07/01/2014

Le carré du Palais: une nouvelle friche urbaine?

Loin de vouloir polémiquer, je voudrais attirer votre attention sur le possible avènement d'une nouvelle friche urbaine dans Carcassonne. Le 23 mars 2010, la ville de Carcassonne délivre un permis de construire au cabinet d'architecte Art tech et Cie pour la création de logements de standing sur le boulevard Barbès. Le carré du Palais (c'est son nom) comporterait 19 appartements du T2 au T4, trois maisons de 134M2 et des triplex du T5 au T6, avec un parking souterrain donnant sur le rue du Palais. Un panneau très explicite est placé sur l'immeuble de l'ancienne direction de la poste. La façade au caractère contemporain suscite déjà des commentaires, en comparaison avec l'architecture du XIXe siècle qui l'entoure. Toutefois, les plus optimistes se réjouissent de voir disparaître un bâtiment vétuste et laid mitoyen à la Brasserie du Palais.

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En septembre 2012, les premiers coups de pioche ébranlent le bâtiment qui donne également dans la rue d'Alsace. Au début de l'année 2013, il est complétement rasé.

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Le bâtiment avant sa destruction, côté rue du Palais.

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Voici l'état du chantier un an après... Thierry Planes, promoteur du projet, a expliqué à la Dépêche le 25 novembre 2012 que les travaux dureraient 16 mois pour une livraison fin 2014. Le coût des travaux est de 12 millions d'euros. Sur le site de la Fnaim Aude, on apprend qu'il s'agit: "d'un programme d'acession à la propriété, sans logements sociaux".

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Ce qui pose problème, voyez-vous, c'est que rien n'a démarré depuis un an. Faut-il craindre que cela ne devienne un dépotoir? Il y a même fort à parier que lors de creusement, on ne découvre quelques vestiges archélogiques des fossés qui entouraient Carcassonne au Moyen-âge.

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Le chantier à l'abandon n'a pas fière allure sur un axe très fréquenté et visible de tous.

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Renseignements pris auprès de professionnels de l'immobilier, le promoteur serait également acquéreur de l'immeuble d'à côté. Les futurs logements du Carré du Palais seraient vendus sur plan, avant la construction. Il attendrait donc d'avoir le nombre suffisant d'acheteurs pour lancer les travaux, mais égelement, d'avoir vendu ceux de l'immeuble que l'on voit à gauche sur la photo. Les logements de l'ancienne clinique St-Vincent, bâtis selon le même contrat, auraient du mal à trouver acquéreur depuis plusieurs mois déjà. Que pourrait-il en être de ceux-là, sur le même axe à trois cent mètres l'un de l'autre?

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Autre élement troublant, le site internet n'existe pas: www.carredupalais.com

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11/12/2013

Magie de Noël: le cauchemar du patrimoine?

La majorité des carcassonnais s'extasie à juste titre, devant la beauté et le caractère festif de la Magie de noël, initiée par l'équipe municipale de Gérard Larrat et reprise par celle de Jean-Claude Pérez. Cet évènement a le mérite d'offrir à toute la ville des habits de lumière pendant trois semaines et aux commerçants, des clients potentiels en cette période de fête.

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Voilà pour la carte postale!

(Crédit photo: La dépêche)

Hélas et trois fois hélas!!! Si l'évènement en lui-même est fort bien maîtrisé par le pôle culturel de la ville tant d'un point de vue de l'organisation que de la communication, il se contrefiche en revanche des dégâts produits sur le patrimoine par les équipes techniques. Depuis près de 10 ans, les fontaines, dalles et autres colonnes sont mises à mal par les camions, engins de levage, tubes en acier... Nous vous proposons cet état des lieux édifiant

La place Carnot

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En 2007, le Pôle culturel trouvant que le Neptune qui orne la fontaine de la place Carnot n'est pas assez immaculé, va faire procéder à son nettoyage par les services techniques municipaux. La blancheur altérée par des années de pollution jure, selon eux, avec celle reluisante de la patinoire installée à ses pieds. Les professionnels du spectacle vont ainsi unilatéralement décider de faire passer au Kärcher, le marbre blanc de Neptune. Prévenus trop tard, les plaintes des services de l'architecte en chef des Bâtiments de France seront vaines. Les dégâts sur le marbre sont désormais irrémédiables!

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Au dessous de Neptune, se trouve le bassin de la fontaine en marbre de Caunes-Minervois. Depuis des années, on ne compte plus les rasfistolages pour colmater les fuites ou les trous, mais la Magie de noël a accéléré le processus de dégradation.

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Voici un exemple qui démontre la fragilité du marbre, détérioré par la structure qui s'appuie dessus pour soutenir la patinoire. Les engins de montage n'y sont sûrement pas étranger, non plus.

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Les réparations se font à Carcassonne au ciment, avec la pose d'un emplâtre par des services qui sont très loin d'en avoir les compétences. Combien de temps, nous amoureux de ce patrimoine pourrons-nous supporter pareille infâmie?

Le square Chénier

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L'ancien Jardin des plantes transformé en glacis immonde par R. Chésa en 1986, sert aujourd'hui de lieu de spectacle pour le festival et la Magie de Noël. Au centre de celui-ci, trône l'imposante colonne en marbre de Caunes-Minervois. Elle était destinée au Petit Trianon de Versailles, mais se trouve aujourd'hui dans un état de grande saleté. On y fait même des graffitis dessus! Sur ce square, plus rien ne tient debout et a été cassé depuis l'instauration des fêtes initiées en 2005.

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Les camions sont montés sur les dalles sans aucunes précautions.

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Les deux belles fontaines de part et d'autres du square ne sont plus mises en eau. Au contraire, on y installe à l'intérieur des enceintes et du matériel pendant les fêtes. Faut-il parler de l'épreuve que subit les parties engazonnées pendant la Féria du mois d'août?

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Le pire c'est que ce qui est cassé n'est pas remplacé. Après tout, ne le vaut-il pas mieux? Le patrimoine de Carcassonne mérite un autre traîtement que celui qu'on lui inflige depuis 20 ans! Bien sûr qu'il faut de la gaîté, de la fête, de la joie. Mais tout ceci doit se faire dans le respect du bien commun. Si seulement mon article pouvait changer les choses...

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30/11/2013

La chapelle Ozanam, profanation de la tolérance par l'obscurantisme!

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Discours d'inauguration de Maurice Masseron en 1963

 Au nom du conseil d'administration de la Société Carcassonnaise de Logements Populaires, j'ai l'honneur et la joie, Excellence, de vous remettre la chapelle Saint-Vincent de Paul.

C'est en effet sous le vocable de ce grand saint que nous aimerions placer cette chapelle. Pourquoi?

  • Parce que la Société carcassonnaise de Logements Populaires a son fondement dans l'élargissement de l'action des conférences de St-Vincent de Paul.
  • Parce que cette chapelle est construite sur la Cité Ozanam, et qui parle de Frédéric Ozanam pense aussitôt à St-Vincent de Paul

Ce n'est pas par hasard que les fondateurs de notre société ont appelé du nom d'Ozanam ce quartier de notre ville. Ils nous ont donné l'exemple d'une charité réaliste, efficace et nous essayons, sur leur lancée, de continuer l'action qu'ils ont entreprise, il y a quelques dizaines d'années, en construisant 30 logements à l'Olivette. La crise du logement ne se posant pas avec l'acuité qu'elle revêt de nos jours, notre société, après être longtemps restée en sommeil, s'est éveillée aux problèmes de l'heure.

Construire rapidement de nombreux logements  est une tâche compliquée surtout lorsqu'on ne veut pas perdre de vue le côté humain. Les âmes des hommes et des familles ne peuvent s'épanouir que dans un cadre fait à l'échelle humaine qui tient compte de leurs exigences morales, spirituelles, culturelles et matérielles.

Mais les rigieurs financières permettent difficilement de les satisfaire toutes. Nous avons essayé, malgré tout, en limitant la densité, en réduisant au minimum le nombre d'immeubles collectifs, en faisant une expérience d'isolation phonique des planchers, en construisant cette chapelle.

Aux difficultés communes à tous les organismes constructifs, s'est ajoutée celle de la dénomination de chaque groupe de logements. A la froideur d'un numéro ou d'une lettre nous avons préféré substituer le nom d'un saint et là, nous avons dû faire un choix.

Ne pensez pas, Excellence, que ce choix nous a placé devant un cas de conscience, en raison même de l'élimination qu'il suppose, de tel ou tel saint aux mérites bien établis; non plus, d'ailleurs, la crainte de rendre jaloux le serviteur de Dieu éliminé. Mais il nous a fallu trouver douze saints ayant chacun une attitude familière permettant une identification facile. Et Saint-Roch nous a pardonné d'avoir pensé immédiatement à son chien.

Toutefois, après la pose des bas-reliefs, tout n'est pas fini. Au contraire, tout reste à faire, tout commence. Les effigies des saints, elles-mêmes, ne sont garantes de rien. Les statues des dignes serviteurs de Dieu, que nous avons choisis, ne doivent pas être des masques, mais les signes ardents de charité chrétienne toujours plus poussée.

La charité chrétienne n'a jamais fini de se renouveller. Elle ne se traduit pas une fois, ou quelque fois, dans la vie par une action, ou plusieurs actions, mêmes héroïques. Elle s'exprime constamment, à travers les actes les plus simples, les plus humbles de la vie de tous les jours. Et comment mieux que par le soucis constant des autres, peut-on, dans une Cité comme la nôtre, pratiquer cette charité?

Ainsi, Excellence, je remets la chapelle St-Vincent de Paul, c'est à dire un local abritant le seigneur, où les chrétiens se rassemblent pour prier.

Là non plus, Excellence, tout n'est pas fini. Vous venez donner le départ de la construction de la chapelle. Le coeur du seigneur qui contient tous les hommes ne peut pas être comprimé par eux aux dimensions d'un tabernacle, même si ce tabernacle est situé dans un édifice aux lignes modernes, originales, harmonieuses. Permettez-moi de profiter de cette occasion pour féliciter tous ceux qui ont pris part à la construction de cette chapelle, de l'architecte au manoeuvre, en passant par l'entrepreneur et l'ouvrier.

Le coeur du seigneur ne se loge pas ailleurs que dans le coeur des hommes, de tous les hommes. Comme l'église de Dieu, qui ne se construit que par le ralliement à l'amour de tous les coeurs des hommes, la chapelle de la Cité Ozanam n'aura sa vraie dimension que lorsqu'elle aura atteint celle de la Cité tout entière.

L'âme de chacun constitue une pierre que chacun voudra apporter. Ce n'est qu'à cette condition que le seigneur sera logé.

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La sacristie et les objets du culte, victimes d'un incendie criminel, dimanche dernier.

Cet acte infâme porte atteinte à la liberté de toutes les croyances. Peu importe qui l'a perpétré; c'est une attaque de l'obscurantisme contre l'esprit de tolérance de ceux qui vivent leurs religions dans le respect de notre état laïc. Celui-ci garanti à tous les mêmes droits en supprimant la religion dans l'état et, de fait, une religion d'état.

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16/10/2013

Escroquerie immobilière au Couvent des Carmélites

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Depuis 28 ans, l'ancien couvent des Carmélites est au cœur d'un scandale immobilier

Jacques Pfaff acquiers en 1985 l'îlot du Pont-vieux à la famille Durand-Roger, anciens industriels carcassonnais. Il s'agit d'une série d'immeubles compris entre le square Gambetta, la rue des Calquières et du Pont vieux. Son projet ambitieux est présenté en décembre de la même année, lors d'une conférence de presse organisée à la mairie de Carcassonne avec force graphiques et maquettes. Donnant sur le square, il propose de construire un hôtel Arcade de 48 chambres. Sur la rue des Calquières, des bureaux et des immeubles sur trois étages avec 26 appartements et garages. Enfin, l'ancien couvent de la rue du Pont-vieux sera transformé en centre de soin pour personnes âgées. Selon les dires du promoteur: "Même dans le Marais à Paris, on n'a jamais conduit de projet plus important".

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La comparaison avec le quartier du Marais va s'arrêter bientôt avec les sables mouvants, dans lesquels va glisser l'ensemble du projet. L'hôtel sera construit, mais la seconde tranche des travaux prévue dans la rue des Calquières posera problème. En effet, les véhicules ne peuvent pas pénétrer dans les garages et les appartements ne sont pas terminés. Il faut dire que le promoteur lâchait l'argent avec parcimonie... Il s'était même infiltré dans les cercles carcassonnais pour gagner la confiance de ceux-ci. Plusieurs personnes en ont fait les frais.

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L'immeuble à l'angle de la rue des Calquières avant sa démolition en 1996

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La situation aujourd'hui, au même endroit

En 1988, Jacques Pfaff est à l'agonie financière. Les entrepreneurs du bâtiments ne veulent plus travailler pour lui faute d'être payés. Le Crédit Agricole commence (enfin) à se poser des questions:

"Nous avons décidé de porter plainte parce que pour certaines sommes empruntées, nous ne trouvons pas de justifications. Il y en a peut-être mais il faut que le promoteur nous dise lesquelles. Or, on a du mal à le cerner. Nous avons l'impression depuis deux ans qu'il s'est désengagé du dossier. Alors, nous, rester avec la dette pour pleurer: il n'en est pas question!"

Le contentieux s'élève à 21 millions de francs de l'époque. Avec les garanties sur les immeubles, la dette frôle quand même les 10 millions de francs. Il est question pour la banque d'engager un procédure de dépôt de bilan à l'encontre de la COGEPI, fondée en septembre 1984. Elle récupèrerait le Couvent et pourrait lancer une nouvelle opération sur le site. Qu'en est-il aujourd'hui ?

Le promoteur finançait le sport carcasonnais

Afin de s'attirer la confiance des décideurs locaux, Jacques Pfaff sponsorise dès 1986 le HBCC. Il s'agit du club de handball de la ville. Les maillots sont floqués COGEPI. La première année, il laisse un trou de 2 millions de centimes. Puis s'engage sur 18 millions que le club ne verra jamais. Sur un budget de 600 000 francs, le manque à gagner fut de 200 000 francs. Voici la description fait à l'époque de ce personnage :

"C'est un personnage, Un type sympa. Un visage rond, des cheveux bouclés et des mimiques à la Raimu. Il était toujours accompagné d'une femme plus jeune que lui."

Un homme qui avait somme toute inventé des affaires conclues un peu partout. La naïveté ou l'incompétence des carcassonnais a fait le reste...

L'ancien Couvent des Carmélites et les logements seront finalement acquis aux enchères publiques pour la somme de 2,8 millions de francs par la SAAHLM. La mairie possède elle, au milieu des années 1990, quatre logements délabrés entre le 2 et le 8 de la rue du Pont vieux. Son but est d'y élever 40 logements sociaux avec parking souterrain; elle fera donc raser ces immeubles fin 1996. Voilà une aubaine, pense t-elle, pour se débarrasser de la verrue du Couvent. Mais... car il y en a toujours un dans cette ville. Le projet ne va pas aboutir...


Un projet à l'arrêt à cause de fouilles archéologiques

La DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) met alors son véto suite à la demande de permis de construire afin de réaliser des fouilles sur le site. Une nécropole avait été mise à jour lors de la construction de l'Hôtel des trois couronnes et s'étendrait jusqu'à la parcelle constructible. Halte là ! Les fouilles précédentes avaient été bâclées. Que sont devenus les restes de la nécropole ? L'AFAN élabore un devis de fouille: 500 000 francs pour le terrain municipal et la même somme pour le Couvent. Tout ceci, bien sûr, à la charge des propriétaires.

La mairie administrée par R. Chésa ne veut pas prendre à sa charge les frais des fouilles. La SAAHLM ne veut rien donner pour, dit-elle, ne pas faire augmenter le prix des loyers. Il semblerait depuis ce temps qu'aucune des parties ne soient tombées d'accord.

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La friche du Couvent des Carmélites victime de l'appât du gain

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03/10/2013

Palais des congrès: L'arlésienne de la ville aux deux sites classés à l'UNESCO

S'il n'y avait pas eu le vaste détournement de fonds publics par M. Orta au bénéfice de sa société Espace International de Séjour en 1985, la ville de Carcassonne serait sûrement considérée aujourd'hui comme la Mecque des congressistes. Or, l'escroquerie a non seulement obéré les finances de la commune durablement mais aussi, elle l'a privé d'une structure touristique essentielle à son économie, sa réputation, son développement. Ce Palais des congrès devait être construit, certes en zone inondable, mais à pied a seulement 5 minutes de la cité médiévale sur ce qui va devenir bientôt après 27 années de jachère, un jardin extraordinaire. Du projet ambitieux du maire Raymond Chésa avec son hôtel, ses restaurants, sa salle de congrès, il ne resta que la feuille d'imposition aux carcassonnais pour se lamenter. Son successeur, Gérard Larrat, voulut reprendre en main le projet épineux d'un espace pour congressistes. Les finances n'étant plus les mêmes, on transforma l'ancien cinéma des années 1930, l'Odéum, en Centre de congrès. C'est en quelque sorte la version poster de 1986 métamorphosée en version timbre poste.

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Que va devenir l'Odéum, fermé depuis 5 ans?

Le bâtiment se trouve a 15 bonnes minutes de la cité (en marchant d'un pas soutenu). Pour se restaurer, il y a toujours le buffet à volonté de la Rotonde le midi, où l'on mange très bien. Cependant, ce genre de clientèle irait plutôt chez Putelat ou chez Del Burgo, qui eux ont eu l'intelligence de s'installer au pied de la cité. Le seul hôtel à proximité c'est le Terminus, c'est un peu juste pour loger 300 personnes. Pour se garer, le parking souterrain de Chénier leur ferait bien une réduction à la journée... Une question cependant; Où mettraient-ils leurs autobus ? Finalement, la municipalité Larrat fut battue aux élections de 2009 et remplacée par celle de M. Pérez. Aussitôt, les nouveaux élus dénoncèrent l'héritage et lors d'une inspection trouvèrent que le bâtiment n'avait pas été désamianté pour l'ouvrir au public. Le Centre de congrès a du plomb dans l'aile ou plutôt de l'amiante dans les combles. Finalement, l'argent englouti passa dans les impôts et l'ancien Odéum est toujours fermé après cinq ans. Que compte en faire l'actuelle municipalité ?

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La maison de retraite du pont vieux deviendra t-elle un jour le Palais des congrès tant de fois promis? C'est l'idée soulevée en 2010 par le nouveau maire J-C Pérez. Hélas, les finances de la ville ne permettront pas un tel achat qui devrait tomber entre les mains d'un hôtelier. Carcassonne, la ville au deux sites classés à l'UNESCO n'est pas prête d'avoir un Palais des congrès. Les municipalités passent, les projets s'enterrent...

J'ai retrouvé dans mes archives un article du bulletin municipal de 1976

"Une question vient néanmoins à l'esprit; pourquoi Carcassonne est-elle la ville pélerinage des congrès alors qu'elle ne possède même pas ce qui est peut-être l'essentiel c'est à dire un Palais des Congrès? C'est tout de même assez contradictoire car en fait ce Palais des Congrès, s'il existait, ferait très certainement de Carcassonne, la ville de prédilection pour toute manifestation d'ordre national. En fait, l'idée de réaliser cet ouvrage est depuis longtemps incrustée dans les esprits des élus municipaux. Mais voilà: c'est trop coûteux. Et c'est la réalité. Pensez que pour édifier un Palais des congrès de 2000 à 3000 places il faudrait débourser en pièces sonnantes et trébuchantes quelque 6 milliards d'anciens francs si ce n'est plus. De quoi faire frémir les contribuables carcassonnais. L'état certes, à condition toutefois de jumeler cette création avec une partie culturelle, le financerait à 30%. Mais le reste? Proposé au 6e plan "La Palais" fut rejeté. Et Carcassonne atttend. Parallèlement d'ailleurs à cet aspect financier se dresse un autre problème celui de l'hôtellerie. Car il est bien évident que lorsqu'on crée un ensemble de près de 3000 places de capacité il faut avoir suffisamment de chambres pour héberger tout le monde. Et Carcassonne ne le pourrait pas puisuqe l'hôtellerie locale ne peut accueillir à l'heure qu'il est que 800 personnes. Certes, il n'y aurait pas constamment 2000 ou 3000 personnes, mais on ne pourrait en contre partie espérer les avoir et pour cause. Le problème comme on le voit est épineux mais non dépourvu de solution. Le Palais des congrès demeure donc pour l'immédiat un mirage. Mais malgré tout son absence ne peut et ne doit, à court ou moyen terme, condamner Carcassonne. car la ville peut continuer à catalyser les grands rassemblements (six congrès en 1974 soit 2350 personnes)"

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Nous voyons que depuis 1976, la ville de Carcassonne aurait pu se payer deux Palais des congrès avec l'argent d'une très mauvaise gestion des deniers publics et une vraie ambition.

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La cité médiévale de Vannes dans le Morbihan (52 000 habitants) et son Palais des Congrès.

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17/09/2013

Le 3e RPIMA sur le départ

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Nous cacherait-on une catastrophe économique pour après les municipales de 2014 ? Si l'on en croit les colonnes de la Dépêche et du Midi-Libre, le 3e Régiment Parachutiste d'Infanterie de Marine devrait quitter définitivement Carcassonne par décision gouvernementale. Ceci dans le cadre des coupes budgétaires des armées entraînant la suppression de 24 000 postes. Selon ces journaux locaux, neuf anciens généraux ont écrit au ministre de la défense pour sauver Carcassonne. Du côté des politiques, le député-maire J-C Pérez, membre de la commission parlementaire de défense, fait valoir sa discrétion pour ne pas fâcher Paris; Isabelle Chésa, son opposante, évoque sur son blog son pessimisme quant à la capacité du maire à faire infléchir cette décision. En tout état cause, les politiques de Carcassonne qui se sont succédé sont tous responsables de la situation économique de la ville. Depuis des années, les querelles partisanes en dehors des partis et à l'intérieur de ceux-ci, plongent Carcassonne dans une léthargie suicidaire.

Se sont-ils posés un jour cette question: Et si le RPIMA partait un jour ? 

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