09/02/2016

Joseph Charles Scheurer (1840-1901), maître de chapelle de la cathédrale St-Michel

Joseph-Charles Scheurer naît à Carcassonne le 18 novembre 1840, au numéro 6 de l'actuelle rue A. Ramond, dans une famille originaire de Saverne (Bas-Rhin). Éprouvé par le décès prématuré de son père François Alfred Scheurer, le 19 mai 1846 à l'âge de 24 ans, le jeune Charles âgé de seulement 6 ans sera élevé par sa mère Jeanne Paraire et par son grand-père, François Joseph. Ce dernier - professeur de musique au Petit séminaire - va prendre en main la destiné musicale de son petit fils, que l'on peut déjà considérer comme très prometteuse. A treize ans, il est envoyé à Paris dans la célèbre école de Louis Niedermeyer où il apprend le piano, l'orgue et la composition. De retour à Carcassonne, il travaille sans relâche son instrument, malgré des appels du pied de ses camarades pour les distractions de son âge. En moins de deux ans, Charles Scheurer est considéré comme un virtuose de l'orgue.

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© ADA 11

Charles Scheurer n'a que 18 ans, lorsque Aristide Cavaillé-Coll achève la restauration du Grand orgue de la cathédrale Saint-Michel de Carcassonne. L'instrument dont le buffet est dessiné par Viollet-le-duc, bénéficie comme la tribune sur laquelle il repose, de sérieuses modifications. A la demande de Monsieur le ministre des cultes et de l'instruction publique, le célèbre organiste Lefébure-Wély est envoyé à Carcassonne le 24 décembre 1860 pour l'inauguration officielle. Il loge à l'évêché chez Mgr de la Bouillerie et à son invitation, accepte de jouer à l'office des fêtes de noël. Juste après la messe Lefébure-Wély céda le clavier à Charles Scheurer ; il le gardera pendant 29 ans succédant ainsi François Teysseyre - un autre illustre musicien Carcassonnais. Le jeune Scheurer se joua alors des partitions les plus difficiles de Léfébure, de Baptiste, de Lémens, etc...

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Le Grand orgue de Saint-Michel

Sa réputation grandit et dépassa de loin les frontières de Carcassonne. Ainsi, le cardinal Bonnechose souhaita l'enrôler comme titulaire du Grand orgue de la cathédrale de Rouen. Ne voulant pas quitter la capitale audoise, Scheurer déclina l'offre comme il le fit pour Toulouse.

Quand François Teysseyre - le fondateur et chef d'orchestre de la Société philarmonique de Carcassonne - prit sa retraite, les musiciens allèrent chercher Charles Scheurer pour combler ce départ. Il se laissa convaincre et organisa plusieurs concerts avec l'Union chorale, dont il était également le chef. Hélas, sa santé déclina rapidement... A l'âge de 47 ans, le conseil de la Fabrique de la cathédrale décidait le 2 novembre 1888 de le remplacer par Justin Boyer, comme organiste titulaire. Il garda le titre d'organiste honoraire.

Quatre ans plus tard, Charles Scheurer est victime d'une attaque d'apoplexie qui manque de le tuer. Très affaibli, il se retire dans sa maison de campagne de Fontiès-Cabardès jusqu'à son décès, le 12 janvier 1901. Deux jours après, le corps de l'organiste est inhumé dans le cimetière dans ce petit village de la Montagne-noire, où il repose de nos jours.

Que reste t-il de Charles Scheurer ?

De ces nombreuses compositions, seules deux ou trois morceaux de piano ont été imprimés. Pour le reste, il n'existe que des manuscrits avec vraisemblablement plusieurs copies. J'ai relevé dans les journaux de l'époque et sur le site de la BNF quelques compositions :

Messe en sol pour 4 voix inégales et orgue

Laudate dominum pour trois voix (1889)

Ave Verum

Hoec Dies

O fili et Regina Coeli

Alma redemptoris

Salve Regina

Quatre antiennes à la vierge

Psaumes en faux bourdon

Cansou de Jaquel (paroles d'Achille Mir)

Je me souviendrai (paroles de R. Alary / 1862)

Généalogie

François Joseph Scheurer (1791-1885) marié à Anne Mellites en 1815

ses  fils

Alexandre Lucien (1819-1902)

François Alfred (1821-1846) marié à Jeanne Paraire

son fils

Joseph Charles (1840-1901) marié à Magesté Eléonore

leurs enfants

Cécile et Eléonore

Georges, Augustin, Clément Scheurer né le 22 mars 1875. Lieutenant au corps expéditionnaire en Chine ; il fit ensuite une brillante carrière dans l'armée. Croix de guerre avec Palme et Officier de la légion d'honneur. Il se maria avec Marie Delmas le 17 octobre 1901.

Sources

Le Ménestrel / 24 décembre 1860

Le courrier de l'Aude

La Cité

L'express du Midi

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08/02/2016

L'école du Bastion de Carcassonne fondée en 1879

En 1878, la municipalité de Théophile Marcou décide la construction d'une école laïque de garçons au commencement de l'actuel boulevard de Varsovie. Ces travaux sont confiés à l'architecte Marius Esparseil et s'appuieront sur une partie de l'ancien Bastion Saint-Martial. En seulement une année, le nouvel établissement sortira de terre et sera naturellement dénommé "École du Bastion". Les élèves l'appelleront longtemps "école F. Cabrol" du nom de son charismatique directeur.

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© Martial Andrieu

L'école du bastion en 1881.

Le bâtiment n'est pas encore dans la configuration, telle que nous la connaissons aujourd'hui. En 1923, des travaux d'agrandissement seront entrepris. Selon, Henri Alaux, l'orillon ouest de défense datant de la construction de la Bastide par St-Louis, fut démoli cette année-là. N'est-ce pas d'ailleurs, lui, que l'on aperçoit encore à droite sur la photo ci-dessus.

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La façade au début du XXe siècle

Dans cette école, on dispensait en complément des cours essentiels, le dessin, la musique, la gymnastique, etc... Les élèves ont été à plusieurs reprises primés au championnat de tir. Il reste de cette époque une série de cartes postales, bien plus explicites que de longs discours. Les clichés furent réalisés par Henri Graille, photographe à Carcassonne.

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Éducation physique

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Leçons de musique

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Cours sciences

Certificat d'études primaires

1922-1923

29 élèves reçus : Saury Julien (Mention TB), Albouy Emile, Audran Paul, Barrico Emile, Barthe Alter, Bonnafous André, Bourgès Jules, Boyer Emilien, Cals André, Carayol Charles, Casagne Edmond, Clabaud Herbert, Cormary Pierre, Durand Julien, Galibert Henri, Guiraud Georges, Jean Edouard, Labeur Georges, Martin Roger, Ourdou Guillaume, Pitié Henri, Planques Louis, Rancoule Marcel, Rouillac Charles, Soum Joseph, Viguier Aimé, Villac Augustin, Voin Henri, Loubeyre Louis.

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L'école est devenue ensuite un collège. La photographie ci-dessus a été prise dans les années 1980 ; on voit clairement l'élargissement de la façade.

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© Google maps

Le collège du bastion en 2016

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06/02/2016

Le 25 octobre 1891, la crue du siècle fait 20 morts à Limoux et Carcassonne

Le 25 octobre 1891, le département de l'Aude a été entièrement dévasté par de terribles inondations semant la destruction, la ruine et la mort. Les quantités les plus abondantes de pluie sont tombées dans le massif des Corbières en suivant la ligne de faite qui sépare le bassin de l'Orbieu à celui de l'Aude et de ses affluents situés en amont de Carcassonne. Le vent très modéré de Nord-Ouest a poussé les nuages au-dessus des massifs ; leur séjour a été très long, ce qui explique les forts cumuls de pluie en ces endroits.

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Carcassonne

L'orage a grondé dès le 24 octobre à 8 heures et demi du matin avec une pluie dense et régulière, coïncidant avec une rapide dépression barométrique atteignant son maximum de 732mm8, le 25 octobre. Elle ne tarda pas à transformer les rues de la ville en torrent dans lesquelles 45mm d'eau étaient déjà relevés. Après une accalmie à 12h45, le vent se remit à souffler. A 15h20, il tomba une averse d'une extrême violence accompagnée des éclairs et du tonnerre. Vers 17h, on mesurait dix millimètres d'eau supplémentaire dans les rues. La pluie ne cessa qu'à 4 heures du matin ; on mesurait 180mm de sorte qu'en moins de 20 heures, il était tombé 281 millimètres.

L'Aude débordait à 2 heures du matin, s'élevant à 8 mètres au-dessu de l'étiage. Elle avait envahi tous les quartiers de la ville semant le désordre et la panique parmi les habitants.

"C'est entre onze heures et deux heures de la nuit que l'Aude, extraordinairement grossie par la pluie tombant sans interruption, a commencé à se répandre largement hors de son lit. Les faubourgs sont envahis : tous les quartiers qui longent le fleuve sont, en peu de temps, transformés en ilots ceinturés de canaux profonds, formés par l'eau rousse et limoneuse de l'Aude. L'eau se précipite dans les caves, dans les corridors, dans les appartements, voire même dans les lits, éveillant brutalement ceux qui s'étaient paisiblement endormis quelques heures auparavant. Beaucoup se hâtent de quitter leur demeure, emportant quelques effets de linge, qu'ils revêtent dans leur fuite éperdue. D'autres, cernés dans leurs appartements par un courant violent et incessant, pousser des cris désespérés pour appeler à l'aide, et pendant ce temps, le fleuve continue ses ravages, en vagissant les champs cultivés, rompant les arbres et les clôtures, démolissant les murailles et entraînant tout sur son passage. Et il pleut...

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©ADA 11

La crue de l'Aude a atteint et dépassé toutes les crues précédentes marquées à l'étiage. Les eaux se sont avancées à l'intérieur de la ville, jusqu'à la rue de la préfecture. C'est-à-dire à près de 500 mètres au moins en dehors de son lit. Les quartiers les plus éprouvés ont été, d'abord, ceux des jardins potagers, puis ceux du Palais, du Pont-Neuf et du Pont-Vieux, de la Digue, ainsi que les faubourgs avoisinant la rive du fleuve, en remontant au-delà de Montplaisir et Patte-d'oie. Les jardins potagers ont été submergés ; des maisons qu'ils contenaient se sont écroulées ou sont endommagées, les habitants ont été obligés de monter sur les toits en attendant les secours. 

Tout au long du fleuve, depuis le Pont-Vieux, jusqu'au-delà de l'abattoir, on ne voit que des murs démolis, effondrement de terrains, grilles enfoncées ; le chalet de Montplaisir a été enlevé et balayé par le flot ; l'atelier d'électricité de la Société Méridionale, le moulin de l'île, les manufactures avoisinantes, l'usine à gaz, l'usine Sainte-Marie, l'usine Guilhem, la propriété Poitevin, la propriété St-jean, etc... Tout cela a reçu la visite des eaux causant des dégâts considérables.

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© ADA 11

On voit par intervalles, passer, dans le remous des flots, vagues objets qui sont des meubles, des tronçons d'habitation, des cadavres de chevaux morts... A l'Hôpital général, les sous-sols et la chapelle ont été brusquement envahis par l'eau qui s'élevait au niveau des arches du Pont-Vieux, et a occasionné à cet endroit un effondrement de 7 à 8 mètres carrés. Aussitôt, on fait évacuer les enfants logés à cet hôpital, ainsi que les autres hôtes ; M. Delsol, avocat, membre de la Commission des hospices, Mme Delsol et M. Sauzède organisent les secours et cherchent à préserver les habitants de cet établissement de charité. La maternité est évacuée à l'Hôtel-Dieu où l'eau n'atteint pas les chambres.

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© ADA 11

Dans la rue Bellevue, c'est M. Lhuilier, professeur de gymnastique, qui est éveillé par l'arrivée de l'eau ; il saute par la fenêtre et se sauve à la nage. Près de l'abattoir, c'est la famille Arbiade qui est sauvé par un pêcheur. Dans la rue de la Digue, un capitaine de cavalerie, réfugié sur le toit avec sa femme, est tiré du danger par des cavaliers du 17e dragons. Entre le Pont-Neuf et le Pont-Vieux, c'est le sauvetage dramatique de toute la famille Lasserre de d'autres personnes, secourues par des barques montées par des gendarmes.

Dans le prolongement de la rue Basse, deux femmes sont mortes : Marie Rigaud (née Andrieu) de 51 ans ; Adeline Andrieu épouse de Jean Rigaud, 17 ans, de Montréal. Les époux ont pu se sauver mes leurs épouses ont été étouffées par le flot.

Toutes les rues sont bloquées par des pompes qui vident les caves remplies d'eau. La perte des habitants est considérables ; plusieurs familles sont sans abri. Il n'y a plus de communications télégraphiques. La boulangerie Maymou a énormément souffert ; des chevaux de prix, des charrettes et des véhicules divers, des sacs de blé, des monceaux de pains ont été emportés. Tout le matériel de la Brasserie Lauer est sous les eaux. Dans la Société Méridionale d'électricité, les machines neuves sont cassées et une partie du béal construite pour la conduite des eaux, s'est éboulé. Dans les quartiers de la Trivalle et de la Barbacane, les petites maisons abritant des  familles d'ouvriers laborieux ont été détruites.

Selon des expertises menées par la ville, le montant du préjudice s'élève à 1.100.000 francs.

Limoux

Toute la journée du 24 a été pluvieuse ; les ruisseaux collecteurs sont infranchissables. Dans la nuit, l'orage redouble et la foudre tombe sur le séchoir de la Brasserie. Il met le feu à une poutre. Pendant ce temps l'eau monte et envahit tous les quartiers.

"A 2 heures, les vagues houleuses submergeant le Pont-Vieux ; les rues Blanquerie, Gourg d'En Gasc, du Palais et Saint-Victor sont déjà ravinées. Une demi-heure plus tard, ce sont les rues Paussifile, Pont-Vieux, Saint-Martin et Carrasserie. A trois heures, les 3/4 de Limoux sont sous les eaux.

Presque tout le quartier de l'Aragou et des rues Goutine, de la Brèche, de l'Officialité, Fusterie, Grammatique, Toulzane, de l'Orme, la Place au Bois, l'Esplanade... Ce sont des maisons qui s'écroulent et qui ensevelissent des malheureux, ce sont des familles qui se sauvent par les toits et ces cris partent de partout. Impossible de porter secours à ces martyrs ; la pluie tombe par torrents et l'Aude grossit toujours. Enfin, le jour apparaît... 

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Le pont vieux de Limoux après l'inondation

Ce n'est plus Limoux, c'est une ville bombardée. Les rues inondées sont remplies de vase gluante et encombrées d'épaves. La maison dite l'Arche du Pont-Vieux, est complètement effondrée. Deux vieilles femmes sont enfouies sous les décombres. Un arc-boutant artificiel les a protégées. Des hommes déboutés les sauvent.

La maison Cadenat, cordonnier, et Constans, propriétaire, rue St-Antoine, Petite-Ville, sont totalement écroulées. La maison de M. Lamouroux, rue Saint-Martin, louée à M. Denat Cadet (boucher) a toute la partie donnant sur la rue Paussifile effondrée. Le côté de la rue St-Martin menace de s'effondrer. Les maisons de MM. Bouchère et Estève sont emportées. Les moulins de Maynard et de Sournies sont détruits. Le Pont-Vieux est presque en ruine. Les jardins de la Sous-préfecture, de l'Hospice et du Presbytère sont emportés. L'usine à soufre est démolie en partie. Chez M. Peyre, l'eau a emporté 500 muids de vin. Les cafés Castéra et Moula sont détruits.

La maison de M. Numa Trauque et une partie de celle de M. Clercy, rue Blanquerie, ne forment qu'une montagne de ruines et sous ce bouleversement se trouvent 12 victimes. Cette maison était habitée par M. Trauque, sa dame, M. Ducasse, sa admet leur fillette, par la famille Raynaud (métayer) composée de cinq personnes, par M. Cabanes (plâtrier) et sa fille, par Mme veuve Saint-Loup et son fils. En entendant les craquements de la maison et ne pouvant se sauver par la rue, ils montent sur le toit de M. Clercy, leur voisin. M. Ducasse monte le premier, M. Renier dit Tillet (maçon), leur voisin, est à ses côtés et au moment où ils vont opérer le sauvetage, un craquement épouvantable, accompagné de grands cris de détresse, retentit ; M. Ducasse se penche dans le vide pour saisir au vol ceux qui lui sont chers ; il va disparaître à son tour ; Renier le retient et l'éloigne du lieu de l'horrible sinistre.

M. Ducasse allait sauver sa femme, il lui tendait la main; la maison s'écroule, Mlle et Mme Ducasse sont brisées par l'éboulement. M. Ducasse était fou de douleur. Dans la matinée, on a procédé à l'enlèvement des victimes : M. Trauque (50 ans) et sa femme (29 ans) ; Mme Raynaud tient enlacés les cadavres de son fils et de sa petite fille, âgée de 9 ans.

Les désastres furent si grands à Limoux que l'autorité militaire vient au secours de la ville. La garnison de Carcassonne fournit deux pelotons de dragons et celle de Montpellier, une forte équipe de soldats du génie.

inondations

L'échelle des crues de l'Aude, en bas du Pont vieux, donne celle de 1891 à hauteur de la fenêtre de la sacristie de Notre-Dame de la Santé.

Quelques exemples dans le département

La voie ferrée est détruite à hauteur de la gare de Madame sur une longueur de 160 mètres, sur l'axe Carcassonne-Quillan. A Puichéric, la moitié du village est inondée ; plusieurs pont sont détruits et 300 personnes sont à la rue. Certaines d'entre-elles ont trouvé refuge dans l'église.

A Lagrasse, deux hommes sont portés disparus. La caserne et les maisons sont démolies. Pertes énormes.

A Lastours, les bâtiments d'exploitation des mines de plomb-argentifère ont été rasés.

A Conques, l'Orbieu et le Rieussec ont débordé. Les maison de la partie basse du village sont sous 1,50 mètres d'eau. Le pont de Villalier est en partie détruit.

A Trèbes, l'Orbiel s'est jeté dans le Canal du Midi, en renversant les parapets du pont-canal

A Luc, le pont s'est affaissé et le remblai du pont de Fabrezan s'est effondré.

Sources

- Bulletin météorologique 

Imprimerie Polère à Carcassonne (1892)

- L'express du Midi 

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05/02/2016

L'urne des déportés retrouve sa place au pied du monument à la Résistance.

À une date que l'on estime être celle de l'inauguration du monument à la Résistance au Square Gambetta - soit en 1948 - une urne contenant de la terre provenant du camp de Buchenwald a été scellée au pied du monument. Elle aurait été ramenée par les déportés et déposée lors de la cérémonie officielle à cet endroit.  Nous n'avons pas de certitude concernant la date précise - il faudrait consulter les registres des délibérations du conseil municipal de Carcassonne - en revanche, les photos et cartes postales en ma possession attestent de l'existence de cet objet en ce lieu au moins jusqu'aux années 1990. 

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L'urne au pied du monument à la Résistance

En 2013, je saisissais Madame Tamara Rivel - adjointe à l'urbanisme - sur la disparition de l'urne après la destruction du square Gambetta et sa transformation en parking souterrain. Celle-ci commissionnait des agents municipaux afin de tenter de la retrouver. Sans succès...  Si tous les autres monuments du jardin avait été rassemblés aux serres municipales avant 2009, l'urne en fonte ne s'y trouvait pas. Notre hypothèse c'est qu'elle fut jetée à la benne ou, au mieux, récupérée par un ouvrier pour son usage personnel.

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Les collégiens et les élus à Sachsenhausen

L'histoire en resta là, quand en juin 2014 Tamara Rivel - Conseillère départementale - proposa au président Viola de refaire une urne et de profiter du voyage annuel des collégiens en Allemagne, pour ramener de la terre des camps. Le président André Viola trouvant l'idée excellente fit les démarches auprès de l'ambassade d'Allemagne afin d'obtenir les autorisations. De mon côté, à sa demande, je fournissais les photos à Madame Rivel, nécessaires à la reconstitution du précieux objet. Le Conseil départemental fit une demande écrite au maire de Carcassonne en vue d'obtenir l'autorisation de remettre à une date non précisée, la nouvelle urne à Gambetta. 

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Les collégiens s'en étant revenus d'Allemagne, la terre ramenée du camp de Sachsenhausen était gardée précieusement. Avec l'aval de l'Architecte des Bâtiments de France, on fabriqua un réceptacle en marbre en guise d'urne avec les noms de MM. Viola et Larrat ; ce dernier ayant accepté de se joindre à la future manifestation symbolique dans un élan d'oeucuménisme politique.

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Dans le journal Perspective - organe de communication du conseil départemental de l'Aude - le président Viola annonce l'inauguration pour le 24 janvier 2016. La date sera finalement déplacée au 3 février.

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Je regrette de n'avoir pas pu me rendre à cette inauguration et je m'en suis excusé auprès des autorités compétentes ; j'habite à 350km de Carcassonne. Selon les observateurs sur place, les discours n'ont pas évoqué l'histoire de l'urne primitive et de son parcours. Ceci aurait permis de comprendre les raisons d'une telle manifestation aujourd'hui ; mais aurait suscité l'embarras de certains élus vis à vis d'un objet dont ils avaient la charge.

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04/02/2016

Dans la valise des déportés Carcassonnais vers Auschwitz

Nous avons déjà évoqué sur ce blog, l'aryanisation, c'est-à-dire la spoliation des biens immobiliers et mobiliers des familles juives avant leur déportation dans les camps de la mort. Ceux-ci étaient d'abord confiés à un liquidateur - désigné par l'administration allemande - avec le concours de l'État Français, puis vendus aux enchères publiques ou cédés gracieusement à des nazis. Nous avons retrouvé des documents dans les archives de l'armée américaine prouvant qu'hélas, Carcassonne n'est pas passée au travers de ces spoliations. La difficulté pour les familles héritières -s'il en restait- de ces pauvres malheureux envoyés à la chambre à gaz, fut d'obtenir après la Seconde guerre mondiale, la restitution de ce qui avait été volé. La plupart du temps, des familles entières ayant été exterminées, les biens restèrent entre les mains de ceux qui les avaient acquis. Qui allait porter réclamation ? Dans d'autres cas, les héritiers durent s'armer de courage pour faire valoir leurs droits auprès des autorités compétentes ; il fallut qu'elles apportassent les preuves de propriété. Il y a sans aucun doute des propriétaires actuels qui, sans le savoir - dans le meilleur des cas - possèdent des biens provenant de l'aryanisation. Ci-dessous, nous ne donnerons que deux exemples parmi... combien ?

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L'entrée du camp d'Auschwitz

Steiner Greta

 Madame Steiner Greta de nationalité française, habitait 9 route de Limoux à Carcassonne, quand elle tenta de récupérer un logement en novembre 1947, par l'intermédiaire chef de la division des restitutions et réparations, au quartier général des forces armées américaines en Autriche.

"J'ai l'honneur de vous informer que l'immeuble situé à Vienne VII, Zieglergasse 38, appartenait avant la guerre à Madame Rosa Krieger ; il a été confisqué le 15 juillet 1942 au bénéfice du Reich conformément au Reichbürgergesetz*Il est toujours entre les mains du Reich comme cela apparaît dans Grundbuch du registre de Neubau (Numéro 1200).

Rosa Krieger disparut durant sa déportation. Par décision du 16 octobre 1947, le tribunal régional l'a déclaré comme étant décédée. Il résulte que sa succession est par conséquent ouverte. Son unique héritière est sa fille, Madame Gerta Steiner, de nationalité française habitant à Carcassonne qui demande la restitution de l'immeuble confisqué dès qu'elle deviendra propriétaire de son héritage.

En conséquence, vous seriez aimable de noter que cet immeuble, bien qu'apparemment allemand, représente un intérêt français, prendre les mesures pour le protéger et me tenir informé.

Je suis disposé à vous donner toutes information complémentaire."

*La loi sur la citoyenneté du Reich de 1935 créait deux espèces d'Allemands ; ceux de "sang pur" et les  ressortissants raciaux considérés comme étrangers. Ces derniers avaient moins de droits que les autres.

Haguenauer Paul

Paul Georges Haguenauer demeurant 10, rue de la préfecture pendant la guerre, possédait une société de vente de tracteurs sous la marque "Le Français". Par arrêté du 24 janvier 1942 paru au Journal Officiel, les biens de M. Haguenauer sont mis entre les mains d'un administrateur et d'un huissier Carcassonnais chargés d'en rédiger l'inventaire en vue de la vente. Il est également mis fin aux fonctions de M. Haguenauer comme directeur de cette société.

Le 30 novembre 1942, un courrier du Commissariat aux questions juives de Montpellier (2, rue des Etuves) signé de J. Tollincri est adressé au préfet de l'Aude :

" J'ai l'honneur de vous demander l'internement administratif du juif Haguenauer Paul, dont les agissements et l'activité croissante en qualité d'ingénieur conseil portent un grave préjudice aux vrais français."

 Le préfet Marc Freund-Valade ne va pas se soustraire contrairement à son prédécesseur à la demande du Commissariat aux questions juives. Le 5 janvier 1943 :

"M. Haguenauer Paul né le 24 décembre 1890 à Colmar (Haut-Rhin) de Simon et de Neyer Eve, domicilié 28 rue de la mairie à Carcassonne, est astreint de résider au centre de séjour de Fort-Barreaux (Isère) où il sera immédiatement conduit.

M. le chef d'escadron, commandant la compagnie de gendarmerie d'Aude, est chargée de l'application et de l'exécution du présent arrêté."

Après son internement sans sa fille et sa femme restées sous surveillance en leur domicile de Carcassonne, l'inspecteur de police Valentin D, l'administrateur Jules B et l'huissier maître T chargés de l'inventaire, découvrent des tracts jugés anti-nationaux du journal Combat, deux revolvers et un tract appelant au rassemblement du 14 juillet 1942 à la statue de Barbès. Un rapport est envoyé par Jules R, Commissaire principal, chef des renseignements généraux de l'Aude.

À la libération, Paul Haguenauer cherchera à récupérer une partie de ses objets dispersés. Sa bibliothèque contenant plusieurs livres de valeur ayant été expertisée par un libraire de la ville, il s'adressa à lui afin de la récupérer. Il dût s'y reprendre à plusieurs reprises avec au final une mise en demeure. Voici la réponse qu'il reçut du commerçant :

"Au cours de l'année 43, j'ai été sollicité pour examiner une bibliothèque. J'ai donné mon avis verbalement sur un certain nombre de livres en précisant que généralement le prix en occasion correspondait à la moitié du prix marqué. Au cours de la visite j'ai appris les raisons de cette vente et je n'ai fait aucune offre. Je précise que contrairement à ce que vous prétendez dans votre lettre, je n'ai pas remis d'expertise par lettre et que je n'ai reçu aucune rétribution de quelque sorte que ce soit."

De la même manière, M. Haguenauer s'adresse à un grand magasin de vêtements de Carcassonne afin de récupérer ses seize complets que celui-ci à accepter de revendre, contrairement à d'autres tailleurs qui ont refusé de prêter une aide quelconque à un acte de spoliation. 

(Ces commerces n'existent plus à Carcassonne)

Paul Haguenauer participa comme lieutenant F.F.I a la libération de Carcassonne, le 20 août 1944. Il est reconnu "Mort pour la France" le 9 novembre 1946 avec le grade de Commandant. Son corps se trouve dans la nécropole nationale "Les vallons" à Mulhouse, Carré A1 n°115. 

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© Georges Simon

MémorialGenWeb

 

Sources

Service historique de l'armée

Document déclassifiés US

Archives de l'Aude

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03/02/2016

Tournage du film "La merveilleuse vie de Jeanne d'arc, fille de Lorraine", en 1927 à la Cité

A partir du 3 novembre 1927, la Cité de Carcassonne accueille le tournage d'un grand film muet d'envergure nationale, financé par les productions Natan à hauteur de 8 millions de francs. Toute la troupe est arrivée de Mazamet. Depuis un mois on préparait les machines de guerre et les décors sur les remparts de la Cité médiévale.

La merveilleuse vie de Jeanne d'arc,

fille de Lorraine.

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L'écriture du scénario qui retrace la vie de la pucelle d'Orléans depuis Vaucouleurs jusqu'au bûcher de Rouen, a été confié à Jean José Frappa. Louis Aubert assure l'édition de l'oeuvre mise en scène par le peintre et désormais réalisateur, Marco de Castine. Après un concours au cours duquel de très nombreuses  actrices auront participé, une jeune femme de 16 ans a été choisie pour incarner l'héroïne principale.

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Simone Genevois

(1912 - 1995)

Là, sur un vaste enclos qui domaine les célèbres fossés, une foule bigarrée se presse curieuse et enthousiaste. Figurants Anglais, Français, metteur en scène, administrateur, journalistes, tout ce monde ne forme un instant qu'une masse compacte... Mais un coup de sifflet strident donne un ordre et chacun court à la place qui lui est assignée. Les armes sont distribuées. Les cuirasses aux Français, les cottes de maille aux Anglais, appareils aux opérateurs et un magnifique porte-voix à Marco de Gastyne.

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Les opérateurs Asselni et Belladone entourant M. Gaston Brun. Chef de la prise de vue Delval et son équipe surveillent les mouvements d'ensemble et expédient écuyers et arbalétriers  ans le champ utile où l'artiste Mailly leur donne les derniers conseils.

M. René Ginet, notre distingué confrère de la presse cinématographique parisienne, délégué des Productions Natan, nous a aimablement invité a suivre les opérations d'une prise de vues. Et notre excursion ne s'est réalisée qu'après un excellent déjeuner, où tous les confrères furent réunis.

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La troupe est rassemblée. Sous une même cuirasse on ne reconnaît plus soldats, ni civils. L'égalité est si uniforme que tout esprit de commandement disparaît. Et pourtant, ces hommes obéissent au moindre geste du metteur en scène. Il y a là, comme figurants des Carcassonnais, des soldats du 80E, des artistes même qui, pour les encourager et former une atmosphère nécessaire se sont glissés parmi eux. Marco de Gastyne harangue tous ceux qui vont se battre et transmet à l'artificier qui, par hasard, se nomme Pétard, ses ultimes recommandations.

A droite, il dit que les Anglais prennent l'offensive !

A gauche, il crie que les Français se méfient !

Au milieu, il nous crie de rester tranquilles !

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Et pendant ce temps, la foule des curieux se presse aux alentours gênant parfois les mouvements et offrant le spectacle comique de particuliers béatement ahuris.

Un coup de sifflet. Le capitaine anglais , Lord Glasdal, aperçoit les Français. Il donne à ses soldats l'ordre de s'élancer. Mais nous ne sommes plus aux temps des arbalétriers et des catapultes. Nos soldats du XXe siècle s'élancent mollement. Alors Marco, énervé, leur crie dans le haut-parleur.

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- Cent mètres de gâchés ! Un peu plus d'ardeur, s'il vous plaît !

Et l'on recommence jusqu'à la perfection. Les soldats du 80e sont pétris de bonne volonté. Le soleil baisse à l'horizon. Il est quatre heures. Nous interviewons tour à tour MM. Gaston Modot - le capitaine anglais - et Mailly - le capitaine Lahire. Tous deux sont satisfaits. Et Marco de Gastyne nous dit :

- Si je suis content ? Il faudrait que je sois fou pour ne pas l'être. Je suis enchanté, ravi, exultant de joie. Nous assistons à un effort comme jamais il n'en a été fait en France jusqu'à ce jour, effort dépassant même celui si considérable qui fut osé pour "Le miracle des loups". Et quel appuis, quels concours, quelles facilités ne nous a t-on pas accordés. Pensez-donc, la porte des monuments historiques largement ouverte. Toutes les facilités possibles pour tourner à Reims, Carcassonne, Aigues-Mortes, Mont Saint-Michel, Pierrefonds, etc... décors uniques au monde, ce qui nous permet, tout en évoquant la plus magnifique pas de notre histoire, de porter à l'écran les plus beaux sites de France.

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Devant la cathédrale de Reims

A Reims, nous avons obtenu pour la première fois l'autorisation de tourner à l'intérieur de la cathédrale, transformée pendant quelques jours en studio de cinéma. Pouvoir utiliser pour la figuration un nombre presque illimité de soldats volontaires des 6e, 15e, 16e et 17e corps d'armée : avoir pu joindre ainsi aux figurants civils pour la bataille de Patay, l'effectif d'une brigade de dragons, et pour le siège d'Orléans celui de deux régiments d'infanterie et d'un régiment de cavalerie. Et vous me demandez si je suis content ?

Tant que le cinéma nous apparaît ainsi, il semble auréolé de gloire et de prestige. Quelle erreur ! Le cinéma est très beau nous dit-on : on y gagne 6, 8 ou 10 000 par mois. Mais il faut mettre en garde tous ceux qui veulent en faire à tort et à travers. Car si on réalise des bénéfices, on ne vit heureux qu'à condition de tourner toujours. Et ce n'est pas le cas, même pour les plus grands artistes ! Je crois que cette situation se retrouve partout, qu'il s'agisse de grand théâtre, d'opérette ou de music-hall.

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La scène du siège d'Orléans à la Cité de Carcassonne

Interviews

Simone Genevois vient de nous quitter. Marco de Gastyne, impitoyable, l'a invitée à venir au plus tôt tourner quelques minutes. Et, mutine, elle a abandonné brusquement une partie de Mh-Jong pour aller revêtir son armure. C'est que Simone Genevois n'a que seize ans. Et il est permis, à cet âge heureux, d'avoir quelques distractions. Mais à la table où nous sommes, Mesdames Choura-Milena et Dora Starni restent encore. Aussi, pendant que Lord Glasdal, discute aimablement avec son ennemi le capitaine Lahire, nous interviewons nos deux charmantes interlocutrices.

- Carcassonne, nous dit-on, est une jolie ville. Mais... je préfère Toulouse, avoue Mme Starni. Nous avons trouvé auprès des Carcassonnais, un accueil chaleureux. Toute la population nous a été favorable. c'est si rare, savez-vous ! Imaginez qu'un jour...

Mais Mme Choura nous interrompt.

- Je devise ce que vous voulez, nous dit-elle. Eh bien ! dites à vos lecteurs que "Jeanne d'arc" sera une de nos plus belles productions et aussi un film qui diffusera étonnement les beaux sites de votre France. Nous avons tourné à Reims, à Aigues-Mortes, au Mont Saint-Michel, à Pierrefonds, aujourd'hui à Carcassonne.

- Ce qui vous évite d'aller à Beauvais.

- Laissons-là le mauvais souvenir de ces ridicules histoires entre deux villes. Carcassonne l'emporte aisément. Du reste vous voyez combien est grand l'engouement des interprètes du film. Nous sommes ici tous réunis. Vous avez vu Simone Genevois, voici Mme Marie Laurent qui joue le rôle d'Eléonore, alors que Mme Starni incarne celui de Gilda. Vous savez que l'on m'a désigné pour le rôle d'Isabeau.

- A ce moment Gaston Modot, qui venait de tourner plusieurs scènes sur les remparts ainsi que nous l'avons décrit dernièrement, complète cette distribution. Philippe Thérial tient le rôle de Gilles de Rais, autrement dit Barbe Bleue, et Daniel Mandaille assure l'interprétation du fameux Lord Talbot. Mailly, le si sympathique artiste, joue le capitaine Lahire, et Dehucourt incarne Charles VII digne d'être couronné par l'héroïne Jeanne d'arc. Louis Alibert, Georges Paulais, P-P Stock, Viguier, Soarez J. d'Albe, Marc Vahele, interprètent successivement les rôles de Rémy l'oiseau, Dunois, Bâtard d'Orléans, Jean Poitou, le frères de Ponargès et un page.

Gaston Modot vêtu de sa lourde côte de maille venait de nous quitter, lorsqu'un homme, un géant, s'avance. c'était Vasseur, le célèbre champion de force, que les productions Natan avaient enté pour réaliser certaines scènes du film où l'acteur doit faire preuve d'une constitution robuste et d'une habileté extraordinaires. Ce bon géant, paternel et débonnaire, soulève facilement à bras tendus deux hommes de forte corpulence. 

Le légendaire coup de sifflet retentit.

- A vous les Anglais ! crie Marco de Gastyne

- Attaquez ! les Français, lance Lahire...

Et un journaliste compatriote ajoute justement :

- C'est curieux, mais les Anglais n'ont jamais été si dociles !

Source

L'express du midi

Crédit photos

Collection Martial Andrieu

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