20/10/2016

Mort, comme un lundi à Carcassonne...

A Carcassonne, on connaît la chanson sur le bout des doigts... Les commerçants se plaignent toujours sans jamais regarder au final ce qui ne fonctionnerait pas dans leur comportement. C'est-à-dire, les bases du commerces ; à savoir, un sourire et un bonjour. Si autrefois ces qualités indispensables suffisaient, il n'en est pas de même aujourd'hui avec la concurrence d'internet et des grandes franchises dans les zones commerciales. Le premier reste ouvert 24h/24 et 7j/7 et le second, le dimanche et les jours fériés. Pendant ce temps, nos chers commerçants du centre-ville continuent à laisser leurs rideaux baissés le lundi, soit deux jours consécutifs. On peut toujours s'en prendre au mauvais temps, à la mairie ou au bon Dieu pour pester contre la baisse du chiffre d'affaire, mais il serait temps de se remettre en question. Non ? Or, il semblerait qu'à l'exception de quelques indépendants comme la Maison de la presse, les autres restent enfermés dans leurs certitudes d'un autre âge ; celui où le défaut de concurrence leur permettait de pratiquer des prix abusifs, de faire la tronche au client et de rester fermer le lundi. Oh ! certes, nous ne généralisons pas mais quand même, c'est du vécu. 

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Un lundi à Carcassonne

Pour tenter de convaincre que rien ne change à Carcassonne - dans l'état d'esprit des commerçants - nous avons décidé de retranscrire ci-dessous un article publié par La Dépêche du Midi en février 1993.

"Le lundi, Carcassonne n'offre pas son meilleur visage. Rues désertes, rideaux de fer, magasins baissés. Le passant... passe son chemin, trop heureux de retrouver plus vite son doux foyer. 

Ville morte ou simplement endormie ? Ville, c'est sûr, où il ne fait pas bon se transformer en consommateur. "Difficile de chiffrer le nombre de commerces ouverts toute l'année le lundi, reconnaît André Breffeil, coprésident de l'Union des commerçants. Sans trop se tromper, on peut avancer un pourcentage proche de zéro." Simple constant, sans amertume. Car la prise conscience est, tout de même, là. Bien sûr, le métier est prenant et l'on travaille beaucoup, poursuit André Breffeil. Cependant, cette période difficile devrait inciter un plus grand nombre à faire des efforts. Une animation cohérente de la ville doit passer par une ouverture maximum, tous les lundis après-midi (au moins) et entre midi et deux heures, durant les périodes fortes (fêtes, mois d'été...). Sinon, le serpent se mort la queue : moins de magasins ouverts égale moins de clients égale moins de magasins ouverts. Comment s'étonner alors que beaucoup s'évadent le lundi vers Toulouse et Montpellier pour faire leurs achats ?

Aujourd'hui, outre les épiceries et autres boulangeries, seul Monoprix et quelques enseignes nationales de prêt-à-porter s'offrent au client le premier jour de la semaine. Une situation qui agace prodigieusement Maryline Palacio, patronne de Mamona, l'immanquable bazar de la rue Clémenceau. "Je trouve inadmissible qu'un boutique soit fermée deux jours de suite. C'est franchement anticommercial. Carcassonne n'est quand même pas un village ! J'entends régulièrement des clients se plaindre et me dire : "Y a rien d'ouvert". De mon côté, ce jour est en général très bon. J'ai moins de monde mais j'effectue de meilleures ventes.

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© L'indépendant / Claude Boyer

Nathalie Bastouil de la Maison de la presse, ne ferme son magasin que le dimanche après-midi. Et ne déteste pas le tintement du tiroir-caisse, le lundi soir, au fond de la rue piétonne. "Les touristes - ou les nouveaux arrivants - s'étonnent souvent auprès de nous de voir tant de boutique fermées, explique t-elle. Or, je crois qu'après le week-end, il y a une réelle envie de renouer avec la ville, de s'informer et de dépenser quelques sous."

Source

La dépêche / Février 1993

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Commentaires

dommage mais peut être est ce le mauvais temps aussi a moins que cela ne soit un peu de fainéantise .....

Écrit par : constance Pressoirs | 20/10/2016

Il en est de même a Narbonne

Écrit par : puche christiane | 20/10/2016

Triste réalité, mais tradition durable. Jusqu'à quand ?

Écrit par : Christian Viguié | 20/10/2016

Restons optimistes et parlons plutôt des commerces en centre ville ouverts 6 jours / 7, avec un site internet 24h/24 et même un Drive pour les plus pressés. Et oui, ça existe, dans la rue juste à côté...!!!

Écrit par : Confitures Occitanes | 20/10/2016

Désolé, mais j'en rajoute une couche : ouverture vers 9h30 voire 10h. Pour l'après-midi, comptez 14 h 30. Il faut savoir qu'à Limoux, si vous n'ouvrez pas à 9h vous passez pour un feignant. A ceci vous complétez par le nez que l'on vous tire si vous n'achetez pas obligatoirement le vêtement que vous avez essayé. Je n'y peux rien si les chaussures sont trop étroites ou si la veste me donne l'air d'un Pinocchio. Résultats comme je déteste acheter en ligne, je vais à Toulouse. Le choix est plus grand et surtout on est aimable avec vous, patient, de bon conseil et si vous n'achetez pas systématiquement dans les magasins où vous êtes client personne ne vous le fait sentir. C'est un constat très triste car les commerçants il y a quelques années étaient soucieux de bien faire, il y en a encore dans Carcassonne, sachez-le, mais ils sont denrée rare.

Écrit par : J. Ourliac | 20/10/2016

Il est vrai que si l'on regarde attentivement la photo de la rue piétonne, on ne peut pas nier que pour une artère piétonnière de ville préfecture, l'ambiance n'est pas à la kermesse. Je rejoins assez l'avis sur "l'habitude".
Quand on n'est "pas d'ici", c'est assez effrayant et cette inertie est à mon avis bien installée dans l'Aude.
Dommage, quel magnifique département!

Écrit par : Kergomard | 20/10/2016

C'est sur que si les commercants ouvraient le lundi et sils etaient plus aimables, on eviterait d'aller dans les zones, il n'y a plus de commerces ouverts, et tout ferme a Carcassonne, les petits commercants ne se posent pas de questions, en effet c'est le serpent qui se mord la queue, a Ales tout ce passe en centre ville, enormement de commerces, gens aimables, pas de commerce en peripherie, il fait bon vivre......Que les commercants reagissent !.....enfin,il serait temps

Écrit par : Ourliac | 20/10/2016

Bonjour. Le pire à Carcassonne c'est de se voir refuser une table place Carnot pour y manger à 22 heures en plein été alors qu'un concert s'y joue, du vécu ; la raison évoquée est qu'ils ont éteint les fourneaux et qu'ils ont fait leur chiffre. Heureusement qu'à la Cité se sont de vrais commerçants toujours prêts à vous accueillir quelque soit l'heure. Le problème de la majorité des commerces de la bastide c'est que se sont pour beaucoup des fils/filles à papa qui ont hérités... Quel gâchis ! Je ne plains pas ce genre d'individus qui ne mérite que le passif de leur comptabilité.

Écrit par : Volovent | 20/10/2016

il faut savoir que les employés doivent avoir 2 jours consécutifs de repos; que les commerçants qui travaillent seuls ont besoin de se reposer 1 jour, et qu'ils ont besoin d'un autre jour pour faire toute la paperasserie et le courrier.
Par contre, le sourire et le bon accueil courtois doivent être généralisés.
moi aussi, j'ai été refusée dans un restaurant parce que c'était 13h30, nous étions 5 personnes?

Écrit par : plessis marthe | 20/10/2016

Bonjour MArtial
Et bien je fais partie de ceux qui ouvrent le lundi, certes lundi apres midi, ensuite le dimanche matin et également les jours fériés bien souvent toute la journée et en dépit du fait que je sois en plus très malade

Écrit par : Zajderman Christine | 21/10/2016

Merci pour analyse pertinente ... ne vous arrêtez pas à deux rues . Commerçant j ai déjà ouvert les lundis apm mais sans succès . Aujourd hui vérifier si les horaires des maries des côtes administratives vous satisfont ? .. ... il est plus facile aujourd hui de vouloir que de pouvoir .. ainsi monsieur Andrieu si je souhaite vous entendre. Hanter un lundi à 22 hop est ce que vous le pourriez ? ...
mais je range cependant à. Votre analyse

Écrit par : Cogny | 22/10/2016

En Français ça donne quoi?

Écrit par : fraisse | 23/10/2016

VOTRE ARTICLE me fait bien sourire et je me souviens.......J'arrive à CARCASSONNE de PARIS, en 1975,je vois un joli sac en vitrine, le prix cher! mais il me plaisait, je rentre pour demander à voir le sac.....CE N'est pas possible , vous avez vu l'heure ! il est midi moins 10...........Je suis restée sans voix...J'ai fait demi tour sans rien dire.... ET J'ai appris que le commerçant était le président du SYNDICAT D'INITIATIVE.......UNE AUTRE FOIS, je cherche un toile ......une seule toile ..... ALORS VOUS AUSSI IL VOUS FAUT DU CHOIX!........ je suis devenue commerçante dans un village.....ET J'ai été une très bonne commerçante.....

Écrit par : VACQUIER NICOLE | 27/10/2016

Je suis al la recherche de Marciaux, qui reageren sur la article, Le mystère est levé sur le cadavre de la tombe 17...
Je suis Le petit fils de Dr. Marcel Cannac.
Je habite a Hollande, je parle Française.

Écrit par : Daniel de Hoog (Cannac) | 18/11/2016

Contact par email posible, daniel@familiedehoog.nl

Écrit par : Daniel de Hoog (Cannac)d | 18/11/2016

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