13/05/2015

Une explication rationnelle du sujet au dallage de couleur sur les remparts ?

Nous relations dans notre article d'hier, la surprise et le mécontentement de la conférencière Fabienne Calvayrac sur son blog, au sujet de la récente restauration du rempart extérieur de la Cité. Photographie à l'appui, elle s'insurgeait contre la pose de carreaux de couleurs sur le chemin de ronde que le Centre des Monuments Nationaux doit ouvrir prochainement à la visite. Nous n'avions aucune raison pour ne pas mettre en doute la bonne foi de la conférencière, accusée par certains d'avoir retouché les clichés à l'avantage de son expertise. Or, elle n'a fait que prendre ces photographies après le passage de la pluie ; ceci a eu pour effet d'accentuer les couleurs. En fin de soirée, il m'est parvenu de la part d'un internaute un nouveau cliché réalisé le matin même par temps sec. 

rempart.jpg

Même si par temps sec l'effet "salle de bains" dénoncé par Fabienne Calvayrac à tendance à s'atténuer, il n'en demeure pas moins que l'apparence des carreaux de couleur demeure. L'ABF (Architecte des Bâtiments de France) a t-il pu ainsi modifier les restaurations de Violet-le-duc et mettre ainsi à mal le classement de la Cité à l'UNESCO ?

Une explication rationnelle ?

Selon un de mes amis que l'on ne peut accuser de complicité avec le Centre des Monuments Nationaux, puisqu'il est hôtelier, le nouveau dallage est en pierre de Roquetaillade. Les carrières sont situées près de  Couiza dans la Haute-vallée de l'Aude. Cette pierre a la particularité de donner des tons ocre et bleutés, comme nous pouvons le voir sur la photo ci-dessous. Le parvis de la Basilique Saint-Nazaire a été refait avec ces matériaux.

amenagement-exterieur-mobilier-urbain.jpg

La pierre du Carcassès que l'on retrouve partout et avec laquelle la Cité a été bâtie, est très friable. Selon Stéphane Rives, la pierre de Roquetaillade était déjà utilisée par Violet-le-duc (à vérifier). Pour éviter l'effet de couleur, il aurait fallu trier les pierres afin de rendre la restauration uniforme. Ce n'est visiblement pas le choix qu'à retenu l'ABF... Je n'ai pas compétence pour juger ni du choix de la pierre, ni de l'opportunité de la trier, mais cette polémique ne serait pas née si l'ABF et le Centre des Monuments Nationaux ne travaillaient pas dans l'opacité totale en mettant les élus et les Carcassonnais à l'écart de leurs décisions. Si l'explication est rationnelle, les choix peuvent être considérés comme contestables.

Près de la tour de la Justice, cette nouvelle restauration a été décidée par la Très sainte Inquisition pilotant depuis Paris la destinée de notre Cité médiévale. Depuis que les seigneurs du Languedoc ont prêté allégeance au Roi de France, la Cité ne nous appartient plus....

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09:04 Publié dans La Cité | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

reste a prouver que Violet Le Duc aurait apprécié un tel changement dans ses choix de restauration et je n'en suis pas sûre malgré tout et c'est mon point de vue je ne trouve pas cela de bon goût ....

Écrit par : constance pressoirs | 13/05/2015

Extrait d'un article de La Dépèche, ce jour, à propos des rassemblements d'artistes dans les rues de la Cité :
"...l'élu en charge de la culture s'explique. " Le problème ne vient pas des artistes de rue qui sont là en permanence. Le malentendu vient du fait que nous voulons privilégier le «bon goût» dans un lieu tel que la cité ".
Plus loin le même article évoque les partenariats avec les monuments nationaux :
" Voici une quinzaine de jours, pour la toute première fois, le festival de Carcassonne a été présenté à la presse parisienne à l'occasion d'une conférence de presse à la direction des Monuments Nationaux, à l'hôtel de Sully. Ce fut l'occasion d'envisager des partenariats futurs entre la structure d'état et la Ville. Selon Jean-Louis Bès, l'entente avec le directeur du MCN et les élus carcassonnais est cordiale et la «volonté de faire avancer les choses» est commune. Dont acte, des projets vont se monter «de manière concertée ou collaborative». Jean-Louis Bès, affirme que le boss des Monuments Nationaux est séduit par l'expo TOLERANCE qui sera très bientôt installée au Prado, mais aussi par l'idée d'un véritable spectacle, en août, évoquant l'histoire de la Cité et la ville. Concrètement, les défenseurs du patrimoine national comme les élus locaux ont la ferme intention de s'entendre pour animer le joyau audois qui attire des millions de touristes et aussi pour «raisonner» son exploitation, à tous les sens du terme ".
Ironie ?

Écrit par : Christian | 13/05/2015

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