14/09/2016

Et si le "Club Méditerranée" s'était implanté à Carcassonne en 1983 ?

Au début des années 80, la ville de Carcassonne cherche a attirer davantage de visiteurs autour de sa cité médiévale et surtout à les faire séjourner plus d'une journée. Les chiffres de la fréquentation touristique sont en augmentation de 15% entre 1981 et 1882 avec 18 481 étrangers et 21 160 Français. A cette époque, les clubs de vacances rendus célèbres par le film "Les bronzés" sont en plein essor...

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Une idée va alors germer dans la tête de M. Chapus lors d'une discussion avec Jacques-Gérard Cornu. Ce dernier - réalisateur pour la télévision des "Dossiers de l'écran" - possédait une propriété dans la Malepère, juste à côté de celle de Fernand Ancely - maire de Carcassonne. M. Chapus à qui nous devons l'idée du slogan publicitaire sur la Blanquette de Limoux "Le plus vieux brut du monde", indiqua à son ami qu'il était indispensable d'avoir 850 000 visiteurs par an à la Cité. Après obtenu l'aval de Fernand Ancely, M. Chapus contacta Gilbert Trigano, le PDG du Club Méditerranée, qui trouva la proposition interessante. L'homme d'affaire ariégeois vint alors à Carcassonne avec son bras droit - M. de Vilmorin - avant que MM. Chapus et Cornu ont préparé une étude de faisabilité avec la ville.

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Gilbert Trigano et Fernand Ancely

Début octobre 1982, l'étude de la future Cité des loisirs de Carcassonne est signée. Elle met en perspective la création d'un village de vacances de type Club Méditerranée. A cela s'ajoute un centre d'artisans, composé d'ateliers-boutiques où l'on pourrait produire et vendre, l'Université artisanale dévolue à la formation des apprentis, ainsi qu'un musée dédié à l'artisanat. L'étude comprend la visite des différents sites possibles pour accueillir ce projet. 

"Pour l'économie locale, devait commenter Fernand Ancely, ce sera le grand saut. Avec ce deuxième pôle d'attraction, nous allons exploiter enfin efficacement la masse de touristes qui passait par Carcassonne. La création des 250 emplois nécessaires est notre motivation prioritaire. De plus, nous savons que ce Club et ses installations ne seront pas fermées à la population autochtone, que le chantier n'échappera pas aux entreprises locales, que les artisanats locaux ne seront pas oubliés."

La Cité des loisirs aurait dû ouvrir à la fin de l'année 1984, si le projet avait été mené à son terme. Mais l'étude présentée en février 1983 - à un mois du premier tour des élections municipales - est tombée à l'eau suite au changement de municipalité.

Source

Vivre à Carcassonne / Novembre 1982

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13/09/2016

Sauvez la Maison des Jeunes et de la Culture de Carcassonne !

L'association de la MJC voit le jour en 1955. A cette époque, elle compte 300 adhérents environ qui participent à douze activités. Les ateliers ne vont cesser de se multiplier et de se diversifier pour atteindre le nombre de trente-six. 

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Emplacement de l'ancienne MJC, rue du 4 septembre 

Elle s'installe d'abord dans les locaux de l'ancienne Chambre d'agriculture, puis dans la rue du 4 septembre avant de déménager le 7 octobre 1978 dans l'ancien Petit lycée - 91 rue Aimé Ramond. L'inauguration se fit en présence d'une délégation Bavaroise venue d'Eggenfelden (Ville jumelée avec Carcassonne). Le coût total des travaux : 2 951 585 francs. Subvention de l'état à hauteur de 35%.

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La MJC depuis 1978

En mai 1979, la ville procède à un aménagement décoratif. 300 arbres et arbustes seront plantés au milieu du gazon pour un coût total de 14 650 francs.

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 En 1983, 1200 personnes possèdent la carte de la MJC, mais le nombre des Carcassonnais à profiter des activités est beaucoup plus important, notamment par l'intermédiaire des spectacles. Toutes les catégories d'âges et toutes les couches sociales se retrouvent rue Aimé Ramond.

Pour animer une telle entreprise du temps libre, deux permanents, une secrétaire et plus de 100 animateurs bénévoles sont à pied d'oeuvre tous les jours (sauf le dimanche). Originalité de la MJC, l'existence en son sein, d'un conseil d'animation qui se réunissait régulièrement et qui permettait à tous les responsables de mieux se connaître et d'imaginer des animations en commun. Ceci évitait tout cloisonnement au sein de chaque atelier.

La présence d'un Centre International de Séjour dans le même bâtiment, donnait encore une autre dimension à la MJC. Réservé aux groupes, qu'ils soient d'études, de loisirs ou sportifs, le CIS disposait de 60 lits en 1983. Il était complémentaire de l'Auberge de Jeunesse située dans la Cité. En 1978, le CIS comptabilisait 2800 nuitées ; quatre ans plus tard, ce chiffre passait à 5600.

Le conseil d'administration de la MJC en 1983 comptait 31 membres : André Bastien (président), Georges Saury (Vice-président), Joseph Brisot (Secrétaire), Louis Fermandez (Trésorier). Deux permanents, pris en charge en grande partie par la mairie, étaient Yves Larregola et Michèle Guitard. Renée Saint-Loup s'occupait du secrétariat comme employée communale.

La MJC en soins palliatifs

La MJC de Carcassonne ne va pas bien financièrement, c'est le moins que l'on puisse dire. La situation serait telle - d'après les journaux locaux - que la structure associative jouerait sa survie. La ville de Carcassonne et la Communauté d'agglomération ont considérablement réduit la voilure budgétaire qui était dévolue à la MJC - une perte sèche de 90 000 €. Le Centre International de Séjour qui faisait entrer de l'argent dans les caisses a fermé. Comment vit une association ? Avec des subventions et des adhérents ! Faute de subventions, elle doit trouver d'autres sources de financement pour ne pas mourir. La MJC n'a pas eu d'autres choix que d'augmenter les cotisations de plus de 50 %. Voilà une situation quasi intenable... Pourtant, elle n'a plus le choix ; elle doit faire croître considérablement le nombre des adhésions.

Nous ne rentrerons pas dans des considérations d'ordre politique sur les orientations de la ville en matière culturelle. Toutefois, constatons simplement qu'elle a mis un coup de sécateur aux subventions en direction des associations culturelles et populaires. S'il est vrai que le budget de la commune n'est pas un puits sans fond et que la gestion associative doit être rigoureuse (La MJC est déficitaire), on se demande ce que l'on souhaite préserver. Dans une France fracturée par la misère et le chômage, les MJC sont encore un facteur de lien social, populaire et laïc. Un enfant occupé par cette association, aura moins de change d'aller vandaliser le mobilier urbain, par exemple. On ferait l'économie de la videosurveillance, si on ouvrait les théâtres, les bibliothèques et les musées. Aujourd'hui, la politique économique détruit tout ce que Malraux avait mis en place : les conservatoires, les centres culturels, les orchestres nationaux, etc... L'état veut des gens qui consomment, pas des gens qui pensent - c'est bien trop dangereux. 

 En ce début de mois de septembre, où les parents sont en recherche d'activités pour occuper intelligemment leurs enfants en dehors de l'école, la MJC propose de multiples ateliers. Dans quelques mois, la clé sera peut-être sous la porte et six salariés dans la charrette iront grossir les listes de Pôle emploi. Une première en France. Carcassonne rentrera t-elle dans l'histoire, avec un petit h ?

http://www.mjc-carca.org

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08/09/2016

Quand la ville rasa les vestiges de l'église des Augustins en 1991

Dans les années 1980, le centre-ville de Carcassonne appelé de nos jours "Bastide Saint-Louis" n'est que grisaille et vieilles bâtisses non réhabilitées. Le maire Raymond Chésa entreprend alors un vaste chantier de rénovation urbaine avec le concours du Groupe Marcou afin de transformer une partie de cet habitat en déclin, par des H.L.M. Ainsi, de nombreux immeubles seront détruits et reconstruits afin d'offrir aux nouveaux locataires, hygiène et modernité. Ce centre-ville - pas encore classé en périmètre protégé - voit fleurir un habitat moderne avec fenêtres en PVC et façades colorées. Si l'action municipale qui coïncide avec la création de l'OPAH (Opération Programmée d'Amélioration de l'Habitat) s'inscrit dans une démarche d'amélioration du cadre urbain, elle ne s'est pas accompagnée d'une valorisation du patrimoine historique. Comme chacun peut l'imaginer, chaque coup de pioche mit au jour un site archéologique, à la grande satisfaction des chercheurs et scientifiques locaux. Le problème survint lorsque la ville ne voulut pas prendre à sa charge les frais inhérents à la recherche archéologique. Le plus souvent - comme lors du creusement du parking des Jacobins - les archéologues n'ont même pas été avisés. Tant et si bien que ce n'est qu'à la dernière minute qu'ils purent intervenir, une fois que la pelleteuse avait pratiquement terminée son oeuvre. A cet endroit, par exemple, la ville basse de Carcassonne s'étendait au Moyen-âge au-delà du périmètre actuel fondé par St-Louis. Nous étions donc sur l'emprise des maisons qui furent incendiées par le Prince noir de passage à Carcassonne en 1355. Rien ne put être étudié ou si peu, que c'est tout un pan de notre histoire qui ne sera jamais élucidé. Dans cette triste liste, nous ajouterons le parking de l'hôtel des trois couronnes en 1992 et plus récemment, la destruction des vestiges du couvent des cordeliers sous le square Gambetta en 2007.

L'église des Augustins

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Dans la rue des Etudes, ce bâtiment de couleur saumon du plus bel effet architectural, a écrasé l'abside de l'église des Augustins fondée au XIIIe siècle. Suite à la mise au jour de ces vestiges lors de la destruction d''immeubles au numéros 43 et 45 de la rue des Etudes, Marie-Elise Gardel et Marie-Chantal Ferriol alertent immédiatement M. Pellissier - Architecte des Bâtiments de France - et M. Massy - directeur des Antiquités. Les travaux de démolition avaient déjà endommagé une partie de l'abside. C'est donc en urgence que les scientifiques sont intervenus ; on peut les remercier.

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© Patrick Mangin

Ce que l'on a détruit sans autre forme de procès

Des structures visibles après les premiers travaux, il restait : 

- Le mur sud de l'abside conservé sur une élévation de 6,50 m comprenant une niche ogivale en parfait état.

- Le contrefort sud-est, conservé sur la même hauteur

- Le mur nord-est de la nef

- un reste de mur nord de l'abside

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© Patrick Mangin

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Les sépultures

Dans cette partie du choeur, une douzaine d'individus ont été prélevés. Cela représente une petite partie de l'ensemble des inhumations car seulement 50 % du choeur a pu être fouillé. Il semble qu'il y ait eu des ossements dans la partie superficielle déjà décaissée par la pelleteuse avant l'intervention des archéologues. La plupart des sépultures avaient été ensevelies dans des cercueils et les squelettes portaient au doigt des bagues en métal précieux. Ces objets ont peut-être été entreposés dans un dépôt du service de l'archéologie à Carcassonne. Il est bien dommage pour les Carcassonnais que notre ville soit incapable d'envisager la construction d'un musée archéologique, dans lequel figureraient tous ces objets de fouilles. On prêche dans le désert, sûrement... L'abside a été rasée après les fouilles malgré la demande des chercheurs ; on aurait pu simplement la préserver sous une dalle vitrée.

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Les restes de l'abside

Une statue polychrome

Un fragment de statue polychrome a été versé au Musée des Beaux-arts. Qu'est-il advenu de lui ? Se trouve t-il dans une vitrine parmi les collections permanentes ou en réserve ? 

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Plan de 1729

Ce qu'il reste de visible

Le couvent des Augustins s'étendait tout le long de la rue de Verdun. On peut encore en voir des vestiges dans les différents immeubles. Sur cette photo aérienne de 1954, nous avons dessiné grossièrement l'emprise de l'église des Augustins. Il faudrait ajouter le cloître et les bâtiments conventuels et nous aurions la dimension de ce site.

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Dans l'un d'entre eux, une partie de l'ancienne nef fut transformée en jardin (point rouge). Dans la boucherie Safon : un bénitier,  un morceau de rosace et d'une porte en ogive sur l'ancien mur ouest de l'église.

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© Le 104

Le restaurant bio "Le 104", rue de Verdun, est installé dans la nef de l'église des Augustins

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© Jacques Blanco

Dans le magasin Bio-Vivre - 104, rue de Verdun - les vieilles pierres de la nef de l'église des Augustins (XIIIe siècle) témoignent encore de ce riche passé religieux.

C'est là que le roi Louis XIV en 1660 s'arrêta  pour assister à la messe avant d'épouser l'Infante d'Espagne. Cette église abrita également la relique du Saint-Suaire sensée avoir recouvert le corps du Christ. Elle se trouve actuellement conservée à l'abri des regards dans la cathédrale Saint-Michel.

Deux de nos articles à lire

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07/09/2016

Pas de carré VIP au Grand prix cycliste de Carcassonne

Le Grand prix cycliste de Carcassonne est inscrit depuis des décennies dans le calendrier des évènements sportifs amateurs de notre ville. Ici point de Chris Froome et d'équipe Sky sponsorisée à coup de millions d'euros, point de retransmission télévisée, point de carré VIP avec son lot d'élus et de représentants des chambres consulaires. Aucun risque de passer à la télévision à côté de Poulidor, donc les huiles s'en tiennent à l'écart en attendant le prochain Tour de France. Oublierait-on que le cyclisme est un sport populaire dont la pratique amateur constitue à elle seule près de 90% de son activité ? Il est loin le Tour de France où les enfants et leurs parents pouvaient toucher ou parler à leurs champions. Aujourd'hui, les coureurs se confinent dans les autobus ou dans le carré VIP entouré de grillages et seulement accessible au gratin local. C'est là également que se concentrent - comme des guêpes attirées par le miel - nos élus et autres notables de la ville. La communication politique sur le terrain c'est fini, pensent-ils, alors il se prennent en photo dans le carré VIP et la posteront sur leur page Facebook. Pendant ce temps, des centaines d'enfants - qui ne votent pas - accompagnés de leurs parents - qui votent - observent l'attitude de ces privilégiés du moment. Que ressentent-ils lorsqu'ils voient sur la page Facebook de leur élu, la trombine de celui-ci avec Poulidor ou Virenque ? L'élu en question est heureux, il se rapproche du peuple par les réseaux sociaux, mais s'éloigne de lui physiquement et moralement chaque jour. A Carcassonne, il y avait un maire qu'on avait surnommé en patois "Tocas manetas" ; littéralement : "Touche les mains". Le contact - sans Facebook - lui avait fait gagner quatre élections municipales consécutivement. Et lui, au Grand prix cycliste de Carcassonne, il y figurait même avec la casquette de Conseiller général. 

Stéphane Huc

(1983-2004)

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Il avait vingt ans et la passion du cyclisme chevillée au corps... Il est mort avec elle lors d'un entraînement sur la route de Verzeille en 2004 écrasé par un bus qui passait par-là.

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En hommage à Stéphane, le Grand prix de Carcassonne porte désormais son nom. Dimanche dernier, pour la 13e année, de jeunes coureurs amateurs ont participé à cette course de 93 km à travers la ville. L'ASC cycliste avec Hubert Beaubois en cheville ouvrière bénévole n'a pas ménagé sa peine.

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Les coureurs passent devant St-Jean de Brucafel avant d'arriver à Grazailles

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Florian Esquer a reçu des mains de Paul Escourrou - adjoint au maire chargé des sports - la coupe du vainqueur. C'était bien le seul représentant de la classe politique locale - tous partis confondus -, aux dires des témoins. 

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05/09/2016

Le domaine de Baudrigue meurt-il à petit feu ?

Baudrigue 

situé sur la commune de Roullens à un kilomètre du hameau de Villalbe, revient tristement chaque été sur le devant de la scène, lors de la commémoration du massacre d'août 1944. C'est là, dans la clairière du château - tout le monde le sait - que furent exécutés les résistants Jean Bringer, Aimé Ramond, Christophe Roquefort avec une vingtaine d'autres personnes.

Quelle est l'origine de ce château ? 

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L'origine du château de Baudrigue est antérieure au XVIIIe siècle. Le village de Roullens auquel se trouve rattaché le domaine, fut au XIIIe siècle une dépendance de la baronnie de Couffoulens, puis Guillaume de Voisins l'échangea en 1296 avec le roi. Roullens resta en possession de cette famille jusqu'à la fin du XVIe siècle.

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Pierre David, dit David-Baudrigue, lieutenant du Présidial de Carcassonne, détient le château en 1709, au moment de son assassinat le 3 décembre de la même année à Villalbe. Dans l'ordre des propriétaires viennent ensuite, la Famille Castanier d'Auriac et la marquise de Poulpry - elle émigra à la Révolution -, le sieur Berlan de Villalbe, Jean Dominique La Perrine-Baudrigue en 1813, Guillaume Dominique La Perrine -d'Hautpoul (député de l'Aude en 1827).

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En 1847, c'est à Charles La Perrine que l'on doit l'embellissement du château et du parc. A La mort de la dernière descendante des La Perrine, le domaine entre en possession des Soeurs de St-Vincent-de-Paul. La défunte légua le château et ses dépendances à la congrégation de religieuses.

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Avant et pendant la Seconde guerre mondiale, l'administration du domaine avait été confiée à Jules Jourdanne - futur maire de Carcassonne nommé par Vichy - par les soeurs de St-Vincent-de-Paul.

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Pendant l'occupation, le domaine fut réquisitionné par les troupes allemandes comme dépôt de munitions. Après l'explosion des munitions (grenades, mortiers, torpilles...) en août 1944, le domaine deviendra une colonie de vacances, alors même que son le sol regorgeait encore de débris.

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Les enfants de la colonie de vacances

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Vue aérienne de Baudrigue vers 1953

Qu'est devenu Baudrigue aujourd'hui ?

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La Communauté d'Agglomération du Carcassonnais aurait souhaité acquérir le domaine, mais la transaction ne put se faire. Elle acheta donc la Bastide de Madame qu'elle aménagea en Centre de loisirs du CIAS. Le domaine de Baudrigue n'est pas pour autant sans propriétaire, puisqu'il appartient à l'Institut Saint-Joseph de Limoux et à l'Ecole supérieure de la Raque. Outre le château, il s'étend sur 150 ha : vignes en AOC Malepère (35 ha) et grandes cultures (55 ha). Le domaine est dévolu à la formation sur la forêt et la conduite d'engins agricoles.

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Oui, mais voilà ! Le nerf de la guerre ce sont les moyens financiers pour remettre sur pied et entretenir une bâtisse de cette importance... Plus les années passent et plus le domaine dépérit, à tel point que des intrusions dans le parc, en proie à des feux de camp et autres barbecues sauvages mettent en péril la survie patrimoniale du domaine. Un bâtiment aurait flambé cette année...

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Pourtant ce domaine est un petit bijou qui pourrait être exploité pour des réceptions de mariages, des séminaires d'entreprises ou en chambres d'hôtes. Bien entendu n'étant pas le propriétaire, je me garderais bien de faire la morale à quiconque. 

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Une autre vue du château

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La piscine n'accueille plus que des batraciens et leurs amourettes estivales

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Les anciens cours de tennis

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04/09/2016

Trois bâtiments de notre patrimoine vont être classés !

C'est avec une joie non dissimulée que j'ai le plaisir de vous annoncer que la ville de Carcassonne vient d'obtenir le classement de trois immeubles à l'inventaire des monuments historiques. Ceux qui suivent fidèlement ce blog savent que pour l'un d'entre eux, nous n'avons pas ménagé notre peine pour le faire connaître du grand public et attirer l'attention des élus sur son état. C'est le but de nos articles qui n'ont pas d'autres prétentions que d'alerter, de sauvegarder ou de valoriser. Nous fournissons également des renseignements et des documents aux administrations, même si nous ne nous en vantons pas. 

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Les services du patrimoine nous ont cordialement transmis le document officiel ci-dessus qui officialise le classement du Groupe scolaire Jean Jaurès, des Bains-douche et du Palais de la Micheline.

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L'école Jean Jaurès fut inaugurée par Gaston Doumergue - Président de la République - au mois de juillet 1928, lors des Fêtes du bimillénaire de la Cité. 

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Comme nous l'indiquions dans un article paru la semaine dernière, les Bains-douches de Carcassonne ont été construits en 1911 par l'architecte Léon Vassas. Ils se trouvent dans la rue de Lorraine.

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Le Palais de la Micheline, communément appelé par les vieux Carcassonnais "Or-Kina Sabatier", se trouve sur l'avenue du général Leclerc. Il était au début du XXe siècle la vitrine de la distillerie de Michel Sabatier. Ce bâtiment est le plus extraordinaire témoin de l'architecture Art nouveau, que nous ayons à Carcassonne. A l'intérieur, la salle des fêtes est un petit bijou. Il vient d'être acquis par la société des vins Foncalieu ; un retour aux sources en quelque sorte.

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En 2013, Vincent Cassagnaud - architecte en chef des Bâtiments de France - avait émis le souhait que ce bâtiment fût classé. Aujourd'hui, c'est donc chose faite et c'est un beau cadeau d'adieu qu'il laisse à la ville de Carcassonne. Le nom de M. Cassagnaud est à inscrire en tête de ceux qui ont fait avancer considérablement la connaissance et la préservation de notre patrimoine communal. Saluons aussi le travail des services de l'urbanisme et du patrimoine, des élus qui ont travaillé sur ces dossiers.

Ci-dessous l'un de nos articles 

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