13/10/2017

La construction du Pont de l'avenir en 1962 au-dessus de l'Aude

Ne croyez pas, chers lecteurs, que les lenteurs et promesses administratives qui servent souvent le jeu électoral de nos politiques, sont récentes. La construction d'un d'un troisième pont routier au-dessus de l'Aude à Carcassonne, mit soixante ans à se réaliser. La barque de Titine, unique point de liaison à cet endroit entre la rue Antoine Marty et le stade de la pépinière (A. Domec), œuvra jusqu'en 1962. C'est à cette date que débutèrent enfin les travaux d'aménagement de cette construction du génie civil, baptisée quelque temps plus tard : Pont de l'Avenir. Ce futur avait tout de même débuté dans l'esprit de la municipalité en 1886... Douze ans plus tard, le conseil municipal évoqua à nouveau le projet d'un troisième pont routier sur l'Aude. Mais, le 30 août 1906, les édiles d'alors prirent la décision de construire enfin cet ouvrage.

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© Collection Martial Andrieu

La barque de Titine en 1920

Le maire Jules Sauzède exposa que la construction d'un pont sur l'Aude, face à l'abattoir, a été comprise dans le programme des grands et utiles travaux à exécuter par les soins du conseil municipal. Dans l'intérêt de la ville, ajoutait M. Sauzède, l'utilité du pont en question est incontestable. Cet ouvrage facilitera à une grande partie de la population, les communications entre les deux rives de l'Aude et amènera à coup sûr la modification de la RN 113 qui au lieu de suivre le boulevard de la Préfecture (Jean Jaurès, NDLR), pourra occuper la rue Antoine Marty, passer sur le pont projeté et se développer sur le fleuve, sur le coteau de la Gravette pour aller à la même route, N 113, après le Pont neuf actuel.

Un concours fut présenté et approuvé par le conseil municipal en 1906. Le montant du devis établi par l'architecte Gordien s'élevait à 170 000 francs ; un crédit fut voté le 30 août de la même année. Or, malgré l'approbation préfectorale du 10 janvier 1907, le projet n'eut pas de suite. Il faudra attendre l'avènement de la municipalité du Dr Tomey, vingt ans plus tard. Le pont fit l'objet de nouveaux plans. On songea à un pont métallique, en pierre mais aussi en béton armé. Certains propriétaires proposèrent d'offrir le terrain par où passerait la future route. On voulait le pont ! Un crédit de 380 000 francs fut volé pour sa construction. En vain... Le pont ne fut même pas commencé.

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Le projet de tracé du futur pont

Douze ans plus tard, toujours sous la municipalité Tomey, le projet refait surface. Le 21 avril 1937, le conseil municipal approuve le plan entraînant la dépense de 4 650 000 francs. L'état faisant connaître qu'il ne pourrait pas apporter son aide financière cette année-là, la municipalité ajourne le projet dessiné par l'architecte de la ville. Il fallait attendre que l'état fusse en mesure d'en financer une partie. La guerre éclata en 1939 et tout ceci fut remis aux calendes grecques. On en reparla plus du pont avant 1947. Trois ans plus tard, un projet dessiné par M. Seigné - Directeur des services techniques de la mairie - fut soumis et approuvé. Il en coûtait 95 500 000 anciens francs. Patatras ! Tout ceci fut rangé aux archives municipales... 

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En 1962, la construction du pont devint une nécessité urgente. Le lycée technique était sorti de terre en 1960 et les travaux à la future cité La Conte allaient bon train. L’édification de cette passerelle routière permettra le percement du boulevard Joliot Curie, vers l’extension Est de la ville. Cette fois l’état consentit à mettre la main au portefeuille pour 50% de la facture finale, soit 700 000 nouveaux francs. Les travaux devraient débuter entre le 15 novembre et le 1er décembre 1962.
Depuis longtemps déjà, la municipalité Jules Fil avait fait procéder à des sondages de terrain pour coût de 1 400 000 francs. Ils révélèrent que l’assise rocheuse sur laquelle pourraient reposer les cinq piles du pont, se situe entre 1,30 et 4,40 mètres. Il faudra donc peu de fondations. l’ouvrage aura une longueur totale de 190 mètres avec un tablier à 7 mètres au-dessus du fleuve. Sur sa largeur de 12 mètres, la route en prendre neuf et chaque trottoirs 1,75 mètres.

"L’accès par la rue Antoine Marty se fera au moyen d’une rampe dont le départ se trouvera à la hauteur de la rue Talmier. Il passera au-dessus du boulevard Sabatier, à une hauteur de 4,50 mètres. Il aboutira place Brisson. La rue Antoine Marty ainsi prolongée, traversera le lotissement Satgé, longera le collège technique pour aller aboutir, plus tard, à un carrefour nouveau, que l’on aménagera au-dessous de Montlegun."

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Le pont avant son inauguration en 1963

Carcassonne possède désormais en centre-ville trois ponts sur l’Aude. Le Pont vieux (220 mètres), le Pont neuf (140) et le Pont de l’Avenir (190). Mais au fait, pourquoi cette appellation ? Au départ, on pensa le nommer Pont Jules Fil mais tous les terrains au-delà de l’ouvrage représentaient bien l’avenir urbain de Carcassonne.

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© Google

Le Pont de l'Avenir en 2017

Sources

Le courrier de l'Aude, l'Express du Midi

Bulletins municipaux

Extraits du Conseil muncipal

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11/10/2017

Histoire de l'alimentation en eau des fontaines publiques de Carcassonne

Dès la fin du XVIIe siècle, la ville de Carcassonne tirait les eaux alimentant la fontaine de la Place aux Herbes (place Carnot), d’un lieu-dit situé à Villalbe appelé « Roquecave ». Cet endroit est compris actuellement entre l'Aude et la route de Limoux au niveau de l'ancienne gare de Madame. Un aqueduc dont les traces existent encore conduisait l’eau non loin du moulin de Maquens jusqu’à l’actuelle place Carnot où se dressait un rocher surmonté d’un Neptune aux proportions héroïques. Du haut de ce rocher, l’eau se déversait dans quatre coquilles. Un peu plus bas, quatre génies assis sur autant de chevaux marins, rejetaient l’eau par la bouche de quatre dauphins. Le tout était entouré d’un bassin en pierre et protégé par une grille de fer. Cette fontaine était insuffisamment alimentée et ses eaux ne pouvaient jaillir qu’à de rares intervalles.

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© AAVC / Alain Pignon

Le seul vestige de cette fontaine est ce dauphin restauré et déposé au Musée des Beaux-arts. On doit ce travail aux bénévoles de l'Association des Amis de la Ville et de la Cité qu'il faut féliciter :

Abbé Cazaux, J. Blanco, M-C Ferriol et A. Pignon

Les travaux relatifs à cette construction dataient de 1676 et avaient couté 70 000 livres. La communauté rechercha dès 1740, les moyens de remédier à ces inconvénients. On demanda des études au Révérend Père Pélissier de la Compagnie de Jésus et au sieur Bourrail, ancien trésorier de l’artillerie des provinces du Roussillon et du Languedoc. Les plans et devis du R.P Pélissier, présentés dans la séance du 20 janvier 1741, furent soumis par l’intendant du Languedoc à l’examen de M. Pitot, de l’Académie Royale de Londres, censeur royal et directeur des travaux publics de la Province du Languedoc.

M. Pitot après avoir dressé les procès-verbaux et fait de nouvelles études, soumit le tout à l’approbation du conseil qui, dans sa séance du 30 avril 1743, adopta son projet. Le 20 mai suivant, l’intendant autorisa l’adjudication des travaux ; retardée pour différentes causes, elle n’eut lieu que le 7 novembre 1744, en faveur de Germain Miran fils, entrepreneur des ouvrages publics de la ville de Carcassonne. Le 29 juillet 1751, il fut décidé que la grande fontaine de la place aux Herbes serait construite en marbre conformément au plan. A un détail près, les quatre lions placés aux encoignures seront supprimés.

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© La dépêche

Actuelle fontaine de la place Carnot

Ce travail fut adjugé en 1752 moyennant 11 800 livres, au sieur Barata, sculpteur italien de Massa-Carrard. Cet artiste fort négligeant, son travail n’avançait pas. Il fut même question de le poursuivre ; en 1766, on pensa traiter avec Rémond de Caunes-Minervois. L’affaire s’arrangea finalement et Barata fils aîné repris les travaux commencés par son père. Il livra la fontaine qui fut placée le 3 juin 1771 sur la place aux Herbes. Ceci n’alla pas sans quelques problèmes…
A commercer par l’entretien des travaux assez dispendieux. Ensuite, l’établissement de filtres capables de fournir une eau claire et pure. Cette question fut traitée par la première fois en 1801, mais revint en 1824 en même temps que l’on s’occupa de la reconstruction des quatre fontaines angulaires de la place. Elle y sont encore aujourd’hui et remises en eau en 2013 par la municipalité Pérez. Le 6 juin 1833, on décida de placer des filtres à l’Origine sur le territoire de Coufoulens.

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Bassins de l'Origine à Coufoulens

En 1824, les hauts quartiers de la ville furent alimentés en eau grâce à une machine hydraulique installée en haut de la rue de Verdun. Là, se trouve en-dessous un bassin et des canalisations souterraines. Cette machine fournit les fontaines du Jardin des plantes, près de la gare.
Dans le principe, les eaux étaient prises directement dans la rivière Aude et conduites aux bassins de décantation par un canal à ciel ouvert. Toutefois, on reconnut bientôt que ce canal était comblé à chaque crue et que le travail de décantation dans les bassins ne donnait pas une eau suffisamment pure.
Le système de filtration, établi en 1833 et 1834, sous l’administration de M. le baron Peyrusse, produisit de meilleurs résultats. On construisit 420 mètres d’aqueducs filtrants, à pierres séchées, de 0,33 x 0,30 mètres. Ces aqueducs formant deux branches, venaient se réunir à 60 mètres en amont des bassins de l’Origine, avec lesquels ils étaient mis en communication au moyen d’un aqueduc en pierre de taille évidée de 0,50 x 0,35 mètres.

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Entrée vers le bassin sous la Porte de Toulouse

Devenu maire en 1853, M. Roques-Salvaza fit rechercher ces aqueducs disparus sous la végétation et en fit établir de nouveaux sur une longueur de 400 mètres dans des proportions plus considérables, ce qui permit de les visiter d’un bout à l’autre et d’éviter les inconvénients rencontrés par le passé. Les travaux de défense furent entrepris en même temps que ceux des filtres. Sans chercher à fixer d’une manière définitive le lit de la rivière à l’Origine, on se contenta de protéger la tête par une digue de terre insubmersible reliée au coteau, et par le revêtement en moellons de la berge de la rivière, par laquelle la crue était à craindre. Les eaux ainsi captées et filtrées et défendues furent amenées des bassins de l’Origine à celui de distribution au moyen d’une conduite constamment couverte construite en maçonnerie sur presque toute la longueur et creusée sur quelques points aux abords de la ville dans le rocher.

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© Jacques Blanco

Bassin de 1676 sous la place Davilla

Cette conduite a une longueur de 7757 mètres que l’on peut diviser en trois parties distinctes : la première, en partant des bassins de l’Origine, sur une longueur de 623 mètres, est complètement enfoncée dans le sol. Elle est formée d’une galerie qu’un homme peut parcourir et qui a un mètre de large sur 1,70 mètres de hauteur. On pouvait y pénétrer par deux puisards.

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© Thierry Lamouroux

La conduite sur le domaine du Chapitre à Villalbe basse

La partie intermédiaire sur une longueur de 6639 mètres, est établie tantôt à une faible profondeur sous le sol, tantôt au-dessus, supportée par des murs et arcades. Dans cette partie, la largeur de la conduite est généralement de 0,50 x 0,80 mètres. Il a été construit 31 regards pour cette partie.

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Vestiges de l'aqueduc derrière les sapins, route de Limoux

La dernière partie, longue de 496 mètres est comme la première, enfoncée sous le sol. La plus grande fraction a même été ouverte en forme de tunnel. Elle est comme la première, desservie par dix puisards. La pente totale entre le seuil de la conduite à l’Origine et les orifices des tuyaux au bassin de distribution est de 6362 mètres qui, répartis sur la longueur totale, donnent une pente moyenne de 0,000819 par mètre.

alimentation en eau

© Droits réservés

En 1973, des travaux d'agrandissement de la station ESSO au Quatre chemins, mirent au jour une partie de l'aqueduc souterrain.

L’eau amenée par la conduite extérieure que nous venons de décrire, arrive au bassin de la place Davilla où elle se divise en deux parties : l’une, conservant son niveau et désignée sous le nom d’eaux ordinaires, va au bassin de distribution situé dans la rue de Verdun, à l’angle de la rue des Etudes. L’autre, perdant 2,40 mètres de hauteur et désignée sous le nom d’eaux basses, coule dans un canal souterrain établi sous le boulevard Marcou.

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Ancien bassin de distribution, rue de Verdun

On a dru subir cette perte de hauteur pour créer une chute et, par suite, une force motrice qui, put élever l’eau nécessaire aux quartiers supérieurs de la ville. Treize tuyaux, dont six pour les eaux ordinaires et sept pour leurs nombreux embranchements se croisant en tous sens et formant un réseau compliqué distribuaient en ville de grosses quantité d’eau. Les tuyaux étaient généralement en poterie ; ils furent remplacés à la fin du XIXe siècle en métal.
L’alimentation en eau des hauts quartiers était à peu près nulle en 1676. Les moyens imaginés par M. Pitot pour les pourvoir furent imparfaits et insuffisants. A la chaîne à chapelets, établie primitivement sur la chute de la « Porte de Toulouse » (haut de la rue de Verdun), succéda en 1824, la machine Mazeline (roue en fer à godets) qui mise en mouvement par 45 pouces d’eau, devant en élever 12 à 15 - à une hauteur de 14 à 15 pieds. Le système Abadie adopté en 1832 consista en une roue motrice à augets actionnant trois pompes et devant, avec 100 pouces d’eau motrice, élever 10 pouces ou 140 litres d’eau par minute, pour alimenter dix bornes fontaines.

alimentation en eau

Vestiges de l'aqueduc de Pitot chez M. Gélis en 1973

En 1846, la roue fut remplacée par une turbine et un quatrième corps de pompe fut ajouté au trois premiers. Une seconde turbine actionnant une pompe vint plus tard fonctionner à côté de la première, sans améliorer sensiblement la situation. Le problème fut enfin résolu par M. Girard, ingénieur civil à Paris.La turbine qu’il a construite en 1864 actionne directement deux pompes horizontales à pistons plongeurs, et à double corps, devant donner 45 à 50 coups de piston à la minute et élever par 34 heures, l’une 200 m3 d’eau à la hauteur de 9 mètres et l’autre 300 m3 à la hauteur de 7 mètres avec le volume de 4000 m3 d’eau motrice. Depuis cette époque, et grâce à de nouveaux perfectionnements, on a pu créer des fontaines dans des quartiers qui en étaient privés et surtout au faubourg de Laraignon (Les Capucins) et au faubourg de la Paix.

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© Collection Martial Andrieu

Ancien réservoir de la place Saint-Sernin (Marcou) à la Cité

Des études pour compléter le service hydraulique de la Cité furent faites en 1865, par M. Simonneau, ingénieur des Ponts et Chaussées et M. Desolas, architecte de la ville. Toutefois, ces études n’aboutiront à un résultat qu’en 1871. Jusqu’à cette époque, la seule eau dont disposait la Cité était celle de la « Porte de fer » qui arrive par un aqueduc de deux kilomètres de longueur. La source qui fournit l’eau à la Cité vient de Pech-Mary et sort de dessous le rocher qui se trouve dans la propriété dite « Porte de fer », actuellement appelée « Sainte-Eugénie ». Il faut suivre actuellement le chemin de Sainte-Croix en direction de Pech Mary.

A cette date, on établit près de l’église Saint-Gimer, dans le faubourg de la Barbacane, une machine élévatoire, mise en mouvement par la vapeur, et qui conduit l’eau d’un puits sur la place Saint-Sernin. Là, un réservoir d’une certaine hauteur distribuait les eaux des deux provenances dans les différents quartiers. Cette machine ne fonctionnait guère que pendant les chaleurs, au moment des basses eaux de la Porte de fer. On ne comptait d’abord à Carcassonne que 16 bornes fontaines et la grande fontaine de la Place aux Herbes.

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L'une des quatre fontaines de la place Carnot

En 1875, il y a 119 bornes fontaines dans la Ville basse et ses faubourgs, cinq fontaines de luxe, en gerbes ou cascades. En 1865, M. des Plas, architecte de la ville, démontre par comparaisons que Carcassonne (Ville basse) est la seconde ville du monde et la première de France pour la quantité d’eau assurée aux habitants et distribuée dans les fontaines publiques. En effet, on relève sur le tableau qu’il a dressé à titre d’exemple, en litres par jour :

Rome (950), Carcassonne (750), New-York (568), Marseille (186), Bordeaux (170), Londres (95), Toulouse (70), Montpellier (60), Edimbourg (50), Le Havre (40), Paris (14).

Sources

Lectures variées sur le département de l'Aude / A. Ditandy / 1875

Notes et synthèses / Martial Andrieu

Conseils de lecture

La conduite des eaux potables à Carcassonne (XVIIe et XVIIIe siècles)

Bull. SESA - Tome CVIII - 2008 / J. Blanco et JL Bonnet

 Claude Marquié / Hommes et métiers au fil du temps

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La fontaine, près de la Porte Narbonnaise à la Cité, est sexagénaire

Nous nous y sommes tous arrêtés au moins une fois pour se rafraîchir et peut-être aussi, pour soulager un besoin pressant dans les Water-Closed situés en dessous d'elle. La jolie fontaine en pierre taillée qui orne le Pradal à la Cité a fêté ses soixante-six ans. Oui ! J'insiste sur le mot "pradal" qui désigne un petit pré en langue occitane. Laissons le Prado à Marseille... 

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© Google maps

La fontaine du Pradal

Elle fut inaugurée le 23 juin 1951 par la municipalité Itard-Longueville en présence de MM. Noubel (Conseiller général), Reynès (Adjoint au maire), Seigne (Chef des travaux de mairie) et Pierre Embry (Conservateur des Monuments historiques). Ce dernier représentait également le Comité de "La plus belle France".

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© Collection Martial Andrieu

Avant cette date s'élevait à cet endroit un lavoir, ainsi que nous pouvons le voir sur cette carte postale de 1930. Jugé obsolète et surtout considéré comme une verrue, la municipalité Itard-Longueville entreprit sa destruction. On bâtit donc en lieu et place cette fontaine et ces WC souterrains, avec le concours de l'entreprise Péra. La maison Castro s'occupa des installations sanitaires en posant une mosaïque jaune et des toilettes en porcelaine blanche, offrant toutes les commodités modernes. Un éclairage au néon, œuvre des services techniques municipaux, vint parfaire cette réalisation fort utile.

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© Collection Barberis

Les habitants de la Cité ne tardèrent pas à se satisfaire de l'installation de cette fontaine. En 1971, après quelques travaux, elle fut remise en eau. Monsieur Barberis et ses petits-enfants furent les premiers à s'en réjouir.

Source

La dépêche / 24 juin 1951

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10/10/2017

Une cantatrice Belge donatrice de sa collection à la Bibliothèque municipale de Carcassonne

Au mois de juillet 1954, une cérémonie à la Bibliothèque municipale de Carcassonne rassemblait les autorités municipales autour de Paul Delmas. Ce brillant médecin né à Rieux-Minervois le 14 avril 1880, fit ses études au lycée, puis à la faculté de médecine de Montpellier. Interne des hôpitaux en 1904, docteur en médecine en 1907 (titre de la thèse : L'avarie des remplaçantes, prix Fontaine de la meilleure thèse, en raison de la qualité de l'analyse de la situation médicale, sociale et juridique des nourrices, contaminées, faute de prévention, par des enfants malades), agrégé de médecine en 1910, professeur titulaire en 1923 et professeur de clinique obstétricale en 1926. Durant la Grande guerre, le Dr Delmas sert son pays avec le grade de colonel et reçoit la légion d'honneur en 1932. Il exercera de nombreuses responsabilités au sein d'académies, de sociétés ou d'organismes de médecine, en particulier dans le domaine de l'obstétrique : membre correspondant étranger de la Société médico-chirurgicale de Bologne (Italie)en 1925; membre honoraire étranger de la Société belge de gynécologie et d’obstétrique 1928. membre correspondant de l’Académie royale de Médecine de Barcelone 1931.Il est docteur « honoris causa » de la Faculté de Médecine du Caire (Egypte) 1928. A Carcassonne, il sera président de la Société des Arts et des Sciences en 1921. Est-ce à ce titre qu'il légua la bibliothèque de son épouse à la ville de Carcassonne ?

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© CTHS. La France savante

Paul Delmas

(1880-1962)

Il s'agit là d'une centaine de volumes reliés, afférents aux grandes époques de la littérature et de la science, légués par l'épouse de Paul Delmas à la Bibliothèque municipale. René Descadeillas, conservateur de la bibliothèque, réalisa un catalogue précis de cette donation. A cet effet, une salle Gabrielle Wybauw-Delmas fut inaugurée à son nom avec le portrait de la généreuse donatrice.

"On a bien voulu dire en rendant hommage à la seule et véritable donatrice, que le fonds qu'on inaugure aujourd'hui, et qui a reçu son nom, apporte de nouveaux moyens de travail aux étudiants, aux chercheurs, aux érudits. Ainsi, son but est pleinement rempli. Il n'a jamais voulu autre chose que développer le goût et la culture. Il sera trop heureux si ces livres, choisis et rassemblés patiemment, fortifient le désir d'apprendre et éveillent des vocations (Paul Delmas)".

Qu'est-elle devenue après le désherbage survenu dans les conditions que nous connaissons en 2010 ? En contrepartie, la municipalité de l'époque s'engagea à faire fleurir chaque année la tombe de Gabrielle Wybauw-Delmas à La Livinière (Hérault).

Qui était Gabrielle Wybauw ?

 Née à Brabant (Belgique) le 23 avril 1883, sœur du professeur Wybauw, de la Faculté de médecine de Bruxelles, Gabrielle Wybauw se fit entendre comme soprano dramatique dans les théâtres royaux d'Anvers et de Bruxelles. Elle rencontra le succès dans les opéras de Wagner comme la Walkyrie. Nous avons retrouvé son passage au Théâtre des Champs-Elysées en 1922 et 1924. Cette année-là, elle participa au Festival César Franck. Pendant la Grande guerre, sa présence au front des armées comme ambulancière de la Croix-Rouge Belge, lui valut la Croix de l'Ordre de Léopold et la Médaille de la reine Elisabeth. Le dévouement de Gabrielle Wybauw à la cause des alliés fit d'elle la coéquipière d'Edith Cavell, qui fut fusillée par l'ennemi. Au mois de février 1938, la cantatrice devint Chevalier de la légion d'honneur. Elle mourra le 9 décembre 1950 à La Livinière où elle est inhumée en compagnie de son époux, Paul Delmas.

Outre sa donation à la Bibliothèque municipale de Carcassonne, Gabrielle Wybauw en fit d'autres au Musée des Augustins de Toulouse et au Conservatoire de musique de Bruxelles. Nous n'avons pas trouvé de portrait de l'illustre artiste, mais le musée ou la bibliothèque en possède un. Reste à savoir où il se trouve et ce qu'est devenue la donation Wybauw.

Sources

Nous remercions la mairie de La Livinière pour son aide

La dépêche / Juillet 1954

CTHS. La France savante

Programme Théâtre des Champs Elysées

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09/10/2017

La lauseto dal Carcassès : Quand Carcassonne avait encore une âme languedocienne.

Dans la salle des Jeux floraux de l'hôtel de ville fut fondé le 12 mars 1952, le groupe folklorique "La lauseto dal Carcassès". Cette association souhaitée par André Mouls, véritable passionné de la culture occitane, bénéficia du soutien de M. Marcel Itard-Longueville, maire de Carcassonne. C'est d'abord pour rendre hommage au félibre Achille Mir et à son ouvrage "La cansou de la Lauseto" que ce nom fut donné à ce groupe. L'alouette représente l'oiseau du Languedoc par excellence ; il naît, vit et chante dans nos contrées. Les buts de cette nouvelle société inscrits dans les statuts furent multiples : S'intéresser à tout ce qui touche le folklore (costumes, danses, chants régionaux du Languedoc), donner des représentations de pièces folkloriques, de danses et de chansons languedociennes, conserver de vieilles coutumes, organiser des conférences, des expositions, des projections, etc. Mme Maviel fit part des difficultés de reconstituer, d'après des sources officielles, un costume typiquement carcassonnais. Les seuls renseignements certains recueillis ce jour-là furent la coiffe tuyautée et le châle. M. Bourdil (Professeur de danse) mettra son ardeur à retrouver les danses de notre Languedoc.

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© Martial Andrieu

Les danseurs et musiciens de la Lauseto dal Carcassès

Comité d'honneur

MM. le Maire de Carcassonne, François-Paul Alibert et Jean Lebreau (poètes), le Dr Girou, Antoine Arnal (adjoint au maire), Georges Cotte (organiste de la cathédrale), Henri Signoles, Pierre Embry (Conservateur), René Descadeillas (Bibliothécaire), René Nelli (Conservateur du Musée), le chanoine Salvat (Félibre), Victor Bonnafous et Armand Tarès (acteur dramatique).

Comité actif

André Mouls (Président), Jean Bourdil (Vice-président), Célestin Combes (Trésorier), Francine Astier (Secrétaire), Jacqueline Barou (Secrétaire adjointe), Mme Maviel (Déléguée à la presse), Jean Lapeyre (Conseiller technique)

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© Martial Andrieu

Farandole dans la Cité

Le 8 juin 1952, la lauseto dal Carcassès se produisait pour la première fois au Jardin des plantes de Carcassonne. Pendant trois mois, il ne fut pas aisé de reconstituer les costumes traditionnels, les danses et les chants languedociens. Pour ce qui concerne les habits, on consulta l'ouvrage de Jean Lebreau "Ceux du Languedoc" et M et Mme Boumadier, habitants à Bouriège. Les costumes masculins se ressentent de l'influence catalane : bérets, cravates et ceintures blanches, sandales blanches et lacets bleus, qui se croisent jusqu'au dessous du genou. Les couleurs bleues et blanches sont celles figurant sur les armes de la ville de Carcassonne. Les costumes féminins comprennent les jupes fleuries, taillées dans des étoffes tuyautées fournies par Mme Guiraud à Arzens, et les châles authentiques.

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© Martial Andrieu

La ronde du coucou

Le groupe était constitué d'une vingtaine de bénévoles dont six couples de danseurs et un couple de jeunes danseurs de 6 à 8 ans, trois chanteurs (MM. Jean Lapeyre et Jean Jalabert, Mme Yvette Reynes). Cette dernière règle également la chorégraphie des danses. Les répétitions avaient lieu deux fois par semaine. Au répertoire de la Lauseto dal Carcassès : Le poivre, Les bâtons, le quadrille à l'Aragon, La fille de la meunière, la polka du fifre, La danse des treilles, La danse du chevalet, La trompeuse, Los Esclots (les sabots), la mazurka de Baset et Michel.

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© Martial Andrieu

"Le poutou", chanson languedocienne

En 1953, la Lauseto dal Carcassès est rattachée à la Fédération des Pyrénées, présidée par Mme Dasque. Elle se retrouve ainsi avec les groupes du Comminges, de la Bigorre, du Béarn, du Pays Basque, de l'Ariège, de la Haute-Garonne et des Pyrénées-Orientales. Ce groupe folklorique suscite beaucoup d'intérêt en dehors de son département, notamment à Marseille en 1955 lors d'un rassemblement au parc Borély en compagnie d'un millier de participants venus de la France entière. A Carcassonne, le défilé avec la Lance Sétoise aux fêtes du 14 juillet 1955, ne recueille que peu d'applaudissements. Durant la saison 1958-1959 la Lauseto participe au Cabaret occitan pendant le Festival de la Cité, au cours duquel elle est présentée par René Nelli.

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© Martial Andrieu

"Le poivre", danse languedocienne

Pendant une quinzaine d'années, la Lauseto dal Carcassès exporta notre culture par delà les frontières du département en contribuant à sa promotion. Aujourd'hui, il ne reste plus rien de tout cela. Pourtant, dans d'autres régions comme le Pays Basque, la Bretagne ou la Catalogne, le folklore constitue une force. Il est le ferment sur lequel les générations se passent le témoin. 

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08/10/2017

Dans les années 60, la Bastide St-Louis a failli être entièrement rasée.

 À cette époque et malgré la promulgation de la Loi Malraux, des quartiers entiers d'une grande valeur patrimoniale seront quand même rasés en France. Pour exemple, à Limoges les maires Léon Betoulle et Louis Longequeue détruiront l'ensemble des rues du XIV et XVe siècle du centre-ville, l'abbaye de la Règle ainsi que les bâtiments Belle époque comme le cirque théâtre ou le théâtre Berlioz. En lieu et place, on tracera de larges avenues de type soviétique sur lesquelles seront élevées des immeubles en béton armé. C'est cette catastrophe que l'on a évité de justesse à Carcassonne, grâce à la mobilisation d'habitants et d'associations. On ne parlait pas de Bastide Saint-Louis - appellation qui n'apparaîtra qu'en 1995 avec le classement en secteur sauvegardé - mais de Ville basse par opposition à la Cité.

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La ville basse en 1960

A la fin des années 1950, les pouvoirs publics se préoccupent du logement et l'extension des nouveaux quartiers en périphérie ne semble pas suffire à leur ambition. On explique que dès 1965, la génération née au lendemain de la Seconde guerre mondiale aura besoin de trouver des logements décents. Or, il est très difficile de trouver à se loger dans un habitat rénové au cœur de la ville. Les municipalités cherchent à anticiper sur ce que seront les centres urbains du futur, avec leurs immeubles à appartements multiples, conditionnés en fonction des nouveaux modes de vie. À Carcassonne, la ville s'est étendue au-delà du centre historique et force est de constater - selon la mairie - qu'il faut y mettre un frein si l'on ne veut pas que cela se fasse au détriment de la vitalité du cœur de ville. Ce cœur bien mal en point et si vétuste qu'il n'attire pas la jeunesse, on songe à le rénover. Considérant qu'il est bien plus aisé de bâtir du neuf que de faire accepter une restauration architecturale totale de l'habitat ancien, on suggère de démolir certains immeubles, voire des quartiers entiers. Citons l'affaire du quartier des Capucins que la municipalité Fil voulait raser entièrement, et qui ne dut son salut qu'à la fronde des habitants.

La municipalité préconisa de créer d'acheter les terrains, acheter les murs qui s'y trouvent, prévoir le relogement des habitants, prévoir le dédommagement des commerçants qui ont pignon sur rue, démolir et reconstruire. Se posa alors la question du financement...

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Tout ce pâté de maisons depuis l'école Jeanne d'Arc aurait dû être rasé

Dans ces années-là des entreprises privées de constructions s'organisent en vue de la reconstruction des centres urbains. Les Comités interprofessionnels du logement œuvres en France. A Carcassonne, vient de se créer le 11 août 1959 une de ses filiales : La Société Immobilière Départementale d'Economie Mixte de l'Aude. La municipalité lui donna l'autorisation de procéder à des travaux de rénovation là où cela serait possible. L'un des premiers objectifs de cette société fut la construction d'un vaste building à l'angle des rues Jules Sauzède et Victor Hugo. Tout un pâté de maisons serait rasé afin de laisser place à un immeuble vaste et moderne de quarante appartements, huit magasins, vingt-et-un garages individuels. Les rues l'encadrant seraient également élargies. La SIDEMA avait acquis la majeure partie des maisons du secteur qu'elle se proposait de détruire.

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Voici l'immeuble qu'il était prévu de bâtir

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Ce bel hôtel particulier avec typique du XVIIIe siècle aurait été détruit

Fort heureusement, les Beaux-arts s'opposèrent à la destruction de ce bâtiment ayant été occupé par des services du domaine et du timbre. Faisant valoir la valeur artistique de la façade, on la considéra comme intouchable. La société immobilière proposa alors aux Beaux-arts de démonter pierre par pierre le vieil édifice et de les entreposer au parc municipal. 

 "Les Beaux-arts n'ont rien voulu savoir. Il faut conserver au centre de la ville, intacte, cette vieillerie grise, lépreuse et surtout gênante." (L'Indépendant - 1959)

Ceci n'empêcha pas les municipalités entre 1970 et 1997 de donner du grain à moudre aux sociétés immobilières. Dans les années 70, on ne compte plus les édifices religieux rasés durant le mandat d'Antoine Gayraud. Celui de Raymond Chésa, avant l'inscription de la ville basse en secteur sauvegardé, fit la part belle aux logements sociaux réalisés par le Groupe Marcou. Exception à la règle, la réhabilitation de l'ancien hôtel Bernard (rue de Verdun) en Résidence de l'Officialité. Pour les reste, on détruisit des pâtés de maisons sans identité architecturale pour les remplacer par des immeubles. Donnons en exemple, la résidence Saint-Vincent à laquelle s'opposa l'abbé Cazaux en 1991.

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En 1986, la ville fit raser ce bel immeuble de style à l'angle du square Gambetta et de la rue des Calquières. Il était occupé autrefois par le service des contributions indirectes. Raymond Esparseil dans ses souvenirs du XIXe siècle, en donne une description :

"Il y avait à l’emplacement actuel de la l’immeuble des contributions indirectes, un mur surélevé qui limitait le couvent des Carmélites, dont l’entrée était rue du Pont vieux.
Le maire Marcou a exigé que l’on construise à l’emplacement de ce mur inesthétique, une construction à façade convenable. C’est pourquoi en bordure du jardin, il a été construit un immeuble de rapport occupé actuellement par les bureaux de Contributions indirectes.
Cette maison est construite de l’épaisseur d’une pièce. Les pièces sont disposées à la suite les unes des autres, dont on fait des chambres habitables le long de la façade, sans ouverture, et isolé du couvent."

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En lieu et place, un hôtel a été construit dans un style... Comment dire ?

Avec le rapport Melissinos, la ville basse prit le nom de Bastide Saint-Louis. C'était en 1995 et Carcassonne depuis, possède un cœur de ville classé en secteur sauvegardé. Si celui-ci impose des contraintes un peu trop drastiques au goût des propriétaires, il a empêché la destruction de notre patrimoine historique. En fait, pas tout à fait, si l'on considère les nombreuses faillites ou escroqueries de sociétés immobilières ayant profité de la loi Malraux. Elles ont laissé des hôtels particuliers à moitié rénovés qui se sont transformés en squat : Ancien couvent (rue du pont vieux), Hôtel Castanier-Laporterie (rue de Verdun), Maison Fabre d'Egantine (Cabinet Jassogne - rue de Verdun), Hôtel Franc-Cahuzac (rue Jean Bringer), etc. La plupart d'entre-eux sont toujours en déshérence. 

Devant tant d'erreurs, certains appétits sont tentés de profiter de l'aubaine de ces cloaques, pour décréter qu'il serait temps de raser pour bâtir du neuf. Les vautours ne sont-ils pas toujours attirés par les charognes ? Après tout c'est ainsi que l'on a démoli un grand nombre d'anciennes métairies du XVIIIe siècle à Carcassonne : La Reille, Salvaza, St-Jean de Brucafel et bientôt Moureau (Rocadest). Le 2 mars 2017 l'architecte Carcassonnais Michel Galibert, déclarait dans la presse : "Il faut reconstruire la Bastide". 

A qui profitera le crime ou plutôt l'aubaine financière ? Je vous mets l'article en lien ci-dessous

http://www.ladepeche.fr/article/2017/03/02/2527503-il-fau...

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