28/10/2016

Un accident mortel évité dans la rue de la... Gaffe.

Si l'on prend soin de lever la tête et d'observer ce qui nous entoure, on est parfois surpris par ce que l'on découvre. En nous promenant rue Barbacane, arrêtons-nous au pied d'un oratoire avec un Christ en croix. Jusque là, me direz-vous, rien d'exceptionnel ! Toutefois, quand le sauveur des hommes est placé à l'angle de la rue de la Gaffe (cela ne s'invente pas) avec un ex voto placé au-dessous de lui... 

"Remerciements pour accident mortel évité"

(Année 1949)

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Apprécions simplement les dons divinatoires du rédacteur de cet ex-voto... 

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27/10/2016

La Cité médiévale sujet d'illustration pour les partitions de musique

Nous avons trouvé une partition piano-chant de la compositrice Augusta Holmès éditée en 1900 : Ogier le Danois. La cité médiévale de Carcassonne dessinée par Gaston Bussière (1862-1928) illustre la première page.

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"Holà ! Ho ! Gardiens de ces tours !
Ogier le Danois réclame sa ville !
Je viens d'Avallon, la merveilleuse île
Où vivent les Preux dans de clairs séjours !
Hola ! Ho ! Ho ! ouvrez-moi ma ville,
Gardiens de ces tours!"

Cavalier géant, plus haut que nos chênes,
Que clâmes-tu donc en levant les bras ?
Es-tu le Héraut des luttes prochaines ?
Nous sommes petits et nous parlons bas,
Nous sommes vaincus, nous aimons nos chaînes !
Passe ton chemin ! Nous n'ouvrirons pas.

"Holà ! Ho ! Gardiens de ces tours !
Ogier le Danois, c'est moi, votre maître !
Vous ne voulez donc pas me recconaître ?
Je ne suis parti que depuis trois jours !
Holà ! Ho ! Holà ! Ho !
C'est moi, votre maître,
Gardiens de ces tours !"

Ogier le Danois ? Etranger, tu rêves !
Il a disparu depuis trois cents ans !
Nous ne voulons plus de guerres sans trêves...
Nous avons de l'or, des palais luisants,
Et pour nos plaisirs les nuits sont trop brèves...
Et nous oublions les héros absents !

"Adieu donc gardiens de ces tours !
Vous n'entendrez plus ma voix qui vous crie:
Gloire! Honneur ! Vertu ! Devoir et Patrie !
O mon seul désir, mes seules amours,
O France ! O France ! O France fleurie !
Adieu ! Adieu ! Adieu pour toujours !"

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Augusta Holmès

(1847-1903)

Née à Paris le 16 décembre 1847, Augusta Holmès est l'une des très rares compositrices de son temps. D'origine britannique, elle obtient sa naturalisation française en 1873. C'est également la filleule d'Alfred de Vigny dont on pense qu'il fut son père naturel. Elle entretiendra une liaison avec le poète Catulle Mendès dont elle aura cinq enfants. Les trois filles seront peintes par Auguste Renoir.

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"Les trois filles de Catulle Mendès"

(Auguste Renoir)

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26/10/2016

La libération de la ville de Limoux, le 20 août 1944

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Le 20 août 1944, la ville de Limoux est libérée des Allemands. Ses enfants engagés dans les maquis de la Haute-vallée ont payé un lourd tribu à la liberté. Beaucoup d'entre eux furent pourchassés, tués ou envoyés en déportation par les Nazis avec le concours de la Milice Française. Dans ses rangs, figuraient un nombre conséquent de Limouxins engagés aux côtés des Allemands. Au total, ils étaient trente... 

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Les libérateurs Américains de Salvezines, dans le canton d'Axat le 14 août 1944.

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Le tambour de ville annonce sur la place de la République que la ville est libérée!

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La place de la République avec le Comité de libération et les maquisards autour. Les couleurs sont levées et au premier plan, on aperçoit la bannière étoilée des Etats-Unis.

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Les FTP et les FFI défilent en libérateurs autour de la place de la République. La foule est immense en ce jour de fête, après tant de privations et de contrôles du peuple par la police politique de Vichy et de l'occupant Allemand.

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La population Limouxine rassemblée sur la place de la République, qui retrouve là tout son sens. C'est le retour des drapeaux français... Ici, commence la chasse aux Miliciens et Collaborateurs chasseurs de Résistants et de juifs. Une seule parole à la terrasse d'un café en faveur du général de Gaulle pouvait vous faire arrêter et interner. Une époque où les murs avaient des oreilles...

Crédit photos

ADA 11

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22/10/2016

Hommage à J-C Brisville, auteur dramatique et Carcassonnais d'adoption

C'est dans le cadre de mes recherches biographiques sur Paul Lacombe que j'étais entré en contact avec J-C Brisville, célèbre et talentueux auteur dramatique. Quel rapport, me direz-vous ? L'auteur de la pièce "Le souper" et le scénariste du film "Beaumarchais l'insolent" était le neveu de Gabrielle Saulnier (1872-1964), professeur de piano 33 rue du marché (rue Tomey). Cette dernière était la fille d'Emile Saulnier, architecte de l'Aude à qui l'on doit de nombreuses réalisations comme la Caisse d'épargne et qui collabora avec Viollet le duc à la restauration de la cité. Mais alors ? Eh bien! Gabrielle Saulnier qui avait été l'élève du pianiste Francis Planté à qui Lacombe dédia ses études pour piano, connaissait fort bien notre compositeur carcassonnais. Elle participa souvent avec lui aux concerts donnés au kiosque du Square Gambetta, aux soirées du lundi à l'Hôtel de Rolland avec madame Germa de Nugon. A un point où Lacombe lui dédia une de ses oeuvres. On peut dire que Mlle Saulnier faisait partie des cénacles musicaux Carcassonnais et que la bourgeoisie prenait ses cours de piano chez elle. Elle donnait aussi des leçons gratuites à certains élèves doués qui n'avait pas le sou, comme ma tante et recevait bon nombre de personnalités de la musique et de la littérature. Ainsi par exemple le philosophe Julien Benda qui, pendant la guerre, en raison de sa religion avait fui la zone occupée pour se réfugier à Carcassonne. Pendant cette triste période notre ville s'est enrichie intellectuellement grâce à tous ses exilés.

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Je savais que Jean-Claude Brisville était venu à plusieurs reprises à Carcassonne rendre visite à sa tante à l'époque où elle était encore en vie et qu'elle lui avait légué sa maison de la rue du Plô à la cité. Au moment de l'appeler sur les recommandations de son fils, c'était je pense un bon argument pour gagner sa confiance. Comme toujours, on se fait un monde des "hauts esprits" mais ce sont souvent les plus abordables. J'ai eu droit à un entretien d'une heure malgré son grand âge (91 ans) mais qui aurait pu durer plus longtemps, tant l'homme lettré était passionnant. Si ne n'ai pas appris grand chose sur les relations musicales de sa tante, en revanche... j'ai eu droit à quelques révélations.

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"Le souper" qui met en scène Talleyrand et Fouché, est l'oeuvre de J-C Brisville la plus connue du grand public. La première version a été écrite en 3 jours et 4 nuits pour ne pas rompre le fil de l'écriture. "Je ne sais pas pourquoi mais j'ai toujours su écrire dans la langue du XVIIIe siècle" me confie t-il. Cela sous entend avoir une excellente connaissance de la vie des protagonistes ? "Après la lecture du portrait de Fouché par Stéphan Sweig, j'ai été pris par une espèce de frénésie". Il rencontre ensuite Claude Rich à Biarritz chez un ami commun, continue l'écriture de la pièce et finalement envoie le manuscrit au comédien. En tournage au Maroc ce dernier lui téléphone:" A la fin de la lecture, j'ai salué..." Restait à trouver un Fouché, plusieurs refusèrent le rôle dont Jean Rochefort et Bruno Crémer. C'est Claude Rich qui trouva son Fouché en la personne de Claude Brasseur. Pas grand monde croyait au succès d'une pièce dont l'action se situait au début de la restauration, même le metteur en scène J-P Miquel était assez frileux. Au bout du compte, elle tint l'affiche pendant 3 ans et va être bientôt reprise.

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J-C Brisville a commencé dans l'édition chez Julliard puis il devenu un ami personnel d'Albert Camus, lecteur alors chez Gallimard. C'est dans cette maison d'édition qu'il publie en 1972 "La petite Marie" sous le pseudonyme de Sylvain Saulnier. Il s'agit d'un roman d'un genre érotique commandé par Lemarchand, membre du comité de lecture. Parmi ses connaissances, il y a notamment René Char et quand je lui parle de notre Joe Bousquet... il s'émeut quelque peu: "Je n'ai jamais rencontré un causeur aussi prodigieux. Bousquet qui recevait le tout Paris dans sa chambre à Carcassonne fumait de l'opium. Cela le transcendait et il dissertait à haute voix devant son auditoire. J'ai connu Cocteau mais c'était chez lui trop parisien, trop convenu. Chez Joe Bousquet c'était profond, philosophique."

 
"Si j'avais du génie, j'aurais créé ma langue, comme Claudel et Beckett. N'ayant que du talent, j'essaie d'être fidèle à l'héritage"
(Jean-Claude Brisville / Souvenirs / 2004)
 
Jean-Claude Brisville est décédé le 11 août 2014 à l'âge de 92 ans.
 
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09:11 Publié dans Art dramatique, Livres | Tags : livres | Lien permanent | Commentaires (3)

21/10/2016

La mercerie Bénédetti, souvenirs d'un commerce familial

Marguerite Bénédetti ouvrit une mercerie dans les années 1930 au 22 rue Courtejaire, juste en face des Nouvelles Galeries (Monoprix). Ce commerce occupé autrefois par l'armurier Belloc ferma ses portes en 1996. C'est aujourd'hui, un marchand de sandwichs à emporter.

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Marguerite Bénédetti

Au 41 de la rue Clémenceau - à 100 mètres de là - M. Bénédetti tenait le magasin Tricoton dans lequel on se fournissait en laines à tricoter. Avant la Seconde guerre mondiale, la boutique se nommait "Au chic féminin".

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Le magasin Tricoton dans les années 1950

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L'intérieur de la boutique

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Monsieur Bénédetti et sa fille

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Dans les années 1960, les publicitaires rivalisaient d'imagination pour faire connaître les produits. Quoi de plus simple que de faire atterrir un hélicoptère au portail des Jacobins pour impressionner le chaland ?

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L'ancien Tricoton s'agrandit et se rénova ; il prit le nom des laines Pinguoin. 

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On savait fabriquer en France...

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Les clients faisaient la queue dès l'ouverture 

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En 2008, l'ancienne mercerie Bénédetti a été vendue à une enseigne nationale de prêt-à-porter masculin. On rénova la façade, ce qui permit de mettre au jour des arcades et des fenêtres à meneaux. La mercerie venait de tirer un trait sur plus d'un demi-siècle d'existence.

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20/10/2016

Mort, comme un lundi à Carcassonne...

A Carcassonne, on connaît la chanson sur le bout des doigts... Les commerçants se plaignent toujours sans jamais regarder au final ce qui ne fonctionnerait pas dans leur comportement. C'est-à-dire, les bases du commerces ; à savoir, un sourire et un bonjour. Si autrefois ces qualités indispensables suffisaient, il n'en est pas de même aujourd'hui avec la concurrence d'internet et des grandes franchises dans les zones commerciales. Le premier reste ouvert 24h/24 et 7j/7 et le second, le dimanche et les jours fériés. Pendant ce temps, nos chers commerçants du centre-ville continuent à laisser leurs rideaux baissés le lundi, soit deux jours consécutifs. On peut toujours s'en prendre au mauvais temps, à la mairie ou au bon Dieu pour pester contre la baisse du chiffre d'affaire, mais il serait temps de se remettre en question. Non ? Or, il semblerait qu'à l'exception de quelques indépendants comme la Maison de la presse, les autres restent enfermés dans leurs certitudes d'un autre âge ; celui où le défaut de concurrence leur permettait de pratiquer des prix abusifs, de faire la tronche au client et de rester fermer le lundi. Oh ! certes, nous ne généralisons pas mais quand même, c'est du vécu. 

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Un lundi à Carcassonne

Pour tenter de convaincre que rien ne change à Carcassonne - dans l'état d'esprit des commerçants - nous avons décidé de retranscrire ci-dessous un article publié par La Dépêche du Midi en février 1993.

"Le lundi, Carcassonne n'offre pas son meilleur visage. Rues désertes, rideaux de fer, magasins baissés. Le passant... passe son chemin, trop heureux de retrouver plus vite son doux foyer. 

Ville morte ou simplement endormie ? Ville, c'est sûr, où il ne fait pas bon se transformer en consommateur. "Difficile de chiffrer le nombre de commerces ouverts toute l'année le lundi, reconnaît André Breffeil, coprésident de l'Union des commerçants. Sans trop se tromper, on peut avancer un pourcentage proche de zéro." Simple constant, sans amertume. Car la prise conscience est, tout de même, là. Bien sûr, le métier est prenant et l'on travaille beaucoup, poursuit André Breffeil. Cependant, cette période difficile devrait inciter un plus grand nombre à faire des efforts. Une animation cohérente de la ville doit passer par une ouverture maximum, tous les lundis après-midi (au moins) et entre midi et deux heures, durant les périodes fortes (fêtes, mois d'été...). Sinon, le serpent se mort la queue : moins de magasins ouverts égale moins de clients égale moins de magasins ouverts. Comment s'étonner alors que beaucoup s'évadent le lundi vers Toulouse et Montpellier pour faire leurs achats ?

Aujourd'hui, outre les épiceries et autres boulangeries, seul Monoprix et quelques enseignes nationales de prêt-à-porter s'offrent au client le premier jour de la semaine. Une situation qui agace prodigieusement Maryline Palacio, patronne de Mamona, l'immanquable bazar de la rue Clémenceau. "Je trouve inadmissible qu'un boutique soit fermée deux jours de suite. C'est franchement anticommercial. Carcassonne n'est quand même pas un village ! J'entends régulièrement des clients se plaindre et me dire : "Y a rien d'ouvert". De mon côté, ce jour est en général très bon. J'ai moins de monde mais j'effectue de meilleures ventes.

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© L'indépendant / Claude Boyer

Nathalie Bastouil de la Maison de la presse, ne ferme son magasin que le dimanche après-midi. Et ne déteste pas le tintement du tiroir-caisse, le lundi soir, au fond de la rue piétonne. "Les touristes - ou les nouveaux arrivants - s'étonnent souvent auprès de nous de voir tant de boutique fermées, explique t-elle. Or, je crois qu'après le week-end, il y a une réelle envie de renouer avec la ville, de s'informer et de dépenser quelques sous."

Source

La dépêche / Février 1993

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