23/08/2015

Les victimes civiles de la répression allemande à Carcassonne

Tous les historiens s'accordent à dire que la Seconde guerre mondiale a fait davantage de victimes civiles que militaires, contrairement à la Grande guerre 14-18. Elles constituent la longue liste des otages, déportés, fusillés, massacrés par l'armée allemande. S'il  y a eu des massacres de masse qui auront marqué les esprits comme à Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne), il ne faut pas oublier qu'au quotidien les troupes d'occupation se sont rendues coupables d'exactions contre les populations des pays qu'elles occupaient. Après la Libération, les familles des victimes civiles se sont senties délaissées par les pouvoirs publics.  Les associations d'anciens combattants ne se sont occupées que des leurs. A Oradour-sur-Glane, les familles ont dû attendre des années pour que l'état reconstruise le village ; elles ont supporté pendant longtemps une existence indigne dans des baraquements. Quant aux réparations financières... Il en est de même à Carcassonne pour le massacre du Quai Riquet où la vingtaine de victimes n'a pas obtenu à égalité la mention "Mort pour la France".

Il n'est peut-être pas étrange qu'au sein de la commission préfectorale chargé des commémorations de la Libération de Carcassonne, dans laquelle siègent les représentants des associations d'anciens combattants, on n'ait pas protesté contre la disparition du dépôt de gerbe à la stèle du Quai Riquet entre 2007 et 2013. Pire encore, la date des commémorations de la Libération de la ville a été maintenant devancée au 19 août, jour de l'exécution des Résistants à Baudrigues. Or, Carcassonne fut libérée le 20 août 1944, triste journée du massacre du Quai Riquet par la 11e Panzer division. D'ailleurs, on a toujours fêté cette Libération le 20 août, comme le prouve cet article de 1984 ci-dessous.

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Je me félicite que cette année le dépôt de gerbe au Quai Riquet ait été réintroduit dans les commémorations. Grâce à qui ? Grâce à ce blog qui n'a eu de cesse de rappeler cet injuste oubli et la mémoire des victimes pendant cinq ans, avec l'appui du réseau social Facebook. Quant au changement de date au 19 août, il est simplement l'accommodement de tous à réunir en une seule date, les différents événements tragiques du 19 et du 20 août 1944. Si on ne va polémiquer à un jour près et se féliciter que 70 ans après, la mémoire soit encore honorée, en revanche choisir le 19 plutôt que le 20, n'est-ce pas considérer que le massacre du Quai Riquet est d'une importance mineure par rapport à Baudrigues ? En réunissant sous une même date différents évènements pour des facilités protocolaires, on applique la loi que souhaitait mettre en oeuvre le président Sarkozy en 2011. A savoir, réunir en une seule date (Le 11 novembre) toutes les commémorations : 8 mai 1945, 11 novembre 2011, 19 mars 1962...etc. C'était en effet plus simple pour supprimer d'un coup les jours fériés, à des fins essentiellement économiques. Quant à la vérité historique, elle repassera...

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© ADA 11

 La préfecture de l'Aude fixe au 21 août, la Libération du département.

Victimes civiles du 20 août 1994

Almaric Camille (Rieux-Minervois), Bénazet Henriette (Peyriac-Minervois), Bonnet Louis (Carcassonne, 1 rue A. France), Belbèze Jean (Carcassonne, 4 rue Teisseyre), Baratciart Jean-Baptiste (Carcassonne, rte de Narbonne), Bastide Joseph (Villardonnel), Carreras Roger (Carcassonne, Grazailles), Calvel Georges (Carcassonne, 1 rue Grignan), Caballero Marius (Carcassonne, 16 rue de la Préfecture), Dualé René (Carcassonne, 6 square Gambetta), Bichko Marguerite (Carcassonne, chemin de Serres), Ballotari Armand (Villemoutaussou), Bastide Jean (Villardonnel), Chassain Raymond (Carcassonne, 15 rue Trivalle), Jassin Gabriel (Carcassonne, 9 place d'armes), Justo Joseph (Carcassonne, hospice général), Gastou Jean (Carcassonne, 8 rue Tourtel), Gaya Louise (Carcassonne, rue Fabre d'Églantine), Gélis Pierre (Carcassonne, rue A. France), Fages Marguerite (Grèzes), Fournès Marie-Thérèse (Villemoutaussou), Mestre Eugène (Carcassonne, 46 rue du 24 février) Magnanier Émile (Carcassonne, 25 rue Laraignon), Mazzer Émile (Carcassonne, 15 rte de Limoux), Mas Charles (Carcassonne, L'île),

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Avenue du Général Leclerc à Carcassonne

Pons René (Villegly), Quintin Élie (Carcassonne, 10 impasse des rames), Milhau Pierre (Carcassonne, l'Olivette), Rey Jean (Carcassonne, Villa Jeanine à Grazailles), Raynaud Marcel (Moux),

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Route Minervoise à Carcassonne

Cette plaque a été remise en place grâce à mon intervention. Elle avait été déposée par le nouveau propriétaire de la maison sur laquelle elle était posée.

Ramon Noël (Carcassonne, 1 rte Minervoise)

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Rue J. Bringer à Carcassonne

Lacroix Paul (Carcassonne, 8 rue Trivalle), Teulière François (Carcassonne, 4 rue Fortuné), Pradelles Joséphine (Carcassonne, Villa St-Joseph au Quai Riquet), Viscarra Jean (Castelnaudary, 18 rue Fontasse), Seguy Séphirin (Carcassonne, rue A. Marty), Vérandy Auguste (né le 12 octobre 1919 à Marseille (Bûcheron, marié) demeurant à Carcassonne, tué à Pennautier.

Sources

ADA 11

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Commentaires

Oui, Martial, toutes les victimes du Quai Riquet, n'ont pas la mention sur leur acte de décès "Mort pour la France" - pourquoi ? je me suis renseigné, il m'a été répondu qu'il fallait que soit une demande faite par la famille. Et ceux qui n'en ont pas eu, ou si peu....???
Je pense à notre compatriote Joseph JUSTO dit "chimboumboum"... l'adresse qui est mentionnée à son décès, est - Hospice Général - ou est sa famille ??? personne n'était là.....
Comment réparer cette injustice ? que faire ?
Car ce personnage bien connu des Carcassonnais de cette époque, et très sympathique a rendu de nombreux services aux services de secours pour les
noyades, répondant toujours présent....lorsqu'il était libre ....
Amicalement,
Pierre-Baptiste

Écrit par : Pierre-Baptiste | 23/08/2015

Bonsoir je suis porte drapeau Rhin et Danube lezignan j ai remarqué que vous avez à juste remettre une plaque enlevée par le nouveau propriétaire comment un homme peut il enlever une plaque commémorative c est un manque de respect

Écrit par : Lafalla | 24/08/2015

La plaque avait été enlevée pour refaire la façade mais n'était pas remise après plusieurs mois. Je suis donc intervenu auprès de la ville qui a fait le nécessaire. Aujourd'hui elle a été remise en place.

Écrit par : Martial Andrieu | 24/08/2015

Bonjour Lafalla,

Je suis aussi sur le lézignanais et j'aimerais bien vous rencontrer pour parler de vos souvenirs.

Écrit par : sln11220 | 25/08/2015

Merci m andrieu pour ces précisions

Écrit par : Lafalla | 25/08/2015

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