12/04/2017

Les mémoires posthumes d'un Carcassonnais (3)

Jean Ouliac (1904-1984) occupa une place importante dans l'univers musical de Carcassonne. Il fut violoniste émérite dans l'orchestre du théâtre municipal et percussionniste dans l'harmonie municipale. Au sein de l'école de musique, il transmit avec excellence à de jeunes instrumentistes la pratique du violon. Cet homme, que je n'ai pas eu l'honneur de connaître, est tel qu'il me fut décrit. Nous avons retrouvé une interview de lui, dans laquelle il évoque ses souvenirs de musicien dans les cinémas de la ville.

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Jean Ouliac à Carcassonne

 J'ai commencé à jouer dans un cinéma vers l'année 1923. J'avais par conséquent dix-neuf ans et ça a duré jusqu'à mon service militaire donc un peu plus d'un an. Le cinéma dans lequel je jouais s'appelait "Idéal Cinéma". Il était sous la direction d'un mouvement catholique, et se trouvait à l'emplacement de l'actuel Rex (Evêché, NDLR). Nous étions là quelques amis ; autant que je puisse me rappeler, il y avait Georges Anisset comme pianiste, Boudoux comme violoniste avec moi, Charles Adroit comme violoncelliste, Fort comme trompettiste, Joseph Rieupoulh et Gouzy comme clarinettiste. Nous étions placés dans ce que l'on appelle la fosse d'orchestre, c'est-à-dire au bas de l'écran. Et notre rôle était de créer une ambiance musicale pendant toute le temps que durait la projection.

Ce cinéma donnait surtout des films américains : des westerns, et bien des fois, nous ne nous intéressions même pas aux films qui étaient projetés. Il nous est arrivé de faire les trois séances de cinéma en ignorant tout des films qui passaient. Souvent il arrivait ceci : le vacarme dans la salle devenait tel qu'il nous était impossible de jouer. Alors, à ce moment là, instinctivement on s'arrêtait et on regardait ce qui se passait sur l'écran. ET bien, la scène était toujours la même. Un grand gaillard, un garçon superbe se retroussait les manches, sautait sur son cheval, et se mettait à la poursuite de bandits ou de malfaiteurs quelconques. Et, tant que la poursuite ne s'était pas achevée (elle s'achevait généralement dans un café qui était saccagé) il nous était impossible de jouer.

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Au début on se contentait de jouer des morceaux pendant la projection pour créer un fond sonore. Puis au bout de sept à huit mois, on a fait ce que l'on appelait l'adaptation musicale ; c'était pour nous musiciens un véritable exercice de style. En arrivant au cinéma, nous trouvions sur nos pupitres une pile de partitions musicales. Nous attaquions la première avec le départ du film. Au signal, une lampe rouge s'allumant en haut et à gauche de nos pupitres, il fallait arrêter là le mouvement, prendre la partition suivante, et la jouer jusqu'au prochain signal. Cette rupture impliquait donc un changement de tonalité, de mouvement, de rythme, de nuance, de tout ce que vous voudrez ! Il fallait changer ! Et c'était plus ou moins heureux. je me souviens à ce sujet, d'une de ces ruptures : la scène représentait un cortège de mariage qui sortait d'une église, on jouait alors "La marche Nuptiale" de Mendelssohn. Puis le cortège arrivait sur une place publique où il y avait une foire ; il fallait changer !... pour jouer "Carnaval Parisien" de Popy.

On jouait des compositions de Popy et quelquefois même des choses plus anciennes telles que des chansons de Mayol, de Dalbret, de Georgius, de Dranem. Au début, c'est nous qui choisissions ce qu'on allait jouer, et c'était un peu n'importe quoi. Quand il y a eu l'adaptation musicale c'est la direction de la salle qui indiquait les thèmes à interpréter. Mais la direction détenait ces indications d'une autre source. Je crois qu'elle recevait ça face au film.

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Le film qui m'a le plus intéressé c'est Ben Hur (1925, NDLR). C'était réellement le triomphe du cinéma muet. Mais le reste, alors, vous savez !... Sauf les films comme La passion ou Le Miracle de Sainte-Cécile... A ce moment, il y a eu Le Miracle de Lourdes. Ce film a d'ailleurs été terriblement contesté par les autorités religieuses de l'époque. Le cardinal Archevêque de Paris a même dit : " Il représente les efforts maladroits d'une société qui a perdu son sens chrétien, et qui cherche maladroitement à la retrouver".

On peut considérer le cinéma des années vingt comme du spectacle populaire. Il faut dire que son prix relativement bas était accessible à toutes les bourses. Il y avait trois catégories de places : les plus chères étaient à 2 francs, ensuite il y en avait à 1,50 francs et je ne me souviens plus exactement mais les autres n'atteignaient pas 1 franc. Le samedi soir, le public n'était pas nombreux, mais il était calme. Le dimanche après-midi le public était plus important, il était surtout composé d'enfants, et de petites bonnes à qui on donnait l'après-midi du dimanche - c'était à peu près le seul jour de sortie. Lors de ces séances, nous étions régulièrement interrompus par le vacarme que produisait ce jeune public. Le dimanche soir, l'assemblée était variée, moins nombreuse qu'en matinée, elle était surtout composée d'adultes, d'enfants accompagnés de familles.

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© Ministère de la culture

L'ancien "Idéal Cinéma" devenu ensuite le "Rex", rue de la liberté

On donnait "La martyre de Sainte-Cécile". La jeune fille était enfermée dans sa salle de bains, où le préfet Amalquius avait décidé de la faire mourir, étouffée par la vapeur d'eau ; ce qui est maladroit pour faire mourir une jeune fille de dix-neuf ans. Au bout de trois jours, le préfet s'énerva et envoya un soldat pour décapiter la jeune fille. Au moment où le soldat allait accomplir sa sinistre besogne - l'image ne montrait pas le glaive tomber sur le cou de la jeune fille - il y eut dans la salle une femme qui poussa un cri de frayeur tel qu'on dut interrompre la séance pour réconforter la dame. Les westerns et les films d'action, notamment, étaient contrôlés quant à leur moralité. Quelques années plus tard, on a créé la côte de l'office catholique ; une note attribuée au film projeté, était affichée à la porte des églises.

Il fallait une capacité musicale suffisante pour jouer des morceaux de difficulté moyenne, sans répétition, une certaine habitude, une certaine sûreté. Il fallait tout jouer à première vue. Dans les milieux musicaux, les musiciens de cinéma étaient considérés comme des gens expérimentés. Dans le cinéma où j'ai joué ; à cause de son caractère particulier, on peut dire que bien souvent nous n'avons pas été payés du tout. Notre travail à l'Idéal Cinéma était bénévole.

Au "Cinéma des Familles"*, il y avait Arthur Lenfant, un pianiste remarquable qui a assuré seul toute la période 1914-1918, où un grand nombre de musiciens avaient pris part au conflit. Ce n'est que la guerre terminée, lors de la démobilisation que ces gens ont reformé des orchestres, ou grossi des embryons d'orchestres. M. Lenfant a été remplacé par M. de Norris, pianiste également, qui a joué un certain temps en compagnie d'une jeune violoniste : sa fille, je crois. Dans les années 1920, on lui adjoint deux autres violonistes : les demoiselles Bourdil. Ensuite, c'est devenu le genre de formation que j'ai connu. Pour des motifs publicitaires, on parlait d'orchestre symphonique et même d'orchestre classique. Mais la plupart du temps, le quatuor n'était pas complet. C'était bien entendu des arguments commerciaux.

Chaque cinéma avait une sorte de personnalité. L'Idéal c'était le cinéma catholique. Le "Cinéma des Familles", lui, c'était le cinéma Duffaut, le cinéma de Monsieur Duffaut. Ce qui était un gage de la qualité d'un certain spectacle.

* Le cinéma des Familles se trouvait sur l'emplacement de la clinique St-Vincent, à l'angle des boulevards Jean Jaurès et Omer Sarraut. 

Sources

Merci à I. Debien pour ce document

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10/04/2017

Le mausolée romain du hameau de Montredon: une pépite enfouie depuis 9 ans!

Au début de l'année 2008, lors d'un sondage archéologique préventif sur un terrain de 2ha situé sur le hameau de Montredon destiné à être transformé en zone pavillonnaire, les chercheurs vont faire une extraordinaire découverte.

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L'unique mausolée de l'Empire romain en grand appareil (16m2) découvert en Gaule jusqu'à aujourd'hui. Selon l'INRAP (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives), il aurait été édifié pour servir de sépulture au premier colon envoyé par Rome pour administrer Carcassonne entre 50 et 40 avant J-C. La pierre verticale servait à obstruer l'entrée du temple.

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La datation a pu être réalisée en partie grâce à la découverte de la base d'une colonne de brique en quart-de-rond. En effet, cette technique était utilisée à Rome dès le 1er siècle avant J-C et seulement en Gaule, au 1er siècle après J-C. L'INRAP en déduit que le concepteur l'a importé pour bâtir le mausolée entre 40 et 50 avant notre ère.

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Avec les parties restantes éparpilées sur le terrain, on a tenté de reconstituer l'aspect primitif du mausolée. Etait-ce un temple? Les éléments d'ornementation accréditent plutôt la thèse d'un mausolée de type turriforme (Comme une tour).

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Les blocs de gré font environ 700kg chacun. Ils ont été assemblés par un système de levage dit à la louve.

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A l'est et en bordure du mausolée passait une voie publique pour que l'on puisse l'admirer.

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A l'ouest, s'élevait une villa romaine.

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Un puits

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Cette découverte unique a fait grand bruit en 2009: reportages télévisés, articles dans la presse locale et scientifique, journée ouverte au public, commentaires des élus...etc. Et quatre ans après ?

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Voici ce qu'il en reste... Il semblerait qu'un tel héritage soit devenu très difficile à gérer, aussi sur les conseils des scientifiques la ville de Carcassonne a enfoui le site archéologique. Il n'a pas disparu, mais pour le préserver des pilleurs, taggers et autres vandales, c'est désormais une friche. La ville a gelé le terrain où est situé la construction, qui est par ailleurs municipal. Le lotissement devait accueillir en son sein dans un espace préservé ce mausolée, mais la ville lui cherche depuis neuf ans une meilleure exposition. Entre-temps, on a trouvé de la place pour l'exposition des supermarchés ! Reste encore à lui trouver un nouveau site et étudier techniquement la possibilité de le démonter pour le bâtir ailleurs. On avait pensé au square Gambetta, mais l'intérêt historique ne risque t-il pas d'être altéré à des fins purement touristiques ? Et puis, les hameaux ont aussi le droit d'avoir leurs visiteurs... Bon allez, rendez-vous dans mille ans !

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En attendant, tout autour du site archéologique, un bailleur social a construit 51 logements HLM. L'ensemble des vestiges de l'ancienne voie romaine a été écrasé. Au milieu de ces maisons, se trouve désormais une friche sous laquelle est enfoui le mausolée. Autant dire que c'est maintenant lui le gêneur... Dans n'importe quelle autre ville, on l'aurait mis en valeur. Oui, mais c'est Carcassonne !

http://www.inrap.fr/un-mausolee-romain-carcassone-9450

Article mis à jour le 10 avril 2017

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08/04/2017

Que devient la maison de l'historien Gustave Mot (1885-1979) ?

Qui connaît ou à entendu parler de Gustave Mot à Carcassonne ? À dire vrai trop peu de personnes, mis à part les historiens locaux. Pourtant, cet employé à la SNCF fut toute sa vie un passionné de sa ville. Une espèce d'autodidacte qui nous laissa un ouvrage sur l'histoire de la ville basse.

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Mot fait partie de cette armée des ombres, qui a travaillé et travaille encore bénévolement pour l'amour de l'histoire locale. Un très grand nombre d'entre-eux n'ont jamais suivi de cursus universitaire, mais la passion qui les anime renverse tous les préjugés sur leur capacité de recherche. Ils connaissent les moindres recoins de la ville et apportent aux plus érudits, un savoir indispensable à leurs travaux.  

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À sa mort en 1979, Gustave Mot a légué à la ville de Carcassonne sa maison située aux numéros 89 et 91 de la rue Jues Sauzède. Pendant de nombreuses années, elle fut occupée par le GARAE avant son installation dans la rue de Verdun. Cette maison appartient aujourd'hui à un particulier ; cela signifie t-il que la ville ou le département s'en est dessaisi ? Y avait-il une clause testamentaire du défunt qui indiquait ce que devait devenir ce bien ? On ne le saura certainement pas, mais quel manque de respect pour la mémoire du défunt !

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L'imposte au dessus de la porte d'entrée de la maison de Gustave Mot

Cette demeure a une histoire et surtout un véritable cachet. Joë Bousquet en fit une description précise lorsqu'il la visita. Nous avons retrouvé des photographies de son intérieur.

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"Sur les murs, au plafond, dans les coins se dressaient des draperies, des bibelots, des meubles, tous de style Charles X, et si richement ornés de sphinx, de lions, de dragons que cette profusion d'appliques, donnait à l'ensemble la physionomie d'un décor chinois. Plus loin s'ouvrait une autre galerie, tapissée de noir et coupée de grecques rouges, elle offrait le spectacle d'une espèce de tombe étrusque extrêmement bizarre. Sans oublier un buste de Manon, sculpture en bois due à Gustave Mot, que l'on aurait dit surprise lors d'un chant, bouche ouverte, au moment où la voix module les notes les plus hautes. A l'arrière enfin régnaient les jardins aux murs incrustés de mosaïques et de symboles, où les fûts de colonnes antiques gênaient parfois la marche vers d'éclatants arbustes, orangers et citronniers, qui devaient leur vigueur et leur couleur au sang que chaque jour l'érudit allait recueillir pour eux auprès des abattoirs."

(Les Audois / 1990)

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Les vitraux

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Le jardin de l'orangerie

Comment a t-on pu laisser partir ce patrimoine ?

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Une rue et un impasse portent le nom de Gustave Mot, derrière le cimetière La Conte.

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05/04/2017

Anniversaire du blog "Musique et patrimoine de Carcassonne"

Le 5 avril 2013, après avoir clôturé l'ancien blog "Histoires de Carcassonne" en raison des attaques calomnieuses dont il était l'objet, naissait "Musique et patrimoine de Carcassonne". C'est donc le quatrième anniversaire des chroniques consacrées à l'histoire de notre belle ville. Nous ne retracerons pas le chemin parcouru, chacun le connaît au travers des actions qui ont été menées et des articles rédigés. Je voudrais vous remercier pour votre fidélité. Si je ne peux pas voir s'afficher sur vos visages la satisfaction que vous procure la lecture quotidienne du blog, ni recueillir physiquement vos témoignages de gratitude, j'ai conscience de l'intérêt qu'il suscite chez vous. N'oubliez pas quelques fois de poster un commentaire, c'est le seul carburant qui encourage cette machine à poursuivre son action.

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04/04/2017

Le charivari. Qu'es aco ?

Voilà une coutume héritée du Moyen-âge et qui se pratiquait encore dans certains villages jusqu'au milieu du XXe siècle. Imaginerait-on faire Le charivari aujourd'hui ? Les moeurs ayant considérablement évolués, il faudrait sans doute en faire un toutes les heures. La tradition nous allons le voir n'a pas que de bons côtés lorsqu'elle se mêle de la vie privée d'autrui...

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"Selon les lieux, on organisait le charivari pour les filles-mères, les concubines qui régularisent leur situation, les vieilles femmes qui se marient, les hommes âgés qui épousent une jeune fille, l’époux qui célèbre ses troisièmes noces, l’étranger qui se marie sans payer le vin à la jeunesse, le ménage qui n’a pas d’enfant au bout d’un an. Adultères, mariages mal assortis, retour au foyer d’une épouse volage trop facilement absoute par un mari un peu trop compréhensif: tout ceci était dénoncé sans pitié par la jeunesse. (L'abeille de la Ternoise)

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Selon les régions, un cortège de jeunes gens grimés accompagnés par des bruits de casseroles, de cloches ou de poêles allaient perturber leurs victimes. Afin d'arrêter ce charivari, la solution était de payer les meneurs, soit en argent, soit en nourritures et surtout en vin. Cela ne marchait pas toujours et il y eut des cas où la réception se fit à coup de fusil de chasse.

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03/04/2017

Carcassonne a t-elle oublié sa soeur Mosellane de Lorry-lès-Metz ?

Nous l'avons vu dans un précédent article, le département de l'Aude a accueilli un très grand nombre de réfugiés d'Alsace-Lorraine en 1940. Annexés à l'Allemagne hitlérienne, les habitants des communes de cette région française n'ont pas eu d'autres choix que de fuir. Le nettoyage ethnique des nazis s'opéra en cherchant à remplacer les Mosellans par des Germains. L'école Jean Jaurès de Carcassonne servit de point de regroupement, à partir duquel les familles furent renvoyées vers différents villages : Conques sur Orbiel, Pexiora, Bram, Montréal d'Aude, etc..

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Les Alsaciens-Lorrains à Carcassonne en mars 1942

Ces familles sont restées dans l'Aude jusqu'à la fin de la guerre. A jamais dans leur coeur, l'accueil des Audois demeura exemplaire de générosité malgré les restrictions. Ils travaillèrent dans les champs, les enfants allèrent à l'école du village et s'intégrèrent parfaitement tout en gardant leurs coutumes. Certains se marièrent avec des femmes du pays et d'autres y restèrent. Des liens de fraternité se tissèrent mais les générations passent et le temps fait son oeuvre. Que reste t-il de ces souvenirs ?

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Le 3 décembre 1944, les Mosellans de Carcassonne fêtèrent la libération de Metz et de Strasbourg lors d'une cérémonie au monument aux Audois, place Davilla. En réalité, Metz est encore sous le feu des forts qui entourent la ville côté ouest et où résistent encore les Allemands. La ville ne sera "nettoyée" que vers le 15 Décembre, alors qu'elle est libérée depuis le 28 Novembre 1944.

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Cérémonie d'adieu des Alsaciens-Lorrains

Fin avril 1945, les Mosellans déposent une plaque au monument aux morts de Conques-sur-Orbiel et devant les tombes des maquisards de Trassanel. C'est un marbrier de Conques qui l'a faite, mais il n'a pas voulu être payé. 

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Famille Mosellane à Conques-sur-Orbiel pour les adieux

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Le 1er mai 1945, en présence du préfet et des autorités civiles et religieuses de l'Aude, une plaque est dévoilée au pied de la statue de Jeanne d'Arc, boulevard Barbès. Les réfugiés d'Alsace-Lorraine remercient les Audois pour leur accueil.

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Cette plaque avait été déplacée en même temps que la statue de Jeanne d'Arc sur le parvis de la cathédrale Saint-Michel. Aujourd'hui, des travaux sont en cours à cet endroit. La statue et la plaque ont été récemment enlevées pour réhabiliter le jardin. Nous avons signalé aux services municipaux ces témoins de l'histoire et la plaque devrait être remise en place.

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Au cours des cinquante dernières années, Carcassonne et Lorry-lès-Metz ont perpétué le souvenir de leur tragique destin. Le maire de la commune Mosellane est venu avec une délégation à la fin des années 1970 participer à une cérémonie à Carcassonne. On aperçoit M. Antoine Gayraud, le maire de notre ville.

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Les autorités de Lorry-lès-Metz déposent une gerbe au pied de Jeanne d'Arc et de la plaque de 1945, dans le jardin du parvis de la cathédrale Saint-Michel.

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Aujourd'hui, les liens se sont distendus entre les deux communes. Pourtant, à 900 km d'ici, nous avons remarqué que Lorry-lès-Metz possède une rue de Carcassonne. L'inauguration du nouveau jardin sur le parvis de la cathédrale St-Michel serait une formidable occasion de réunir encore nos deux villes. Pourquoi donc ne pas inviter une délégation de la ville de Lorry-lès-Metz ?

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