28/11/2017

Jean Amiel (1882-1964), érudit et écrivain oublié

Jean Amiel naît à Limoux le 9 février 1882. Son père, qui porte le même prénom que lui, est tailleurs d'habits, et Françoise Sabadie, sa mère, veille à l'éducation de ses enfants. Après des études chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Carcassonne, il exerce un temps le métier de son père puis se tourne vers le journalisme. Ses petites chroniques paraissent alors dans "Le télégramme".

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© Collection Martial Andrieu

Lorsqu'il passe le conseil de révision en 1902, on apprend qu'il exerce la profession de librairie à Carcassonne où il réside, 12 rue de la Liberté. Il est réformé à cause d'une hypertrophie du cœur, mais participera quand même à la Grande guerre, sans toutefois pouvoir prétendre en 1933 à la carte d'ancien combattant. Jean Amiel se marie en 1906 et ouvre sa librairie, 50 rue de la gare. En 1919, il est à l'initiative de la création du "Comité Saint-Régis". Le trésorier est Auguste Rougé, rue du Palais prolongée. Cette association organise des procession au tombeau de Saint-François Régis, né en 1599 à Fontcouverte. Jean Amiel qui en l'animateur le plus fervent, rédige une plaquette pour les pèlerins tout en continuant à publier des chroniques dans les journaux locaux.

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Saint-François Régis

"Dès 1909 il publie une série de plaquettes intitulées "Mes veillées littéraires" bientôt suivies, en 1911, par une présentation de "La Bibliothèque Publique de Carcassonne" qu'il lui serait bien difficile de reconnaître de nos jours diluée qu'elle est dans une Bibliothèque de l'Agglomération ! En 1919 il révèlera le 1er autographe du poète révolutionnaire et audois, André Chénier; celui-ci n'avait que 9 ans lorsqu'il apposa "d'une main déjà sûre" sa signature sur un acte de baptême le "12ème de Juin 1771". Il se fera connaître vraiment en 1928 en republiant une oeuvre d'histoire locale "L'Histoire des Antiquités et Comtes de Carcassonne" de Guillaume Besse qui ne se trouvait qu'en de rares exemplaires chez les érudits ou les bibliothèques locales." (Au nom de tous les Amiel / Jean-Louis Amiel)

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En 1929, il écrit "Six ataciens célèbres", "La vie amoureuse et tragique d'André Chénier" et "Le fait de Fontcouverte". "La maison de St André" en 1931, sur l'hôtel particulier de François II de St André, bourgeois drapier. "La Vie et les Mémoires de Delphine Roumieux 1830-1911" en 1936 aux Méridionales à Nîmes et un certain nombre d'opuscules et ouvrages dont "Petite vie illustrée de St J-F de Régis", "Album souvenir de Fontcouverte" et sur des personnalités audoises comme l'écrivain Henri Bataille ou Charles Cros  sur "Le révérend-père Clément Cathary S. J. (1828-1863) Missionnaire de Madagascar" (1957), etc.

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"Il tira de l'oubli plusieurs figures de l'histoire audoise et d'autres encore comme "Le libraire Jean-Baptiste Lajoux et ses fils (1786-1873)" une famille carcassonnaise de l'édition, ou analysa certains rapports de personnalités, comme "St Jean-François Régis et le St Curé d'Ars" qui ne parut qu'après sa mort, en 1969 ; il fit aussi des communications diverses comme celle sur "Le nom des tours de la Cité" en 1929 à la Société d'Etudes Scientifiques de l'Aude dont il était un fervent membre, article réédité d'ailleurs en 1981."

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Jean Amiel que l'on appelait également Jean d'Atax, en référence au fleuve Aude ainsi nommé par les Romains, était un brillant autodidacte amoureux de son département. Comme beaucoup de ses semblables, il est tombé dans l'oubli. Grâce à quelques recherches que nous avons entreprises et au travail biographie de Jean-Louis Amiel, nous vous présentons cet hommage. Jean Amiel est mort le 15 avril 1964 à Toulouse.

Sources

Au nom des Amiel / Jean-Louis Amiel

Recensement militaire / ADA

Annuaire de l'Aude / 1921

www.nom-amiel.org

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Commentaires

était il parent avec Amiel, le négociant en vins de Trèbes et le surveillant général de Sabatier ?

Écrit par : sawas | 28/11/2017

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Je vous remercie pour votre résumé biographique de Jean Amiel, l'un des très nombreux Amiel que j'ai recensé dans mon wiki. Je vois que vous avez apprécié ce que je dis de lui puisque vous me citez (avec les références utiles)! C'est pour ce type de diffusion que j'ai voulu, entre autres, faire ce travail de "mémoire", un peu comme vous finalement, mais sur le plan onomastique ! Je vous lis non assidument mais j'essaie de vous suivre. Bravo pour ce que vous faites vous aussi et vive la culture populaire.

Écrit par : Jean-Louis Amiel | 01/12/2017

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Cher Monsieur Andrieu

Comme il est difficile de parler de cette époque ! Vous le savez bien, chaque fois que vous faites un article sur ce sujet, personne ne bronche ! J’ai travaillé à la préfecture avec des gens qui y étaient pendant la guerre, je leur demandais : comment cela se passait avec les Allemands ? Je n’ai jamais eu de réponse. Rassurez-vous je ne suis pas pétainiste, ni moi ni ma famille mon père était un pilier du syndicat CFTC qui avait choisi la Résistance et était condamné par Vichy. Je parlais du Pétain d’avant 40, ensuite c’est une autre histoire. Vous me parlez du changement de la République en Etat Français mais au début n’était-il pas dicté par les évènements ? La République était tombée avec la France, pour la continuer il aurait fallu organiser des élections puisque la République c’est la démocratie. Pouvait-on lancer une campagne électorale sous l’occupation ? Bien sûr que non. C’est la République et les républicains qui ont donné les pleins pouvoirs au Maréchal, ils devaient avoir une certaine confiance en lui ? La devise « Travail Famille Patrie avait était dictée à Pétain par les républicains de la Troisième qui en avaient fixé l’objectif principal et le gouvernement de Vichy était composé de républicains majoritairement de gauche, si je ne me trompe ! Mais là encore je ne parle que du début de l’été 40, la suite est encore une autre histoire qui s’enfonce dans la collaboration jusqu’à voir fleurir ces plantes empoisonnées qu’étaient la Milice et la Légion des Volontaires ou plutôt Légion d’Horreur ! C’était le temps où l’histoire tournait ses pages sombres et noires, nous avons connu le malheur et la honte.
Pour les cathos de notre chère ville de Carcassonne je n’ai pas fait de sondage d’opinion c’est donc au conditionnel mais pour les clercs et les laïcs ayant des responsabilités dans l’église c’est majoritairement de gauche… enfin s’était jusqu’en 2000. Aujourd’hui je ne sais pas. Il est vrai que je parle d’un siècle qui n’est plus, comme le temps passe !
Encore merci pour votre travail de recherche et ces articles si passionnants.

Écrit par : authier | 08/12/2017

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