15/06/2017

L'écrivain Nathalie Sarraute avait épousé un Carcassonnais...

Qui n'a jamais lu "Enfance" ou "Tropismes" de Natacha Tcherniak, plus connue sous le nom de Nathalie Sarraute ? Née en 1900 pendant le règne du tsar Nicolas II dans une famille juive, Natacha émigrera en France avec son père en raison des opinions politiques de celui-ci. Elle sera élevée par sa belle-mère Véra, la seconde femme de son père, et suivra ensuite des cours à la faculté de droit de Paris. C'est là qu'elle fit la connaissance d'un jeune étudiant en 1922. Elle l'épousera trois années plus tard.

nathalie.jpg

© Pinterest.com

Raymond Sarraute est le fils de Joseph Sarraute, né à Carcassonne le 21 mars 1874, avocat athée aux opinions socialistes, ami de Jules Guesde. Sa mère Elisabeth Lourié, décédée prématurément en 1908 avait été amie de Rosa Luxemburg et de Lénine. A cent lieues de son oncle Léon Sarraute (1860-1939), moine capucin connu sous le nom de père Michel-Ange et d'une famille catholique pratiquante. Le chanoine Gabriel Sarraute (1893-1991) qui avait été à Carcassonne le confesseur de Joë Bousquet, avait pour père Albert Sarraute, frère du moine capucin. Il était donc cousin au premier degré avec le mari de l'écrivaine, tout comme les antiquaires de la Cité.

Sarraute.jpg

Raymond Sarraute, le mari de Nathalie

Ceux qui ont connu le chanoine Gabriel Sarraute, ne pourront que confirmer la ressemblance avec son cousin. Dès leur rencontre, Raymond Sarraute incita sa jeune épouse à se mettre à écrire. Lui, poursuivit sa profession d'avocat et devint le secrétaire général du Comité français pour la défense des immigrés.

Capture d’écran 2017-06-15 à 09.15.06.png

Le chanoine Gabriel Sarraute

Lorsqu'en 1939 la Seconde guerre mondiale éclata, les affaires se compliquèrent pour le couple Sarraute.  Nathalie fut radiée du barreau de Paris en raison de ses origines juives. Afin d'éviter le même sort à son époux, fautif pour un catholique de s'être marié avec une israélite, il fut convenu entre eux de divorcer. Le chanoine Gabriel Sarraute serait même intervenu afin de protéger Nathalie, qui sous une fausse identité, passa cette terrible période dans leur maison de Chérence (Val d'Oise), jusqu'au printemps 1944.

Chérence.jpg

Cette maison dans laquelle elle écrivit un grand nombre de ses romans, Raymond Sarraute l'avait acheté avec la part de la vente d'un immeuble hérité de sa famille Carcassonnaise.

"Nathalie appelait son mari "Chien loup", qui la désignait de son côté par "Mon cher petit Fox". Ces surnoms affectueux font référence à une nouvelle de David Garnett, Lady into Fox, publiée en 1922."

Nathalie et Raymond auront trois enfants : Claude, Anne et Dominique. La première fut longtemps journaliste au Monde et chroniqueuse avec Jacques Martin, puis Laurent Ruquier. C'est la mère de Martin Tzara qui a été rédacteur en chef du service des sports de tf1. 

Claude-Sarraute-+-Ruquier.png

© France dimanche

Claude Sarraute a du sang Carcassonnais dans les veines... Si elle fait partie de l'équipe des Grosses têtes qui fera l'émission depuis la Cité de Carcassonne le 28 juin prochain, elle pourra aller visiter ses cousins à quelques mètres de là, porte d'Aude.

Sources

Lettres d'Amérique / N. Sarraute / Gallimard / Mai 2017

Généanet

Emission Tv / Antenne 2 / Mai 1976

_______________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2017

Commentaires

Il me semble que la photo du Chanoine Sarraute est un re-cadrage et une mauvaise reproduction d'une photo que j'avais prise de lui dans les années 70. Malheureusement je ne sais plus ou chercher l'original.

Pour information, je tiens à préciser que le Chanoine était un grand connaisseur de l'art et un photographe subtil. C'est principalement lui qui m'a initié à la photographie.

Écrit par : Charles Camberoque | 15/06/2017

Répondre à ce commentaire

superbe "révélation" - j'adore l'humour de nathalie sarraute que j'ai eu l'occasion de voir dans un enregistrement de l'émission de ruquier - une bien belle famille -

Écrit par : marcelle | 16/06/2017

Répondre à ce commentaire

Je garde un souvenir ému du chanoine Sarraute. Dans les années 50 il s'occupait des scouts de France. J'étais scout et je l'ai rencontré plusieurs fois dans son bureau place Davilla. L'immeuble n'existait pas à l'époque. Bien des années plus tard et un peu avant sa mort, de passage à Carcassonne, je l'ai croisé en haut de la rue de Verdun marchant à grands pas, vêtu de son éternelle soutane et le béret fixé sur la tête. En quelques secondes je revenais quarante ans en arrière.

Écrit par : Charles | 17/06/2017

Répondre à ce commentaire

de "Claude" vous voulez dire car de son côté "Nathalie" n'a jamais fait preuve d'humour dans ses livres

Écrit par : jo | 19/06/2017

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire