22/11/2015

Les souvenirs gourmands de la pâtisserie Gau-Galinier

En 1928, Célestin Gau, ancien chef pâtissier de l'Hôtel de Paris à Monte Carlo originaire des hautes Corbières (Dernacueillette), installe sa pâtisserie à Carcassonne à l'angle des rues de la gare et du 4 septembre.

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Célestin Gau

Malheureusement en 1937, un accident de la route à la sortie de Limoux sur la route d'Alet-les-bains lui ôtera la vie ainsi qu'à son épouse.

C'est son beau-frère Émile Galinier qui reprendra cet artisanat en qualité de pâtissier, glacier et chocolatier jusqu'en 1975. Le flambeau est ensuite passé à Jacques qui a régalé les carcassonnais de son savoir faire inimitable, jusqu'à la fermeture définitive du magasin en 2003 et finalement sa vente.

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Célestin Gau ouvre alors une pâtisserie à l'angle des rues de la gare et du quatre septembre. Toute la façade est réalisée en marbre importé d'Italie.

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L'intérieur de la pâtisserie en 1930

Célestin Gau est l'inventeur d'un gâteau nommé "Le Carcassonnais" vendu dans sa pâtisserie le dimanche à la sortie de la messe. Un peu comme les Bêtises de Cambrai, c'est grâce à une recette ratée que cette réalisation vit le jour. Le brevet de fabrication est déposé mais Jacques Galinier l'a confié à sa retraite, à la pâtisserie Fuster (rue A. Ramond). On peut donc encore déguster son goût à l'orange dont beaucoup se souviennent encore.

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Chez Gau, on pouvait aussi acheter "les pavés de la cité" (bonbon au praliné) et bien d'autres pièces en chocolat à l'éfigie de notre monument préféré. Jamais on ne trouva chez Galinier de Lécitine de Soja ou d'huile de Palme dans le chocolat, que du beurre de cacao. C'est la marque des grands, fidèles à l'artisanat français de qualité.

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Le fond du magasin dans le style art déco. Si on avait été moins "idiot" dans cette ville, on aurait peut-être pu faire classer ce magasin qui aujourd'hui, a été complètement défiguré.

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La superbe devanture avec ses oeufs de Pâques

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C'est là, dans l'arrière boutique, que se fabriquaient les gâteaux. Sur la gauche, les pétrins actionnés par des courroies. Au fond, le frigidaire dans le pur style des années 1930.

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Une autre vue de l'atelier avec le four à droite

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L'ensemble du personnel

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Les boites de la pâtisserie servaient aussi la renommée de notre belle cité médiévale.

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La pâtisserie vue de nuit

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Quand Jacques Galinier a vendu la pâtisserie après 2003, l'ensemble du marbre de la façade a été enlevé. Une boutique de vêtements fabriqués en Chine s'est installée jusqu'en 2013. Depuis deux ans, c'est une friche commerciale en plein centre-ville...

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Célestin Gau et son épouse Jeanne se sont tués dans un accident de voiture en 1937, à la sortie de Limoux à la hauteur de l'usine Myris. Ils sont inhumés au cimetière Saint-Vincent de Carcassonne.

Merci à J. Galinier pour ses photos et ses souvenirs

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Commentaires

"Si on avait été moins "idiot" dans cette ville..."
Hélas, s'il n'y avait que celle-là, d'idiotie...
Heureusement que vous êtes là pour nous les rappeler ! Continuez donc ce triste recensement, et bon courage !

Écrit par : Christian Viguié | 22/11/2015

Il y avait aussi un salon de thé, nous y allions de temps en temps avec ma grand-mère, j' ai encore en tête le gout des pudding et barquettes à la creme de marron, je n ai jamais retrouvé d'aussi bons gateaux.

Écrit par : pourcheron | 23/11/2015

la patisserie chez "gau" très renommée et si bonne

Écrit par : constance pressoirs | 24/11/2015

ma belle mère qui aurait 103 ans nous racontait lorsque elle était petite le pâtissier le soir appelait les enfants du quartier et leur donnait les gâteaux qui restaient a manger sont père avait un magasin en face de chez gau et galinier c'était je crois courdial orthopédie ..

Écrit par : clarenc | 05/03/2016

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