25/02/2015

L'ancien abattoir de Carcassonne

D'après Henri Alaux dans son ouvrage "Carcassonne, quartiers et faubourgs au fil du temps", l'abattoir de Carcassonne fut érigé en 1881 en bordure du chemin menant au hameau de Montredon. Avant cette date, l'abattage des animaux avait lieu en ville. La découverte que nous venons de faire sur le site du ministère de la culture, semble indiquer qu'il existait un projet d'abattoir dès 1841. Plusieurs plans des bâtiments ont été dressés jusqu'en 1848, date à laquelle s'arrêta le règne de Louis-Philippe Ier, Roi des Français.

Plans de 1841

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Le corps extérieur du bâtiment

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L'intérieur de la salle d'abattage

Plan de 1848

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La charpente

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L'abattoir de Carcassonne au début du XXe siècle se composait de bâtiments : Maison du gardien, bouveries, bergeries, porcheries, écuries, salle d'abattage... Cet endroit dans lequel travaillaient de nombreux Carcassonnais se trouvait à la sortie de la ville, dans une zone dépourvues d'habitations.

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© Claude Marquié

L'abattoir avant sa destruction en 1985, ordonnée par le Conseil municipal de Raymond Chésa. Seules les maisons du gardien situées à l'entrée ont été conservées.

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Ironie de l'histoire, ce lieu a été baptisé "Espace Jean Cau" du nom du secrétaire Carcassonnais de Jean-Paul Sartre qui fut également écrivain et surtout, défenseur de la tauromachie. L'ancien abattoir rasé de ses bâtiments sert encore pour une autre espèce de boucherie, appelée corrida.

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© isabellechesa.com

À cet endroit, selon la volonté de Raymond Chésa — aficionado convaincu — est dressé chaque mois d'août des arènes en bois démontables. Le projet de l'ancien maire était de les réaliser en dur, mais après son décès en 2005, son successeur M. Larrat en a décidé autrement. Je ne suis d'ailleurs pas convaincu que le maire actuel soit un fervent amateur de ce genre de danses bovines sanguinaires. Pour s'en excuser, on retranche derrière la tradition... Considérons qu'il y a des traditions occitanes pacifiques et spitituelles que l'on a remisé aux placards, mais qu'il vaut mieux satisfaire et amuser une poignée d'agités de la muleta.

abattoir

Il en faut pour tous les goûts, dit-on...?

Merci à Sylvain le Noach pour son concours

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Commentaires

Il y a tellement de choses encore à découvrir et à faire partager...

Écrit par : SLN11220 | 25/02/2015

les abattoirs tuais les animaux avec respect mais les arènes perpétue la mort sans respect pour l'animal après d'atroces souffrances et c'est ignoble ce qu'on leur fait subir .....sûrement qu'il doit y avoir d'autres traditions occitanes allez vous nous les faire découvrir????

Écrit par : constance pressoirs | 25/02/2015

La dernière image est insoutenable !!!

Écrit par : brigitte | 25/02/2015

Lu dans un forum :
La corrida est à l'art ce que le viol est à l'amour.

Écrit par : ARNAUD Baptiste | 25/02/2015

La Commune, c'est à dire nous, paye la location des arènes, fournit de l'aide technique, pour des spectacles d'entrepreneurs privés sous couvert d'une association qui s'affichent comme faisant obligatoirement partie de la feria (dixit M. Larrat) - dont nous payons aussi la "subvention d'équilibre". La feria, pourquoi pas, la corrida, non. Sans parler de tous les avantages consentis aux taurins, et à eux seuls : la billetterie place Carnot, la Chapelle de la rue Barbès, l'adhésion de la Ville à l'Union des villes taurines, par exemple.

Écrit par : caac | 25/02/2015

Juste pour dire que la corrida n'est PAS une tradition occitane, même si de nombreux endroits de l'Occitanie la pratiquent. La "tradition" occitane est plutôt celle du Paratge (action de rendre égal), de Convivéncia (fait de vivre en harmonie), de Jòi (plaisir, joie, bonheur)...

Écrit par : Mirelha | 25/02/2015

Bravo Mirelha ! Anne me dit ça fait du bien d entendre cela...
La corrida ca a succédé aux autodafés de l Inquisition c est Michel de Castillo qui le dit, très bonne analyse... on comprend mieux qu avec le Franquisme, ces jeux du cirque ont prospéré et fait bon ménage avec ce pouvoir sanguinaire et chafouin. Donc aux héritiers ...Salut et vive les courses.....camarguaises.

Écrit par : Jean Louis Gasc | 25/02/2015

Jusque dans les années 50 , les chiens errants étaient amenés à l'abattoir. Si ils n'étaient pas réclamés dans les 4 jours , ils étaient abattus sur place ,dépecés ,et leur peaux allaient chez les " peïarots".
Les " agantaires de gossalha " attrapeurs de chiens étaient payés à la pièce .
Tchim- Boum - Boum en était un , on l'appelait aussi " Pesco gousses"

Écrit par : jacquesblanco | 25/02/2015

Mirelha,
Peut-être mon texte est-il équivoque ou vous l'avez mal interprété, mais jamais je n'indique que la corrida est une tradition occitane.
Je dis qu'il y a d'autres traditions plus pacifiques, notamment en occitanie qu'on a remisé au placard.

Écrit par : Martial Andrieu | 26/02/2015

De fait, c'est le commentaire de Constance ("d'AUTRES traditions occitanes") qui m'avait fait tiquer. Je partage tout à fait votre texte ! Et pardon à Constance.

Écrit par : Mirelha | 26/02/2015

les abattoirs de Carcassonne: ce qu'on ne sait pas:
Les programmes de biologie au lycée ou au collège ,comprenait, il y a un certain temps ....... des observations sur des supports animaux ou végétaux. Il fallait trouver ces supports et pendant de nombreuses années la ou le responsable du labo de biologie du lycée Sabatier, le collège de Grazailles et peut être d'autres encore, se fournissaient gracieusement aux abattoirs: l'étude des cellules sanguines à partir du sang de boeuf et surtout la légendaire dissection d'un oeil de boeuf étaient réalisées.
Quand les abattoirs ont disparu, étant donné les quantités nécessaires , toutes les manipulations que les bonnes relations entre les personnels permettaient de réaliser, ont disparu.
Peut être une anecdote mais un gros handicap au moment des faits.

Écrit par : ourliac | 26/02/2015

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