25/02/2017

L'histoire du Grand café glacier, aujourd'hui disparu

Fondé en 1920 par Antoine-Félix Miailhe, le Grand café glacier appartient à la liste déjà longue des établissements Carcassonnais qui ont aujourd'hui disparu. Une époque où les cafés étaient tenus par des patrons impliqués dans la vie associative et festive de la ville. On était limonadier de père en fils ; c'était une vraie profession représentée dans l'Aude par un puissant syndicat. Nous pourrions citer Not, Lapasset, Roldan, Miailhe, Calmet, Biscans, Lasserre, etc... Aujourd'hui, mis à part les cafés de la Comédie et Chez Félix, on peut dire qu'il n'existe plus guère de vrais héritiers de ces temps-là.

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La terrasse du Grand café glacier

Jusqu'en 1974, cet établissement se trouvait 6, boulevard commandant Roumens. Après sa fermeture, il fut rasé afin d'agrandir la clinique Delteil. C'est aujourd'hui, la maison de retraite Montmorency.

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Simone Pujol dans les bras de sa grand-mère en 1928

Simone Pujol - la fille du patron née en 1922 dans le café - évoque les concerts de l'harmonie municipale au kiosque à musique, juste en face de la terrasse.

"Tous les jeudis soir, pendant l'été, papa installait les chaises de la terrasse dans l'autre sens et tout le monde écoutait religieusement. Le marchand de cacahouètes passait de table en table, il y avait toute une ambiance. Même si, la nuit, toutes les épluchures attiraient les rats."

Quelques vingt mètres plus haut se trouvait le cinéma l'Eden (aujourd'hui, Maison des syndicats) 

"A l'entracte, les spectateurs se glissaient jusqu'au Glacier pour boire un chocolat au lait que mon père avait baptisé Félix. On ne dirait pas non plus un café mais un "masa".

Félix Miailhe ne faisait pas de distinction dans les années 1930 entre les clients Carcassonnais et les autres. Au moment des la guerre civile espagnole, les réfugiés prirent le café pour lieu de rassemblement. Tant et si bien qu'il fut nommé le café des Espagnols.

"Il n'y a pas qu'eux ! On a connu les Alsaciens-Lorrains, la justice Belge, les annamites et aussi les Résistants, pendant la guerre. Et jamais de bagarre, ni de problème. Tout le monde cohabitait en harmonie."

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Notons que si le Café Glacier fut le rendez-vous des réfugiés et des Résistants, le café Not (place Carnot) fut le rendez-vous des Miliciens et des membre du PPF. C'était surtout le siège des gros négociants en vins... Le populaire café Glacier accueillit les associations du club taurin, de l'USC XV, du Caméra-club, le club d'échecs. On se souviendra également de Pepito, garçon de café en 1965 et oncle de Robert et de Manu Pena. 

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Fête des forains au Café glacier en 1954

Lors des carnavals, c'est là que les Pandores et que les Bigophones Carcassonnais venaient pour la grande parade. Un brassage des idées et des cultures...

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Il ne reste plus rien du Grand café glacier

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Commentaires

Souvenirs d'enfance. Une ambiance, une animation, des anciens voisins. Tout a disparu ou presque pour le transformer en parking alors que c'était un lieu de sociabilité. Les soirs d'été nous avions des concerts de l'Harmonie sur le kiosque à musique.

Écrit par : Marie | 25/02/2017

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Je suis sûre que des kiosques à musique dans les squares avec des airs de Charles Trenet par exemple auraient du succès auprès des touristes

Écrit par : Saleun Marie | 25/02/2017

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...Et l'on dansait la sardane. Maintenant c'est un parking...

Écrit par : Charles | 26/02/2017

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