09/11/2015

Jean-Marie Besset triomphe dans Le banquet d'Auteuil... à Paris.

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© Christophe Barreau

Jean-Marie Besset 

Ignorez-vous qu'il est en notre bonne ville de Carcassonne, un de ses enfants parmi les plus remarqués, les plus talentueux du monde théâtral ? Si, par un populiste concours de circonstances, on vous a préféré la fête d'un taureau ensanglanté au centre de l'arène, vous n'avez aucune excuse à ne pas connaître l'auteur au milieu de sa scène. Vous, gens de culture et autres bienfaiteurs des usages verbaux de cet ivre village claudiquant sur des pas immoraux, que faites-vous donc pour tirer le vrai vers le beau ? Vous restez pétrifiés au bord de l'abîme, sans aucun élan pour gagner l'autre rive. Côté jardin, un spectacle subventionné commence grâce à un protecteur de la bienséance ; la pièce est triste et souvent mal éclairée. Qu'importe la lumière, aux illuminés ! Côté cour, on compte ses deniers et sur une cour de fidèles, on se doit d'espérer. Le libertinage y est toléré, encouragé sans être dévoyé par une espèce pudique, qui fornique d'ordinaire dans l'ombre des cabinets. Amis de la morale et d'ailleurs, le rideau c'est Besset. Au moment des trois coups, levez-le ! Vous verrez, l'Élysée.

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Lassé des infidélités de sa femme, Molière s'est installé dans une maison à Auteuil. Là, vivent à demeure son jeune protégé, l'acteur prodige Michel Baron, et l'ami de toujours, l'écrivain Chapelle. Ce dernier, aimable fêtard, a invité une turbulente troupe à dîner, les musiciens Lully, Dassoucy et Pierrotin, les hommes de cour Jonsac et Nantouillet, bientôt rejoints par leur ami disparu, Cyrano de Bergerac. Ces libertins-là vont moquer (ou envier) la passion jalouse de l'auteur du Misanthrope pour Michel Baron. L'art et l'amitié peuvent-ils nous sauver de l'absurdité de la vie ?

Le Banquet d’Auteuil est une pièce originale écrite en 2011 à partir de personnages et d’évènements du XVIIe siècle français. Elle présente des personnages historiques – des artistes –, dans une langue réinventée, mais avec des thèmes que seule l’époque actuelle (et la réapparition de textes d’archives) peut aborder de front : la rivalité d’hommes mariés pour l’amour, le désir, la beauté et le talent de jeunes gens.

La pièce oppose au principal la passion, cette fixation amoureuse sur un seul objet (Molière- Baron) au libertinage débridé des amis de Molière (Chapelle, Lully, Dassoucy, Bergerac) dans leurs jeux avec des jeunes hommes (Nantouillet, Jonsac, Osman, Pierrotin).

En respectant les unités classiques (l’action se déroule en 24 heures chez Molière dans sa maison d’Auteuil), la pièce est résolument moderne dans la sincérité, l’âpreté et la cruauté des rapports, qu’ils soient de désir ou d’ambition, pour ne pas dire d’argent et de carrière.

Dans la tradition du genre littéraire du banquet tel qu'il est inventé par les classiques gréco- latins (de Platon à Pétrone en passant par Xénophon, Plutarque, Lucien, Epicure...), c'est-à-dire d'une assemblée d'hommes savants qui discourent, en mangeant, d'éthique et d'esthétique, j'ai essayé de réinventer ce genre pour aujourd'hui, à partir d'évènements d'il y a plus de trois siècles. La fin de ce Dix Septième siècle français posait, pour la première fois en Occident me semble-t-il, l'hypothèse d'un groupe d'hommes assez hardis pour défier Dieu et les bonnes mœurs. On n'en attendait pas moins de l'auteur de Tartuffe et de Don Juan, mais cette réunion de libertins, où l'onréhabilite et redécouvre des artistesou despenseurs considérables (Cyrano, Dassoucy, Chapelle, Baron, Nantouillet), ouvre la voie aux hérétiques en matière de religion et de mœurs des siècles qui suivront: Encyclopédistes, Sade, Fourier, Wilde, Groupe de Bloomsbury, Gide, Foucault, Pasolini... 

(Jean-Marie Besset)

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© Le vingtième théâtre

L'express

« Jean-Marie Besset a rédigé un texte passionnant pour les historiens … et troublant pour les spectateurs ! »

Le Monde

"Provocateur avec élégance"

Café astral

« Les amateurs de spectacles (dé)culottés y trouveront leur compte, ce n’est pas tous les jours qu’on peut apprécier une telle liberté, ni pareille érudition, au théâtre. »

Jean-Marie Besset a assité dernièrement à New-York à une lecture de sa pièce en version américaine. Nul n'est prophète en son pays... un de plus.

http://www.vingtiemetheatre.com/spectacle/le-banquet-daut...

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Commentaires

je pense que le libertinage est toujours a la mode et je dirais même surtout sur internet est flagrant j'irais voir ce film je pense qu'il va m'intéresser pourquoi pas après tout ....puisque son auteur est né a Carcassonne .....

Écrit par : constance pressoirs | 09/11/2015

Il ne s'agit pas d'un film mais d'une pièce de théâtre

Écrit par : Andrieu Martial | 09/11/2015

" Vous, gens de culture et autres bienfaiteurs des usages verbaux de cet ivre village claudiquant sur des pas immoraux, que faites-vous donc pour tirer le vrai vers le beau ? Vous restez pétrifiés au bord de l'abîme, sans aucun élan pour gagner l'autre rive. "

Mais non, cher M. Andrieu, il y a des gens qui sautent à Carcassonne, un groupuscule de pornosadiques qui sautent avec un jouissif élan à grands "pas immoraux" non pas vers "l'autre rive" mais vers l'archaïsme barbare et d'un anthropomorphisme infantile de la " fête d'un taureau ensanglanté au centre de l'arène".

Certes généralement nul n'est prophète en son pays, mais quand en plus comme vous le soulignez les responsables de la chose publique (et des fonds publics) s'emploient à baisser la tête de qui veut que nous la relevions pour regarder plus haut et plus loin et se mettent à genoux devant des histrions pathétiques, voire malfaisants, il y a de quoi désespérer, parfois, parce que c'est bête à pleurer.

Écrit par : Baptiste ARNAUD | 09/11/2015

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