28/04/2016

L'église Saint-Martin dans le quartier Pasteur va être rasée

Voilà une décision qui ne va pas manquer de raviver de tristes et déchirants souvenirs auprès des habitants du quartier des Capucins. Ils savent dans quelles conditions on a rasé leur couvent en 2002... Quatorze ans après, c'est cette fois le quartier Pasteur qui devrait s'émouvoir de voir disparaître son église la semaine prochaine paraît-il, sous les coups des bulldozers.

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L'église Saint-Martin

fut édifiée par les soins du chanoine Andrieu - curé de St-Vincent - et consacrée le 19 octobre 1953 peu de temps après l'émergence de ce nouveau quartier. D'ailleurs, son vrai nom est le quartier Saint-Martin ; c'est l'usage familier qui, au cours du temps, lui donna le patronyme du célèbre savant. Il y a 63 ans, les terrains n'étaient que marécages et appartenaient à la famille Garric. Peu à peu des pavillons sortirent de terre en même temps que se dessinaient de nouvelles artères. L'église trouva naturellement sa place, comme ses semblables dans d'autres nouveaux quartiers de la ville.

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Selon nos renseignements, le lieu de culte - situé derrière la maison de retraite Béthanie - était tombé en déshérence depuis quelques temps. Comme tout bâtiment non entretenu, il devint la proie des méfaits des intempéries ; tant et si bien que l'on décida de ne plus y dire l'office. Il semble que pour des raisons de sécurité, l'évêché se soit résolu à le détruire. Cela devrait être fait la semaine prochaine... Nous connaissons actuellement les problèmes rencontrés par les paroisses pour maintenir les prêtres en place et réhabiliter les lieux de cultes. A ce titre, l'exemple le plus marquant est celui de la chapelle des Carmes, rue Clémenceau. 

Toutefois, nous trouvons regrettable de devoir en arriver à de telles extrémités. Certes, cette église n'a pas actuellement de valeur patrimoniale. Qu'en dira t-en dans 50 ans ? Les goûts d'aujourd'hui ne sont pas ceux de demain. Qui détruirait maintenant la Tour Eiffel alors qu'après l'Exposition Universelle de Paris en 1900, les parisiens la jugeaient immonde ? 

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A l'intérieur de cette église se trouve un maître autel du XIXe siècle provenant de la chapelle Saint François-Xavier (ci-dessus) ; elle accueille actuellement le Cercle Taurin Carcassonnais dans la rue Barbès. Il semblerait que lui aussi soit destiné au pilon.

Si l'on prend comme référence les travaux de Claude Seyte sur les cloches du département, on notera ce qu'il dit au sujet de celles de Saint-Martin :

La cloche de gauche, encore munie de son joug de bois, provient de la chapelle des Carmes. Elle est datée de 1822. La cloche à l'anse trilobée a été fondue par De Besse en 1727 ; elle provient de l'hospice des vieillard qui est allé à Leucate.

Espérons que l'on prendra soin de ces cloches, si elles y sont encore. On peut regretter que l'on n'ait pas tenu les riverains du quartier au courant de cette destruction prochaine. Peut-être auraient-ils pu lever une souscription pour la sauver...

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12/04/2016

La sculpture de Barry Flanagan est partie de Carcassonne

On m'a signalé récemment la disparition d'une oeuvre du sculpteur Barry Flanagan qui se trouvait depuis plusieurs années dans le petit jardin de la capitainerie du port du Canal du midi. Ce blog avait d'ailleurs rédigé un article sur l'artiste britannique qui s'était installé à Montolieu à la fin de sa vie.

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Le lièvre dans une barque

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Renseignement pris auprès des V.N.F (Voies Navigables de France), le propriétaire de l'oeuvre a souhaité reprendre son bien qui n'était qu'en dépôt à cet endroit. La sculpture serait retournée à Montolieu... Il faut dire que l'accueil que Carcassonne lui avait réservé depuis 20 ans était pour le moins discret. Une meilleure exposition dans un centre d'Art contemporain - qui n'existe pas à Carcassonne - aurait peut-être plaidé en faveur du maintien de l'oeuvre dans la capitale audoise. Dois-je évoquer le souvenir de la nef de pierre d'Ariel Moscovici qui dort toujours sur une palette de chantier à l'extérieur des Serres municipales, depuis la destruction du square Gambetta en 2003 ?

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09/04/2016

Votre avis m'intéresse

Chers lecteurs,

Vous êtes toujours nombreux à vous être abonnés à la Newsletter et chacun d'entre vous reçoit les articles du blog directement par courriel. Ceux qui ne l'ont pas encore fait, sont toujours à temps de le faire. Je sais également que certaines personnes ont été désabonnées ; ceci n'est pas de mon fait mais de l'hébergeur. Je ne peux pas hélas résoudre ce problème , j'en suis désolé.

Comme vous le savez, ce blog est très lu. Il atteint en moyenne 400 lecteurs par jour avec des pointes - selon les articles - à plus de 1000. La rédaction d'articles élaborés sur la culture ou l'histoire demandent un grand travail de recherche et de rédaction. Je sais que vous en avez conscience... Dois-je ignorer qu'au sein des administrations à vocation touristique ou des services du patrimoine, mes articles sont imprimés ? Non, bien sûr - prennent-ils soin ensuite de citer d'où vient la source qui leur a permis de les renseigner ? 

Alors pour tout cela, je ne demande rien - simplement que comme le chantait Trénet, vous ne passiez pas sans me voir, sans même me dire bonsoir. Laissez un petit message de temps en temps... Il y a une belle chanson de François Valéry : "Aimons-nous vivants, n'attendons pas que la mort nous trouve du talent." 

N'attendez pas de moi comme autrefois que je rédige des articles créant des polémiques. Ce temps est révolu ; il m'a trop coûté et surtout des ennuis. J'ai rendu des services à la collectivité en faisant évoluer certaines choses, au détriment de ma santé et de mes propres intérêts. Pendant ce temps, les pousse-au-crime sont restés sagement à l'abri et ont bénéficié des fruits de mon travail - quand ils ne l'ont pas critiqué ensuite, car on distingue facilement les pleutres dans la société ; il mangent grassement sur le dos des autres et font leur nid comme le coucou.

                                                                          Martial Andrieu

06/04/2016

Carcassonne, une histoire de photographies (Tome 3) bientôt en librairie

Fort du succès des deux premiers volumes

de

"Carcassonne, une histoire de photographies",

j'ai le plaisir de vous annoncer la sortie de son dernier et ultime opus. Le voilà fin prêt ; il sera d'ici la fin du mois dans les librairies de la ville.

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Ce troisième tome retrace les souvenirs de Carcassonne pour la période allant de 1970 au milieu des années 90. Une époque contemporaine qui n'a certainement pas été effacée de la mémoire de certains d'entre vous et qui dévoilera aux plus jeunes, la vie de leurs parents.

À l'intérieur, plusieurs chapitres illustrés et argumentés révèlent la vie et les habitudes des Carcassonnais  : leurs tenues vestimentaires, les sorties en discothèques (Xénon, Privé, Weston, Bulle, Alligator...), les événements culturels ou politiques, les transformations de la ville, la vie économique, les tournages de film.

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Un mariage en pattes d'éléphants

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Le Privé

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La rue de la gare devient piétonne

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La grève des mineurs de Salsigne

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Le tournage des "Visiteurs" à la Cité

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Vous pouvez commander cet ouvrage de 132 pages tout en couleur, afin de le recevoir chez vous au prix de 29,90 € (port en sus). Il suffit de m'écrire à l'adresse suivante :

andrieu-martial@wanadoo.fr

Une séance de dédicace est prévue ; la date vous sera communiquée ultérieurement.

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05/02/2016

L'urne des déportés retrouve sa place au pied du monument à la Résistance.

À une date que l'on estime être celle de l'inauguration du monument à la Résistance au Square Gambetta - soit en 1948 - une urne contenant de la terre provenant du camp de Buchenwald a été scellée au pied du monument. Elle aurait été ramenée par les déportés et déposée lors de la cérémonie officielle à cet endroit.  Nous n'avons pas de certitude concernant la date précise - il faudrait consulter les registres des délibérations du conseil municipal de Carcassonne - en revanche, les photos et cartes postales en ma possession attestent de l'existence de cet objet en ce lieu au moins jusqu'aux années 1990. 

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L'urne au pied du monument à la Résistance

En 2013, je saisissais Madame Tamara Rivel - adjointe à l'urbanisme - sur la disparition de l'urne après la destruction du square Gambetta et sa transformation en parking souterrain. Celle-ci commissionnait des agents municipaux afin de tenter de la retrouver. Sans succès...  Si tous les autres monuments du jardin avait été rassemblés aux serres municipales avant 2009, l'urne en fonte ne s'y trouvait pas. Notre hypothèse c'est qu'elle fut jetée à la benne ou, au mieux, récupérée par un ouvrier pour son usage personnel.

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Les collégiens et les élus à Sachsenhausen

L'histoire en resta là, quand en juin 2014 Tamara Rivel - Conseillère départementale - proposa au président Viola de refaire une urne et de profiter du voyage annuel des collégiens en Allemagne, pour ramener de la terre des camps. Le président André Viola trouvant l'idée excellente fit les démarches auprès de l'ambassade d'Allemagne afin d'obtenir les autorisations. De mon côté, à sa demande, je fournissais les photos à Madame Rivel, nécessaires à la reconstitution du précieux objet. Le Conseil départemental fit une demande écrite au maire de Carcassonne en vue d'obtenir l'autorisation de remettre à une date non précisée, la nouvelle urne à Gambetta. 

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Les collégiens s'en étant revenus d'Allemagne, la terre ramenée du camp de Sachsenhausen était gardée précieusement. Avec l'aval de l'Architecte des Bâtiments de France, on fabriqua un réceptacle en marbre en guise d'urne avec les noms de MM. Viola et Larrat ; ce dernier ayant accepté de se joindre à la future manifestation symbolique dans un élan d'oeucuménisme politique.

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Dans le journal Perspective - organe de communication du conseil départemental de l'Aude - le président Viola annonce l'inauguration pour le 24 janvier 2016. La date sera finalement déplacée au 3 février.

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Je regrette de n'avoir pas pu me rendre à cette inauguration et je m'en suis excusé auprès des autorités compétentes ; j'habite à 350km de Carcassonne. Selon les observateurs sur place, les discours n'ont pas évoqué l'histoire de l'urne primitive et de son parcours. Ceci aurait permis de comprendre les raisons d'une telle manifestation aujourd'hui ; mais aurait suscité l'embarras de certains élus vis à vis d'un objet dont ils avaient la charge.

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20/01/2016

Honneur à Jacques Charpentier !

Vendredi dernier 15 janvier 2016 avait lieu à l'hôtel de la Cité, la remise de la cravate de commandeur de la légion d'honneur à Jacques Charpentier. Ce grand compositeur, élève d'Olivier Messiaen et ancien directeur de la musique sous le ministère d'André Malraux, a choisi depuis les années 1960 d'être citoyen Carcassonnais. Son oeuvre musicale est immense ; des Études  karnatiques inspirées par ses voyages en Inde, à son unique opéra - Béatrice de Planisolas - dont le livret en occitan est d'un certain René Nelli. Jacques Charpentier a également composé de la musique pour le Festival d'art dramatique de Carcassonne, dirigé jusqu'à la fin des années 1960 par son ami Jean Deschamps.

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© La dépêche

Aussi, ai-je bondi sur ma chaise lorsque je vis en photographie dans la presse, ce cortège d'élus s'incliner les uns après les autres devant lui, comme une procession ferait la génuflexion devant un reliquaire. Ils ont tous le pouvoir - ou l'ont eu - de faire jouer son opéra en langue occitane au Festival de la Cité. Qu'attendent-ils, son jubilé ? Les promesses rendent les enfants joyeux, mais cet homme de 88 ans n'a plus l'âge de l'enfance. N'est-il pas honteux d'avoir entendu cette oeuvre au Festival d'Aix-en-provence ou au Théâtre du Capitole, quand Carcassonne reste sourd à cette histoire dans l'action se passe en Pays cathare. Oui, je sais, vous allez me dire... celui de l'agneau Cathare, du miel cathare et du pain cathare ! 

Que pense t-il Jacques Charpentier du massacre chaque été du mur antique du Grand théâtre de la Cité, avec une structure en aluminium supportant des ventilateurs pour refroidir les gélatines des éclairages ? On ne peut plus jouer phèdre ni Britannicus, ni même un concert symphonique... Que pense t-il du soi-disant anniversaire des 10 ans d'un festival, qui a été créé par son ami Jean Deschamps voilà 60 ans, tirant ainsi un trait sur toute l'histoire dramatique du lieu ? Que pense t-il de l'abandon pur et simple de la tradition de la musique française, au profit de l'abêtissement général des masses ? Lui, qui avec Malraux ont inventé les Centres culturels, promu les conservatoires régionaux et démocratisé la musique classique au sein de formations comme les Jeunesses musicales de France ?

Qu'à fait Carcassonne pour Jacques Charpentier ? Rien du tout, elle tire partie d'une situation valorisante pour elle, au travers de cet illustre musicien qu'elle ne mérite pas. Depuis 80 ans, elle fait la même chose avec Paul Lacombe ; à une différence près, c'est que lui est déjà mort.

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J'ai l'honneur à titre privé de connaître ce maître de la musique depuis cinq ans ; il a même accepté d'écrire la préface de mon livre sur le compositeur Paul Lacombe. C'est dire si cet homme d'un grand savoir devant lequel on se tait lorsqu'il parle de culture, aime à échanger avec des petits musiciens comme moi. Je le remercie de m'avoir personnellement invité à cette réception ; mes obligations à l'opéra ne m'auront pas permis d'y assister. Je le regrette vivement car j'ai beaucoup appris à son côté.

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