19/10/2016

Le Café des Colonies, boulevard Jean Jaurès

Déjà en 1897, le Café des colonies figurait sur les annuaires de l'époque comme un établissement de premier ordre entièrement restauré en neuf. François Lassere, le propriétaire, avait entièrement transformé cet affenage pour les chevaux en café. A la belle saison, il proposait des glaces et des sorbets et la vente de la bière Müller dont il était le dépositaire exclusif. Le seul établissement ouvert la nuit jusqu'au passage des rapides.

Capture d’écran 2016-10-19 à 08.49.14.png

François Lassere et sa famille

Cet établissement vit se succéder de nombreux propriétaires. Après la Seconde guerre mondiale, il était fréquenté par les soldats du régiment indochinois cantonné à la caserne Laperrine. Le plus célèbre de ses patrons fut M. Lopez, donateur de la Coupe de l'Aude de football. 

img205.jpg

Le café des colonies resta longtemps le siège du District de l'Aude de football, puis celui du R.A.C (Racing Athétic Carcassonnais), ancêtre de l'actuel F.A.C. Les équipes qui jouent chaque année dans notre département la Coupe Lopez, sauront désormais à qui il la doivent.

img206.jpg

En 1967, le café des colonies devint la propriété de la famille Santandreu qui le modernisa. ils sont actuellement les patrons du café "Le Carnot" sur la place du même nom ; là même où tous nos politiques se font voir à la terrasse, les jours de marché. En 1980, le café des colonies est vendu à M. Armengaud.

brasserie-du-palais-carcassonn.jpg

Aujourd'hui, l'établissement a changé de nom marquant la fin d'une histoire avec nos anciennes colonies. Autres temps, autres moeurs... C'est désormais la Brasserie du Palais. Les vieux Carcassonnais continuent à l'appeler le Café des colonies....

______________________________-

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2016

18/10/2016

Les préfets de l'Aude de 1800 à aujourd'hui

Le département de l'Aude depuis sa création a usé 111 préfets sur une période de 123 ans. Si la moyenne durant laquelle ils sont restés en poste n'excéda pas deux ans, certains parmi eux ne firent que de très courts séjours dans la capitale audoise. Théophile Marcou dont un de nos boulevards porte le nom - ancien bâtonnier, maire, député, sénateur et président du Conseil général - fut révoqué seulement deux jours après son installation en 1870. Cela coïncide avec la chute du Second Empire... M. Raginol avait fait mieux que T. Marcou ; en 1848, il ne resta que six jours. Cette année-là, notre département fit défiler cinq autres préfets : MM. Trinchan, Lamarque, Dupont-White, Vergers et Dugué. Notons, la curiosité des huit jours de M. Catusse en 1877, puis son retour en décembre de la même année. N'oublions pas  Eugène Poubelle, préfet de la Seine qui donna son nom à la Poubelle. Il n'a jamais été préfet de l'Aude mais il est inhumé dans le cimetière du hameau de Grèzes-Herminis.

Liste des préfets de l'Aude

Première République

Capture d’écran 2016-10-18 à 08.54.44.png

Claude Ignace Brugière de Barante

(Mars 1800 - Avril 1800)

Jean Dominique Le Roy

(Novembre 1802 - Janvier 1803)

 

Premier Empire

Capture d’écran 2016-10-18 à 08.58.03.png

Claude Joseph Trouvé

(Juin 1803 - Avril 1815)

 

Restauration

Marie-Louis Henry d'Escorches de Sainte-Croix

(6 avril 1815)

Capture d’écran 2016-10-18 à 09.01.22.png

Claude Philibert Barthelot de Rambuteau

(20 avril 1815)

Capture d’écran 2016-10-18 à 09.02.29.png

Sébastien Louis Saulnier

(27 mai 1815 - 28 juillet 1815)

Capture d’écran 2016-10-18 à 09.05.02.png

Claude Joseph Trouvé

(28 juillet 1815 - 26 septembre 1816)

Anne David Cromot de Fougy

(5 octobre 1816 - 24 février 1819)

Charles François Luce Didelot

(24 février 1819 - 29 août 1820)

Joseph Jérôme Hilaire Angely

( 29 août 1820 - 16 octobre 1824)

Armand de la Bonninière de Beaumont

(16 octobre 1824 - 9 août 1827)

Louis Jean-Baptiste Marguerite Asselin

(9 août 1827 - 5 août 1830)

Benjamin Barthélémy Dejean

(30 août 1830 - 19 septembre 1832)

François Alexandre de Forget

(19 septembre 1832 - 8 novembre 1832)

Guillaume Ferdinand Teissier

(8 novembre 1832 - † 3 février 1834)

Capture d’écran 2016-10-18 à 09.13.53.png

Abraham Gabriel Marguerite Delessert

(9 mars 1834 - 6 octobre 1834)

Germain Joseph Marie Boullé

(6 octobre 1834 - 2 décembre 1836)

Julien Camille Legoux

(2 décembre 1836 - 15 août 1837)

Capture d’écran 2016-10-18 à 09.18.09.png

Charles Henri Roulleaux-Dugage

(15 août 1837 - 19 juin 1840)

Jean François Léon Saladin

(19 juin 1840 - 25 décembre 1841)

Jean Charles Brian

(25 décembre 1841 - 16 août 1847)

André Gustave Réal

(16 août 1847 - 24 février 1848)

 

Seconde République

Isidore Janot

(24 février 1848 - Commissaire général)

Pierre Lucien Trinchan et Bernard Alexis Sarran

(7 mars 1848 - Commissaires du gouvernement)

Etienne Alexis Ludovic Lamarque

(1 juillet 1848 - 31 octobre 1848)

Charles Brook Dupont-White

(31 octobre 1848 - 23 novembre 1848)

Pierre Orens Gustave Vergers

(23 novembre 1848 - 15 décembre 1848)

Louis Edmond Dugué

(7 janvier 1849 - 12 août 1853)

 

Second Empire

Roland Rodolphe Gaston Paulze d'Ivoy de la Poype

(12 août 1853 - 16 juin 1854)

Capture d’écran 2016-10-18 à 09.30.06.png

François Dabeaux

(16 juin 1854 - 24 juin 1860)

Charles Philippe Adolphe Lepic

(24 juin 1860 - 31 octobre 1865)

Jean Marie Edme Magnien

(31 octobre 1865 - 12 mars 1868)

Camille François de Taffanel de la Jonquière

(12 mars 1868  - 4 septembre 1870)

 

Troisième République

Capture d’écran 2016-10-18 à 09.37.27.png

Jacques Hilaire Théophile Marcou

(4 septembre 1870 - 6 septembre 1870)

Théodore Jean Joseph Simon Raynal

(13 septembre 1870 - 7 février 1871)

Pierre Lucien Trinchan

(11 mars 1871 - 7 août 1871)

Capture d’écran 2016-10-18 à 09.39.09.png

Louis Oustry

(20 août 1871 - 1er Février 1872)

Capture d’écran 2016-10-18 à 09.40.14.png

Paul Emile Lorois

(1er février 1872 - 28 mai 1873)

Stéphane Philibert Richard Buchot

(28 mai 1873 - 28 décembre 1873)

Martial François Germain Baile

(28 décembre 1873 - 13 avril 1876)

Joseph Laurent Louis Alfred Firbach

(13 avril 1876 - 24 mai 1876)

Michel Louis Adolphe Le Roux de Lajonkaire

(6 juin 1876 - 18 avril 1877)

Marie Maurice Gustave Léon Larnac

(18 avril 1877 - 11 mai 1877)

Anatole Charles Catusse

(16 mai 1877 - 23 mai 1877)

Georges Bernard

(23 mai 1877 - 21 décembre 1877)

 

Anatole Charles Catusse

(21 décembre 1877 - 8 septembre 1879)

Dominique Henry Bossu

(8 septembre 1879 - 14 avril 1883)

Louis Alfred Paysant

(14 avril 1883 - 9 décembre 1885)

Léon Barrabant

(9 décembre 1885 - 18 novembre 1886)

François Simon Masclet

(18 novembre 1886 - 18 août 1887)

Antoine Ludovic Eynac

(18 août 1887 - 29 octobre 1888)

Théodore Paul Viguié

(29 octobre 1888 - 1er mars 1890)

Dominique Antoine Beverini-Vico

(1er mars 1890 - 31 juillet 1894)

Léon Guérin

(31 juillet 1894 - 6 avril 1895)

Paul Maitrot de Varenne

(6 avril 1895 - 28 février 1896)

Félix Bonnaventure Cauro

(28 février 1896 - 10 mars 1896)

François Eugène Bougoin

(10 mars 1896 - 7 juin 1896)

Gaston Georges Frédéric Diény

(7 juin 1896 - 1er octobre 1897)

Jean Raymond Washington Ronzier-Joly

(1er octobre 1897 - 25 juillet 1898)

Félix Eugène Raoul Régnault

(25 juillet 1898 - 6 octobre 1900)

Capture d’écran 2016-10-18 à 09.58.13.png

Alexandre Marraud

(6 octobre 1900 - 1er octobre 1904)

 François Joseph Bonaventure Ramonet

(1er octobre 1904 - 20 juillet 1906)

Jean Louis Aubanel

(20 juillet 1906 - 17 juillet 1907)

Jean-Baptiste Cruchon-Dupeyrat

(17 juillet 1907 - 1er février 1908)

Théophile Charles Cornu

(1er février 1908 - 1er décembre 1912)

Paul Jules Emile Second

(1er décembre 1912 - 5 juillet 1917)

Joseph Georges Zimmerman

(5 juillet 1917 - 5 janvier 1918)

René Victor Henri Mineur

(5 janvier 1918 - 22 avril 1923)

René Victor Eugène Fauconnier

(22 avril 1923 - 23 avril 1923)

Capture d’écran 2016-10-18 à 10.05.48.png

Georges Edouard Alexandre Renard

(23 avril 1923 - 12 août 1926)

Eugène Olivier Bougouin

(12 août 1926 - 27 mai 1936)

Capture d’écran 2016-10-18 à 10.08.13.png

Pierre Jean Paul Voizard

(27 mai 1936 - 16 juillet 1939)

Capture d’écran 2016-10-18 à 10.09.37.png

Paul André Sadon

(16 juillet 1939 - 25 septembre 1940)

 

Gouvernement de Vichy

(Etat Français)

Paul Emile Gabriel Alapetite

(25 septembre 1940 - 6 juillet 1941)

Cabouat.jpg

Jean Michel Adrien Cabouat

(6 juillet 1941 - 16 septembre 1942)

FReud.jpg

Marc Paul Freund-Valade

(16 septembre 1942 - 26 septembre 1943)

Lucien Gilbert Emile Marchais

(26 septembre 1943 - 1er septembre 1944) 

 

Gouvernement provisoire

(Libération)

Pierre Jean Paul Léonce Augé

(1er septembre - 3 juillet 1945)

Max Emile Robert Martin

(3 juillet 1945 - 16 mai 1946)

 

Quatrième République

Capture d’écran 2016-10-18 à 10.26.26.png

Serge Philippe Louis François Baret

(16 mai 1946 - 7 décembre 1947)

Louis Maurice Picard

(7 décembre 1947 - 1er mars 1953)

prefet4.jpg

Jean Pierre Abeille

(1er mars 1953 - 21 août 1956)

Célestin Roger Marcel Blanchard

(21 août 1956 - 11 mars 1958)

Cros.png

Vitalis Jules Cros

(11 mars 1958 - 16 février 1959)

 

Cinquième République

Maurice Félicien Bonnafous

(16 février 1959 - 1er octobre 1960)

Capture d’écran 2016-10-18 à 10.39.41.png

Jacques Daniel Paul Pélissier

(1er octobre 1960 - 21 avril 1964)

Capture d’écran 2016-10-18 à 10.40.43.png

Maurice Léon Lambert

(21 avril 1964 - 1er juin 1966)

Marcel Dufay

(1er juin 1966 - 6 novembre 1969)

Capture d’écran 2016-10-18 à 10.42.34.png

Louis Victor Henri Lalanne

(6 novembre 1969 - 1er novembre 1971)

René.png

René Marie Georges Heckenroth

(1er novembre 1971 - 21 octobre 1972)

Jean Louis Vassalo

(21 octobre 1972 - 1er juillet 1974)

Gosselin.jpg

Charles Jean Albert Gosselin

(1er juillet 1974 - 3 mai 1976)

Hubert René Charles Husson

(3 mai 1976 - 6 mai 1977)

Julien Léon Jean-Baptiste Vincent

(6 mai 1977 - 15 juillet 1980)

Capture d’écran 2016-10-18 à 10.53.56.png

Bernard Charles Henri Mailfait

(15 juillet 1980 - 1er août 1981)

Capture d’écran 2016-10-18 à 10.55.36.png

Alfred Isidore Pierre Leroux

(1er août 1981 - 8 mars 1985)

Capture d’écran 2016-10-18 à 10.57.27.png

Jean Jean-Marie Georges Mansillon

(8 mars 1985 - 15 mai 1986)

Christian Jacques Edmond Pellerin

(15 mai 1986 - 1er octobre 1987)

Capture d’écran 2016-10-18 à 11.01.36.png

Pierre Charles North

(1er octobre 1987 - † 5 août 1988)

Capture d’écran 2016-10-18 à 11.03.04.png

Michel Octave Jean-Pierre Festy

(17 août 1988 - 24 avril 1991)

Capture d’écran 2016-10-18 à 11.04.29.png

Victor Convert

(24 avril 1991 - 25 janvier 1993)

cultiaux.jpg

Didier Pierre Roger Cultiaux

(25 janvier 1993 - 15 juillet 1994)

Bellion.jpg

Dominique Sylvain Gabriel Bellion

(15 juillet 1994 - 15 juillet 1998)

christian-decharriere-4.jpg

Christian Jean Decharrière

(15 juillet 1998 - 6 janvier 2000)

Capture d’écran 2016-10-18 à 11.12.49.png

Gérard Bougrier

(6 janvier 2000 - 1er août 2003)

Capture d’écran 2016-10-18 à 11.15.03.png

Jean-Claude Bastion

(1er août 2003 - 21 avril 2006)

Lemaire.jpg

Bernard Lemaire 

(21 avril 2006 - † 6 mars 2009)

Charvet.jpg

Anne-Marie Charvet

(25 mars 2009 - 21 mars 2012)

Eric.jpg

Eric Freysselinard

(21 mars 2012 - 6 mai 2013)

Louis-Le-Franc-nomme-prefet-d-Indre-et-Loire_image_article_large.jpg

Louis le Franc

(6 mai 2013 - 29 juin 2015)

Sabathé.jpg

Jean-Marc Sabathé

(29 juin 2015 - En cours)

_________________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2016

16/10/2016

Marcel Itard-Longueville (1898-1993), maire de Carcassonne injustement oublié

Faudrait-il que l'on s'étonne que dans Carcassonne, d'anciens maires du XXe siècle aient bénéficié d'un véritable culte et que d'autres n'aient même pas un nom de rue ou de bâtiment public en leur mémoire ? Parmi les heureux élus, on peut citer Albert Tomey, Henri Gout, Jules Fil, Antoine Gayraud, Raymond Chésa. Dans la liste des "oubliés" figurent Louis Amiel (Maire provisoire à la Libération), Philippe Soum, Marcel Itard-Longueville et Fernand Ancely. Tout pourrait paraître étrange à celui qui ne connaît pas l'histoire de la vie politique de la capitale audoise ; sur ce point, les rancoeurs et les vengeances ont été souvent l'objet d'alliances de circonstances et cela perdure encore de nos jours. Après avoir retracé la biographie de Philippe Soum, nous nous sommes intéressés à son successeur. Comme il était inutile et vain d'aller rechercher des informations les concernant dans ouvrages dans lesquels ils sont volontairement absents, nous avons frappé à la porte de leur famille et des archives départementales. Quelles en soient remerciées.

Marcel Itard-Longueville

Itard copie.jpg

Marcel Itard-Longueville à son bureau

Avocat inscrit au barreau de Carcassonne et ayant son cabinet au numéro 7 de la rue du Palais, Marcel Itard-Longueville avait obtenu sur les champs de bataille, la Croix de guerre 14-18 et la légion d'honneur.  Filleul d'Albert Sarraut - sénateur de l'Aude -, ses opinions politiques appartiennent au courant Radical-Socialiste. Comme lui, il sera déporté au camp de Neuengamme en 1944. A Carcassonne, Marcel-Itard Longueville est marié à la fille du brasseur Fritz Lauer.

Capture d’écran 2016-10-16 à 10.02.57.png

Sa maison, 7 rue du Palais

Un juste parmi les Nations

La discrétion et l'humilité des Français qui ont caché et sauvé au péril de leur vie des familles juives, laissent penser à tort qu'il n'y avait que des salauds. Or, ceci est absolument inexact. A Carcassonne comme ailleurs, des gens participèrent à l'exfiltration des juifs via des réseaux de passeurs vers l'Espagne ou la Suisse. Si on le sait pas, c'est parce que ces humanistes ne sont jamais vantés de ce qu'il ont fait, considérant cela comme naturel. Encore aujourd'hui, leurs héritiers découvrent un passé dont il n'ont jamais parlé, emportant leur secret dans la tombe. Claude Itard-Longueville a ainsi découvert que son père avait sauvé la vie de deux ou trois familles, pourchassées dans un Carcassonne aux mains de la Milice et de la Gestapo. C'est dans son cabinet, situé à deux pas de la Feldkommandantur qu'il cacha ainsi la famille de M.Seidenberger. Ce négociant en houblon était régulièrement en affaire avec la brasserie Fritz Lauer ; il se réfugia à Carcassonne en fuyant la zone occupée. Quand le sud de la France passa à partir du 11 novembre 1942 entre les mains des Allemands, l'avenir de la famille Seidenberger s'assombrit. Voici comment, selon Claude Itard-Longueville, elle fut mise en sécurité.

L'assureur Arnal leur fit avoir des faux papiers d'identité, puis on les conduisit aux Martys où le boulanger Ernst Cousiné - le maire de Caudebronde - les mit entre les mains d'un réseau de passeurs. Cette famille émigra ensuite aux Etats-Unis. Peu de temps avant la mort de Marcel Itard-Longueville, une rencontre eut lieu à Carcassonne entre lui et une fille juive qu'il avait sauvée durant cette triste période, grâce à Raymond Satgé. Selon son fils, un article de journal relata l'évènement - nous ne désespérons pas de le retrouver.

Déporté à Neuengamme

Dans les dossiers laissés par René Bach (Interprète du S.D), Marcel Itard-Longueville est désigné par Otto Krebs (agent de la Gestapo) comme une personne à arrêter pour opinions anti-allemandes. Le 8 juin 1944, ce même Krebs procède à son interpellation, à 6 heures du matin à son cabinet de la rue du Palais. Il est d'abord arrêté avec six ou sept autres personnes, officiers de réserves comme lui. A t-il été dénoncé ? Envoyé au camp de Compiègne, il est déporté le 15 juillet 1944 vers le camp de concentration de Neuengamme et tatoué avec le matricule 36249. Après la libération du camp en mai 1945, il revint à Carcassonne et reprit ses activités d'avocat.

Maire de Carcassonne

Au mois de mai 1950, Marcel Itard-Longueville est désigné par les Radicaux comme candidat à la fonction de maire de Carcassonne. Elu grâce à une coalition de centristes et de sept conseillers de la S.F.I.O, son mandat ne durera que trois ans au bout desquels il sera mis en minorité. Cet homme qui dut affronter les difficultés budgétaires liées à la reconstruction du pays, fut lâché par la S.F.I.O qui s'allia avec les communistes. Jules Fil prit ainsi la mairie de Carcassonne, le 26 avril 1953.

Pendant trois années Marcel Itard-Longueville mena à bien - malgré un contexte perturbé - plusieurs réalisations. Bien entendu, on n'en parle jamais... Parmi elles : la création du jardin et des abords de la cathédrale Saint-Michel, l'édification du nouveau lycée Paul Sabatier, la restructuration de la bibliothèque municipale, la création de la colonie de vacances à Labastide-de-Sérou, l'agrandissement de l'école de Villalbe, etc...

239089373.jpg

© Chroniques de Carcassonne

Marcel Itard-Longueville est décédé le 19 février 1993. Il est inhumé au cimetière Saint-Vincent. Jean-Claude Pérez - Député-maire de Carcassonne - fit ériger en janvier 2013 à la demande de Claude Itard-Longueville, une plaque commémorative en sa mémoire sur la façade du 7 rue du Palais.

Capture d’écran 2016-10-16 à 11.08.56.png

© La dépêche / Sylvie Leclercq

Sources

Claude Itard-Longueville

Archives de l'Aude

DDM / Février 1993

Histoire de Carcassonne / Privat

_____________________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2016 

14/10/2016

Voilà comment le maquis de Trassanel a été dénoncé aux Allemands...

Nous avons très souvent évoqué sur ce blog les opérations allemandes contre les maquis de l'Aude pendant la Seconde guerre mondiale. Chaque année, on commémore aux quatre coins du département le massacre de jeunes français défendant la liberté. La plupart d'entre eux avaient rejoint la lutte armée car réfractaires au S.T.0 (Service du Travail Obligatoire) ; ils ne voulaient pas partir en Allemagne fabriquer des bombes pour tuer leurs compatriotes. D'autres, firent un autre choix... Ce dont on se garde bien de parler même 72 ans après, c'est la façon avec laquelle les Allemands purent retrouver ces maquisards cachés dans les bois. On peut légitimement penser qu'il est illusoire pour une troupe étrangère munie d'une seule carte d'Etat major, de mettre la main sur un campement perdu au milieu de la Haute-vallée ou de la Montagne noire. Bien sûr tout n'aurait pas été possible sans le soutien de quelques autochtones, dénonçant un maquis parfois pour quelques milliers de francs. Un tel, qui avait simplement besoin d'argent pour se marier a proposé ses services à la Police allemande en entrant comme agent rémunéré. Les plus gros délateurs furent très souvent passés par les armes à la Libération ; les occasionnels des petits village de l'Aude s'en sortirent sans trop de dommages. Dans un dossier conservé aux archives départementales de l'Aude, René Bach - agent du S.D - consigna en guise de testament ses souvenirs contre les maquis. On y apprend de pas très jolies choses sur la cupidité ou la haine d'une petite population locale. Retenez surtout que la Gestapo de Carcassonne, installée 67 route de Toulouse, croulait sous les lettres de dénonciation. Et comme René Bach l'a si bien dit le jour de son procès :

"Toutes ses affaires n'auraient pas été faites si les Français ne s'étaient pas dénoncés eux-mêmes."

112.jpg

Concernant les maquis de Fournes, Trassanel et Citou, René Bach indique comment s'est passé leur dénonciation au siège de la Gestapo de Carcassonne. Nous avons bien entendu modifié le nom de l'individu mis en cause dans cette triste affaire. Ce blog n'est pas un juge, ni un tribunal. Toutefois, il considère que 72 ans après les familles des malheureux de Trassanel, ont enfin le droit de savoir.

607048608.jpg

René Bach - interprète du S.D - à son procès en 1945

"Roger Jean (Nom modifié. NDLR) de Lastours ou Conques est venu à la Police Allemande se présentant sous ce nom, et n'ayant aucune pièce d'identité sur lui, il indiqua que les nommés Busque et Combrié de Fournes et Agnel faisaient partie de l'Armée Secrète ; et qu'un maquis se trouvait à la ferme de Montredon à Fournes. Qu'il y avait urgence d'agir, ce maquis devant changer de place. Il dit même avoir assisté à une réunion de Busque. 

Afin de contrôler ses dires, la Police Allemande se rendit à Fournes, en passant par Lastours et afin de prendre quelques renseignements complémentaires, elle essaya de voir Roger qui fut introuvable. Celui apprit-il qu'il avait été recherché ? Toujours est-il qu'il ne se présenta plus à la Police Allemande mais fit plusieurs rapports écrits qu'il lança par-dessus la porte après avoir sonné au 67, route de Toulouse (Siège de la Gestapo, rasé depuis février 2015. NDLR).

Fin juillet, un nouveau rapport vint de lui. Il renfermait des renseignements sur le maquis de Trassanel et sur celui de Citou. Comme Fau (agent de la Gestapo. NDLR) devait partir en mission à Salsigne et environs, la première partie lui fut remise pour lui faciliter la tâche. La deuxième partie me fut remise aux fins de traduction, il s'agissait de l'instituteur Piquemal de Citou (René Piquemal, capitaine du maquis du Minervois. NDLR).

Roger avait 165 à 170 cm, cheveux blonds sur châtains clairs, barbe rousse, portait des lunettes. Parlait très rapidement, sans accent méridional."

2429203386.jpg

La villa de la Gestapo détruite par décision municipale en février 2015.

__________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2016

13/10/2016

La chanson "Frou-Frou" a été composée par un Carcassonnais en 1898

Mesdames et messieurs, j'ai l'honneur de vous annoncer que la chanson "Frou-Frou" que chantait toutes nos grand-mères est l'oeuvre d'un carcassonnais. Mais oui ! Il s'agit de Joseph Rieunier plus connu sous le nom de scène d'Hector Monréal. Il naît à Carcassonne le 17 juillet 1839 dans le quartier de la Barbacane et monte à Paris où il fait d'abord une courte carrière de dessinateur au ministère de la guerre qu'il quitte en 1862 pour le théâtre Montmartre ; il y joue la comédie pendant deux ans. Il réalise ensuite des pancartes-sommaires que le directeur du Petit journal affiche chaque jour à la porte et qui attire la foule par leur originalité. Son esprit des plus droles, n'allait pas le laisser trop longtemps dans l'anonymat. Il devient acteur et abandonne la scène pour l'écriture. Il se lance comme auteur de revues, opérettes et autres pièces de théâtre avec son ami Henri Blondeau. Pendant 40 ans, ces deux là ne cesseront d'être liés comme des frères et enchaîneront succès sur succès dans tous les théâtres parisiens: les variétés, le château d'eau, l'Eldorado, Folies dramatiques... Puis à l'Olympia en 1903. Monréal est également chansonnier et fait des dessins humoristiques dans divers journaux.

248928138.jpg

Henri Blondeau (gauche) et Hector Monréal (droite)

1823819460.jpg

La chanson Frou-Frou est tirée d'une revue de Blondeau et Monréal

160379344.jpg

Hector Monréal est mort dans les bras de son ami Blondeau en 1910. Ils sont tous deux inhumés au cimetière d'Asnières dans les Hauts de Seine. Aucun nom de rue à Carcassonne pour Hector Monréal, qui avait écrit pourtant un pièce "Le rempart de Carcassonne" jouée à Paris en 1868. Gageons qu'avec cet article cette injustice soit réparée...

Quelques oeuvres d'Hector Monréal et d'Henri Blondeau

musique

1868 : Le rempart de Carcassonne
1871 : Qui veut voir la lune
1876 : L'ami Fritz-Poulet
1875: Pif-Paf
1885: Au clair de la lune
1891: Paris port de mer
1892 : Les variétés de l'année
1896 : Une semaine à Paris
1898 : Frou-Frou
1901 : Le cirque Ponger's
 
Quelques oeuvres d'Hector Montréal seul
 
11 avril 1868 : Mlle Clochette
1er janvier 1871 :Une garde aux remparts
30 septembre 1873 : Voilà le programme
 
Hector Monréal est totalement inconnu à Carcassonne, tant et si bien qu'il serait bon que la ville lui attribue enfin un nom de rue.
_______________________________
 
© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2016

08/10/2016

L'architecte du Moulin Rouge et des Folies Bergères était Audois

Nous l'avons vu hier, le département de l'Aude a toujours été une source d'inspiration et de repos pour les artistes, journalistes et autres célébrités. N'y a t-il pas de meilleur endroit en France pour vivre à l'écart des turpitudes de la vie professionnelle, quand celle-ci semble vous étouffer ? Que ce soit dans la Malepère, le Minervois ou les Corbières, on y rencontre des gens dont la personnalité et le nom sont passés à la postérité. On a trop tendance - par chauvinisme ou entêtement partisan - a ne parler que de ceux qui sont natif de l'Aude. La migration au cours des siècles d'un certain nombre d'étrangers ou de nordistes a participé à enrichir un environnement culturel et économique inestimable. Aujourd'hui encore dans nos villages, l'installation de familles venues du nord de l'Europe semble gêner les autochtones. A bien y regarder, ces peuples descendants des Celtes ou des Vikings n'ont rien à voir avec Simon de Montfort. On peut donc les accueillir sans crainte.... Trève de plaisanterie ; ils retapent de vieilles masures et participent au milieu associatif en organisant des concerts, des expositions... C'est une chance pour l'Aude.

Edouard-Jean Niermans

560px-Édouard-Jean_Niermans_1895_by_Pierre_Petit_-_Pinchon_1991_p20.jpg

Cet architecte d'origine Néerlandaise a vécu toute la fin de sa vie dans l'Aude. C'est dans le village de Montlaur, situé dans le Val-de-Dagne, qu'il s'établit après avoir fait l'acquisition d'une très belle propriété. Il y est décédé en 1928. 

Qui était Niermans ?

C'est sûrement le plus grand architecte de la Belle époque ! On lui doit en France la construction d'un très grand nombre d'immeubles qui participent encore aujourd'hui à l'éclat de notre beau pays. Chaque fois qu'il vous arrivera de passer devant l'un d'entre eux, vous pourrez dire avec fierté : "Celui qui l'a conçu a vécu chez nous !" 

8254125258_1200_1600.jpg

Le Moulin Rouge à Paris

histoire1.jpg

L'Hôtel du Palais à Biarritz

Negresco.jpg

L'hôtel Negresco à Nice

193917_DSC01265.jpg

Le théâtre Mogador à Paris

A cette liste, il faut ajouter l'Hôtel de Paris à Monaco, Le Casino de Paris, l'Elysée Montmartre, le théâtre Marigny, etc...

Le domaine de Montlaur

Capture d’écran 2016-10-08 à 10.23.51.png

© domainedemontlaur.com

L'ancien domaine d'Edouard-Jean Niermans à Montlaur garde l'authenticité et l'histoire de son illustre propriétaire. Toujours dans sa famille, ce sont ses petits-enfants qui le possèdent.

Capture d’écran 2016-10-08 à 10.26.24.png

© domainedemontlaur.com

Le bureau d'Edouard-Jean Niermans à Montlaur en 1928.

La descendance

Capture d’écran 2016-10-08 à 10.30.50.png

Jean Niermans

(1897-1989)

Le fils d'Edouard-Jean, lui même architecte et Grand Prix de Rome, conçut l'Hôtel de ville de Puteaux, l'hôtel de ville d'Alger, le théâtre municipal de Dunkerque, etc...

Capture d’écran 2016-10-08 à 10.34.37.png

© Art Media

Edouard Niermans

Le petit-fils de l'illustre architecte est acteur, scénariste et réalisateur. Au festival de Cannes en 1976, il présente "La syncope" et en 1996, "Le retour de Casanova". En 2010, il réalise le téléfilm "La marquise des ombres" avec Anne Parillaud dans le rôle titre.

Capture d’écran 2016-10-08 à 10.38.58.png

© domainedemontlaur.com

Marianne Niermans

Petite-fille d'Edouard-Jean Niermans, elle gère les trois superbes gîtes du domaine de Montlaur. Ancienne journaliste au Point, Grand reporter à Point de Vue, productrice à France 3. 

Le site du domaine de Montlaur

http://www.domainemontlaur.com

________________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2016