28/03/2016

La ruine de la maison natale du savant Paul Sabatier dans Carcassonne

Inutile de vous présenter - je le suppose - l'illustre savant Paul Sabatier qui naquit à Carcassonne le 5 novembre 1854 dans un immeuble de l'actuelle place Carnot.

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Paul Sabatier né, place aux herbes n° 10, d'Alexis Sabatier (chapelier) et de Pauline Guilhem

Notre ville - toujours bipolaire et d'une grande richesse culturelle - possède deux villes (la Cité et la Bastide), deux sites UNESCO (la Cité et le Canal du midi), mais aussi deux Prix Nobel :

Paul Sabatier (1912) et Albert Fert (2007)

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Paul Sabatier

On préfèrera sans doute s'enorgueillir davantage des illustres gladiateurs de l'ovalie, dont le rayonnement ne dépasse guère les frontières du massif des Corbières. Dont acte ! Avec ceux-là, on remplit mieux les urnes depuis longtemps...

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C'est donc dans cet immeuble à droite qu'est né l'illustre savant. Si ailleurs tout se termine par des chansons, à Carcassonne tout se termine par les destructions de notre patrimoine culturel. Inutile d'énoncer ici la longue litanie des bâtisses, rayées de la carte historique de la ville. Ce qui sauve - pour le moment - le patrimoine de la bastide Saint-Louis c'est qu'il se trouve en secteur préservé. Il y a fort à parier que dans le cas contraire, les bailleurs sociaux auraient déjà pilonné le centre historique afin d'édifier des blocs de béton du plus bel effet.

Jusqu'en décembre 2010, la maison de Paul Sabatier accueillait une pizzeria. L'immeuble menaçant de s'écrouler, la municipalité Pérez prit un arrêté de mise en péril immédiat. Ceci contraint normalement les propriétaires à effectuer les travaux nécessaires... Quatre mois après et 10 employés au chômage technique plus tard, le journal la Dépêche dressait le constat suivant :

"Et depuis, rien ou presque ne s'est passé. Une première phase de mise en sécurité de la façade de l'immeuble a été réalisée. Mais la suite, c'est-à-dire la phase II, imposée par les experts, pose problème. Les investisseurs privés de l'AFUL (association foncière urbaine libre) désormais transformée en Société civile immobilière ne sont pas prêts à mettre la main à la poche. Et pour cause. À ce jour, seulement trois des huit appartements qui doivent être réalisés ont été vendus dans le cadre de la loi Malraux. Pour Michel Chadelas, qui détient près de la moitié de l'indivision, la situation relève du dilemme. « Si l'on met la main à la poche maintenant, c'est à fonds perdus. Ce serait dépenser de l'argent sans rapport, et ce, même si cela nous permettrait de commercialiser mieux les biens. Notre logique, c'est que si l'on doit démarrer des travaux, c'est sur l'ensemble, et jusqu'au bout. Pour cela, il faudrait vendre trois appartements de plus et je prendrai le risque de deux pour moi, quitte à les louer… », explique l'homme d'affaires. Ce qu'il espère, c'est bénéficier d'un délai pour relancer la commercialisation de l'immeuble pour, et c'est son hypothèse récurrente, lancer le chantier en fin d'année pour une livraison un an plus tard. "

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La plaque sur la façade

"Du côté de la Ville, c'est l'impatience. Tamara Rivel, adjoint au maire en charge de l'urbanisme, n'est pas du tout dans la même logique que ces investisseurs. Ils seront d'ailleurs mis en demeure de démarrer très vite les travaux de la phase II dès la date butoir. « Ils doivent comprendre que plus ce bâtiment prend l'eau, plus il s'abîme », souligne, logiquement, l'élue. La phase II impose, essentiellement, la destruction du plancher du dernier étage et la reprise complète de la toiture. Un investissement, utile, mais que les promoteurs ne semblent pas en mesure d'assumer. Si tel est le cas, c'est la mairie qui réalisera les travaux, comme l'impose l'arrêté de mise en péril. Puis, elle devra demander des comptes aux investisseurs… « Là aussi, si je me fie au rapport d'expert, ce serait de l'argent perdu pour tout le monde », regrette Michel Chadelas. « On serait obligé de détruire, par la suite », ajoute-t-il. Le dossier est dans l'impasse pour l'instant. La reprise, timide, de l'immobilier pourrait le faire évoluer. Mais quand ? Trop tard pour sauver l'institution Pizza Pepone en tout cas."

Six années sont passées... Où en est ce dossier ? Vu de l'extérieur, l'immeuble n'est pas très reluisant et quand on jète un coup d'oeil derrière les vitres de l'ancien commerce, on comprend vite qu'il s'agit d'une friche - une de plus - au coeur de la bastide Saint-Louis. 

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La maison où vécut P. Sabatier à Toulouse

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Est-il utile de comparer les deux immeubles ?

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La tombe de Paul Sabatier se trouve au cimetière St-Vincent de Carcassonne.

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Commentaires

Le problème des investisseurs est la rentabilité à court terme. Celui de la municipalité reste plus opaque mais il semble qu'elle ne veuille rien déboursée. Et heureusement que Paul Sabatier est né dans cette maison, sinon je pense qu'elle aurait été détruite. Regardez ce que devient la maison de C. en face. J'ai contacté la mairie lorsque j'étais propriétaire du 52 rue de Verdun car les pigeons de la maison de C. envahissait la mienne. C'est moi qui ai dû faire des travaux pour empêcher les pigeons d'envahir mon immeuble. C. n'a même pas été inquiété et la maison tombe en ruine. Les politiques sont des rigolos.

Écrit par : JOSEPH | 28/03/2016

Certes ! Mais la renommée de Puig-Aubert - qui a joué au rugby à XIII est-ce utile de le rappeler ? - a, elle, franchi les frontières et va même jusqu'en Australie. Ne soyez pas si sévère avec le plaisir que peut procurer le sport qui ne remplit pas nécessairement les urnes !

Écrit par : Mirelha | 28/03/2016

pas evident d'investir dans la Bastide !, les contrainres imposees sont telles que les depenses envisagees peuvent depasser et de loin la rentabilité . Pas etonnant que les propietaires a defaut de pouvoir vendre et de financer les travaux laissent les batiments en l 'etat .Alors a defaut d'exiger , pourquoi les instances locales n 'achetent pas ,ne restaurent pas et louent ensuite .Mais les conseilleurs ne sont pas toujours les payeurs !!

Écrit par : Loupia jeanclaude | 28/03/2016

Le centre-ville de Carcassonne se meurt à petit feu depuis longtemps. Les commerces se déplacent en périphérie, périphérie toujours plus grande, toujours plus éloignée ; se garer en ville relève du défit ou alors d'un porte-monnaie remplit de monnaie. Personnellement je circule en vélo mais tout le monde ne peut pas... Même le marché du samedi est de plus en plus clairsemé. Comment voulez-vous alors que l'on investisse, que l'on habite en ville ? C'est très triste et grave car pour renverser le phénomène il faudrait beaucoup de moyens, de volonté et d'énergie.Il reste encore l'animation des sorties des collèges, des écoles primaires et les touristes (qui s'étonnent d'un centre si triste).

Écrit par : J.Ourliac | 28/03/2016

Effectivement, les politiques ayant créé la désertification du centre ville - en acceptant, intéressés... l'implantation de grands centres commerciaux autour de la ville, et ça continue - ne vont pas se pencher sur le problème qui ne leur apporte aucune rentabilité. Il faudrait prendre exemple sur Albi, mais savent-ils qu'Albi s'en est sorti? Bientôt les collèges et les écoles primaires ne seront plus en centre ville et iront rejoindre les cinémas qui animent les complexes. Les cons quoi? Nous ne sommes plus au temps de Pierre et Maria Sire ni au temps de René Nelli. La communication fait feu de tout bois (sms, mail, visio, etc.) et Carcassonne brûle.

Écrit par : JOSEPH | 30/03/2016

comme tous ces commentaires sont justes - qu'est devenue notre ville ,la rue de la gare toujours animée et le marché aux herbes qui faisait l'admiration des touristes , avec ses produits frais --sans revenir en arrière , essayons au moins de maintenir la vie---

Écrit par : arino-marcelle | 30/03/2016

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