09/07/2016

Blog en vacances

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L'auteur de ce blog va prendre quelques vacances, afin de se ressourcer au soleil consolateur de notre midi. Si d'aventure vous lui restez fidèle, il aura plaisir de vous retrouver bientôt pour de nouveaux articles. D'ici là, il vous souhaite également de bonnes vacances, en compagnie peut-être de l'un de ses livres sur Carcassonne.

                                                                  Martial Andrieu

04/07/2016

L'auberge du Pont levis de Henri Pautard à Franck Putelat

Nous avons appris la semaine l'acquisition de l'ancienne Auberge du Pont-levis - située à 100 mètres de la Porte Narbonnaise - par le chef étoilé Franck Putelat. Ce dernier investit à Carcassonne avec bientôt trois établissements : Le Parc, La brasserie des Jacobins et tout dernièrement, l'Auberge du Pont-levis. Voilà une bonne nouvelle pour l'image de notre ville et la vitalité de son offre hôtelière.

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Le chef Henri Pautard dans son établissement

Arrivé à l'âge de 18 ans à Carcassonne, Henri Pautard a gagné ses galons de cuisinier sur les champs de bataille de la gastronomie locale. Après avoir longtemps travaillé dans le très sélect l'Hôtel Terminus, il achète le Château vert - domaine du XVIIIe siècle au pied de la forteresse - au laitier Henri Combes.

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Le château vert en bas à droite vers 1910

En 1971, après avoir transformé cette vieille bâtisse en restaurant gastronomique, il ouvre à cet endroit l'auberge du Pont-Levis. Pendant 25 ans, la réputation de cet établissement dépassera les frontières du département, mais en 1996 Henri Pautard se décide à raccrocher les casseroles. L'Auberge du Pont-levis devient un musée de maquettes sur le thème du Moyen-âge.

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© L'Indépendant

Après la mort d'Henri Pautard le 14 juin 2011 à l'âge 81 ans, ses enfants décidèrent de transformer le restaurant en hôtellerie de standing, constitué de 12 chambres dont une suite de 30 M2. Les modifications architecturales sont l'oeuvre de Jean-Loup Deldebat, sur les préconisations de l'Architecte des Bâtiments de France.

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© Tripadvisor

L'Hôtel du Pont-levis bénéficie d'une situation exceptionnelle avec vue imprenable sur la Porte Narbonnaise. Gageons qu'il attirera une nouvelle clientèle dont la réputation et les moyens feront résonner notre ville aux quatre coins de la planète.

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02/07/2016

Dans le Petit futé Aude-Pays Cathare 2016

Quelle surprise de me retrouver - sans l'avoir sollicité - dans l'édition

du

Petit futé

"Aude - Pays cathare"

Dans cet opuscule touristique national faisant la promotion des départements et tiré à des milliers d'exemplaires, on rencontre également une courte biographie du compositeur Paul Lacombe. Elle renvoie à mon livre publié en 2013 : Paul Lacombe, le testament musical d'un grand symphoniste français.

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Gageons qu'un jour on verra semblable publicité dans les organes du Conseil départemental, municipal ou encore les gratuits de l'été de La dépêche. Malgré tout ce que j'écris, feindrait-on de ne pas me connaître ? Dois-je rappeler que j'ai réalisé l'ouvrage "L'Aude en 200 questions" aux éditions Sutton, sans qu'il ne puisse être relayé, ni vendu dans un seul Office du tourisme de ce département ? Alors qu'il me soit permis de remercier Fabienne Calvayrac - l'une des rédactrices de ce Petit futé.

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Se trouver dans la même page que des artistes aussi connus que Charles Trenet ou Olivia Ruiz, pour certains ce serait trop flatteur. Mais non après tout, je suis un artiste lyrique qui se produit dans de nombreux opéras en France et qui associe mon nom à celui de Carcassonne partout où je passe. Tant pis si la réciprocité n'est pas au rendez-vous...

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Paul Lacombe, pour lequel je me suis dépensé sans compter afin de le sortir de l'oubli dans lequel il était enfermé depuis longtemps, profite également d'être cité au même titre que d'autres illustres personnages. N'est-ce pas normal ? Ce qui est anormal, c'est de parler toujours des mêmes. Je suis fier de ce que je fais, je le revendique avec force ; même si l'on souffle volontairement un vent contraire dans ma direction, le roseau plie mais ne rompt jamais. Si j'avais été le fils d'un notable Carcassonnais ou le membre d'un parti politique, tout aurait été bien plus simple ; mais ce que j'obtiens je ne le dois qu'à mon travail. C'est bien là l'essentiel et ce qui à tendance à gêner dans ce pays.

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28/06/2016

Quoi de neuf du côté du patrimoine de Carcassonne ?

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Un internaute nous a transmis cette photographie ; il s'interroge sur la présence de plaques photovoltaïques sur les toits du Musée des beaux-arts de Carcassonne. Si c'est le cas, voilà une petite cachoterie municipale qui ne cadrerait pas avec les préconisations de l'ABF pour ce qui concerne le secteur sauvegardé de la Bastide.

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Après 30 années de rouille, le calvaire du hameau de Villalbe vient d'être repeint grâce à l'action de M. Jean Ormières auprès des services municipaux. La dernière restauration avait été réalisée à la demande de l'abbé Maurice Vidal, auprès de mon père alors Conseiller municipal en charge du hameau. Soulignons le soin tout particulier qui a été apporté à cette résurrection patrimoniale.

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Les travaux de destruction de la chapelle Saint-Martin dans le quartier Pasteur font leur oeuvre. A Carcassonne, on a la particularité de détruire les édifices religieux. Quand en plus c'est à mettre au crédit des catholiques eux-mêmes, pas étonnant que les ouailles fuient les offices. Fort heureusement, il n'auront bientôt pas à raser l'église des Carmes, elle va tomber toute seule...

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Etant ce jour-là à Carcassonne, j'ai assisté à la dernière séance du conseil municipal. Le maire Gérard Larrat a annoncé la reprise en main de la Bastide et la fin des immeubles délabrés avec ses marchands de sommeil. Voilà qui va dans le bon sens ; j'ai moi-même pu constater la rénovation d'un certain nombre de façades dans le centre-ville. Là, où je suis plus réservé c'est lorsque j'ai cru entendre que l'on allait amender le secteur sauvegardé pour transformer d'anciens commerces fermés, en garages. Les immeubles seraient acquis pour une bouchée de pain à des bailleurs sociaux chargés de rénover, ce qui permettrait de repeupler la Bastide. Toute personne ayant du bon sens, ne pourrait que saluer cette initiative. Sauf, que...

N'y a t-il pas un peu d'impuissance ou de facilité à transformer des commerces en garages ? Au début du mandat de M. Larrat, je me souviens de l'excellente idée de Madame Maurette (adjointe au commerce) et de Monsieur Pignon (Manager du centre-ville) d'engager la mutation commerciale de la Bastide en boutiques artisanales. Partant de l'évidence qu'aujourd'hui les commerces franchisés se fixent dans les zones pour étendre leur surface de vente - ce constat se fait aisément partout en France - il faudrait que la Bastide se distingue par une nouvelle offre. Les commerces fermés pourraient être loués moyennant une aide de la CCI et de la ville à de l'artisanat. La Bastide profitant de son attrait touristique, pourrait accueillir les travailleurs du cuir ou du tissu qui sont en lien direct avec l'histoire de notre ville - Carcassonne ayant été une place drapière importante au XVIIIe siècle. On pourrait commencer le test avec une artère comme la rue Tomey, par exemple. 

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La saison théâtrale 2016-2017 a été dévoilée. J'ai moi-même pu apprécier un programme très varié (théâtre, opéra, opérette, musique classique, jazz) qui va dans le sens de la tradition de cette maison, autrefois tenue par André Valette, Jean Alary et Jacques Miquel. Georges Bacou se pose indiscutablement en héritier et ceci, malgré les difficultés budgétaires d'aujourd'hui. Cette programmation est équilibrée et conviendra à la majorité des habitués ; pour les concerts de variétés, le Dôme devrait profiter bientôt d'une transformation pour mieux les accueillir.

Cependant, deux bémols :

Le premier, concerne le prix des places. On ne peut se satisfaire au théâtre de Carcassonne à moins de 40 euros, pour des places au parterre et au premier balcon. Qu'il me soit permis de trouver cela excessif et hors de portée de certaines bourses, même si des efforts sont faits en direction de la jeunesse. N'oublions pas que notre ville est l'une des plus pauvres de France.

Le second, concerne une indiscrétion sur l'attribution prochaine à un privé d'un lieu de restauration dans le foyer du théâtre. Loin d'être contre cette idée, a t-on pensé qu'il y a en face le café de la Comédie ? Celui-ci survit grâce aux soirées théâtrales avant lesquelles, le spectateur vient dîner ou boire un verre. Certes, il pourra prendre part à l'appel d'offre qui sera lancé, mais serait-on passé à côté de la concertation ? On aurait pu imaginer que le théâtre et ce café puissent travailler sur une idée de partenariat, comme cela se fait entre les cinémas et les restaurants : une place à tarif réduit pour un repas, surtout pour les soirs de faible affluence. Chacun y aurait trouvé son compte...

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Les douves de la Cité médiévale retrouvent leur virginité. Les véhicules garés très souvent de façon anarchique et les passe-droits de certains pour aller au Festival de la Cité, c'est fini ! Il ne reste plus maintenant qu'à labourer le bitume et cimenter les vignes (je plaisante). Un seul mot : Félicitations.

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En revanche, je regrette la construction d'un parking pour les camping-cars sur l'île, dans le quartier de la Barbacane. Cet endroit qui était une aire de fraîcheur a été remplacé par du goudron et des odeurs de diésel. C'est ce qu'on appelle en physique, les vases communicants comme sûrement en matière de règlementation du stationnement.

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22/06/2016

Je n'ai pas trouvé de titre

Samedi dernier avait lieu à Carcassonne dans la librairie Breithaupt et à la Maison de la presse, la présentation et la dédicace de mon dernier et ultime ouvrage sur Carcassonne. À ce titre, je remercie Fabienne Breithaupt et Nathalie Bastouil pour leur accueil chaleureux. Elles font un travail formidable dans un secteur concurrencé par Amazon et dans une rue piétonne délaissée par les clients. Au passage, j'aurais aimé voir le manager du centre-ville à ma dédicace, alors que je milite pour le soutien aux commerces indépendants de la Bastide ; sinon, je serai allé à Cultura avec l'assurance d'un potentiel commercial plus important. Je n'en prends pas ombrage - on peut bien avoir des empêchements et autre chose à faire un samedi.

Quand il n'y aura plus du tout de libraire en centre-ville, les Carcassonnais crieront au scandale. Tant pis si leurs discours sont incohérents vis à vis de leurs actes. Est-ce plus sympa la culture et la littérature quand on la suit comme des veaux dans une stabulation ? Dans les salons du livre renommés, l'audience n'est plus mesurée en fonction du talent des écrivains ; c'est la file d'attente devant celui qui est passé le plus souvent à la télévision. Dans l'art, c'est la même chose... 

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Samedi, donc, j'ai eu la joie de rencontrer une cinquantaine de personnes bravant la pluie et la paresse de devoir se garer pour marcher. N'habitant plus depuis vingt ans cette ville mais à 350 km de là, je réalise à compte d'auteur et sans subventions des ouvrages sur Carcassonne - cette dernière me fait bien marcher, elle. La collecte de documents, la conception ainsi que l'écriture prend une année.

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Chez Breithaupt avec le Dr François Bluche

L'absence de représentants du bureau de l'Académie des Arts et des Sciences et de la Société d'études scientifiques de l'Aude, sociétés savantes auxquelles je suis affilié, a été remarquée. Peut-être y avait-il une kermesse culturelle subventionnée ou une bar mitsva commémorative dans le coin ? A défaut de journalistes pourtant invités, c'est à mon cher Jacques Blanco que nous devons les photographies de cet article. L'appel du 18 juin, qu'une troupe de défileurs (néologisme) tous bien huilés avait fait passer devant la librairie, s'était défilée à répondre au mien - d'appel. Sur le retour, la Comédie - le café, je précise - leur a vu charger les canons.

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Avec David Scagliola, le rescapé de l'appel du 18 juin... 2016

On ne va pas faire de cinéma par ordre d'apparition à l'écran, mais je tiens à remercier nominativement de leur présence les personnalités suivantes :

Dr François Bluche, David Scagliola (Centre de la Mémoire Combattante), Charles Camberoque (Photographe et reporter), Dr Marie-Hélène Melendez, Jacques Blanco et Marie-Chantal Ferriol (Association des Amis de la Ville et de la Cité), Alain Machelidon (Photographe privé), Olivier Dukers (écrivain), Marie Saleun (Artiste peintre) Jean-Louis Bès (adjoint, représentant M. le maire), Anny Barthes (conseillère municipale chargée du patrimoine), Jean-Marie Detrey (Estivales de la Malepère)

A ces personnes s'ajoutent la fidélité des nombreux amis et anonymes présents, qui ont souhaité me témoigner leur reconnaissance pour l'énorme travail accompli bénévolement sur ce blog. Merci également à ceux qui se sont excusés de ne pouvoir être là.

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Vous trouverez ce livre dans les points de vente suivants

Librairie Breithaupt, rue Courtejaire

Maison de la presse, rue Clémenceau

Cultura, zone de la Ferraudière

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21/06/2016

Scandales et gâchis à la Bibliothèque municipale de Carcassonne

Comment la ville de Carcassonne qui court depuis tant d'années après un pôle universitaire, pourra t-elle un jour s'en prévaloir sans une médiathèque, outil indispensable à tout chercheur et étudiant ? Comment l'état et la région pourraient-ils s'investir dans un tel projet, alors même que Carcassonne est dans l'incapacité depuis cinq ans de remplacer feu l'ancienne bibliothèque municipale ? Voilà un sujet qui ne manque pas d'audace et qu'il vaut mieux - pour la compréhension de tous - reprendre chronologiquement depuis le début...

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Depuis 1861, Carcassonne possédait une bibliothèque municipale installée dans l'ancien Palais de justice, situé au début de la rue de Verdun. C'est même à cet effet que les locaux furent acquis par la ville ; le musée des Beaux-arts n'y viendra que quelques temps après. Cette bibliothèque s'enrichit grâce aux dons de la Société des Arts et des Sciences de Carcassonne ; les membres de cette association savante sont à l'origine du fonds constitué par de nombreux et inestimables incunables. Flamenca, monument anonyme de l'amour courtois, exhibe ses sobres pages de parchemin parcourues du texte en occitan. Dans la même armoire, les œuvres de Saluste consignées dans un livre du XVe siècle partagent les rayonnages avec un livre d'heures en latin rehaussé d'une enluminure pleine page sur parchemin, les œuvres de Quintilien ou encore un Policraticon de Jean de Salisbury du XIVe siècle...
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© La dépêche

Jusqu'en 2011, la bibliothèque reçut ses lecteurs dans sa vieille salle de lecture, au premier étage du musée des Beaux-arts. Les livres poussiéreux se trouvaient rangés et à la vue du public dans l'ancienne bibliothèque des moniales de l'abbaye de Lagrasse - elle a été démontée depuis sans que l'on sache où elle se trouve. Alors que la ville de Narbonne s'était dotée d'une belle médiathèque numérisée en centre-ville depuis le début des années 2000, Carcassonne utilisait encore les fiches cartonnées du XIXe siècle dans un local sans sortie de secours, ni système pour réguler la température. Il était temps pour les élus de prendre en main l'avenir de la Bibliothèque municipale...

La bataille électorale

A la fin de son mandat, le maire de Carcassonne M. Gérard Larrat annonce la réalisation future d'une médiathèque sur les terrains de Prat-Mary, en bordure de la route de Limoux. Lors de la campagne des élections municipales de septembre 2009, l'équipe de l'opposition socialiste dénonce l'implantation d'un bâtiment à l'extérieur de la ville qui n'aura pour vocation que de tuer sa fréquentation. Arguant qu'il faudra un véhicule pour s'y rendre, la liste "Tous pour Carcassonne" déclare - si elle est élue - qu'elle achètera le bâtiment de l'ancien EDF au square Gambetta. C'est là qu'elle aménagera la médiathèque en promettant de refaire l'ancien square, rasé pour un parking souterrain. Le maire sortant, répond qu'il faudrait d'abord que l'EDF soit vendeur - ce qui n'est pas le cas - et que l'implantation à Prat-Mary se justifie par le fait de sa position géographique au coeur de la Communauté d'Agglomération.

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© La dépêche

L'ancien EDF au square Gambetta

Les élections municipales de 2009 sur fond d'invalidation pour fraude électorale, sont remportées par l'équipe de Jean-Claude Pérez. Immédiatement, son adjoint à la culture M. Alain Tarlier qui endosse également la présidence de l'Agglo, annonce que la ville va se porter acquéreur de l'ancien EDF. Il y a un os... Le préfet souhaite y installer l'ensemble de ses services. Quant au président de l'Agglo, il propose 2,6 millions d'euros pour ce bâtiment. C'est une promesse de campagne, Alain Tarlier fera la médiathèque à cet endroit.

"Gérard Larrat, qui ce week-end affirmait sur son blog que « la médiathèque ne se fera pas à Gambetta ». Le maire déchu affirme que « ce projet n'est pas réalisable ». Et réaffirme que le sien, à Prat-Mary, était (forcément) le meilleur, raison pour laquelle il avait l'assentiment des élus de l'Agglo. Sauf qu'un « travail pédagogique » a été fait avec les édiles en question et que, désormais, c'est le projet de Gambetta qui fait l'unanimité. Seul point qui suscite quelques roumégances : ce n'est pas demain la veille que la Culture et les médias auront un écrin digne de ce nom."

(La dépêche /9 février 2010)

Un an plus tard, on apprend dans la presse que l'état renonce à investir les locaux de l'EDF laissant à la ville l'opportunité d'y faire sa médiathèque. L'arbitrage du premier ministre M. Fillon a plaidé pour la construction de locaux sur le boulevard Barbès. La voie est libre pour la médiathèque à Gambetta, mais le préfet rappelle à M. Pérez que ce bâtiment est en zone inondable - c'est d'ailleurs pour cela que l'état y a renoncé. Idem pour le terrain d'en face qui en plus doit être dépollué, mais là encore la ville indique qu'elle n'en fera qu'un lieu d'exposition.

Le désherbage

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Au mois d'août 2011 - en plein été et à la vue de tous - la bibliothèque municipale de Carcassonne passée sous la responsabilité de la Communauté d'agglomération effectue un désherbage. Les locaux doivent faire place nette car M. Tarlier envisage un agrandissement du musée des Beaux-arts dans l'ancienne salle de lecture. Les livres doivent être déménagés dans un local loué au Crédit agricole à Montquiers ; il faut faire de la place.

Des centaines de livres et de revues sont jetées dans une benne à ordures dans la rue de Verdun. Alors que les gens se précipitent pour récupérer des ouvrages, des érudits alertent le président de l'Académie des Arts et des Sciences de Carcassonne. Une passe d'arme d'échanges musclés s'engage alors entre M. Gérard Jean et le conservateur de la bibliothèque ; il n'hésite pas à parler de Bibliocauste, car selon lui, il se trouve dans cette benne des ouvrages de valeur. Gérard Jean écrit au préfet et saisit les autorités culturelles de l'état ; de leur côté MM. Tarlier et Mercadal promettent un procès en diffamation au président de l'Académie - Gérard Jean sera relaxé par le tribunal en janvier 2015. Le conservateur de la bibliothèque tombe en dépression et se met en arrêt pendant plusieurs semaines.

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Emmanuel Pidoux

© La dépêche

Le 20 août 2011, M. Pidoux indique que tous les livres ont été transférés à Montquiers dans un bâtiment loué au Crédit agricole. Les incunables se trouvent aux archives départementales ; le reste des ouvrages est dépoussiéré et nettoyé afin de supprimer la moisissure. L'entrepôt dans ce bâtiment n'étant que provisoire, la nouvelle médiathèque ouvrira en 2015 à Gambetta. 

Habiller Paul pour déshabiller Jacques

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L'oeuvre de M. Tarlier fait son chemin... On éjecte la bibliothèque sans projet concret, pour agrandir à grands frais le musée des Beaux-arts. En janvier 2013, le musée se dote de nouvelles salles consacrées à l'art contemporain dans les anciens locaux de la bibliothèque. Durant l'été, elles accueilleront le parcours d'art contemporain, évènement culturel ambitieux pour Carcassonne. Pendant ce temps, l'ancien EDF qui devait servir de médiathèque devient le siège de la Communauté d'Agglomération, alors même que l'ancienne Roseraie - avenue du général Leclerc - avait été achetée pour à cet effet pour 2 millions d'euros à Habitat Audois. C'est aujourd'hui un bâtiment désaffecté - toujours propriété de l'Agglo.

Jean-Luc Roux interpelle "Au départ, la médiathèque devait être aménagée dans les bâtiments d'EDF. J'en déduis que vous souhaitez garder le siège de l'Agglo dans le site actuel. Mais alors que va devenir le site de la Roseraie que vous avez acquis ?".

Jean-Marie Mercadal a souligné l'importance de la localisation de la future médiathèque, comme liaison entre ville basse et ville haute. "Pour la Roseraie, nous trouverons d'autres destinations lorsque nous aurons une opportunité", a rajouté le vice-président. 

(L'indépendant / Janvier 2013)

Toujours plus fort

Toujours en ce mois de janvier 2013, le conseil de l'Agglo entérine l'acquisition d'un terrain appartenant à GDF rue Pierre Germain, juste en face des anciens locaux de l'EDF qui devaient servir de médiathèque. Par coup de baguette magique, ils sont devenus le siège de l'Agglo. C'est sûr, ce terrain de 1,2 ha verra la construction de la future médiathèque à l'horizon 2016. L'acte de vente a été signé chez un notaire le jeudi 24 janvier 2013. Coût : 600 000 € alors que les domaine l'avaient évalué à 355 000 €

A cela, il faut ajouter 120 000 € de frais de cabinet d'étude pour la conception du futur bâtiment, dont la destinée se trouve entre les mains d'un comité de pilotage. Un concours d'architecte désignera celui qui sera en charge de sa réalisation. Il est dit que les travaux débuteront au début de 2014. Grain d'sel, situé rue Fédou, devra être libérée pour la réalisation d'un musée archéologique. Il y a toutefois un hic... Le terrain de GDF est non seulement en zone inondable, mais il faut encore le dépolluer. Le coût de cette opération reste flou... La facture totale s'élèverait finalement à 19 millions d'euros pour un bâtiment de 4300 m2.

"Gilbert March, seul contre cette délibération, s'est ému du coût : "Vous m'aviez promis qu'elle ne coûterait pas plus de 10 M€!". Même réflexion pour Jean-Paul Ferrif qui s'est abstenu lors du vote : "Le recours systématique à l'emprunt est risqué." Tamara Rivel, élue de Carcassonne, s'est interrogée sur le devenir des antennes existantes. Grain d'Aile, située à la halle à la volaille, se transformerait en salle d'exposition ; Grain d'Art subsisterait ; et Grain d'Sel, deviendrait un musée de la préhistoire, selon Jean-Marie Mercadal.

L'adjointe au maire chargée de l'urbanisme s'est étonnée que son service n'ait pas été consulté, - à l'exception du risque inondation -, pour l'intégration de cet outil dans ce quartier de Carcassonne. Erreur en partie réparée hier car l'élue fera partie du jury qui choisira le maître d'œuvre, alors que sa participation n'était pas initialement prévue."

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Le projet de la médiathèque

© La dépêche

En novembre 2013, parmi les 120 candidatures reçues quatre projets d'architectes ont été retenus pour le sprint final. Il s'agit de Rudy Ricciotti, de Odile Decq, de Loci Anima et du cabinet Du Besset-Lyon. Le budget est passé en dix mois de 19 M à 23 M d'euros. Il est prévu que les travaux débutent au début de 2015 pour une livraison fin 2016. Selon Alain Tarlier, c'est "un projet pour les 50 à 60 ans à venir"

La fin des illusions

Après des élections municipales de 2014 favorables à l'équipe de Gérard Larrat, un nouveau conseil d'agglomération se met en place. Celui-ci désigne comme président le socialiste Régis Banquet en remplacement d'Alain Tarlier. Malgré une assemblée largement favorable à la gauche sortante, le député et ex-maire de Carcassonne J-C Pérez n'obtient pas de Vice-présidence. C'est dans ce climat de règlement de comptes - dans tous les sens du terme - que va se décider le sort de la médiathèque.

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© L'indépendant

Au mois de mai 2014, Régis Banquet reconnaissant maladroitement qu'il n'a l'image d'un homme de culture - comme c'est regrettable ! - indique que "Cette année, nous avons inscrit au budget de l'Agglo ce qui était prévu : la suite du concours d'architecte et les études. La médiathèque, comme les autres projets, fera partie de toutes les réflexions que nous mènerons sur les ajustements budgétaires. Mais, contrairement à ce qui a été dit, rien n'est décidé !". 

Un million d'euros pour rien 

Le 16 janvier 2015, le président Banquet renvoie aux calendes grecques le projet de médiathèque initié par son prédécesseur : "C'est un projet infaisable". En vérité, sa réalisation plomberait pour de longues années le budget d'investissement de l'Agglo, d'autant plus que la facture de 23 M pourrait s'alourdir au final. Si l'on en croit La dépêche du 5 avril 2014, ce sont pas moins de 960 000 € qui ont été déboursés par la collectivité pour un projet renvoyé sine die. 

La facture se compose ainsi : 600 000 € (achat du terrain) + 120 000 € (cabinet d'étude) + 60 000 € de dédommagement aux quatre candidats architectes = 960 000 €. Voilà donc une belle affaire pour les comptes publics.

Un lapin sort du chapeau

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Grain d'aile

© Aude tourisme

Le 11 avril 2015, on apprend que la ville de Carcassonne souhaite reprendre l'espace aménagé sous les halles, occupé par la médiathèque Grain d'aile. Il s'agit d'un lieu de lecture de la presse, d'emprunt de livres récents et de CD avec libre accès à internet. Grain d'aile avait été aménagé par la municipalité Pérez avec le concours de l'Agglo. La nouvelle municipalité avance que ce lieu est très dispendieux en chauffage l'hiver ; elle souhaiterait en faire un centre d'exposition culturelle - comme c'était le cas avant la perte de la mairie par Gérard Larrat. Plus d'un an après, Grain d'aile est toujours là pour la grande joie des habitués.

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Au même moment, un lapin sort du chapeau de l'Agglo. Elle pourrait acheter à la Mutuelle de l'Aude, le bâtiment que celle-ci met en vente sur l'avenue Roosevelt. Soit à près de 2 km du Square Gambetta ! Retour à la case départ : 10 ans de perdus et 1 M d'euros plus tard pour une querelle géographique. La dépêche indique alors, qu'il faudrait débourser 8 à 10 millions pour l'achat de l'immeuble, avant de tout mettre en oeuvre pour sécuriser les ouvrages. Ce projet serait toujours en veille...

Montquiers

Ce qui devait n'être que provisoire s'est installé dans la durée. Les ouvrages sont toujours entreposés dans des locaux non adaptés près du domaine de Montquiers. Le bâtiment est loué au Crédit agricole depuis 2011 pour la somme annuelle de 120 000 € (Source : La dépêche). Cela fait donc 600 000 € à rajouter à une facture déjà insoutenable. Ce n'est d'ailleurs pas prêt de changer de si tôt.

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D'après les informations que nous avons, il y aurait un gardien pour sécuriser le site. Concernant le risque de sinistre, le bâtiment ne serait pas aux normes actuelles. La bouche incendie ne se trouverait pas à une distance suffisante et ne délivrerait pas assez de pression pour une intervention optimale des services de secours. Il est urgent pour les élus de l'Agglo de prendre la mesure des risques de l'anéantissement de plusieurs milliers de livres, en grande partie irremplaçables. 

960 000 € (projet médiathèque) + 600 000 € (frais de location depuis 2011) = 1 540 000 € de dépensés en pure perte.  Carcassonne mérite mieux que toute cette gabegie.

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La médiathèque de Narbonne

© CAUE

Sources

La dépêche

L'indépendant

Magazine de l'Agglo

Tracts campagne élections municipales 

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