29/01/2018

La banque populaire de l'Aude, d'hier à aujourd'hui

A l'heure où les grandes banques françaises font le choix de fermer leurs agences afin de replier leurs services sur internet, la Banque populaire de Carcassonne tient encore le coup. Pour combien de temps encore, sachant que la Société générale a fermé ses guichets de la place Carnot et que d'autres lui emboitent le pas ? Moins d'humains, beaucoup plus de machines... et toujours les mêmes tarifs et commissions pour la banque.

img024.jpg

La Banque populaire de l'Aude en 1925

Au départ, l'actuelle banque populaire est un groupe mutualiste. Il offre des services aux petits porteurs (artisans, commerçants, professions libérales) n'ayant pas accès aux grandes banques commerciales. C'est la loi de mars 1917 du ministre du commerce Emile Clémentel va indirectement donner naissance aux Banques populaires et à leur statut coopératif. Dans la foulée, une agence ouvre ses bureaux à Carcassonne en 1919, au 1er étage du 6 rue de Verdun, avec un directeur et un seul employé. Il s'agit de la Banque populaire de Carcassonne.

Capture d’écran 2018-01-29 à 09.03.40.png

Les locaux de la Banque populaire en 1919

Ce n'est qu'en 1924 que l'agence se déplacera au n°10 où elle se trouve encore aujourd'hui. Ces anciens locaux passeront entre les mains de l'Office régional de banque et d'informations financières. C'est là également qu'Antoine Guiraud de Lévizac possédait son bureau de Courtier en produits agricoles et Me Nogué, avait son étude d'avoué.

img025.jpg

Les guichets de la nouvelle agence en 1925

Elle prend le nom de Banque populaire de l'Aude ; ce n'est que dix ans plus tard que l'Ariège sera ajouté à cette dénomination. L'aspect extérieur n'a guère évolué, si ce n'est la disparition de la porte monumentale et l'inscription entre les deux étages. Les bureaux logaient dans le corps de bâtiment donnant sur la rue. La cour fut fermée avec une verrière et transformée en salle des guichets. La comptabilité se faisait au second étage. Le directeur Ernest Albert habitait dans l'agence.

Capture d’écran 2018-01-29 à 09.20.41.png

L'agence de Carcassonne-Verdun

Les transactions bancaires se faisaient à cette époque essentiellement en argent liquide. Des employés, nommés recouvreurs, étaient chargés d'effectuer les encaissements à domicile. D'ailleurs, Jean Ricard et Léon Raynaud résidaient dans l'agence, avec la famille du directeur...

Capture d’écran 2018-01-29 à 09.25.46.png

Le Garçon de recettes 

Leurs uniformes différaient selon les banques, mais ils étaient généralement bleus avec le sigle de la banque brodé de fil d'or sur le revers du col. La casquette remplaça peu à peu le bicorne, mais sur la carte postale ci-dessus des années 1910 il était encore en usage. Dans une solide sacoche de cuir noir attachée à eux par une chaînette, les recouvreurs transportaient ainsi les valeurs. Imaginerait-on cela aujourd'hui ? Pourtant, ce métier a perduré jusque dans les années 1960.

Sources

Alfred Raucoules / Gambetta - Verdun - Davilla / 1990

Loi de mars 1917 / Emile Clémentel

Histoire des banques mutualistes 

______________________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2018

09:38 Publié dans Commerces | Tags : banque populaire | Lien permanent | Commentaires (4)

Commentaires

encore une belle histoire pour l’inscription sur le fronton, si on gratte le crépi elle doit y être encore

Écrit par : sebastien | 29/01/2018

Répondre à ce commentaire

Merci Martial Andrieud'avoir évoqué Antoine Guiraud de Lévizac , le père de Genève Durand-Roger née Guiraud de Lévizac, mère de mon beau-père.

Écrit par : Martin Anne-Marie | 29/01/2018

Répondre à ce commentaire

Bonjour
Que de souvenirs!!!! la verrière avec le guichet caisse en dessous je l ai connu lors de mon entrée à la banque en 1971.

le métier de "guichetier itinérant" qui consistait à aller chez le client pour relever ses recettes (chèques et espèces) a perduré bien au-delà des années 60 puisque les "Tournées" comme l'on dénommait cela n'ont été supprimées qu'au début des années 2000.
Il faut savoir quel'on se déplacait à bord de véhicules ordinaires(Renault4L) avec parfois des sommes assez rondelettes dont on se délestait dans les divers bureaux de poste du secteur sous forme d'envoi en valeur déclarée.
Une anecdote à savoir que dans les années 70 au tout début de la bancarisation, deux employés partaient tous les 10 et 25 de chaque mois faire la paye des employés de la mine de salsigne. A savoir que dans le coffre de la 4L se trouvaient les enveloppes(une par ouvrier) contenant le montant de la paie en espèces. Entre l'Usine de la Combe du sault et la mine à Villanière ils étaient plus de 300. Impensable de nos jours....

Écrit par : albert guy | 29/01/2018

Répondre à ce commentaire

un peu d'histoire à savoir que la banque populaire de l'aude et de l'ariège est devenue en 1972 la BPPOAA suite à la fusion avec la Banque populaire des Pyrénées Orientales.
Le 29 Novembre 2005 LA FUSION AVEC LA BP DU MIDI DE NIMES A FAIT QUE LA BANQUE POPULAIRE EST DEVENUE LA BANQUE POPULAIRE DU SUD.

Écrit par : albert guy | 31/01/2018

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire