16/03/2017

La Passion du Christ : Une vieille tradition théâtrale Carcassonnaise disparue

Le 16 octobre 1900, on apprend dans Le courrier de l'Aude qu'une "oeuvre artistique et moralisatrice" est offerte aux spectateurs par le Musée vivant de passage à Carcassonne. "La troupe de M. Kétorza-Drumont fait revivre avec une réelle perfection le sacrifice du Fils de l'Homme. Les principaux rôles : Jésus, la Vierge Marie et Marie-Magdeleine sont remplis d'une façon admirable. Tout Carcassonne ira voir ces scènes de la Passion qui ont surtout le mérite de jeter une douce impression sur l'âme des spectateurs." Salomon Kétorza, né en Tunisie, est un homme de spectacle propriétaire d'un cinéma ambulant. Il mourra en 1928.

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La Passion aux Carmes

 Un autre article de presse paru dans L'Eclair le 16 mars 1910, nous informe que plusieurs représentations de la Passion du Christ ont lieu durant la Semaine Sainte au chevet de la chapelle Notre-Dame des Anges, derrière l'église des Carmes. "Les nombreux figurants mériteraient chacun un éloge particulier". 

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Jean-Marie Cazaux (Jésus Christ)

Le mystère de la Passion fut créé à Carcassonne au sein de "L'Oeuvre des Carmes" en 1906. Pour la circonstance, plusieurs paroissiens de St-Vincent interprétaient les rôles de Judas (René Stark), Marie-Magdeleine (J. Pradelles), Jean-Marie Cazaux (Jesus). Ce dernier serait un lointain cousin de l'abbé Jean Cazaux, ancien curé de Saint-Vincent. C'est donc vers lui que nous nous sommes tournés.

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D'après l'abbé, cette représentation théâtrale aurait été organisée chaque année par la paroisse de St-Vincent, propriétaire des Carmes. Sur l'actuel parking de l'Evêché se tenait autrefois une salle "Le Familia" dans laquelle seront projetés des films ayant passé la censure religieuse. Nous nous souvenons d'une précédente chronique dans laquelle M. Ouliac racontait que des parties de la bobine du film étaient parfois coupées. Selon l'autorité épiscopale, elles présentaient des scènes trop dénudées ; comprenez pour l'époque qu'il s'agissait d'une jupe au-dessus du genou. Selon l'abbé Cazaux, l'église a toujours eu un problème avec le sexe des hommes.

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La cène dans la salle du Familia

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Les Rameaux

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Les adieux de Béthanie

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Le Baiser de Judas

Il est fort probable que ces représentations se soient arrêtés avec le début de la guerre de 1914. Toutefois, elles reprendront après la Seconde guerre mondiale dans le quartier des Capucins. A l'époque du père Augustin - Très Révérend Père Supérieur du Couvent des Capucins - une représentation de la Passion était donnée dans l'actuelle salle du Secours Catholique, rue du 24 février. Elle attirait beaucoup de monde de Carcassonne et des alentours.

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Père Augustin, Gabriel Langlès

(1906-1983)

Mlle Canellas qui habitait rue Fortuné, s'occupait des accessoires. Georgette et ses amies cousaient les habits dans des morceaux de draps blancs, garnis de rubans et de macarons de toutes les couleurs. M. Philoctête avec son visage émacié et une barbe volontairement laissée poussée, interprétait le Christ. On peut également citer M. Mousseigne de la famille Chonier.

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© P. Hyvert

M. Philoctête alias Jesus Christ

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Commentaires

Jean-Marie Cazaux qui était comme Jésus menuisier de métier est mort à Paris dans un accident de la circulation. Avec son ami Philoctète ils allaient voir la Passion de Nancy toujours interprétée aujourd'hui. Bien qu'athée Philoctète reprendra le rôle du Christ au début des années trente jusqu'à la guerre. Les représentation reprendront au début des années 50 sous l'impulsion du père Augustin d'abord au théâtre municipal et au grand théâtre de la cité ensuite au théâtre des capucins construit à cet effet. Chaque année sept représentations étaient données pendant le Carême qui faisaient salle comble, on rajoutait des bancs dans les allées! Sur la dernière photo, Philo (le Christ) est tenu par Jean et sa mère dont le rôle était joué par Gaudry car les femmes n'avaient pas droit de jouer. Debout à droite on aperçoit Jean Griffe qui interprétait Nicodème. La photo est de Hyvert... il y avait un certain Hyvert qui jouait dans la Passion et que j'ai connu. Chonier avait tenu le rôle de Pilate.

Écrit par : authier | 16/03/2017

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Les décors se trouvaient en dernier temps dans la chapelle du Tiers-Ordre qui longeait la rue du 24 février.
Disparus, parti avec les murs et la démolition du couvent des capucins.

Écrit par : Marie | 16/03/2017

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Les décors se trouvaient en dernier temps dans la chapelle du Tiers-Ordre qui longeait la rue du 24 février.
Disparus, parti avec les murs et la démolition du couvent des capucins.

Écrit par : Marie | 16/03/2017

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Sur la dernière photo ce n'est pas Ernest Philoctète qui joue le rôle du Christ mais Mignard qui tiendra par la suite le magasin des "cheminées Philippe" allée d'Iena. Philo avait arrêté d'interpréter Jésus au milieu des années 50 car trop âgé. Il dira souvent : "J'ai été crucifié 111 fois!"

Écrit par : authier | 17/03/2017

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Les décors avaient été bâtis par mr. Cau menuisier et peint par Marty qui tenait un magasin de peinture dans la rue Aimé Ramon sur la droite au dessus des halles. Un très beau travail colossal, admirable et bénévole. Mr. Marty jouait aussi le rôle d'Annas. Décidemment tout disparaît dans cette ville où certains sont irrémédiablement aspirés par la benne à ordure sans aucun souci du travail réalisé, de la valeur artistique et du respect de la mémoire d'une époque.

Écrit par : authier | 17/03/2017

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