écrit par : ponchel | 11/07/2015

"l'enfant saisi dans la cour" c'était moi, sauf que ce n'était pas dans la cour et que je n'avais pas été saisi. C'était dans ma msison, et j'assistais aux scènes des arrestations. Simon SALZMAN ÉTAIT MON AMI. JE NE SAIS PAS qui a reproduit mon témoignage par écrit. Mais même avec quelques erreurs de détail, l'arrestation des juifs s'est passée comme je le raconte. L'essentiel est que ce soit noté, au moins pour mémoire. Je connais évidemment la mémoire collective de Caudebronde sur la période de l'occupation. Elle est compliquée et comme toutes les mémoires sujette à caution (précautions) Quant aux responsabilités et témoignages, tous les auteurs-acteurs en sont morts. Nous sommes encore trois ou quatre survivants qui nous souvenons.

Écrit par : Francis Oustric | 21/12/2015

Le maire à cette époque était mon grand père je pêche les info mais il y a n a tellement. je sais qu il jouait avec le feu on me raconte souvent le matin il y avait 2 tourner à la boulangerie la 1er pour les allemands pour éviter que il vienne le chercher et la deuxième pour le village et le maquis le four et toujours la chez moi à bon entendeur je voudrais réouvrir cette salle si des personne sont intéresser

Écrit par : Maury | 11/03/2016

Je ne te connais pas personnellement, mais je connais ton père et ta mère et tu dois aussi avoir au moins le souvenir de mon nom. Ton grand père Ernest Cousinié était un personnage extraordinaire. Il a évité pendant la période d'occupation, que les allemands viennent mettre leur nez à Caudebronde. Il fallait ravitailler le maquis de Laprade et il le faisait de son mieux. Il y avait une certaine complicité entre lui et le commandant allemand de Carcassonne. Cet allemand, professeur de philo dans le civil, n'était pas un nazi, et c'est lui qui a téléphoné à Ernest pour le prévenir de la rafle des juifs par les miliciens. Ce qui est quand même un comble, mais assez logique quand on sait de quelles personnalités il s'agit. Je n'ai jamais eu l'occasion de parler de ces choses à Élise, ta mère, on n'en parlait jamais à l'époque et pourtant elles sont intéressantes. C'est curieux que les jeunes générations dont tu es, reviennent sur ces sujets. Ton grand père Ernest était estimé et respecté..Je le sais par mon père, par Michel Chappert, et Élie Béteille mon cousin de la Combe, qui faisait partie du maquis et qui m'a dit des détails peu ordinaires. Ton grand père, par la suite, a été calomnié par une certaine clique de Caudebronde...que tu connais évidemment. Mais la vérité c'est qu'il a sauvé et le village et le maquis de Laprade. Signé: Francis Oustric 30480 Saint Paul la Coste et 04 66 56 57 19

Écrit par : oustric francis | 11/03/2016

Je ne te connais pas personnellement, mais je connais ton père et ta mère et tu dois aussi avoir au moins le souvenir de mon nom. Ton grand père Ernest Cousinié était un personnage extraordinaire. Il a évité pendant la période d'occupation, que les allemands viennent mettre leur nez à Caudebronde. Il fallait ravitailler le maquis de Laprade et il le faisait de son mieux. Il y avait une certaine complicité entre lui et le commandant allemand de Carcassonne. Cet allemand, professeur de philo dans le civil, n'était pas un nazi, et c'est lui qui a téléphoné à Ernest pour le prévenir de la rafle des juifs par les miliciens. Ce qui est quand même un comble, mais assez logique quand on sait de quelles personnalités il s'agit. Je n'ai jamais eu l'occasion de parler de ces choses à Élise, ta mère, on n'en parlait jamais à l'époque et pourtant elles sont intéressantes. C'est curieux que les jeunes générations dont tu es, reviennent sur ces sujets. Ton grand père Ernest était estimé et respecté..Je le sais par mon père, par Michel Chappert, et Élie Béteille mon cousin de la Combe, qui faisait partie du maquis et qui m'a dit des détails peu ordinaires. Ton grand père, par la suite, a été calomnié par une certaine clique de Caudebronde...que tu connais évidemment. Mais la vérité c'est qu'il a sauvé et le village et le maquis de Laprade. Signé: Francis Oustric 30480 Saint Paul la Coste et 04 66 56 57 19

Écrit par : oustric francis | 11/03/2016

Bonjours
Je suis ravis que vous m'ayez répondu. Je capte les information au fur à mesure j'ai appris le nom de l'adjoint de mon g-p à l'époque il habitait à coté de l'ancienne colonie. Ma maman et mon voisin émile m'ont dit qu'il s'appelle Péralba je ne sait si l'orthographe est correcte. Elyse se rappelle plus de jojo oustric est ce bien votre frère? La boulangerie à fermer en 73 il me semble habitiez vous à caudebronde? Et non je ne connais pas le nom des familles qui ont calomniés mon grand père mais je serais intrigué de le savoir. Ces histoires ont toujours étais délicate vis à vis de ma grand-mère, Mme Cousignié Agnès, qui ce porte comme un charme ou presque. J'en apprend juste davantage avec mes voisins (castagnon, baux, zenoni, azemat, et j'en oublie je les connais de vue .....).Je reviens sur c'est sujet car j'ai rénover l'ancien bûcher au dessus de la dite boulangerie. J'y habite depuis maintenant 1 ans, c'est un lieu très chargé et les photo de mon grand père ainsi que toute ces affaire sont encore là. Je me retrouve avec des sac de farine de l'époque et tout le reste.Ma g-m na rien jeter!!!! J'y habite je vis dedans; alors je me suis dis pourquoi pas chercher et écrire l'histoire.(Cela dis, je ne sais pas si je serais capable d'écrire n'étant pas très doué.)Je voudrais réouvrir la boulangerie, au moins pour le souvenir (musée ou salle de jeux ..j'y réfléchie encore)
Le four à pain fait 25 m carré il est immense ingérable financièrement bref c compliqué mais oui je m'y intéresse beaucoup.
Merci d'avoir partager ce moment n'essitez à m'écrire pas si vous en s'avez davantage.
Amicalement
Melle Maury Jenny
Rue du pont de la cave 11390 Caudebronde
04 68 72 55 24

Écrit par : Maury | 11/03/2016

Et d'ailleurs lorsque mon G-P les à prévenu que les allemands arrivait, quelques uns ce sont échappés ma t'on dit; les autres sont resté car ils ce croyaient en sécurité. Je sais qu'une personne est déjà venu remercie ma grand mère longtemps après.Et sur les Belges vous avez des histoires Qui sont ces belges reconnaissant??

Écrit par : maury | 11/03/2016

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