20/01/2018

Le Festival international du cinéma amateur de Carcassonne

C'est en 1955 que les pionniers Carcassonnais du 7e art créèrent de toutes pièces le Festival international du cinéma, groupant films amateurs, films d'exploration et d'ethnographie, de voyages et de tourisme. Des cinéastes venus du monde entier (Japon, Amérique, Canada, Espagne, etc.) participèrent à cet événement. De nombreuses personnalités européennes du film 8, 9 et 16 mm présentaient leurs œuvres sur l'écran de l'actuel théâtre municipal. Lors de la clôture de ces journées, un repas était servi dans la salle du très chic Hôtel de la Cité où les festivaliers en robe noire et smoking se donnaient rendez-vous.

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Georges Savy et Paul Charles, au centre

L'idée de ce Festival revient aux dirigeants du Ciné-Club dont le professeur Paul Charles, à monsieur André Faye le président du Photo-Caméra-Club, ainsi qu'à d'autres Carcassonnais épris de 7e art. Un comité fut forma sous le haut-patronage de Monsieur le ministre de l'Education Nationale, de la Fédération française des clubs de cinéma, sous la présidence de Monsieur le secrétaire d'état à la présidence du Conseil, du préfet de l'Aude, du maire Jules Fil et du président du Conseil général. A ces notabilités, il convient d'ajouter de nombreuses personnalités locales et régionales des Arts et des Lettres. La cheville ouvrière  de ce qui, au départ représentait une véritable gageure, était composée de MM. André Bastien, Paul Charles, André Faye, Ernest Barthe, André Limousis, Jean Alary, André Bousquet, André Prat, Georges Rousset, Clément Cartier, Robert Mousseigne, René Chésa, Georges Savy, l'abbé Pierre Alcouffe, Charles Castres, etc.

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Menu de l"édition 1957 à Hôtel de la Cité

Le jury émanant des arts et des lettres était représenté par Gaston Bonheur, Michel Maurette, Max Savy, Ramon Marty, Joseph Monestier (Conseiller à la Cour d'appel de Toulouse), Font Marcet (Barcelone), Leonida Giafforio (Milan), Jean Camberoque et Raymond Bordes (Critique cinématographique).

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Ramon Marti et Paul Charles, à droite

Jean Grémillon, le réalisateur de "Remorques" et de "Gueule d'amour" donnera une conférence sur Robert O'Flaherty, le maître du documentaire. C'est tout cet environnement qui fit de Carcassonne pendant de nombreuses années, un véritable bouillon de culture. En regardant dans le rétroviseur, ne doit-on pas dire aujourd'hui que Carcassonne vit une régression en ce domaine ? 

Merci à M. Julian Charles pour ses photos

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14:03 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (8)

Commentaires

clément cartier (avocat) est décédé je crois tout en voulant faire perdurer ce festival

Écrit par : jo | 20/01/2018

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Merci Mr Andrieu pour toutes ces informations. J'ai été très heureux de revoir Mr Paul Charles qui était mon professeur d'anglais et qui organisait des colonies de vacances où j'allais. Bonne fin de semaine.

Écrit par : JOSEPH | 21/01/2018

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quelle chute !on a l 'impression qu'on est loin de tout !le vrai bled!
mème pas un brin de folklore sauf les pauvres occitanistes qui essaient de tenir le coup -- et votre blog qui rappelle le bon temps !

Écrit par : marcelle | 21/01/2018

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Mon pere André Prat fit une memorable expedition à Katowice ( Pologne)en 1956 accompagné de Jean Alary et de Gerard Geynes dans l'ID 19 de Raymond Forges .Ils garderent l'amitié d'homologues polonais qu'ils reçurent en 1962 avant que le rideau se referma et interrompit ces echanges.

Écrit par : Pierre Prat | 21/01/2018

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Le festival s'est arrêté bien avant le décès de Clément Cartier.

Écrit par : Charles | 30/01/2018

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Tous ces cinéphiles n'avaient qu'une passion le 7ème art. je me souviens de ces veillées dans l'appartement de mes parents, avenue Arthur Mulot. Il y avait Clément Cartier, Ramon Marty, Charles Castres, Jeannot Alary et bien d'autres: Dédé Bastien,le Dr. Faye... Je garde aussi le souvenir du déjeuner avec Jean Grémillon chez nous. Ma mère avait mis " Les petits plats dans les grands ". Et Jean Grémillon avait annoncé devant l'assemblée qu'il me prendrait comme assistant metteur en scène. Cette rumeur avait fait le tour du lycée ( Pas celui en "carton-pâte", mais notre vieux bahut ). J'étais tout d'un coup devenu célèbre. Et ma célébrité dépassait les frontières de la rue de Verdun pour parvenir jusqu'au lycée de filles et effleurer les murs austères de l'institution Jeanne d'Arc. Tout juste si on en parlait pas rue de Gare. C'était il y a 66 ans. Je m'en souviens comme si c'était hier.

Écrit par : charles | 07/02/2018

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Heureuse d'avoir retrouvé grâce à vous des souvenirs d'enfance , mon papa , Ernest Barthe , secrétaire général de ce festival , ayant reçu à la maison des personnes passionnantes : des pères blancs dont un film sur les volcans avait stupéfié les spectateurs ,des Belges vivant au Congo , des Italiens , des Espagnols , un Polonais et même une jeune dame dont l'animal de compagnie était un caïman !
Merci d'avoir fait revivre cette époque où une vie culturelle locale était une réalité !

Écrit par : marie-claire barthe | 09/02/2018

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Heureuse d'avoir retrouvé grâce à vous des souvenirs d'enfance , mon papa , Ernest Barthe , secrétaire général de ce festival , ayant reçu à la maison des personnes passionnantes : des pères blancs dont un film sur les volcans avait stupéfié les spectateurs ,des Belges vivant au Congo , des Italiens , des Espagnols , un Polonais et même une jeune dame dont l'animal de compagnie était un caïman !
Merci d'avoir fait revivre cette époque où une vie culturelle locale était une réalité !

Écrit par : marie-claire barthe | 09/02/2018

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