06/06/2016

La construction du collège du Viguier (Émile Alain)

Le collège

du

Viguier

est le bâtiment scolaire de cette importance le plus rapidement construit à Carcassonne. D'un point de vue administratif, le dossier sera rapidement bouclé et une première délibération de principe validée le 30 novembre 1964. L'ouverture du chantier se fit le 1er mars 1966 et se termina avec l'ouverture de l'établissement le 15 septembre suivant. Soit exactement en 6 mois et demi...

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Une révolution due au procédé de construction de type métallique industrialisé avec ossature métal et murs rideaux constitués par des panneaux Glassal, aussi bien en allège qu'en longs pans. Le plancher est constitué par des poutres métalliques avec remplissage en béton armé. L'isolation phonique et thérmique est obtenue grâce à des feutres, mais pour avoir été élève dans ce collège je peux vous dire qu'au printemps on commençait à cuire dans les classes de cours. Il fallait tirer les rideaux et travailler dans l'ombre.

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Le coût total de l'opération reviendra à 3 244 700 francs avec un financement de la ville à hauteur de 21%.

Les professeurs

Ma génération a connu : Monsieur et Madame Arletaz (Directeurs) ; Mesdames Georges (EMT), Brocard (Sciences), Rodriguez (Anglais), Maynard (Français), Fleuré (Français), Villeprun (Mathématiques) ; Messieurs Valembois (Sciences), Gout (Sciences), Marquié (Histoire), Béranger (Français), Cabrol (Sport), Héléna (Musique), Grassiette (Musique), Capéra (CDI), etc...

Ce collège était dans les années 80 constitué par une équipe enseignante humaine et pleinement engagée dans ses missions. Comment ne pas la remercier...

La sculpture de Camberoque

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À l'intérieur du collège, une sculpture a toujours retenu mon attention. Malheureusement, aucun professeur ne nous a jamais indiqué qui en était l'auteur, ni ce qu'elle représentait. Ce sont des sculptures en béton, une technique mise au point par Jean Camberoque dans les années 70 ; une de ses oeuvres est installée définitivement dans le Musée de la Fôret de Sénard, en région parisienne.

"Trois peintres, nous l’avons vu l’autre semaine, ont été invités à faire un grand pas vers l’architecture en préparant des maquettes pour la façade du nouvel immeuble de Radio-Luxembourg. On a donc retrouvé traduits à une échelle monumentale, les disques de Vasarely, les paraphes de Mathieu et le fin réseau de lignes enchevêtrées de Carzou.
Une autre expérience vient d’être faite à Narbonne, et toute différente. Car nul ne retrouvera dans cette composition en béton, exécutée pour l’EDF, l’univers familier de son auteur, qui, sur ses toiles, peint des moutons pareils à de grosses pierres sur les causses, des toreros et des vieilles femmes goyesques. Camberoque a résolument tourné le dos à son répertoire. Il a sculpté un mur de dix-huit mètres de long sur quatre mètres de haut et il a choisi de façonner, de sculpter au marteau-piqueur dans une masse de béton de dix-huit tonnes d’immenses corolles striées.
Il y a du soleil à Narbonne Camberoque le sait et c’est en fonction de cette lumière implacable, qu’il a conçu des énormes corolles où le noir et le blanc, se relayant à mesure que les heures passent, donnent au spectateur l’illusion que ces pétales tournent comme des roues gigantesques. C’est très joli, le cinétisme, mais quand un peintre a du talent, il n’a que faire de la mécanique et de l’animation. L’œuvre bouge toute seule. Voilà qui nous change aussi, à l’opposé, de ces gros blocs de béton tout bêtes, pétrifiés et que l’on veut faire passer pour de la sculpture.
Autrefois, les statuaires, les meilleurs du moins, savaient qu’il fallait observer longtemps le futur emplacement de leurs statues et aller jusqu’à étudier les conditions climatiques de l’endroit. Faute de quoi, la pluie risquait à la longue, de recouvrir les corps d’un vilain lichen noirâtre. Quand au soleil, il collabore lui aussi avec le sculpteur. Mais voilà longtemps qu’on ne se soucie plus de la destination d’une sculpture. L’exemple du béton de Camberoque mérite d’être suivi."

(Pierre Mazars / Le Figaro littéraire)

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Sculpture de J.Camberoque (Forêt de Sénart)

Merci à Charles Camberoque pour son aide

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Commentaires

Que de souvenir, les années 80 est aussi ma génération et tous les noms cités plus haut ont pour moi un visage.
Qu'est ce que donnerais pour revenir à cette époque, et revoir certains de mes camarades de classes qui pour certains nous ont déjà quitté

Écrit par : domingo | 06/06/2016

Bonsoir, qui était ce monsieur Alain Emile ? Merci. Je pensais que c'était notre poète, ou écrivain Allain.

Écrit par : DELSOL | 06/06/2016

Effectivement, je rejoins le commentaire plus haut! une époque formidable avec des profs hors du commun! Aujourd'hui, je suis CPE principale adjointe et je ne peux m'empêcher aujourd'hui en passant tous les matins devant ce collège d'avoir une pensée pour mes anciens camarades et mes professeurs! Les voyages scolaires... la neige au collège .... Je pourrais en parler des heures!

Écrit par : BETEILLE GRAS | 07/06/2016

Outre le Musée de la Faisanderie de la forêt de Sénart, en banlieue parisienne et le collège du Viguier, on peut voir d'autres grands "murs de béton" signés Jean Camberoque à Nîmes et Narbonne.

Écrit par : charles Camberoque | 08/06/2016

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