20/08/2016

Les magnifiques vitraux de l'église de Villalbe

Les hameaux de Carcassonne regorgent de trésors qui n'ont jamais été vraiment étudiés par les historiens locaux. Ce manque d'intérêt nous semble incompréhensible, car la capitale audoise ne s'arrête pas à la Bastide Saint-Louis ou à la Cité médiévale. Que pourrait-on écrire encore sur notre forteresse qui n'a jamais été révélé ? Quand on va aux mêmes sources (Mahul, Bouges ou Joseph Poux), on arrive très souvent aux mêmes conclusions ; seule diffère parfois l'interprétation. Alors avant d'acquérir la dernière étude sur la ville basse ou la Cité, allez directement vérifier les sources à l'intérieur du livre. Très souvent, il vaut mieux se procurer directement les anciens ouvrages de Poux, Foncin ou Fédié. 

Eglise_Villabe.jpg

L'église de Villalbe érigée en 1784, possède en ses murs de superbes vitraux du XXe siècle. En août 1944, au moment de l'explosion par les Allemands du dépôt de munitions de Baudrigue (Roullens), l'onde de choc fut telle que les vitraux du XVIIIe siècle partirent en éclats. Ils seront remplacés le 20 novembre 1955 lors d'une inauguration en présence de Mgr L'évêque, de l'abbé Maurice Vidal et des petits chanteurs de Saint-Stanislas.

vitraux encalcat villalbe.JPG

Ces vitraux ont été réalisés par le R.P Ephrem Socard, moine Bénédictin de l'abbaye d'En-Calcat. Fils d'un maître verrier, le père Ephrem crée au début des années 1950 un atelier de dalles de verre. Cette technique perdure encore au sein de la communauté religieuse. Ephrem Socard a formé le Toulousain Henri Guérin, peintre-verrier reconnu dans le monde entier pour ses nombreuses réalisations.

059.JPG

Nous sommes désolés de ne pouvoir vous présenter de meilleures photographies, mais il est très difficile pour un amateur comme moi de prendre des clichés de vitraux. Un inventaire de ce trésor artistique devrait être fait afin de protéger à l'avenir ce joyau contemporain. C'est dans ce but que nous avons décidé de vous transmettre son histoire.

___________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2016

19/08/2016

La dyslexie des transcripteurs du cadastre Carcassonnais

Nous pourrions continuer à nous amuser autour des plaques de rues de cette bonne ville de Carcassonne, tant les coquilles sont nombreuses et variées. Pour s'en dédouaner chaque nouvelle municipalité qui a eu à affronter la critique a cherché à botter en touche : "Ce n'est pas nous, c'était déjà là avant". Comme chaque enfant pris le doigt dans le pot de confiture... Sauf que là, il ne s'agit pas d'enfantillages mais de respect pour les personnages de l'histoire de France, auxquels on doit rendre l'hommage qu'ils méritent. Dans un article publié hier, un journal local relate la communication de la mairie selon laquelle l'ensemble des erreurs va être corrigé. Reprenant le sempiternel refrain "elles étaient là, avant nous", le responsable explique qu'une commission extra-municipale d'historiens et de passionnés, va être mise en place pour pallier désormais à toutes ces erreurs. Là, on voudrait bien sourire mais cette personne ignore que cette commission existe déjà - sûrement parce qu'elle ne se réunit jamais. Sous la municipalité précédente, Madame Martinez - 1ère adjointe - présidait ce cénacle chargé d'attribuer les nouveaux noms de rues et d'en modifier les erreurs. On comptait déjà dans ses rangs MM. Marquié et Bonnet - deux érudits incontestés. Il semblerait que l'efficacité des réunions n'ait pas permis de transformer sur le terrain, les bourdes inscrites sur les panneaux. Pourquoi ? La réponse se trouve dans l'article d'hier. Le responsable explique que c'est le service technique - pas le service culturel, ni du patrimoine - qui s'occupe des modifications et des remplacements des plaques. Autant demander à mon boucher de faire vêler les vaches ! Je rappelle que est "Carcassonne, ville d'art et d'histoire" et "Patrimoine mondial". Ajouterions- nous le label "Ville d'improvisations" ?

13925004_10209771508272101_1612523246626305430_n.jpg

Les services municipaux font plus de shopping dans les Galeries Lafayette, que d'histoire avec le Marquis de la Fayette. Quant à la particule, elle ne prend jamais de majuscule. 

13903287_10209709223795028_5520546408673630391_n.jpg

Jacques Offenbach devenu subitement suédois fait un come-back, mais c'est loin d'être comme Bach. Dans cette rue, j'avais fait changer les plaques en 2012. Une seule résiste encore, juste pour se démarquer ou pour rappeler le peu de sérieux de nos communaux.

Capture d’écran 2016-08-19 à 09.46.43.png

Je me suis amusé à faire le tour du quartier - je suis taquin. A des endroits, la rue Beethoven est seulement indiquée par des numéros. Je croyais que c'était les numéros de ses symphonies... Non, c'est pour faciliter la vie du facteur.

Le cadastre

Au service du cadastre Carcassonnais, on doit recevoir la charge en héritage depuis des décennies. Comment expliquer alors qu'ils soient tous atteints par une dyslexie aigüe ? Nous avons observé que de très nombreux noms de quartiers ont été modifiés en dépit de toute recherche historique. Cela ne tient qu'à une lettre, mais qui change radicalement l'histoire locale. Plaignons les chercheurs lorsqu'ils doivent analyser et confronter les plans anciens avec ceux d'aujourd'hui...

Quelques exemples

La FerraNdière est devenue La FerraUdière

(Zone du côté de Salvaza)

CucurLis est devenu CucurNis

(Route de Toulouse)

Le domaine de MoUreau devient MoReau

(Route de Berriac)

St-Jean de BrucaFel devient St-Jean de BrucaTel

(A Grazailles)

Le chemin de MaleLait devient MaTelait

(A Villalbe)

GrazailleS devient Grazaille

Le GPS

Autre inconvénient - non sans conséquences - les GPS perdent la boussole. Par exemple, à Villalbe... La rue Joseph Comes (1893-1979) - un ancien conseiller municipal du hameau - prend le prénom de Jean. Pourquoi ? Sur la plaque, il est inscrit J. Comes. La ville ne savait plus si c'était Jean, Joseph ou peut-être encore Josabeth. Au petit bonheur, on a opté par Jean. Manqué ! 

________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2016

17/08/2016

Charles Bessière (1924-1986), écrivain

Tout commence par une visite au cimetière du hameau de Maquens à la recherche d'une sépulture que je n'ai finalement pas trouvée... Un portrait et un nom buriné sur une plaque portant la mention "écrivain" m'arrêtent. Comment ? Un romancier inconnu des Carcassonnais, voilà qui m'intéresse ! Je me mets alors en quête de retrouver sa famille et par chance, il s'agit de celle d'un ancien professeur de musique de la ville. Grâce à son épouse Madame Simone Grassiette (1er prix du Conservatoire de Paris), j'ai pu obtenir des éléments biographiques sur

Charles Bessière

P1060276.JPG

Charles Bessière était né à Bègles (Gironde) en 1924. Après des études à l'Ecole des beaux-arts de Bordeaux, il obtient le Grand prix de Rome en gravure. Une fois les résultats promulgués, le nouveau lauréat emporte sous son pantalon - malgré l'interdiction - ses gravures au burin. Après avoir été pilote de course et même second d'une étape du Tour de France remportée par Hugo Koblet, Charles Bessière se lance dans dans l'écriture. Ses contes, nouvelles et poésie sont publiés.

Capture d’écran 2016-08-17 à 19.41.33.png

"Du sang neuf en littérature" 

En 1964, les éditions Grasset publient son ouvrage "La farce" (In-16 / 262 pages). La critique déclare : "Charles Bessière dans ce livre plein d'entrain a décrit ce monde fantastique et populaire de l'illusion d'aujourd'hui." Quand l'auteur apporte son manuscrit "Les marches du royaume" à Grasset celui-ci est reçu par Yves Berger, d'abord intéressé par le physique avantageux de l'auteur. En refusant ses avances, Bessière renverse la table et reprend son ouvrage.

Quelques autres livres de l'auteur

Les marches du royaume

La chose

La toison d'or

Dans le monde des lettres, Charles Bessière pouvait compter sur l'amitié de l'Académicien François Nourrissier et du critique Daniel Domergue. Il est décédé en 1986 à l'âge de 61 ans suite à une rupture d'anévrisme. Il est inhumé dans le cimetière du hameau de Maquens.

___________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2016

13/08/2016

"Les feux de Carcassonne" d'Henri Pringuet (1876-1946)

On ne sait pratiquement rien du peintre Carcassonnais

Henri Pringuet

(1876-1946)

sinon qu'il fut professeur de dessin au lycée de la ville et qu'il a décoré en partie de ses toiles l'hôtel de la Cité en 1927. C'est d'ailleurs assez regrettable d'avoir si peu d'éléments biographiques sur cet artiste. Au gré de nos recherches sur de vieux journaux du XIXe siècle, nous avons pu relever certains aspects de son parcours. Le patronyme Pringuet est originaire du nord de la France ; on le trouve uniquement à son époque dans l'Oise, la Somme et le Nord. On peut donc supposer que l'artiste a découvert notre ville au moment où il fut nommé comme professeur de dessin au lycée de Carcassonne, en remplacement de M. Pagnoux. Nous sommes au mois de mai 1894 ; il n'a alors que 18 ans. Peu à peu, le jeune homme prendra ses marques dans la salle autrefois occupée par l'illustre Jacques Gamelin. 

Capture d’écran 2016-08-13 à 10.02.30.png

Les feux de Carcassonne / H. Pringuet

Le tableau ci-dessus a été peint cinq ans plus tard en 1899, depuis les bords de l'Aude. Il s'agit sûrement du premier embrasement de la Cité tiré en 1898 lors du passage des Cadets de Gascogne - troupe itinérante d'intellectuels et d'artistes - à Carcassonne. Le courrier de l'Aude du 20 juin 1899 nous apprend son exposition dans la vitrine de Caseli, rue Courtejaire. Il devait s'agir d'un galériste local. Aujourd'hui, cette huile sur toile de 32,5 x 46 cm est en vente à la galerie Drylewicz à Paris. Si le musée des Beaux-arts de Carcassonne détient 5000 euros, il pourrait la rapatrier à la maison. On connaît déjà la chanson... on va nous dire que c'est un peintre mineur.

Capture d’écran 2016-08-13 à 10.02.41.png

© Drylewicz

En 1918, Henri Pringuet réalise pour le compte de la ville de Carcassonne le portrait de Léon-Auguste Sicard, qui a son décès avait légué 40 000 francs aux hospices. Ce tableau sera mis dans la salle des séances de la mairie avec l'ensemble des autres portraits des bienfaiteurs de la ville. Léon Sicard était rentier de son état et habitait 18, rue Victor Hugo. Cette information relayée par le Courrier de l'Aude du 26 février 1918 est d'importance, car en consultant le catalogue de l'exposition de portraits détenus par le musée des Beaux-arts, nous nous sommes aperçus que ce dernier détient au moins quatre toiles de bienfaiteurs des hospices de la ville. Elles sont toutes d'Henri Pringuet ; ceci peut laisser supposer que le professeur de dessin était le portraitiste officiel de la municipalité. La salle des séances dont il est question n'existe plus ; elle a été rasée au moment de la destruction de l'hôtel de ville dans les années 1930.

Femme au chapeau..png

La femme au chapeau / H. Pringuet

Cette huile sur toile a été vendue 2274 € en juin 2013 (Artnet)

Papagay.jpg

© Patrice Cartier

En 1927, Henri Pringuet réalisera une série de tableaux pour la décoration de l'Hôtel de la Cité. Ci-dessus, les exercices du Papegay (jeu local du XVe siècle). Ces oeuvres sont toujours bien visibles des clients de cet hôtel de prestige, mais le nom d'Henri Pringuet ne leur évoquera rien. Pas plus d'ailleurs qu'à certains décideurs locaux, si prompts d'ordinaire à enfoncer culturellement des portes ouvertes pour que la curiosité intellectuelle ne les étouffe pas. Pour la petite histoire, Henri Pringuet fut le professeur d'Yvonne Gisclard-Cau, dont le nom résonnera à l'oreille de nos édiles.

Généalogie

Henri Pringuet se marie en 1902 à Jeanne-Marie Cyprienne Escande, née à Escales (11).

___________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2016

11/08/2016

Nous sommes tous des assassins !

Le célèbre réalisateur Carcassonnais André Cayatte - enfin, surtout connu en dehors de sa ville natale - est l'auteur d'un film sur la peine de mort qui défraya la chronique nationale en 1952.

"Nous sommes tous des assassins" 

Prix du jury

au

Festival de Cannes.

Les rôles principaux sont tenus par le chanteur Mouloudji et l'acteur Raymond Pellegrin, ce dernier étant connu du grand public pour avoir prêté sa voix à Fantomas.

nous_somme_tous_des_assassins.jpg

Le synopsis nous révèle l'histoire d'un ancien résistant qui après la Libération se transforme en meurtrier. Arrêté et condamné à mort, il se retrouve en cellule avec d'autres assassins. Son avocat cherchera à le sauver en mettant en cause la société, responsable - selon lui - d'être à l'origine du comportement meurtrier de son client.

L'affaire André Tejerons

Ce que la majorité des gens ignorent, c'est que ce film et plus largement la prise de position - courageuse pour l'époque - d'André Cayatte contre la peine de mort - lui ont été inspirés par un fait divers tragique ayant eu pour cadre Saint-Hilaire. Le 9 février 1924, André Tejerons condamné à mort pour meurtre est guillotiné dans la cour de la Maison d'arrêt de Carcassonne. Il s'agit de la dernière exécution capitale dans notre ville, avant l'abolition de la peine de mort en 1981.

Capture d’écran 2016-08-11 à 09.48.08.png

Le 6 mai 1923, dans un champ en flamme à la sortie de Saint-Hilaire en direction de Ladern-sur-Lauquet, Basile Pistre - le propriétaire - découvre un corps carbonisé dans une meule de foin. Le Dr Piquemal de Limoux constate sur le cadavre non identifiable des traces de strangulation et son crâne défoncé. Les gendarmes enquêtent au village et arrêtent Jaime Ibanez. Ce dernier passe aux aveux ; il indique avoir participé à l'assassinat de Jose Torres sous les ordres de Tejerons. Accusé de la sorte, il se défend et nie en bloc les accusations de son comparse. Le mobile de cette machination préméditée serait le vol de l'argent de Torres avant son départ pour l'Espagne. 

Ibanez et Tejerons sont renvoyés vers la Cour d'assise. Durant le procès, Tejerons n'aura de cesse de chercher à prouver son innocence grâce à des alibis plus que logiques. Un témoignage confirme ses dires, concernant sa présence sur les lieux et l'objet contondant du crime qui ne lui appartient pas. Qu'importe ! Le tribunal ne s'appuie que sur les dires d'Ibanez qui, cherchant à sauver sa peau, charge Tejerons de la responsabilité du meurtre. Le verdict de la Cour condamne Ibanez aux travaux forcés perpétuels et Tejerons, à la peine capitale. Me Riart, son avocat, se pourvoit en cassation contre l'arrêt de mort. Rejet, le 13 décembre 1923. Il ne reste plus que la grâce présidentielle que son avocat va tenter d'obtenir lors d'un voyage à Paris. Tejerons est confiant... jusqu'au matin du 8 février 1924.

Le réveil du condamné

(Le petit méridional / 9 février 1924)

Vendredi matin, à 6 heures, le condamné fut réveillé par M. Couréjelongue, procureur de la République, entouré de MM. Galy, substitut ; Uzac, juge d'instruction, Aurifeuille fils, greffier en chef ; Journet, commis-greffier ; Grillères, secrétaire de parquet ; Me Riart et l'abbé Séverac, aumônier de la prison ; M. Suberville, comme interprète. 

On lui apprend que son recours en grâce étant rejeté, le moment est venu, pour lui, de payer sa dette à la société. En espagnol, il s'écrie :

"No me mate, no me mate !" (Ne me tuez pas)

Son avocat, lui répond : "Courage et meurs en bon Aragonais."

L'abbé Séverac lui demande s'il veut se confesser et assister à la messe. Il y consent. On lui offre un verre de rhum qu'il accepte, puis il fume des cigarettes. M. Deibler (le bourreau, ndlr) qui l'attendait au greffe de la maison d'arrêt procède à sa toilette. Au moment où il était en train de lui lier les mains derrière le dos, Tejeron dit : "Ne me faites pas mal !"

La funèbre machine est dressée face à la grande porte de la maison cellulaire sur le trottoir, Rejeton paraît entre les aides qui le maintiennent et est suivi des membres du Parquet, de Me Riart et de l'abbé Séverac. A ce moment l'assassin n'est qu'une loque. Il n'exprime plus rien : ni regret, ni peur, ni repentir.

On le pousse sous la bascule. Le couperet tombe. Justice est faite.

L'origine du combat de Cayatte

"L'abbé Séverac a assisté le fameux Tejerons lors de son exécution capitale. Très impressionnable, il n'a pas résisté à cette tragique émotion. Rapidement, on l'a vu dépérir et il est mort après de cruelles souffrances, victime du devoir généreusement accompli. (La semaine religieuse / 12 juillet 1924)

media.jpg

André Cayatte qui n'avait que 15 ans à l'époque des faits vivait à Carcassonne avec ses parents au-dessus de l'épicerie qu'ils tenaient dans la rue Denisse. L'abbé Séverac était un cousin de la famille et cette histoire a formellement traumatisé le jeune adolescent ; il s'est juré de lutter toute sa vie contre l'implacable machine judiciaire. On retrouve dans un grand nombre de ses films cette thématique, comme dans Mourir d'aimer avec Annie Girardot.

3532681253.jpg

Cayatte ostracisé à Carcassonne

Nous avons cherché à comprendre les raisons pour lesquelles, sa ville natale qui aurait dû s'enorgueillir d'avoir un des ses enfants aussi talentueux, l'a plus ou moins rejeté. Comme pour l'écrivain Jean Cau qui obtint le prix Goncourt en 1961 - ils ne sont pas légion les Carcassonnais dans ce cas, n'est-ce pas ? - l'affaire est avant tout politique. L'auteur de la Pitié de Dieu avait effectué un glissement prononcé de la gauche vers l'extrême droite à la fin de sa vie... Et, André Cayatte ?

Le cinéaste Carcassonnais a pendant l'occupation réalisé plus de trois films grâce au budget de la Continental : La fausse maîtresse, Au bonheur des dames, Pierre et Jean. Qui était la Continental ? C'était la seule société de production Française autorisée par les Allemands, puisqu'elle était directement financée par eux et fondée par Josef Goebbels. Parmi ses acteurs français célèbres, on peut nommer Fernandel, Arlety, Pierre Fresnay, etc. A la Libération, le comité d'épuration du cinéma interdit à Cayatte l'exercice de toute fonction dans le 7e art pendant plusieurs années. Cayatte brisera cette condamnation un an après.

Capture d’écran 2016-08-11 à 11.33.11.png

La maison natale de Cayatte, rue Denisse

On attend toujours une plaque sur cette maison. Dommage, qu'il ne fût pas torero ! Elle y serait déjà.

Sources

Le petit méridionnal / 9 février 1924

Les grandes affaires criminelles / Clément Cartier

________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2016

11:40 Publié dans Cinéma | Tags : cayatte | Lien permanent | Commentaires (5)

10/08/2016

Plus d'un an après ? Quelle célérité !

Suite à la diffusion de notre article sur le changement de plaques dans la rue Pierre Germain au profit d'un orfèvre de Louis XIV, la mairie s'étant rendue compte de son erreur a fait remplacer rapidement hier les six plaques posées. Quelle célérité ! Heureusement qu'il y a des personnes embauchées par la ville ayant fait de longues et nombreuses études, sinon ce serait la fin de notre civilisation. Ce n'est pourtant pas une première... Souvenez-vous qu'en 2012 nous avions fait changer la rue Jacques Offenbach devenu Suédois par la volonté d'un employé communal, pour lequel cela devait être trop souvent "Open bar" chez lui. 

10505419_10204822716915410_2346151368067906493_n.jpg

Carcassonne regorge encore de belles surprises. Je ne résiste pas à vous communiquer l'article paru ce matin dans le canard en question.

Capture d’écran 2016-08-10 à 10.28.34.png

© La dépêche / JL Bibal

L'orfèvre n'aura tenu qu'un an... 

"La rue Pierre-Germain est au centre de toutes les attentions. Que ce soit sur le net ou en ville, les réactions ne se sont pas fait attendre. En effet, la mairie de Carcassonne a procédé au renouvellement des plaques de cette rue il y a un peu plus d'un an, et a confondu le compositeur avec son homonyme parisien. Pierre Germain est un célèbre compositeur chaurien né le 24 décembre 1817 à Castelnaudary et mort le 3 janvier 1891 à Carcassonne. C'est d'ailleurs cette même année, que le nom de la rue lui a été attribué. Les plaques de rue de la ville ont pour objectifs d'alimenter le devoir de mémoire et de rendre hommage aux personnalités locales. Mais voilà qu'en un tour de colle, ce dernier est devenu orfèvre du roi Louis XIV, né en 1645 et mort en 1684. «Ne sachant pas qui était cet illustre Audois et surtout n'ayant que Wikipedia sous la main, ils sont allés chercher un homonyme qui n'a rien à voir avec Carcassonne», s'indigne un internaute. Pourtant, il suffisait de faire quelques pas supplémentaires pour observer les anciennes plaques indiquant correctement qu'il était «musicien, compositeur, organiste». Même s'ils sont plusieurs habitants à n'avoir rien remarqué, d'autres se demandaient si «c'était fait exprès». Un habitant de cette rue s'étonne : «J'ai emménagé il y a un an et je croyais qu'elle était en deux parties. Moi, je suis dans celle du compositeur ! Je trouvais ça inhabituel et rigolo d'avoir un nom de rue consacré à deux personnes ». Son voisin, lui, ne trouve pas ça amusant du tout et considère «que la mairie aurait pu faire gaffe et prêter un peu plus d'attention à ce qu'elle écrivait».

L'historien Claude Marquié est également surpris par cette confusion. «Pour moi, il n'y a qu'un seul Pierre Germain dans la région et il s'agit d'un compositeur. Je pense qu'il y a erreur. Ils se sont certainement trompés», analyse-t-il. Alors que lundi après-midi, nous contactions la mairie pour avoir plus de renseignements, la balle était sans cesse renvoyée entre l'urbanisme et le service technique. Anny Barthès, conseillère municipale déléguée au Patrimoine, nous a finalement rappelé en fin de journée et a reconnu, au cours de cette discussion, qu'une «erreur» avait été faite. «Nous allons changer les plaques et remettre la bonne dénomination avant septembre. Dans un premier temps, nous allons retirer toutes les fausses», assure-t-elle. Aussitôt dit, aussitôt fait ! Hier matin, des agents de la mairie étaient déjà sur place pour procéder au changement des plaques. «Nous avons retiré six plaques erronées et les avons remplacés par des plaques neutres. Ce sont des plaques provisoires en attendant de recevoir les bonnes», expliquent-ils. Cette étourderie a donc été rapidement rectifiée et la rue Pierre-Germain rendra à nouveau hommage au compositeur, comme il se doit."

___________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2016