26/01/2017

Coco Alvarado : l'argentin de Carcassonne qui a du soleil au bout des doigts.

Quand on possède le talent et la grâce artistique, on se dit parfois qu'il vaut mieux aller se perdre dans la pampa plutôt que de rester à Carcassonne. Au moins là-bas, les rancheros dansent le tango et chantent Carlos Gardel. Ici, ils préfèrent plutôt faire tourner les serviettes en s'égosillant sur la chanson des sardines.

Qu'est donc venu faire l'homme aux doigts de soleil dans notre ville ? Montrer qu'ailleurs la musique populaire est un art de vivre que l'on pratique avec distinction.

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© Christophe Barreau

Hector Alvarado voit le jour à Buenos Aires en 1949. A neuf ans, sa grand-mère l'envoie chez un professeur de piano où il restera sept années à faire ses gammes. Il conjugue alors sa passion pour la musique avec celle pour le football en supportant le club de Boca junior.

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"Le King" à Buenos Aires. Rodriguez Pena 1062

En somme, comme tout argentin qui se respecte il a pour idoles Gardel, Fangio, Maradona et le tango. Lorsqu'il s'affranchit enfin de la technique du piano, il rejoint la formation "Los Martinicos" comme contrebassiste. Il joue au King ; un club aux 70 hôtesses située dans la capitale argentine.

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 A 23 ans, Coco - surnom donné par sa mère - s'envole pour le Japon. Avec la formation orchestrale "The latinos stones", il fera le tour du monde : Hong Kong, Macao, Séoul, l'Europe... En 1978, il débarque à Carcassonne avec "Los chicos" et presque comme toujours, il y restera pour l'amour d'une femme : Babeth.

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Avec le guitariste et chanteur américain Georges Benson

Pendant plusieurs années, Coco Alvarado jouera de toute sa classe partout où il y a un piano dans Carcassonne. Il enseignera et prodiguera des conseils à de jeunes pianistes, toujours avec cette amabilité et cette simplicité naturelle. A l'époque où Jean-Michel Signoles et M. Hamburger étaient les directeurs, il fut engagé comme pianiste dans l'hôtel de la Cité ; un établissement prestigieux qui travaillait comme un palace. La nouvelle direction s'est séparée de son pianiste il y a deux ans. Pour avoir entendu el Maestro Alvarado jouer, je peux vous dire que cet homme a bien du soleil dans les doigts.

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Commentaires

Magnifique pianiste, je trouve votre formule "du soleil au bout des doigts" très adaptée pour cet artiste, il interprète un sacré beau répertoire, de grande classe. Et il est par ailleurs un professeur très... patient, (avec de piètres élèves comme nous avons pu l’être dans les années 90!). Saludos Coco.

Écrit par : marieh melendez | 28/01/2017

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