05/01/2017

Ketty Dolbert, artiste dramatique et professeur de diction

Les premiers cours municipaux d'Art dramatique furent créés le 20 mars 1951 sur proposition d'Armand Tarrès, comédien natif de Carcassonne. La municipalité lui en confia la responsabilité. Dans les années 1970, ces cours municipaux furent dispensés par Ketty Dolbert, grâce à Jean Alary - directeur du théâtre municipal.

dolbert

Ketty Dolbert

Cette artiste dramatique donnait ses cours dans une des salles du théâtre municipal. C'était, diront certains, la vieille école... Loin de la déclamation qui était la règle jusqu'au milieu du dernier siècle, Ketty Dolbert prônait l'usage d'une parfaite diction. Il fallait projeter le texte pour être compris et utiliser correctement les règles du français. Point de "les Zharicots", "les zhandicapés" ou "les machines za laver"... De même espèce, qui est féminin: Une espèce d'idiot ! Pour la diction, il fallait apprendre les dentales, les guturales, les palatales, les labiales et s'exercer avec BA, PA, DA, TA, GA, KA que l'on devait dire autant de fois que l'on avait encore du souffle. Si vous ajoutez à cela les phrases: "le fisc fixe exprès chaque taxe fixe au luxe et à l'exquis", vous sortiez de là avec une belle correction du langage. Pour avoir été son élève, j'ai vu une personne bègue corriger son petit handicap avec ses méthodes.

dolbert

Knock de Jules Romain

Laurence Bouisset et Martial Andrieu

Ketty Dolbert, c'était aussi l'association "Théâtre et culture" qui permettait à ses élèves de se produire dans les villages de l'Aude. On apprenait à rentrer à "Cour" et à sortir à "Jardin" et vice versa. A marcher en scène et à ne pas tourner le dos au public. Le répertoire c'était les pièces classiques de Molière, Racine, Corneille mais également de boulevard avec Courteline, Roussin, Feydeau...
Dans les années 1990, l'arrivée de Thierry Almon avec une autre conception d'un théâtre moderne basé sur le jeu de l'acteur, a créé une petite rivalité bien compréhensible entre les deux enseignants. Rivalité, mais respect mutuel !

ketty2.jpg

Ketty Dolbert s'en est allée dans l'indifférence générale en 1997 et ce n'était pas cette fois, une fausse sortie. Elle a rejoint Thalie, sa muse; elle, qui appartenait à la "libre pensée", ne croyait pas en Dieu. Il serait juste qu'une salle ou une loge du théâtre municipal portât son nom en mémoire de tous les artistes qu'elle a formés comme Ana Yerno, Blandine Peroteau, Jean-Manuel Florensa, Nicolas Sievic... et votre serviteur. Ketty Dolbert avait dans le métier de nombreux amis comme Robert Manuel ou Jean le Poulain.
_________________________________
 
© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2017

22/10/2016

Hommage à J-C Brisville, auteur dramatique et Carcassonnais d'adoption

C'est dans le cadre de mes recherches biographiques sur Paul Lacombe que j'étais entré en contact avec J-C Brisville, célèbre et talentueux auteur dramatique. Quel rapport, me direz-vous ? L'auteur de la pièce "Le souper" et le scénariste du film "Beaumarchais l'insolent" était le neveu de Gabrielle Saulnier (1872-1964), professeur de piano 33 rue du marché (rue Tomey). Cette dernière était la fille d'Emile Saulnier, architecte de l'Aude à qui l'on doit de nombreuses réalisations comme la Caisse d'épargne et qui collabora avec Viollet le duc à la restauration de la cité. Mais alors ? Eh bien! Gabrielle Saulnier qui avait été l'élève du pianiste Francis Planté à qui Lacombe dédia ses études pour piano, connaissait fort bien notre compositeur carcassonnais. Elle participa souvent avec lui aux concerts donnés au kiosque du Square Gambetta, aux soirées du lundi à l'Hôtel de Rolland avec madame Germa de Nugon. A un point où Lacombe lui dédia une de ses oeuvres. On peut dire que Mlle Saulnier faisait partie des cénacles musicaux Carcassonnais et que la bourgeoisie prenait ses cours de piano chez elle. Elle donnait aussi des leçons gratuites à certains élèves doués qui n'avait pas le sou, comme ma tante et recevait bon nombre de personnalités de la musique et de la littérature. Ainsi par exemple le philosophe Julien Benda qui, pendant la guerre, en raison de sa religion avait fui la zone occupée pour se réfugier à Carcassonne. Pendant cette triste période notre ville s'est enrichie intellectuellement grâce à tous ses exilés.

1110149082.jpg

Je savais que Jean-Claude Brisville était venu à plusieurs reprises à Carcassonne rendre visite à sa tante à l'époque où elle était encore en vie et qu'elle lui avait légué sa maison de la rue du Plô à la cité. Au moment de l'appeler sur les recommandations de son fils, c'était je pense un bon argument pour gagner sa confiance. Comme toujours, on se fait un monde des "hauts esprits" mais ce sont souvent les plus abordables. J'ai eu droit à un entretien d'une heure malgré son grand âge (91 ans) mais qui aurait pu durer plus longtemps, tant l'homme lettré était passionnant. Si ne n'ai pas appris grand chose sur les relations musicales de sa tante, en revanche... j'ai eu droit à quelques révélations.

1789070027.jpg

"Le souper" qui met en scène Talleyrand et Fouché, est l'oeuvre de J-C Brisville la plus connue du grand public. La première version a été écrite en 3 jours et 4 nuits pour ne pas rompre le fil de l'écriture. "Je ne sais pas pourquoi mais j'ai toujours su écrire dans la langue du XVIIIe siècle" me confie t-il. Cela sous entend avoir une excellente connaissance de la vie des protagonistes ? "Après la lecture du portrait de Fouché par Stéphan Sweig, j'ai été pris par une espèce de frénésie". Il rencontre ensuite Claude Rich à Biarritz chez un ami commun, continue l'écriture de la pièce et finalement envoie le manuscrit au comédien. En tournage au Maroc ce dernier lui téléphone:" A la fin de la lecture, j'ai salué..." Restait à trouver un Fouché, plusieurs refusèrent le rôle dont Jean Rochefort et Bruno Crémer. C'est Claude Rich qui trouva son Fouché en la personne de Claude Brasseur. Pas grand monde croyait au succès d'une pièce dont l'action se situait au début de la restauration, même le metteur en scène J-P Miquel était assez frileux. Au bout du compte, elle tint l'affiche pendant 3 ans et va être bientôt reprise.

1647039323.jpg

J-C Brisville a commencé dans l'édition chez Julliard puis il devenu un ami personnel d'Albert Camus, lecteur alors chez Gallimard. C'est dans cette maison d'édition qu'il publie en 1972 "La petite Marie" sous le pseudonyme de Sylvain Saulnier. Il s'agit d'un roman d'un genre érotique commandé par Lemarchand, membre du comité de lecture. Parmi ses connaissances, il y a notamment René Char et quand je lui parle de notre Joe Bousquet... il s'émeut quelque peu: "Je n'ai jamais rencontré un causeur aussi prodigieux. Bousquet qui recevait le tout Paris dans sa chambre à Carcassonne fumait de l'opium. Cela le transcendait et il dissertait à haute voix devant son auditoire. J'ai connu Cocteau mais c'était chez lui trop parisien, trop convenu. Chez Joe Bousquet c'était profond, philosophique."

 
"Si j'avais du génie, j'aurais créé ma langue, comme Claudel et Beckett. N'ayant que du talent, j'essaie d'être fidèle à l'héritage"
(Jean-Claude Brisville / Souvenirs / 2004)
 
Jean-Claude Brisville est décédé le 11 août 2014 à l'âge de 92 ans.
 
_________________________
 
© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2016

09:11 Publié dans Art dramatique, Livres | Tags : livres | Lien permanent | Commentaires (3)

15/03/2016

Le Président : Une création nationale au Festival de Carcassonne 1976

Le Président est une pièce créée pour le Festival de Carcassonne et jouée par leurs auteurs - Charles Charras et André Gille - du 5 au 17 juillet 1976. A cette époque, la programmation du Festival était assurée par le comédien Jacques Echantillon.

le_president.jpg

Mise en scène par Charles Charras et André Gille avec une décoration et une illustration sonore de Louis Amiel, la pièce compte à ce jour plus de 3000 représentations en France. Cette oeuvre théâtrale d'une durée d'une heure fut jouée pendant huit ans au café-théâtre "Le Fanal" et "Au Bec-Fin" à Paris. Bien qu'écrite sous la présidence de Georges Pompidou, elle égratigne Valéry Giscard d'Estaing sous le pseudonyme d'Edgar. Il possède un stand au marché aux puces tenu en son absence par son ami Mimile.

CharlesCharras1976.jpg

Charles Charras en 1976

Voilà une époque où notre festival avait une ligne thématique - le théâtre de création. Une manière plus intelligente pour faire parler de lui sur la scène nationale française...

_________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2016

09/11/2015

Jean-Marie Besset triomphe dans Le banquet d'Auteuil... à Paris.

 jean-marie-besset-etait-directeur-du-centre-dramatique_293222_516x343.jpg

© Christophe Barreau

Jean-Marie Besset 

Ignorez-vous qu'il est en notre bonne ville de Carcassonne, un de ses enfants parmi les plus remarqués, les plus talentueux du monde théâtral ? Si, par un populiste concours de circonstances, on vous a préféré la fête d'un taureau ensanglanté au centre de l'arène, vous n'avez aucune excuse à ne pas connaître l'auteur au milieu de sa scène. Vous, gens de culture et autres bienfaiteurs des usages verbaux de cet ivre village claudiquant sur des pas immoraux, que faites-vous donc pour tirer le vrai vers le beau ? Vous restez pétrifiés au bord de l'abîme, sans aucun élan pour gagner l'autre rive. Côté jardin, un spectacle subventionné commence grâce à un protecteur de la bienséance ; la pièce est triste et souvent mal éclairée. Qu'importe la lumière, aux illuminés ! Côté cour, on compte ses deniers et sur une cour de fidèles, on se doit d'espérer. Le libertinage y est toléré, encouragé sans être dévoyé par une espèce pudique, qui fornique d'ordinaire dans l'ombre des cabinets. Amis de la morale et d'ailleurs, le rideau c'est Besset. Au moment des trois coups, levez-le ! Vous verrez, l'Élysée.

Capture d’écran 2015-11-09 à 10.05.04.png

Lassé des infidélités de sa femme, Molière s'est installé dans une maison à Auteuil. Là, vivent à demeure son jeune protégé, l'acteur prodige Michel Baron, et l'ami de toujours, l'écrivain Chapelle. Ce dernier, aimable fêtard, a invité une turbulente troupe à dîner, les musiciens Lully, Dassoucy et Pierrotin, les hommes de cour Jonsac et Nantouillet, bientôt rejoints par leur ami disparu, Cyrano de Bergerac. Ces libertins-là vont moquer (ou envier) la passion jalouse de l'auteur du Misanthrope pour Michel Baron. L'art et l'amitié peuvent-ils nous sauver de l'absurdité de la vie ?

Le Banquet d’Auteuil est une pièce originale écrite en 2011 à partir de personnages et d’évènements du XVIIe siècle français. Elle présente des personnages historiques – des artistes –, dans une langue réinventée, mais avec des thèmes que seule l’époque actuelle (et la réapparition de textes d’archives) peut aborder de front : la rivalité d’hommes mariés pour l’amour, le désir, la beauté et le talent de jeunes gens.

La pièce oppose au principal la passion, cette fixation amoureuse sur un seul objet (Molière- Baron) au libertinage débridé des amis de Molière (Chapelle, Lully, Dassoucy, Bergerac) dans leurs jeux avec des jeunes hommes (Nantouillet, Jonsac, Osman, Pierrotin).

En respectant les unités classiques (l’action se déroule en 24 heures chez Molière dans sa maison d’Auteuil), la pièce est résolument moderne dans la sincérité, l’âpreté et la cruauté des rapports, qu’ils soient de désir ou d’ambition, pour ne pas dire d’argent et de carrière.

Dans la tradition du genre littéraire du banquet tel qu'il est inventé par les classiques gréco- latins (de Platon à Pétrone en passant par Xénophon, Plutarque, Lucien, Epicure...), c'est-à-dire d'une assemblée d'hommes savants qui discourent, en mangeant, d'éthique et d'esthétique, j'ai essayé de réinventer ce genre pour aujourd'hui, à partir d'évènements d'il y a plus de trois siècles. La fin de ce Dix Septième siècle français posait, pour la première fois en Occident me semble-t-il, l'hypothèse d'un groupe d'hommes assez hardis pour défier Dieu et les bonnes mœurs. On n'en attendait pas moins de l'auteur de Tartuffe et de Don Juan, mais cette réunion de libertins, où l'onréhabilite et redécouvre des artistesou despenseurs considérables (Cyrano, Dassoucy, Chapelle, Baron, Nantouillet), ouvre la voie aux hérétiques en matière de religion et de mœurs des siècles qui suivront: Encyclopédistes, Sade, Fourier, Wilde, Groupe de Bloomsbury, Gide, Foucault, Pasolini... 

(Jean-Marie Besset)

Le-Banquet-dAuteuil_6.jpg

© Le vingtième théâtre

L'express

« Jean-Marie Besset a rédigé un texte passionnant pour les historiens … et troublant pour les spectateurs ! »

Le Monde

"Provocateur avec élégance"

Café astral

« Les amateurs de spectacles (dé)culottés y trouveront leur compte, ce n’est pas tous les jours qu’on peut apprécier une telle liberté, ni pareille érudition, au théâtre. »

Jean-Marie Besset a assité dernièrement à New-York à une lecture de sa pièce en version américaine. Nul n'est prophète en son pays... un de plus.

http://www.vingtiemetheatre.com/spectacle/le-banquet-daut...

____________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2015

28/01/2014

L'Athénée: compagnie théâtrale carcassonnaise

Il est fondé le 22 janvier 1901 à Carcassonne une Société lyrique et dramatique portant le nom de L'Athénée, ayant pour but de "développer les aptitudes lyriques et dramatiques de la jeunesse par l'interprétation du chant et de la déclamation". Cette association est composée par: Maître Darzens (président), MM. Fourcade et Barral (vice-présidents), E. Abrial (trésorier), MM. Arletaz et Tarbouriech (directeurs) et J. Laurent (secrétaire et archiviste). Les autres membres sont: MM. Auguste Bès (employé à la préfecture), Achille Abrial (rue du port), Joseph Bonnafous (rue de la mairie), Gaillardon (place aux herbes), Labrousse (Villalbe), Rey (jardinier, rte de Limoux), Joseph Costeplane (place Carnot), Bedel (rue des châlets), Corbière (rue des jardins), Peyre (rue des études), Marius Bourgès (jardinier à la Prade), Jacques Guilhem (allée d'Iéna), Charles Cambriel (rue Rancoulet) et Jean Lannes (63 bis rue du marché).

P1040033.JPG

Le siège est établi au Café Raynaud, rue Tourtel. Cette société se produit lors des fêtes et des concerts de la ville; les répétitions sont confiées au directeur général et à son adjoint, le directeur de chant.

img486.jpg

Programme de 1938

La Grande guerre a semble t-il mis un terme aux activités de l'Athénée. Celle-ci renaît de ses cendres le 18 juin 1923 (JO du 8 juillet 1923) et est placée sous le patronage de la ville de Carcassonne. Les buts de la nouvelle Athénée ne sont guerre différents de la société primitive: "Pour le développement de l'Art théâtral amateur et de la participation aux oeuvres de bienfaisance." On remarquera toutefois, la disparition de l'art vocal dans les statuts. La compagnie est affiliée à la Confédération Internationale des Sociétés Théâtrales d'Amateurs à Paris, qui compte parmi ses rangs Tristan Bernard, Jean Richepin...etc.

La veuve joyeuse 1.jpg

Le Comité d'honneur est ainsi composé: Pierre Voizard (Préfet de l'Aude), Dr Tomey (Maire), François-Paul Alibert (Auteur dramatique), Osmin Nogué (Avocat), Georges Soum (Avocat), Guillaume Almayrac (Compositeur) et Jacques Ourtal (Artsite peintre).

Le Comité actif est représenté par: Henri Rousset (Président et Officier d'académie), MM. André-Francis Rajol et Paul Bonnafil (Directeurs artistiques), René Goujon (trésorier), Michel Mir (Directeur de l'école de musique) et Édouard Lacombe (compositeur et professeur de musique).

Les membres bienfaiteurs: Auguste Bès, J. Bouichou (négociant), Paul Alphonse Cambriel (négociant), Félix Cathala (Pâtissier), Georges Cotte (Négociant), J. Ferrand (industriel), Rougé (photographe), Mlle Mestre Jeanne, Noël Lassalle (huissier), Marty (retraité), Eugène Millet (bijoutier) Salès (boulanger), Alfred Ramond (négociant), Louis Raynaud (assureur) et Eugène Arnaudy (propriétaire à St-Hilaire)

img487.jpg

Les répétitions de la troupe avaient lieu à l'Eden-théâtre, boulevard Roumens. Quant aux représentations, c'est au théâtre municipal dirigé par André Valette qu'elles se tenaient.

_______________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2014

 

05/06/2013

François-Paul Alibert (1873-1953), poète et auteur dramatique

1285076598.jpg

François Paul Alibert naît le 18 mars 1873 à Carcassonne et après des études au lycée de la ville, il devient à 17 ans employé de bureau à la mairie. Pendant ses loisirs, il se construit une sérieuse culture littéraire. Son don pour l'écriture se manifeste très tôt mais ce n'est qu'en 1907 qu'il publie son premier recueil de poèmes: "L'arbre qui saigne". La même année il fait une connaissance majeure, celle d'André Gide avec lequel il va se lier d'amitié jusqu'à sa mort. Gide organise chaque année un voyage pendant lequel avec Alibert ils partagent leur découvertes littéraires. Leur longue correspondance a été publiée aux "presses universitaires de Lyon" en 1982. L'oeuvre d'Alibert est constituée de 44 ouvrages dont deux à caractère érotique publiés très discrètement: "le fils de Loth" et "le supplice d'une queue". Ce dernier est paru incognito en 1931 sans nom d'auteur et ce n'est qu'en 1945 qu'on a pu l'attribuer à François Paul Alibert. Il s'agit d'un texte raffiné et sans grossièreté sur la liaison amoureuse de deux hommes: "un des trois ou quatre romans du désir" (Annie le Brun). Alibert a été considéré par ses contemporains de la même valeur que Paul Valéry, tant son style est proche de la forme classique. En 1930, il devient directeur du théâtre de la cité où il fait jouer ses pièces: Le cyclope (1932), La mort d'Orphée (1934). François Paul Alibert meurt à Carcassonne le 23 juin 1953. il est inhumé dans le cimetière du hameau de Grèzes-Herminis.

1159376031.jpg

Un autographe de F-P Alibert à l'actrice Marcelle Romée

(coll. Martial Andrieu)

220710961.jpg

Quelle maison d'édition prendrait aujourd'hui le risque d'une telle parution ?

754786485.jpg

Les correspondances entre Gide et Alibert

 

-----------------------------------

 

De ce balcon où je laisse,

 

Par un minuit enchanteur,

 

Vieillir la tendre paresse

 

Qui s'alanguit sur mon coeur

 _

Je vois, bientôt allégée

 

De son extrême croissant,

 

Toujours la lune orangée

 

Prendre un chemin plus glissant.
-
Une essence volatile,

 

Parmi l'éther vaporeux,

 

A ses bords partout distille,

 

Comme aux esprits bienheureux,
-
Qui va noyer les montagnes,

 

L'ombre, et cette lune encor,

 

Et leurs muettes campagnes,

 

Sous un feu de perles d'or.
-
Puis, tandis que suspendue

 

A molle inclinaison,

 

Elle succombe, rendue

 

A l'invisible horizon;
-
 
De la profondeur céleste

 

Evanouie aux regards,

 

Pour seul espace il ne reste,

 

Perçantes de toutes parts,
-
 
Que ces étoiles brillantes

 

Qui rendent au tremblement

 

De leurs pointes scintillantes

 

Humide le firmament

 _

Et, telle une cruche pleine

 

D'eau qui déborde et s'enfuit,

 

Qu'une secrète fontaine

 

Où l'intarissable nuit,
-
 
A sa rumeur passagère

 

Sans commencr ni finir,

 

Berce mon âme légère

 

Sur un obscur souvenir.
 
"Fontaines", extrait des Eglogues

1783119960.JPG

La maison de F-P Alibert dans la rue Andrieu, à Carcassonne.

Quelle tristesse d'ajouter Alibert à la longue liste des chers disparus de la vie artistique et littéraire de Carcassonne: Paul Lacombe, Jacques Ourtal, André Cayatte, Cécile Rives, Jacques Gamelin, Pierre Germain, Armand Raynaud, Ketty Dolbert, Georges Cotte, Michel Mir, Henri Tort-Nouguès, Ferdinand Alquié...etc. Qu'allons-nous léguer aux générations futures ?

________________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2013