14/06/2016

Invitation

Le dernier tome de mon ouvrage "Carcassonne, une histoire de photographies" sera en vente à partir de demain chez vos librairies Carcassonnais. Ce samedi 18 juin, une séance de dédicaces aura lieu à la librairie Breithaupt (rue Courtejaire) de 10h à 12h et à la Maison de la presse dans l'après-midi.

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Ce livre - le dernier de la série - évoque les évènements de la vie Carcassonaise entre 1969 et 1995. Tout en couleur et illustré de près de cent photographies, il est constitué de cinq chapitres.

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Carcassonne, une histoire de photographies

(1969-1995)

132 pp / Broché

29,90 €

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12/06/2016

Jean Osmont: le roi du swing Audois s'en est allé

Jean Osmont

à 95 ans était le doyen des jazzmen audois ; il est décédé cette semaine. Né un 10 janvier 1921 à Paris, il descend à l'été 1939 chez son oncle et parrain à Brugairolles dans l'Aude pour faire ses études au lycée de Carcassonne. Puis, c'est la guerre et grâce à un père qui "avait du nez", il resta au pays occitan. Là, il est l'élève de M. Roubaud (prof de philosophie) et cotoie René Nelli qui sera plus tard son parrain à "la société des gens de lettres". A cette époque, il a pour camarade de classe Dominique Orlanducci aussi dingue de jazz que lui. Ils vont monter ainsi une petite formation qui animera les "surboums" des copains et copines de Carcassonne. Mais Osmont ne s'arrête pas là, car en pleine guerre il part à Montauban pour rencontrer Hugues Panassié. Ce dernier est le pape du jazz français, fondateur du Hot club de France. Grâce à Jean Osmont va naître en 1941, le Hot club de jazz de Carcassonne.

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Le quintette du Hot club de Carcassonne

En 1943, il est constitué par Dominique Orlanducci (guitare), René Miquel (clarinette), Pierre Palau (Batterie), Big Boyer (Contrebasse) et Jean Osmont (trompette). Cette formation fut plusieurs fois primée au concours Pleyel, grâce au concours de Pierre Louise (Père du célèbre organiste Eddy Louiss). Eh! oui, Les Louise étaient réfugiés pendant la guerre à Carcassonne comme bon nombre d'artistes et d'intellectuels. Voilà ce qui explique bien des choses... Le Hot club était hébergé par M. Miailhe, patron du Café des colonies, qui prenait des risques. L'occupant n'appréciant guère cette musique de "Nègre", il fallut prendre des précautions.

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A la libération, tout alla nettement mieux et le Hot club sortit de la clandestinité. En 1948, il défile lors d'une parade sur les boulevards (On y retrouve Jean Pidoux, André Malacan, Claude Alay...).

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Au début des années 1950, la ville organisait comme chaque année un bal très chic et c'est Osmont qui fut mis sur les rangs. Sur cette photo au "Congo" de Carcassonne en 1949, de gauche à droite: James Moody, Georges Arvanitas, Albert Maïoli, Jean Osmont, patron du Congo, Raymond Buisan et Marcel Zanini.

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Un concert du Hot club au théâtre municipal de Carcassonne vers 1950 avec Loulou Boyer (piano), Jean Osmont (trompette), Philippe Brun (trompette) et raymond Buisan (Batterie).

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Jean osmont va laisser les clés du Hot club à la jeune génération des 50's: Alay, Grente, Malacan, Buisan. Il va rester président d'honneur, mais va cotoyer les plus grands noms du jazz: Bille Coleman, Django, Montagne, Benny Waters, Chet Baker, Oscar Peterson... et surtout son grand ami, Guy Lafitte (photo).

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Le "papy" continuera malgré son âge à souffler dans le biniou comme ici en 1991 à Toulouse: Gérard Frémeau, Jean Osmont, Charles Barrié, Paul Chéron, Michel Olive, Didier Jeannel et Claude Egéa. Jean Osmont vivait à Narbonne et croyez-moi sa passion était toujours intacte.osmont7.jpg

Jazz classique lui consacra en avril 2006 un beau portrait dans ce Hors-serie. Voilà donc le dernier des mohicans de cette génération de pionniers du jazz Français.

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31/05/2016

Communiqué

Je suis invité par l'Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance à l'inauguration prochaine d'une plaque à l'ancienne villa de la Gestapo de Carcassonne, le 10 juin 2016 à 17h30.
Vous savez combien je me suis battu pour que l'on fasse l'inventaire des horreurs de ce lieu et que l'on conserve ce bâtiment. La municipalité précédente avait acté une Maison des droits de l'homme, après une rude bataille que je croyais gagnée. Le changement de maire en a décidé autrement. La villa fut rasée pour des logements à loyers modérés.


Étant donné que des associations d'anciens combattants de l'Aude n'ont pas levé le petit doigt pour soutenir à l'époque mes efforts et qu'ils ont même conseillé au maire de la détruire.
Étant donné que je n'ai pas été associé au texte qui est gravé sur cette plaque, dans lequel ne figurera pas la souffrance des guérilleros espagnols.
Étant donné que ma présence ne fera que cautionner une destruction que je ne souhaitais pas.
J'ai décidé de remercier l'ANACR pour son invitation mais pour les raisons énoncées plus haut, je renonce à m'y rendre.


Je n'ai qu'un devoir celui que ma conscience me dicte.
Je ne servirai jamais de caution morale à quiconque. Au regard de l'histoire et de notre avenir vis-à-vis de la montée des extrémismes de toutes sortes qui torturent et assassinent, je continue à penser que cette destruction a été une erreur.


Martial Andrieu

11/05/2016

Notre-Dame de la parade s'est fort mal rhabillée...

Pour ceux qui ne connaissent pas Notre-Dame de la parade, il s'agit d'une vierge à l'enfant qui veille sur la paroisse de Saint-Vincent depuis fort longtemps. Dans un passé pas si lointain, elle faisait l'objet de toutes les dévotions ; on la sortait les jours de processions à travers la ville. Pour se convaincre de son aura, il n'y a qu'à regarder le nombre d'ex-voto accrochés à côté d'elle dans l'église Saint-Vincent. Notre-Dame de la parade se trouvait protégée dans une alcôve avec ses riches habits offerts par l'impératrice Eugénie et Napoléon III - le couple impérial a ainsi fait de nombreux dons lors de son passage dans l'Aude en 1852.

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N-D de la Parade vers 1910

On ne sait trop pourquoi, ni comment la vierge s'est retrouvée dépourvue de ses beaux habits. Depuis l'ouverture de ce blog nous avons très souvent posé la question suivante : "Mais où donc se trouvent les parures de N-D de la Parade ? " Pas plus du côté du sacristain, que du curé ou que de la mairie qui a la charge de l'église, on a été dans la possibilité de me répondre. C'est que le sujet dérange... Ce ne sont pas n'importe quels habits, ce sont ceux offerts par Eugénie de Montijo.

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N-D de la parade dans sa nudité

Il y a tellement de choses qui ont été données provenant de cette église - comme un vitrail récemment restitué par un particulier de la Bastide... Doit-on s'étonner de ne plus retrouver les habits de la vierge ? Or, il arrive parfois à Carcassonne quelques miracles. Pardonnez-moi, il me faut rectifier deux lettres : mirages.

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Lors des travaux actuels dans l'église St-Vincent, on a sorti la vierge de son alcôve. Je pense que mon intervention auprès de madame la conseillère municipale en charge du patrimoine a porté ses fruits et je la remercie. Voilà donc N-D de la Parade qui s'est rhabillée. A un détail près... Ce ne sont pas - selon toute vraisemblance - les habits offerts par l'Impératrice Eugénie, si on les compare à la photographie de 1910. Il s'agit plutôt d'une belle chasuble de prêtre enroulée autour de la statue. A l'évidence, il n'a pas été possible d'en trouver une à la taille de l'enfant.

Le mystère reste entier...

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28/04/2016

L'église Saint-Martin dans le quartier Pasteur va être rasée

Voilà une décision qui ne va pas manquer de raviver de tristes et déchirants souvenirs auprès des habitants du quartier des Capucins. Ils savent dans quelles conditions on a rasé leur couvent en 2002... Quatorze ans après, c'est cette fois le quartier Pasteur qui devrait s'émouvoir de voir disparaître son église la semaine prochaine paraît-il, sous les coups des bulldozers.

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L'église Saint-Martin

fut édifiée par les soins du chanoine Andrieu - curé de St-Vincent - et consacrée le 19 octobre 1953 peu de temps après l'émergence de ce nouveau quartier. D'ailleurs, son vrai nom est le quartier Saint-Martin ; c'est l'usage familier qui, au cours du temps, lui donna le patronyme du célèbre savant. Il y a 63 ans, les terrains n'étaient que marécages et appartenaient à la famille Garric. Peu à peu des pavillons sortirent de terre en même temps que se dessinaient de nouvelles artères. L'église trouva naturellement sa place, comme ses semblables dans d'autres nouveaux quartiers de la ville.

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Selon nos renseignements, le lieu de culte - situé derrière la maison de retraite Béthanie - était tombé en déshérence depuis quelques temps. Comme tout bâtiment non entretenu, il devint la proie des méfaits des intempéries ; tant et si bien que l'on décida de ne plus y dire l'office. Il semble que pour des raisons de sécurité, l'évêché se soit résolu à le détruire. Cela devrait être fait la semaine prochaine... Nous connaissons actuellement les problèmes rencontrés par les paroisses pour maintenir les prêtres en place et réhabiliter les lieux de cultes. A ce titre, l'exemple le plus marquant est celui de la chapelle des Carmes, rue Clémenceau. 

Toutefois, nous trouvons regrettable de devoir en arriver à de telles extrémités. Certes, cette église n'a pas actuellement de valeur patrimoniale. Qu'en dira t-en dans 50 ans ? Les goûts d'aujourd'hui ne sont pas ceux de demain. Qui détruirait maintenant la Tour Eiffel alors qu'après l'Exposition Universelle de Paris en 1900, les parisiens la jugeaient immonde ? 

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A l'intérieur de cette église se trouve un maître autel du XIXe siècle provenant de la chapelle Saint François-Xavier (ci-dessus) ; elle accueille actuellement le Cercle Taurin Carcassonnais dans la rue Barbès. Il semblerait que lui aussi soit destiné au pilon.

Si l'on prend comme référence les travaux de Claude Seyte sur les cloches du département, on notera ce qu'il dit au sujet de celles de Saint-Martin :

La cloche de gauche, encore munie de son joug de bois, provient de la chapelle des Carmes. Elle est datée de 1822. La cloche à l'anse trilobée a été fondue par De Besse en 1727 ; elle provient de l'hospice des vieillard qui est allé à Leucate.

Espérons que l'on prendra soin de ces cloches, si elles y sont encore. On peut regretter que l'on n'ait pas tenu les riverains du quartier au courant de cette destruction prochaine. Peut-être auraient-ils pu lever une souscription pour la sauver...

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12/04/2016

La sculpture de Barry Flanagan est partie de Carcassonne

On m'a signalé récemment la disparition d'une oeuvre du sculpteur Barry Flanagan qui se trouvait depuis plusieurs années dans le petit jardin de la capitainerie du port du Canal du midi. Ce blog avait d'ailleurs rédigé un article sur l'artiste britannique qui s'était installé à Montolieu à la fin de sa vie.

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Le lièvre dans une barque

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Renseignement pris auprès des V.N.F (Voies Navigables de France), le propriétaire de l'oeuvre a souhaité reprendre son bien qui n'était qu'en dépôt à cet endroit. La sculpture serait retournée à Montolieu... Il faut dire que l'accueil que Carcassonne lui avait réservé depuis 20 ans était pour le moins discret. Une meilleure exposition dans un centre d'Art contemporain - qui n'existe pas à Carcassonne - aurait peut-être plaidé en faveur du maintien de l'oeuvre dans la capitale audoise. Dois-je évoquer le souvenir de la nef de pierre d'Ariel Moscovici qui dort toujours sur une palette de chantier à l'extérieur des Serres municipales, depuis la destruction du square Gambetta en 2003 ?

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