05/12/2016

Petites chroniques de la Seconde guerre mondiale dans l'Aude (1)

Nous inaugurons aujourd'hui une nouvelle rubrique de petites chroniques, racontant des événements qui se sont produits durant l'occupation dans l'Aude. Il ne s'agit pas de la Grande histoire telle que vous la lirez dans de sérieux ouvrages ou telle que l'on vous voudra bien vous la raconter d'une façon édulcorée. Non, nous n'avons pas cette prétention. Ce sont juste des faits réels retrouvés dans des archives ou que nous avons enregistrés auprès de témoins. 

Conques-sur-Orbiel

(1942-1944)

L'ensemble du village est occupé par des troupes allemandes qui ont réquisitionné plusieurs bâtiments. À la ferme de la Tuilerie, des soldats de l'armée de terre pas très nombreux mais gradés occupent de grandes salles. Il bénéficient de la proximité du terrain de sport sur lequel ils pratiquent leurs entraînements. Dans les bâtiment de droite, vivent les propriétaires de la ferme ; à gauche, les troupes d'occupation. Dans le château des Saptes comme d'ailleurs celui de la Vernède, résident les officiers de la Wehrmacht. Celles-ci ont évacué le village après la tragédie de Trassanel.

Le 23 août 1944, vers 17 heures une colonne allemande arriva par la côte de Villegailhenc, à pied et avec des camions. Le chef de la gendarmerie du village alla à leur rencontre avec un drapeau blanc. Afin d'éviter d'éventuels problèmes, il leur indiqua qu'ils pouvaient traverser Conques-sur-Orbiel sans problèmes. D'après le témoin, la colonne s'étendait sur une distance d'un kilomètre. Après avoir passé la nuit dans le village à boire, ils violèrent trois femmes. Puis, cherchèrent des bicyclettes pour s'enfuir. D'autres postés à la sortie de Conques, tiraient sur les gens qui allaient travailler à la mine de Salsigne.

La ferme de Valmy

Août 1944

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La ferme de Valmy avant le carrefour de Bezons

Cet endroit était un immense dépôt de ravitaillement pendant l'occupation. Au moment de la débâcle allemande, ceux-ci y mirent le feu. Ça pétait de partout le 20 août 1944, mais les Carcassonnais affamés par quatre années de privations s'y rendirent en nombre. Chacun ramena chez lui de grosses quantités de boites de singe. C'est ainsi que l'on appelait ces conserves de Corned-beef...

Le château de Pech-Redon à Pezens

1942-1944

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Les Allemands malgré leur visite à la famille Saint Exupéry - propriétaire du château - décidèrent de ne pas réquisitionner la bâtisse. Il faut dire que la patronne avait tout fait pour les en dissuader, d'après un des héritiers. Le château fut pendant l'occupation équipé d'un émetteur radio en relation avec Londres. Deux résistants du nom de Barde et Alégri de Pezens furent arrêtés ; le parc était devenu un lieu de résistance. Au mois d'août 1944, au-dessus du château des aviateurs Anglais et Allemands se livrèrent à une bataille aérienne des plus spectaculaires. Des colonnes allemandes traversèrent Pezens en direction de la vallée du Rhône et les habitants allèrent cacher leurs chevaux au château de Pech-Redon, afin qu'il ne soient pas pris par les troupes en déroute. Un char allemand perforé d'obus resta de nombreuses années après la guerre près du château. 

Carcassonne

25 mars 1942

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Le siège de la L.V.F à Carcassonne

La Légion Française de Volontaires Français contre le Bolchévisme installe ses bureaux à Carcassonne, 14 rue de l'Aigle d'or.

Limoux

18 novembre 1942

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Collège moderne de garçons

Les troupes allemandes occupent la ville de Limoux et s'installent dans le collège moderne des garçons. Elles quitteront cette ville le 6 mars 1943.

Carcassonne

Oct-Nov 1943

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Affiche de recrutement en français

Le 7 octobre 1943, le centre de recrutement de la Waffen SS est inauguré, rue Chartran. Le mois suivant, Carcassonne est choisie comme lieu de rassemblement pour les Waffen SS de la région de Montpellier. La cadence des départs est de 10 par semaine. Depuis la création du bureau de recrutement SS, la L.V.F a une activité presque nulle.

Carcassonne

24 février 1944

Réquisitions de la Milice pour les miliciens appelés à servir en Haute-Savoie. Les Francs-gardes de la Milice de l'Aude sont acheminées vers la Haute-Savoie. Ceci afin de la combattre la Résistance dans les combats du maquis des Glières.

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Carte de la Franc-Garde organe militaire de Milice.

Carcassonne

13 juillet 1944

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Jean Bringer

Message cablé envoyé par "Sultan" depuis Londres : "Bringer nommé définitivement chef FFI dans l'Aude avec accord FTP". (Service de renseignements)

Carcassonne

10 décembre 1945

Dix prisonniers allemands travaillant au déblaiement des casernes incendiées par les troupes d'occupation en retraite, le 19 août 1944, ont découvert dans les décombres un crâne, quelques ossements et divers objets, des lunettes et des ciseaux, une clé. Après examen par le docteur Soum, médecin légiste, les inspecteurs de la police locale ont réussi à identifier le cadavre. Ces restes sont ceux d'une Espagnole. Pilar Boix y Jil, née en 1921, habitant Carcassonne, disparue depuis le 19 août 1944. On pense qu'elle réussit, malgré une interdiction rigoureuse et des barrages de police, à pénétrer dans les casernes et qu'elle fut victime de l'explosion à retardement des dépôts de munitions. Le cadavre fut brûlé par l'incendie qui survint.

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Commentaires

Merci pour cette nouvelle rubrique.
Des événements que nos anciens véhiculaient peu ou pas.
Après la guerre, ils regardaient vers un avenir prometteur, libre et ce n'était pas le moment de revenir sur les détails d'une période noire. Puis la vie a repris ses droits, ils étaient dans la construction et pas ou peu dans le partage des souvenirs douloureux.

Écrit par : brigitte | 05/12/2016

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Je serai curieuse de savoir quels arguments la propriétaire de pech Mary à utilisé pour dissuader les allemands de réquisitionner son château,sachant que le sentimentalisme n'était pas leur point fort!

Écrit par : chantal | 05/12/2016

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Elle ne leur a montré que des logements délabrés dans une partie de son château.
C'était à Pech-Redon.

Écrit par : Martial Andrieu | 05/12/2016

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Pardon pech Redon ....je me disais aussi c'était pas les St Ex....elle a eu de la chance qu'ils foui!lent pas plus, peu auraient osé avoir ce cran, moi !à première....

Écrit par : Chantal | 05/12/2016

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Merci pour ces articles, c'est important de lire ce genre d'écrits surtout pour les jeunes, c'est passionnant de découvrir l'histoire en lien avec nos villages

Écrit par : Jordan | 05/12/2016

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merci pour ces écrits peu d'hommes ne ferais autant de recherches s'il n'était pas vraiment amoureux de Carcassonne et de son histoire ....

Écrit par : constance pressoirs | 06/12/2016

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une piqure de rappel ne fait de mal à personne , c'est un devoir de mémoire à ne plus connaitre j'espère...

Écrit par : calas | 06/12/2016

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