06/10/2016

La fin de l'église catholique romaine dans l'Aude, d'ici 30 ans...

L'ancienne église de Carcassonne (ecclesia Carcassensis), plus tard ecclesia Carcassonensis, a été fondée au cours du Vie siècle. Saint-Hilaire peut être considéré comme le premier évêque et il y a lieu de croire qu'il fut le prédécesseur immédiat de Sergius, qui siégea au 3e concile de Tolède en 589. A la suite du Concordat de 1801, le pape Pie VII a prononcé l'extinction de l'ancienne église de Carcassonne et a constitué une nouvelle église rattachée à la métropole de Toulouse (Bulle du 19 novembre 1801). Le nouveau diocèse a été formé par le département de l'Aude et, jusqu'en 1823 par celui des Pyrénées-Orientales. Il comprend, outre l'ancien diocèse de Carcassonne, la plus grande partie des diocèses de Narbonne, de Saint-Papoul et d'Alet et une partie notable du diocèse de Mirepoix. Chacun de ces diocèses avait son propre évêque.

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L'Aude 

(1978 - 2016)

En 1978, le département de l'Aude compte 272 366 habitants. Le diocèse est divisé en 7 zones (Carcassonne, Carcassès, Razès, Narbonne, Narbonnais, Corbières, Lauragais) avec à l'intérieur des doyennés. Bien entendu, chaque village constitue à lui seul une paroisse, avec le plus souvent un prêtre. Si l'on ne prend comme indicateur que le nombre d'ecclésiastiques au service des paroisses, le diocèse de l'Aude possède en 1978 : 13 doyens, 75 curés, 8 vicaires économes, 46 vicaires coopérateurs. Déjà à cette époque, on observe un clergé vieillissant ; les nouveaux seront trop peu nombreux pour, le moment venu, remplacer les anciens. Il y a 60 curés nés entre 1909 et 1918, contre 15 nés après 1939. 

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Aujourd'hui, la population du département est de 374 868 habitants. Le diocèse a été contraint de se réorganiser en découpant la multitude de ses anciens paroisses en 14 grandes paroisses. Elles sont partagées entre le 68 prêtres, 10 diacres et 31 laïcs et religieuses qui doivent faire des kilomètres pour dire la messe dans un village, une fois sur deux, voire sur trois. Parfois, plus du tout...

Carcassonne 

(1978 - 2016)

La doyenné de Carcassonne comptait à elle seule 22 curés : MM. Alquier, Alvernhe, Andrieu, Balue, Belloc, Bonhoure, Denarnaud, Escoupérié, Garrouste, Pujol, Raucoule, Raynier, Tico, Vaqué, Zago, Bories, Cazaux, Chamayou, Laux, Mazières, Sabatier, Vergnes. Du côté de la communauté de religieux et religieuses : Couvent des Capucins, Sainte-Famille, Filles de charité, Ordre de Notre-Dame, Soeurs de Massac, Soeurs de St-Joseph de Gérone, Dominicaines d'Albi, Soeurs de Parme, Soeurs Blanches.

Aujourd'hui, la ville de Carcassonne ne compte plus que 5 prêtres : MM. Bergnes, Caraguel, Remaury, De la Soujeole, Gardey de Soos. 2 prêtres associés et 2 prêtres résidants. Soit au total 9 prêtres, là où elle en comptait 22, il y a 38 ans... A ce rythme là, on peut imaginer que les services de l'église catholique romaine dans le département de l'Aude auront disparu dans une vingtaine d'années.

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La chapelle St-Martin a été rasée en février 2016

Nous n'aborderons pas l'épineux sujet des finances du diocèse... Juste rappeler à ceux qui se servent de l'actualité islamophobe à des fins politiques, qu'ils devraient donner au dernier du culte ; c'est la principale ressource de l'église et elle fond comme neige au soleil. Que sans cet argent, les églises seront amenées à disparaître faute d'entretien et surtout, de présence des laïcs. Rappeler également qu'en 1978, l'église de l'Aude possédait un service pour les migrants avec l'abbé Barthès.

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Commentaires

c'est terrible mais les gens ne fréquentent plus les églises certains ont la foi mais ne pratiquent plus quel dommage de détruire les églises Carcassonne a un passé riche en religion tout nous le prouve mais voilà ...le modernisme .....

Écrit par : constance Pressoirs | 06/10/2016

Heureusement qu'on ne mesure pas une Eglise à son nombre de prêtres !!! Il vaut mieux un berger sans troupeau ou un troupeau obligé de se regrouper avec un autre troupeau car il manque de berger ???
Et les rassemblements de jeunes vous les notez? Le fait que l aumônerie de Carcassonne qui comptait 7 jeunes il y a 4 ans en compte 40 aujourd'hui?

Écrit par : Violaine | 06/10/2016

Les églises se vident de leurs ouailles au même titre que les vocations se raréfient.
Je suis stupéfaite quand, depuis quelques mois, on revendique à qui mieux mieux, que la France est catholique.
Cela n'a plus aucun sens aujourd'hui, en tout cas pour une majorité de français.
Se servir de la religion à des fins de racisme, Mon Dieu!! Tout le contraire de la foi.

Écrit par : brigitte | 06/10/2016

Les chiffres sont certes vrais, mais pourquoi citer tant de points négatifs si on ne cite même pas les points positifs, la France n'a parlé que 9 secondes des JMJ au journal télévisé et pourtant il y avait bien 2 millions de jeunes rassemblés autour du pape en Pologne ! Nous étions d'ailleurs 35 jeunes du diocèse très motivés et impliqués dans notre diocèse !
Il est facile de remarquer les points négatifs et de se baser sur des chiffres, cependant les catholiques dans l'Aude ne sont pas morts, ils sont bien vivants et impliqués dans leur paroisse, le diocèse n'est pas mort et n'est pas prêt de mourir !
Nous vous invitons donc a venir dans les églises et a voir la jeunesse qui se lève dans des paroisses, nous vous invitons a venir aux aumôneries ou nous nous rassemblons pour discuter, prier et agir, nous vous invitons tout simplement a être des membres actifs de l'église dans l'Aude au lieu de la regarder en pensant qu'elle va s'éteindre !

Écrit par : ... | 06/10/2016

Bonjour, je croyais que St Gimer avait été le premier évêque de Carcassonne

Écrit par : Gimer | 06/10/2016

Cet article n'est pas une étude, mais une comparaison entre 1978 et 2016 du nombre de prêtre exerçant dans les paroisses. Il n'est pas non plus une critique ; il cherche à éveiller sur une situation catastrophique des finances du diocèse et de la crise des vocations.
L'église ne disparaîtra peut-être pas, mais il n'y aura plus que des laïcs. Faute d'argent, la plupart des édifices devront être fermés ou abandonnés faute de fiances pour les restaurer.
Dire les choses, ce n'est pas les souhaiter et permettre (peut-être) une prise de conscience.

Écrit par : Martial Andrieu | 06/10/2016

Je pense que même si l'objectif peut-être une prise de conscience, cela peut paraître décourageant. Certes il faut dire ce qui est mais à dire la vérité, autant tout citer. Comme par exemple des jeunes qui vont à l'aumônerie tous les mois, des jeunes qui vont à des week ends pour en rencontrer d'autres qui ont les mêmes croyances qu'eux et s'amuser ensemble.
Parler aussi de la centaine de jeunes du diocèse qui reçoit la confirmation chaque année.
Parler aussi de la marche aux flambeaux qui a lieu tous les ans le 15 août (depuis 3 ans) à Carcassonne et qui cette année comptait plus de 500 personnes!
Et tant d'autres exemples qu'il serait bien de prendre en compte!
Donc j'espère que l'Eglise catholique romaine dans l'Aude ne sera pas fini d'ici 30 ans, mais en tout cas je sais qu'il y en a qui seront là pour la faire durer.

Écrit par : Manon | 06/10/2016

Pourquoi écrire un article si dépréciatif envers la communauté catholique audoise ? Quel dommage qu'il ne soit pas mieux documenté sur les actualités des paroisses de la ville et son agglomération..

L'amour de Dieu pour ses fidèles et comme une flamme, qui à Carcassonne ou ailleurs ne s'éteindra pas ! Toujours portée par des générations et des génération, dans trente ans ou dans cent, la foi sera toujours là, élevée, haut et fort par les catholiques que cet article ne pourra que décevoir ! Alors que plusieurs projets sont menés par des équipes motivées, dont l'article ne fait pas mention, ne vous découragez pas en lisant ces lignes, et entrez dans les lieux de culte, dans l'Aude et partout dans le monde

"Vous êtes le sel de la terre" Matthieu 5:13.

Écrit par : Manonie | 06/10/2016

oui, l'église de l'Aude se meurt.
Souhaitons que les jeunes qui témoignent au-dessus la sauve mais les chiffres et le constat est réel.

Écrit par : cecilia | 06/10/2016

Mr Andrieu, vous mettez le doigt où ça fait mal. En effet les chiffres sont cruels, ils devraient inciter les responsables à analyser les causes de cette crise et à changer les orientations pour redresser la barre. Le journal La Croix, journal réputé progressiste, qu' on ne peut accuser de vouloir donner une image négative et pessimiste de l’Eglise de France a publié il y a quelques mois un article très intéressant qui dresse l’état des lieux de la situation de l’Eglise catholique en France. Outre le fait que les données rapportées sont précises et clairement énoncées, On y apprend notamment qu’en 2000, si 50% d’une classe d’âge était baptisée, aujourd’hui ce taux est passé à 32 %, soit une baisse de plus de 1% par an. Pour rappel ce taux était de 71% en 1980 !
Les mariages eux, ne pourront hélas plus chuter tellement leur nombre devient faible : si 61 % des mariages se faisaient à l’église en 1980, ils n’étaient plus que 16% en 2010.
Pour le nombre de prêtre, le constat est le même, passant de 38291 en 1980 à 13822 en 2011, avec une moyenne d’âge de 72 ans !
Quelques évêchés sont sur la voie d'un redressement mais on les compte sur les doigt d'une main. Pour s'en sortir il faut tourner le dos à toutes les dérives post-conciliaires.
Personne ne peut se réjouir d’un tel désastre, car il ne constitue pas seulement le péril d’une institution, mais un péril pour la civilisation sur laquelle nos pays européens se sont construits durant 2000 ans.

Écrit par : Authier | 10/10/2016

Pour répondre à Gimer : si mes renseignements sont exacts, Gimer fut évêque de Carcassonne en 925, et c'est sous son épiscopat que l’église abbatiale de la Cité est mentionnée pour la premiere fois, sans doute dans le cartulaire de Mahul. HILAIRE (de Carcassonne) est bien de premier évêque de ce diocèse. A la fin de sa vie, il va s'installer à St Hilaire (sur Lauquet) et fait construire une villa : nous sommes encore sous dominance wisigothe, avec Theodoric II, roi wisigoth de Septimanie, et ses descendants.

Hilaire devient évêque de Carcassonne en 550 environ. On retrouve les traces d'une chapelle qui fut construite à l'emplacement du présent cimetière. On peut penser que cette chapelle fut édifiée proche de la maison de Hilaire. Un hameau fut construit pour les serfs qui vivaient et travaillaient la.

En 586, Carcassonne est propriété du roi Wisigoth Reccaret (G.Bordenave), ou Recarède 1er, dit "le Catholique", né en 559, mort en 601 à Tolède. Il fut roi de Septimanie de 586 à 601. Son règne est marqué par la conversion des Wisigoths de l'arianisme à la chrétienté.

Hilaire meurt en 589. Il est enterré dans sa propriété de St-Hilaire.
Plus tard - trois siècles plus tard - les moines bénédictins fonderont l'abbaye que nous connaissons aujourd'hui.

Écrit par : Lise | 15/10/2016

Il faut dire et écrire ce qui est, c'est juste. Entre le trop grand pouvoir de l'Eglise et le plus de pouvoir du tout, il devrait y avoir un moyen terme. Tout ceci est fort triste. Votre parallèle entre les années fin '70 et aujourd'hui (2016), presque 50 ans plus tard, est remarquable ; merci.

Écrit par : Lise | 15/10/2016

A lise : Bravo pour ces intéressantes informations. Il me semble que Gimer était serf et ensuite mitron ou ouvrier boulanger ce qui ne l'a pas empêché de devenir évêque comme quoi on pouvait gravir l’échelle sociale au Moyen-Age.
Les wisigoths sont passés de l'arianisme au catholicisme car l'arianisme était une religion chrétienne.

Écrit par : Authier | 15/10/2016

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