29/03/2018

Il n'est pas bon d'avoir raison trop tôt...

"Un bon croquis vaut mieux qu'un long discours" aurait dit Napoléon 1er. S'il avait disposé à son époque de la photographie, peut-être alors l'issue de la bataille de Waterloo en eut été changée. A l'évocation de certaines batailles dont je fus à une époque pas si lointaine en tête de proue, l'histoire me revoie très souvent à la figure l'expression suivante : "Il n'est jamais bon d'avoir raison trop tôt !". Diable, mais pourquoi n'écoute t-on pas ceux qui comme "le petit Caporal", ont toujours eu un temps d'avance sur les évènements ? Eh ! bien, mes amis je vous le dis, ce qu'il manque à nos décideurs c'est le réflexe de l'anticipation. Sans avoir l'outrecuidance de vouloir me hisser au rang des visionnaires de l'histoire, reconnaissons simplement qu'à la lecture de ce qui suit, il n'est pas bon d'avoir raison trop tôt...

La villa de la Gestapo

villa.jpg

L'ancienne maison Ormières, au n°67 de l'avenue Roosevelt avait été le siège de la Gestapo de Carcassonne entre 1943 et 1944. Malgré le combat solitaire que j'ai mené pour la conserver à titre mémoriel, elle a été rasée en février 2015. Le propriétaire et bailleur social, Habitat Audois, y a construit à l'arrière du parc une résidence cubique dessinée par des architectes formés chez Légo. 

3064670379.jpg

Cette demeure de la fin du XIXe siècle avait un aspect coquet donnant sur l'avenue. Sur prescription municipale, le service de l'urbanisme exigea que l'on conservât le mur d'entrée et son portail. 

villa 2.jpg

La photographie ci-dessus fut prise à la fin de l'été dernier, mais je vous rassure... Aujourd'hui, rien n'a évolué depuis 2015. Si, quand même ! Le portail a été remplacé par une porte de chantier du plus bel effet et le terrain sur lequel se sont fait massacrés les Résistants est jonché d'herbes et de saletés. 

Capture d’écran 2018-03-29 à 08.50.42.png

On nous avait dit que ce projet ne pouvait se réaliser qu'à condition d'abattre la villa, afin de faire un parking pour les véhicules et créer un accès de sortie vers l'avenue. La preuve par l'image que l'on vous a roulé dans la farine. Ce qui était nécessaire c'était la destruction à droite de la maison du gardien, qui servit de geôle pour la Gestapo. A gauche, là où s'élevait la villa, on n'a pas fait de parking et on a même conservé les arbres. Alors, pourquoi a t-on mis tant d'ardeur à raser l'ancienne résidence de la Gestapo ?

La plaque des victimes civiles du 20 août 44 

plaque.jpg

Nous venons de vivre une tragédie qui a coûté la vie à quatre victimes innocentes. Un crime réalisé par une homme dont le bras armé est une idéologie de haine, d'intolérance et de soumission. Il y a bientôt 74 ans, c'est une autre idéologie mortifère qui faisait régner la terreur en France. L'histoire n'est qu'un éternel recommencement : 'L'Inquisition, la conquête espagnole, les campagnes napoléoniennes, la colonisation, etc. A chaque fois, on fait "devoir de mémoire"... Depuis sept ans, je signale à qui veut l'entendre que la plaque ci-dessus, risque de tomber faute de rivetage correct. Au numéro 41 de la rue Jean Bringer, un oublié de l'histoire a été tué par les nazis au cours de la Libération de Carcassonne. Ce Lacroix s'appellera demain sans doute Christian Medvès, Hervé Sosna ou Jean Mazières, tombés fortuitement par le bras armé d'une idéologie malfaisante. On leur élèvera, je l'espère, une plaque puis... le temps faisant son œuvre, on oubliera. Ou plutôt, ceux qui on en auront la charge y passeront devant avec indifférence. C'est ce qui s'est produit avec la plaque à Paul Lacroix récemment. Les services municipaux de l'habitat en relation avec les services du patrimoine de ville, ont fait procéder au ravalement de nombreuses façades en centre-ville. Que croyez-vous qu'il advint ? La plaque à cette victime civile n'a pas été remise en place. Cela fait maintenant un mois que je l'ai signalé et on la cherche toujours... Sans doute, comme l'urne des déportés du square Gambetta.

La statue de Jeanne d'Arc

IMG_3862.JPG

Voici la statue de Jeanne d'arc qui se trouvait sur l'actuel parvis de la cathédrale Saint-Michel. Après l'inauguration, on avait compris qu'elle n'y reviendrait pas. Je ne vous dis pas les courriers, les articles et les coups de téléphone que j'avais passés afin qu'on préserve la statue et la plaque apposée par les Lorrains en 1945. Honte aux responsables des Bâtiments de France !!! Ils ont posé la statue derrière le chevet de la cathédrale de cette façon depuis un mois et demi. 

1636515959.jpg

Ces gens n'ont aucun respect pour l'histoire locale. 

___________________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2018 

09:24 Publié dans Carton rouge | Tags : mépris | Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

Qu'attendre de nos édiles ?
Rien !!!!!!
Depuis les tragiques faits récents, ils sont aux abonnés absents, comme si rien ne s'était passé dans cette ville....
Aucune initiative !!!!!
Allez voir le site internet de la ville: rien sur ces meurtres; l'info qui arrive en premier, c'est l'arrivée du tour de France. Évidemment, c'est ce qui leur permettra de parader auprès de la presse tant locale que nationale !!!!!!!!
Pitoyables !!!!!!!!
"Qui ne se souviens pas de son histoire se condamne à la revivre" (Primo LEVI)

Écrit par : J-C | 29/03/2018

Répondre à ce commentaire

On efface, on oublie, on recommence !

Écrit par : Brigitte | 29/03/2018

Répondre à ce commentaire

Le colonel Arnaud Beltrame a été comparé à Jeanne d’Arc par le président Macron dans la cour des invalides …. L’un est dans un cercueil l’autre à la décharge.

Écrit par : authier | 29/03/2018

Répondre à ce commentaire

formule concise qui dit tout....

Écrit par : claude Marty | 30/03/2018

Répondre à ce commentaire

Cet article et les justes commentaires qui s'y rapportent signifie pour moi quelque chose de tres grave : c'est la fin d'une civilisation, la haine de soi, une société qui se vautre dans le consumerisme, dans l'oubli de son histoire, de ses traditions.
Tout ceci est affligeant. Qu'ellle tritesse !

Écrit par : CHAYNES Regis | 30/03/2018

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire